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17 mai 2019

Plafond de verre

Plus vous rencontrerez du succès, de l'amour, de l'abondance et de la créativité dans votre vie, plus vous vous heurterez à un "plafond de verre" invisible. C'est le seul problème que vous rencontrerez et que vous devrez résoudre pour avancer dans la vie. Ce problème, bien qu'éprouvant, porte en lui un cadeau caché qui n'a pas de prix. Ce cadeau se révèle en explorant et en résolvant ce problème. Il est une connexion authentique avec la source du talent qui est en vous. 

Ce "plafond de verre" est une tendance universelle à s'auto-saboter quand vous atteigniez la limite que vous avez placée arbitrairement pour vous-même. Ce "plafond de verre" est dû à un réglage trop bas de votre autopilote, de votre thermostat personnel réglé sur votre capacité à accomplir et à apprécier un succès ultime. C'est une sorte de peur inconsciente de gagner et de réaliser vos rêves. Ce réglage est établi très tôt dans la vie, au moment où vous n'avez pas de libre-arbitre, où vous ne pensez pas par vous-mêmes.

Plus tard, quand vous vous fixez des objectifs ambitieux et que vous progressez vers l'amour, l'abondance et la créativité qui sont au-dessus des standards établis par votre navigateur automatique, vous vous heurtez au plafond artificiel qui a été mis sur votre chemin vers le succès dans votre inconscient d'enfant. Si vous ne résolvez pas ce problème récurrent qui se met en travers de votre chemin vers la réussite, vous trouverez toujours des moyens de saboter votre progression et de ne pas continuer vers des sommets. Vous devrez briser ces barrières inconscientes pour exprimer et apprécier pleinement votre succès futurs. On identifie quatre barrières :

1. La première barrière est la fausse croyance que vous êtes fondamentalement imparfait d'une certain façon. Si vous avez cette croyance en vous, vous sabotez votre succès car vous pensez êtes mauvais. Si quelque chose de bien se passe, vous gâchez tout pour contrebalancer, car rien de bon ne peut vous arriver.

2. La deuxième barrière est la fausse croyance qu'en réussissant, vous êtes déloyal et que vous laisser des personnes derrière vous. Si vous entretenez ce sentiment, vous sabotez votre succès car vous pensez être déloyal à votre clan/famille en nous envolant vers des sommets.

3. La troisième barrière est la fausse croyance que vous êtes un fardeau pour le monde. Vous sabotez votre succès pour ne pas pouvoir être un plus gros fardeau pour les autres.

4. La quatrième barrière est la fausse croyance que vous devez atténuer les éclats de votre brillance. Ainsi, vous n'éclipserez personne de votre passé. Si vous gardez ce sentiment en vous, vous vous retenez d'exprimer votre potentiel et votre talent.

Comprendre pourquoi vous vous limitez libère une nouvelle énergie en vous, qui peut vous propulsez vers de nouvelles hauteurs faites d'abondance, d'amour et de créativité. Au fur et à mesure que vous progressez dans votre quête pour exprimer votre talent unique, vous allez probablement rencontrer des limitations. Pour cette raison, il est préférable de penser à votre quête comme un voyage continu pour transcender les limites supérieures de votre potentiel. 

Vous transcendez votre problème de "plafond de verre" à chaque fois que vous ressentez plus d'amour, d'abondance et de succès. Cela se passe ainsi : vous vous surprenez à vous inquiéter ou à vous disputer. Tout à coup, vous réalisez que vous êtes dans une phase ascendante dans votre vie. Vous laissez alors tomber vos inquiétudes et votre suscetibilité, et vous prenez une profonde respiration pour vous détendre. Un instant plus tard, vous vous libérez de vos blocages et vous sentez déjà mieux. Dans des moments comme celui-ci, vous élargissez votre capacité à profiter de plus d'amour, d'abondance et de succès.

Ces moments sont des tremplins où vous progressez à pas de géant. Cela ne se produira peut-être pas la première fois, ni la deuxième fois, mais peut-être à la centième fois, mais si vous persistez et maintenez avec diligence et zèle cet état d'esprit, un jour magique, vous leverez les yeux et réalisez que vous avez créé votre propre vie dans votre zone de gratitude et de plénitude. 

13 février 2018

Alice Miller et "Le drame de l’enfant doué" (4)

Alice Miller a lutté pendant vingt-cinq ans contre les châtiments corporels – claques, fessées – infligés aux enfants. Les enfants humiliés et maltraités ne deviennent pas des monstres, mais tous les monstres ont été des enfants humiliés et maltraités. Devenu une évidence, ce constat n’allait pas de soi quand Alice Miller le formula au début des années 1980. Elle-même brimée par des parents meurtris par leur propre éducation, elle avait trouvé refuge dans la peinture et pris conscience de la charge d’angoisse imprimée dans son psychisme par son enfance. Après quelques années d’intense production créatrice, elle s'était mise à écrire pour partager les fruits de sa réflexion.

A l’origine de la violence que l’on s’inflige à soi-même ou que l’on fait subir à autrui, il y a toujours le meurtre de l’âme enfantine infligé aux petits par les adultes. C’est ce qu’Alice Miller appelle la « pédagogie noire », qui brise la volonté de l’enfant pour en faire un être docile et obéissant. La pierre angulaire de ce type d’éducation consiste à faire accepter à celui-ci qu’on « lui fait mal pour lui faire du bien ». Cette idée, développée par Alice Miller dans plusieurs de ses livres, dont Le Drame de l’enfant doué et C’est pour ton bien, met en relief le douloureux conflit intérieur que vit l’enfant : il souffre de la conduite de ses parents, mais l’accepte par amour pour eux.

S’appuyant sur les parcours de Dostoïevski, Virginia Woolf ou Arthur Rimbaud, frappés d’épilepsie, de dépression ou de cancer, Alice Miller défend l’idée qu’il existe une relation irréfutable entre le manque de « nourriture affective » et les maux dont notre corps souffre à l’âge adulte. Avec le temps, les émotions réprimées dans l’enfance (par peur des punitions) se transforment en maladies et dépendances diverses. Pour rompre ce cycle malheureux, la thérapeute préconise de briser les interdits, et en particulier de nous autoriser à ne pas aimer nos parents. Tout comme les victimes doivent cesser de trouver des circonstances atténuantes à leur bourreau, les enfants ont le droit de rompre avec le commandement biblique : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Le thérapeute, un « témoin éclairé » « Nous bâtissons de hautes murailles pour nous protéger de la douloureuse histoire de notre propre enfance. Il nous faut abattre ce mur du silence, en nous-même et dans le monde qui nous entoure, retrouver l’enfant méprisé, abandonné, trahi que nous étions jadis. Nous devons apprendre d’où viennent nos souffrances, et que l’on peut en guérir. » Pour ouvrir les yeux sur ce que nous avons vécu enfant, nous avons besoin d’un « témoin éclairé », un thérapeute conscient des répercussions des carences affectives précoces. Ce principe d’empathie est à la base de la pratique thérapeutique d’Alice Miller. En nous aidant à ouvrir les yeux, ce témoin éclairé vient à bout de notre « cécité émotionnelle ».

Revenant sur sa propre histoire, Alice Miller montre combien on peut souffrir en essayant en vain de combler les attentes de ses parents. "Je ne dois aucune reconnaissance à mes parents pour m’avoir donné la vie, car je n’étais pas désirée. Leur union avait été le choix de leurs propres parents. Je fus conçue sans amour par deux enfants sages qui devaient obéissance à leurs parents et souhaitaient engendrer un garçon, afin de donner un petit-fils aux grands-pères. Il leur naquit une fille, qui essaya, pendant des décennies, de mettre en œuvre toutes ses facultés pour les rendre heureux, entreprise en réalité sans espoir. Mais cette enfant voulait survivre, et je n’eus d’autre choix que de multiplier les efforts. J’avais, dès le départ, reçu implicitement la mission d’apporter à mes parents la considération, les attentions et l’amour que leurs propres parents leur avaient refusés. Mais pour persister dans cette tentative, je dus renoncer à ma vérité, à mes véritables sentiments. J’avais beau m’évertuer à accomplir cette mission impossible, je fus longtemps rongée par de profonds sentiments de culpabilité. Par ailleurs, j’avais aussi une dette envers moi-même : ma propre vérité – en fait, j’ai commencé à m’en rendre compte en écrivant Le Drame de l’enfant doué, où tant de lecteurs se sont reconnus.

Néanmoins, même devenue adulte, j’ai continué des décennies durant à essayer de remplir auprès de mes compagnons, mes amis ou mes enfants la tâche que m’avaient fixée mes parents. Le sentiment de culpabilité m’étouffait presque quand je tentais de me dérober à l’exigence de devoir aider les autres et les sauver de leur désarroi. Je n’y ai réussi que très tard dans ma vie. Rompre avec la gratitude et le sentiment de culpabilité constitua, pour moi, un pas très important vers la libération de ma dépendance à l’égard des parents intériorisés.

Mais il en reste d’autres à franchir : celui, surtout, de l’abandon des attentes, du renoncement à l’espoir de connaître un jour ces échanges affectifs sincères, l’authentique communication, dont j’avais tellement manqué auprès de mes parents. Je les ai finalement connus auprès d’autres personnes, mais seulement après avoir déchiffré l’entière vérité sur mon enfance, avoir saisi qu’il m’était impossible de communiquer avec mes parents et mesuré combien j’en avais souffert. C’est alors seulement que j’ai trouvé des êtres capables de me comprendre et auprès desquels il m’était permis de m’exprimer librement et à cœur ouvert. Mes parents sont morts depuis longtemps, mais j’imagine aisément que le chemin est sensiblement plus difficile pour des gens dont les parents sont encore de ce monde.

« Les attentes datant de l’enfance peuvent être si fortes que l’on renonce à tout ce qui nous ferait du bien pour être enfin tel que le souhaitent les parents, car on ne veut surtout pas perdre l’illusion de l’amour. » 

10 février 2018

Alice Miller et "Le drame de l’enfant doué" (3)

Dans son livre, Alice Miller se demande pourquoi tant d’'adultes, qui réussissent dans la vie, souffrent-ils de se sentir étrangers à eux-mêmes, intérieurement vides ? Les réponses de l'auteur à cette question ont aidé de nombreux lecteurs à trouver un accès à leur propre histoire et à découvrir que la partie précieuse de leur Soi leur était restée cachée jusqu'’alors (leur « drame »). Ses lecteurs sont encouragés à chercher les raisons de leur souffrance actuelle dans leur histoire, l'’histoire du petit enfant qui ne devait vivre que pour les besoins de ses parents en ignorant ou niant ses propres besoins. Au lieu de payer plus tard avec des dépressions et de nombreuses maladies corporelles pour cette auto-mutilation, l'’adulte peut s’'en libérer en trouvant l’'empathie pour l’'enfant qu'’il a été et pour sa souffrance muette. Aussitôt qu'’il assume sa vérité, bloquée si longtemps dans son corps, il peut commencer à regagner, pas à pas, sa vitalité, la vie authentique qu'’il n’'avait pas osé vivre. 

Personnellement, ce livre m'a été conseillé par une amie Suisse. Je n'ai pas envie de détailler ici les relations que j'entretiens avec mes parents, et notamment avec ma mère, mais je dois dire que ce livre m'a aidé à comprendre une chose inconcevable et inimaginable pour moi: mes parents ne sont pas foncièrement les meilleurs alliés dans mon dévelopement personnel.

Il y a sûrement une partie inconciente de leur part, qui leur vient de leur propre enfance. Mais les parents veulent notre "bien" en nous modelant à ce que la société veut de nous. L'idée, c'est qu'en étant modéré, poli, flexible, commun, on a plus de chance d'avoir une vie normale. En faisant ça, ils (les parents) construisent le masque que l'on doit porté toute sa vie, le faux soi qui nous...détruit à petit feu.

Voilà, je n'irais pas plus loin...car le sujet est toujours sensible pour moi, tant il a remué mes croyances et mes espérances. Lisez ce livre, il vous apportera quelques clés nécessaires à la découverte de votre vrai soi.

Alice Miller et "Le drame de l’enfant doué" (2)

Dans son livre "Le drame de l’enfant doué", sous-titré "La recherche du vrai Soi", Alice Miller écrit:

"Parce que la grandeur est la contrepartie de la dépression dans le trouble narcissique, la réalisation de la liberté des deux formes de perturbation est difficilement possible sans un profond deuil sur la situation de l'enfant (qui fût). Cette capacité de s'affliger, c'est-à-dire d'abandonner l'illusion de son enfance «heureuse», de ressentir et de reconnaître toute la souffrance qu'il a endurée, peut restaurer la vitalité et la créativité du dépressif et libérer la personne grandiose des efforts et de la dépendance à sa tâche de Sisyphe.

Si une personne est capable, au cours de ce long processus, de faire l'expérience du fait qu'il n'a jamais été aimé comme un enfant pour ce qu'il était mais était plutôt nécessaire et exploité pour ses accomplissements, succès et bonnes qualités - et qu'il a sacrifié son enfance pour cette forme d'amour - il sera très profondément ébranlé, mais un jour il ressentira le désir de mettre fin à ces efforts. Il découvrira en lui-même le besoin de vivre selon son vrai moi et ne sera plus forcé de gagner «l'amour» qui le laissera toujours les mains vides, puisqu'il est donné à son faux soi qu'il a commencé à identifier et à abandonner.

Le véritable opposé de la dépression n'est ni la gaieté ni l'absence de douleur, mais la vitalité - la liberté de ressentir des sentiments spontanés. Cela fait partie du kaléidoscope de la vie que ces sentiments ne sont pas seulement heureux, beaux ou bons, mais peuvent refléter toute la gamme de l'expérience humaine, y compris l'envie, la jalousie, la rage, le dégoût, l'avidité et le chagrin. Mais cette liberté ne peut être atteinte si ses racines d'enfance sont coupées. Notre accès au vrai soi n'est possible que lorsque nous n'avons plus à craindre le monde émotionnel intense de la petite enfance.

Une fois que nous avons expérimenté et sommes familiarisé avec ce monde, il n'est plus étrange et menaçant. Nous n'avons plus besoin de le cacher derrière les murs de l'illusion. Nous savons maintenant qui et quoi a causé notre douleur, et c'est précisément cette connaissance qui nous libère enfin de l'ancienne douleur."

Alice Miller et "Le drame de l’enfant doué" (1)

Alice Miller (1923-2010) est une doctoresse suisse en philosophie, psychologie, psychanalyste et chercheuse sur l'enfance. Ses ouvrages et ses thèses sur la violence cachée, qui selon elle caractérisent souvent les relations entre parents et enfants, l'ont rendue célèbre. À partir de 1980, sa réflexion sur ce sujet l'amène à une nouvelle approche de la thérapie à laquelle elle intègre, entre autres, le dessin. Figure influente et controversée, elle est souvent citée par des organisations internationales, pour son engagement contre les violences dites « ordinaires » faites aux enfants. Elle publie son premier livre "Le drame de l’enfant doué" en 1979.

Le drame de l’enfant doué, de l’enfant sensible et éveillé, consiste dans le fait qu’il ressent très tôt le besoin et les troubles de ses parents et s’y adapte. Il apprend alors à dissimuler ses sentiments les plus intenses, que ses parents supportent mal. Quoique ces sentiments, comme par exemple la colère, l’indignation, le désespoir, la jalousie ou la peur, puissent resurgir au cours de la vie future, ils ne seront pas intégrés à la personnalité. C’est ainsi que la partie la plus vitale de l’individu, la source du vrai Soi, ne sera pas vécue. Cette répression des sentiments mène, même chez des personnes très intelligentes et pleines de talent, à une insécurité sur le plan émotionnel s’exprimant soit dans la dépression (perte du Soi), soit dans la grandiosité – qui est en fait une défense contre la dépression. Les exemples décrit par l’auteur sensibilisent le lecteur à la souffrance inarticulée de ceux qui, comme enfant, n’ont pas eu la chance d’apprendre à vivre et à exprimer leurs vrais sentiments.

Miller a défini et élaboré les manifestations de la personnalité du traumatisme de l'enfance. Elle a abordé les deux réactions à la perte de l'amour dans l'enfance, la dépression et la grandeur; la prison intérieure, le cercle vicieux du mépris, les souvenirs refoulés, l'étiologie de la dépression, et comment le traumatisme de l'enfance se manifeste chez l'adulte.

Miller écrit:
"Très souvent, j'ai été confronté à des patients qui ont été loués et admirés pour leurs talents et leurs accomplissements. Selon les attitudes générales qui prévalent, ces personnes - la fierté de leurs parents - auraient dû avoir un fort sentiment d'assurance. Mais, c'est exactement le contraire qui se passait. Dans mon travail avec ces gens, j'ai trouvé que chacun d'entre eux a une enfance qui me semble significative:

-Il y avait une mère qui, au fond, était insécure sur le plan émotionnel, et qui reposait son équilibre narcissique sur le comportement de son enfant. Cette mère était capable de cacher son insécurité à l'enfant et à tout le monde derrière une façade dure, autoritaire et même totalitaire.

-Cet enfant avait une capacité étonnante à percevoir et à répondre intuitivement, c'est-à-dire, inconsciemment, aux besoin de sa mère ou des deux parents, en assume le rôle qui lui avait été inconsciemment assigné.

-Ce rôle assurait "l'amour" pour l'enfant, c'est-à-dire l'exploitation de ses parents. Il pouvait sentir qu'il était nécessaire, et ce besoin lui garantissait une mesure de sécurité existentielle.

Cette capacité est ensuite étendue et perfectionnée. Plus tard, ces enfants deviennent non seulement des mères (confidents, conseillers, sympathisants) de leurs propres mères, mais prennent également la responsabilité de leurs frères et sœurs et finissent par développer une sensibilité particulière aux signaux inconscients manifestant les besoins des autres."

14 janvier 2018

Les dilemmes du surdoué

Les principes sous-jacents sur lesquels reposent une vie épanouissante pour un surdoué (passionnée, active, créative, où tous ses talents s’exprimeront pleinement) dépend des choix qu'il fait parmi des dilemmes qui tourmentent sa vie quotidienne. Chaque surdoué doit choisir entre une option libératrice qui va le révéler à lui-même et lui permettre de devenir la meilleure version de lui-même, et une option qui va le maintenir dans une situation frustrante et déprimante.

-Soit définir, accepter et développer ses talents de surdoué - soit les nier en satisfaisant les souhaits des autres.
-Soit honorer son besoin d'indépendance et trouver d’authentiques pairs - soit tolérer l’incompréhension ou la solitude.
-Soit prendre des risques raisonnables et éviter ceux qui mettent en danger sa mission - soit la jouer tranquille, sans prise de risques, en risquant uniquement d’avoir plus tard des regrets.
-Soit gérer ses relations avec les autres de manière perspicace (en définissant, par exemple, des limites à ne pas dépasser) - soit dire adieu à son intimité.
-Soit écouter son guide intérieur et activer la vraie nature de son âme - soit refuser d'entendre sa voix intérieure et enterrer son esprit créatif dans une réalité unidimensionnelle.
-Soit utiliser ses talents exceptionnels pour en faire bénéficier l'humanité - soit se faire plaisir en s'auto-gratifiant, ce qui finit par dévorer son esprit.
-Soit valoriser les différents traits et capacités des autres - soit demeurer intolérants et immatures face aux autres, chroniquement impatient et perpétuellement déçu.
-Soit transformer sa frustration et son sentiment de rejet en énergie créative - soit s'accrocher à ses ressentiments et abandonner ses rêves.
-Soit planifier des stratégies pour son équilibre personnel - soit attendre une intervention extérieure pour lui dicter sa conduite et contrôler sa vie.

Je vous conseille de garder à l'esprit ces options qui s'offrent à vous en les lisant régulièrement, comme une piqure de rappel. Cela vous aidera à vraiment progresser. Lentement, mais sûrement. Pour ma part, j'ai résolu la plupart d'entre eux. Je continue quand même à batailler avec le deuxième, et c'est un gros morceau. 

14 juillet 2017

Vous avez dit zèbres ?

Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Elle est connue pour son livre "Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué". Dans ce livre, elle emploie le terme de Zèbre pour parler des enfants surdoués. Ce terme a été, depuis, repris par de nombreux parents d’enfants surdoués et par des surdoués eux-mêmes, afin d’éviter les terminologies habituelles, à savoir : Enfant intellectuellement précoce, surdoué et haut potentiel (HP).

Jeanne Siaud-Facchin a donc choisi le mot « zèbre » pour parler des individus possédant un fonctionnement intellectuel différent. L'idée est que le zèbre est le seul animal sauvage que l’homme n’a pu domestiquer, que son pelage rayé est destiné à jouer avec les ombres et la lumière pour mieux se dissimuler, puis soudain apparaître dans toute sa splendeur en se détachant, par ses rayures, de tous les autres animaux de la savane. On parle aussi d’un drôle de zèbre pour désigner un individu original, peu banal. OK, pourquoi pas !

Le seul problème pour moi, et il est crucial, est que le zèbre est quoi qu'on en dise facilement identifiable et localisable dans la savane (*). Tandis que le surdoué, surtout lorsqu'il est non diagnostiqué, est tout sauf reconnaissable dans la foule. Un oeil avisé peut, éventuellement, en le fréquentant ou en discutant avec lui avoir un indice sur l'existence d'une douance, mais à part ça, le surdoué est tout sauf identifiable, contrairement au zèbre. Et c'est, par ailleurs, une de ses souffrances principales : ne pas être reconnu à sa juste valeur par les autres.

Je comprends l'idée d'identifier les surdoués aux zèbres pour ne pas utiliser des termes trop prétentieux ou arrogants comme surdoués, HP, etc. Pour les enfants, il permet aussi de s'identifier à un animal élégant et original. Je comprends aussi l'idée d'associer un nom à une personne -zèbre et Mme Siaud-Facchin- cela permet astucieusement de créer une dynamique commerciale. Ce que je ne comprends pas, c'est que tout le monde utilise ce terme -avec l'aide de la presse complaisante- sans questionner la pertinence de l'association zèbre-surdoué, l'un est visible comme le nez au mileu du visage, l'autre est un véritable caméléon. Tiens, pourquoi pas caméléon alors ? 

Au fil de mes lectures sur les surdoués, essentiellement en anglais, la littérature française sur le sujet étant très pauvre, j'ai découvert d'autres associations d'images/d'idées comme zèbre-surdoué. Je détaillerai prochainement l'idée de "Rainforest Mind", ce que l'on peut traduire par "l'esprit forêt humide" (je sais, cela sonne moins bien en français).

(*) Au 19e siècle, l'écrivain Rudyard Kipling et le naturaliste Alfred Russel Wallace ont contribué à diffuser l'hypothèse selon laquelle les rayures du zèbre lui permettaient de mieux se fondre dans la savane. Cette hypothèse longtemps considérée comme crédible dans la communauté scientifique a toutefois été démentie au début du 21e siècle. L'hypothèse est formellement démentie en 2016. En fait, dans la savane, le zèbre est très visible, et il tendrait donc à se dresser comme une exception à la règle du camouflage. (source Wikipedia)

24 juin 2017

Les dilemmes du surdoué

Les principes sous-jacents sur lesquels reposent une vie épanouissante pour un surdoué (passionnée, active, créative, où tous ses talents s’exprimeront pleinement) dépend des choix qu'il fait parmi des dilemmes qui tourmentent sa vie quotidienne. Chaque surdoué doit choisir entre une option libératrice qui va le révéler à lui-même et lui permettre de devenir la meilleure version de lui-même, et une option qui va le maintenir dans une situation frustrante et déprimante.

-Soit définir, accepter et développer ses talents de surdoué - soit les nier en satisfaisant les souhaits des autres.
-Soit honorer son besoin d'indépendance et trouver d’authentiques pairs - soit tolérer l’incompréhension ou la solitude.
-Soit prendre des risques raisonnables et éviter ceux qui mettent en danger sa mission - soit la jouer tranquille, sans prise de risques, en risquant uniquement d’avoir plus tard des regrets.
-Soit gérer ses relations avec les autres de manière perspicace - soit dire adieu à son intimité.
-Soit écouter son guide intérieur et activer la vraie nature de son âme - soit refuser d'entendre sa voix intérieure et enterrer son esprit créatif dans une réalité unidimensionnelle.
-Soit utiliser ses exceptionnels talents pour en faire bénéficier l'humanité - soit se faire plaisir en s'auto-gratifiant, ce qui finit par dévorer son esprit.
-Soit valoriser les différents traits et capacités des autres - soit demeurer intolérants et immatures face aux autres, chroniquement impatient et perpétuellement déçu.
-Soit transformer sa frustration et son sentiment de rejet en énergie créative - soit s'accrocher à ses ressentiments et abandonner ses rêves.
-Soit planifier des stratégies pour son équilibre personnel - soit attendre une intervention extérieure pour lui dicter sa conduite et contrôler sa vie.

23 juin 2017

Kazimierz Dabrowski et la désintégration positive - Dabrowski -

Kazimierz Dabrowski (1902-1980) était un psychologue, psychiatre, médecin, écrivain et poète. Il fut professeur au département de psychologie de l'université Laval et au département de psychologie de l'université de l'Alberta ainsi que membre de la société royale de médecine. Kazimierz Dabrowski a développé le concept de la désintégration positive, une approche nouvelle du développement de la personnalité. La théorie de la désintégration positive apparaît être très utilisée par les individus à haut potentiel (surdoués) pour comprendre leur développement intellectuel/mental.

Selon Dabrowski, rejeter la souffrance équivaut à rejeter toute possibilité de développement. Les troubles nerveux et psychonévroses ne sont donc des maladies que du point de vue unilatéral, quand les personnes n’ont pas pu les résoudre de manière positive. Dąbrowski utilise l’exemple de plusieurs philosophes (Kierkegaard, Nietzsche, Platon) et artistes (Chopin, Beethoven, Van Gogh, Michel-Ange), pour montrer que les grandes personnalités ont su transformer la souffrance, la dépression, ou l’angoisse (« nuit noire de l’âme »), en actions créatrices. Les expériences difficiles permettent ainsi de réaliser notre nature multidimensionnelle.

20 juin 2017

Les stratégies d’adaptation des surdoués

Reconnaître sa douance/son talent est souvent une étape importante pour aller mieux et apprendre à vivre dans un environnement inadapté. Des études ont permis d’identifier cinq stratégies adoptées par les surdoués dans leur vie de tous les jours et dans leur carrière professionnelle.

-Stratégie de celui qui ne se fait pas remarquer.
Reste discret, ne se fait pas remarquer, ce qui entraîne un développement personnel minimum. Souvent ignorant de la qualité et du niveau de son intelligence. Il se considère plutôt stupide. Il travaille dans des emplois de base. Sous réserves de prendre conscience de sa douance, il peut évoluer vers les autres stratégies.

-Stratégie de celui qui est accepté.
A établi des liens avec d'autres personnes comme lui dès son plus jeune âge ce qui agit comme un stimulant. N'a pas eu de problèmes majeurs d'adaptation et a vécu un développement personnel normal. Travaille dans un environnement professionnel de surdoués, comme consultant dans une seule entreprise, ou a créé une start-up.

-Stratégie de celui qui est social.
A découvert avec l’expérience que vous ne pouvez rien accomplir avec l'intelligence seule. A activement augmenté ses compétences sociales à un niveau élevé. Est donc capable de résoudre de nombreux problèmes d'adaptation. Travaille souvent bien dans des emplois à caractère intrinsèquement multidisciplinaire.

-Stratégie de celui qui est agressif.
A une carrière professionnelle en dent de scie. De conflit en conflit et même parfois de licenciement/démission en licenciement/démission. Essaye de survivre en mettant l'accent sur la qualité du travail. Peut évoluer vers « celui qui est social » ou se trouver dans la situation « de celui qui s’isole ».

-Stratégie de celui qui s’isole.
Fonctionne presque exclusivement dans un état d'isolement. Prend le risque de perdre le contact avec la société.

Le développement personnel consiste souvent à passer d'une stratégie à l'autre. Parfois, dans des environnements spécifiques, deux stratégies sont adoptées en parallèle.  Le paradoxe est que les surdoués peuvent réfléchir bien et très rapidement, mais cela ne s'applique pas obligatoirement et logiquement au contrôle de leur propre développement ou de leur propre carrière.

19 juin 2017

Les surdoués et leurs problèmes au travail

Les surdoués peuvent avoir du mal à exprimer et à développer leurs propres talents dans le monde professionnel, à moins que certaines conditions – étranges parfois - ne soient remplies. L'inspiration et la motivation semblent être des facteurs plus importants que la connaissance et la capacité. Voici une liste de remarques faites par l’entourage professionnel du surdoué et ce que lui en pense. Si trois ou plusieurs de ces caractéristiques sont présentes, la possibilité d'être considéré comme surdoué est importante avec des problèmes d'adaptation et de communication au travail.

Ce que l'entourage professionnel remarque - Ce que le surdoué en pense.
1. De nombreux conflits avec le management et l’autorité - J'ai un grand sens de la justice.
2. N’écoute pas ce que les autres disent - Mes idées ne sont pas comprises et j'ai généralement raison.
3. Difficile à se motiver -  Je suis une menace pour mes collègues.
4. Manque de ponctualité, lors des réunions par exemple - Je suis en retenu tout le temps et tout va si lentement.
5. Des performances qui varient, sans aucune raison - Je n'ai aucune idée de ce que je veux, je trouve presque tout intéressant.
6. Ne sait pas exactement qu’elle est sa mission et ses limites – Je suis peu considéré et les gens ne voient pas ce dont je suis capable.
7. Manque de persévérance et de discipline - Je suis facilement distrait.
8. Est difficile à aborder, pas social - Je n'aime pas les discussions d’ordre sociale.
9. A toutes sortes d’exigences concernant l’environnement de travail - Je ne comprends pas comment d'autres personnes peuvent travailler dans ce bruit.

Les individus surdoués qui dysfonctionnent –parce qu’ils n’ont pas été identifiés ou ne maîtrisent pas encore leur intensité- ne sont souvent pas conscients de leur propre intelligence, ce qui leur permet d'interpréter le manque de connaissance des autres comme de la réticence. Ils deviennent irrités et accélèrent leur rythme de travail, ce qui n’arrange rien. En outre, ils ont tendance à se focaliser sur le contenu, plutôt que sur l'enthousiasme et la motivation. D'autre part, ils ont tendance parfois à trop s'adapter, ce qui peut entraîner un mécontentement général et de la frustration.

Les fonctions de consultants, les professions créatives et les secteurs spécialisées (juridique, médical, technologique, scientifique, éducatif, relations publiques ou journalisme) sont souvent bien adaptés. La mise en place d’un projet personnel sous forme d’un entreprenariat est aussi une solution à privilégier. Le responsable hiérarchique d’un surdoué doit plus se concentrer sur les buts et les résultats que sur la méthode à suivre. Ainsi, son subordonné surdoué peut apporter une contribution unique à la stratégie, à la résolution de problèmes, à dégager des tendances et au développement des produits.

Caractéristique des surdoués

Bien que tous les individus surdoués soient uniques, ils partagent certaines caractéristiques. Certaines sont héréditaires, d'autres viennent progressivement, au fil du temps, sous l’influence de l’entourage et des expériences de la vie.

La vitesse de la pensée et du raisonnement.
Les individus surdoués pensent plus rapidement que les autres. Ils passent d’un sujet à l’autre dans une conversation. Leurs idées s’associent à la vitesse de l’éclair dans leur tête, une idée en amène une autre. Pour eux, c’est normal, c’est logique, cette idée a un point commun avec cette autre idée. Vu de l’extérieur, cela prend l’apparence d’interminables digressions qui sont associées à un esprit compliqué, voire dérangé. Les interlocuteurs décrochent facilement sachant que le monde actuel du zapping a formé les masses à avoir une attention médiocre et de courte durée.

Une forte sensibilité.
Un potentiel de développement élevé s'accompagne souvent d'une sensibilité exacerbée. Cette sensibilité se manifeste dans l’intellect, les sens, l’imagination, l’émotivité, et peut ressembler à un trouble du déficit de l'attention.

La sur-stimulation.
La sur-stimulation des sens se manifeste auditivement (machines, radios, lèvres claquantes), visuellement (sources lumineuses) ou au toucher (certains tissus, étiquettes dans les vêtements). Cet aspect de la douance est difficile à gérer car tout peut gêner un surdoué qui s’ignore. Il fait ensuite une fixation sur un bruit que personne n’entend, une lumière qui ne dérange personne, une odeur de parfum qui le perturbe. Être conscient de cette dépendance à son environnement change beaucoup de choses dans la vie. On essaie alors d’éviter une situation dérangeante, mais surtout, on est pleinement conscient de sa particularité. La tension intérieure s’apaise presque instantanément. On est sensible à ce bruit, à cette lumière, à cette odeur car nous sommes plus connectés au monde qui nous entoure. On ne peste pas contre son entourage et on ne se bloque pas dans cette injustice face au fait que ces éléments perturbateurs ne sont pas changés (baisse du volume des conversations environnantes au travail) ou cessés instantanément (une lumière plus douce) car ils ne dérangent personne d’autre.  

L’introversion.
Le monde interne des surdoués est particulièrement bien développé. Ils se blessent rapidement et facilement, ce qui explique pourquoi ils ont tendance à garder les gens à distance. Certains évitent les fêtes et autres sociabilités, car les sujets de conversation (ou les activités comme le binge-drinking ou l’usage de drogues) ne les intéressent pas. Cela peut ressembler à de l'autisme. Ainsi, l'introversion peut également engendrer un sentiment de rejet. Les personnes ayant des QI élevés semblent avoir des difficultés à rencontrer des personnes partageant les mêmes idées qu’eux, ce qui peut les amener rapidement à s’isoler. L’introversion développe une intelligence dite intra-personnelle. Elle permet de se former une représentation de soi précise et fidèle et de l'utiliser efficacement dans la vie. Elle sollicite plus le champ des représentations et des images que celui du langage. Il s'agit de la capacité à décrypter ses propres émotions, à rester ouvert à ses besoins et à ses désirs. Elle permet d'anticiper sur ses comportements en fonction de la bonne connaissance de soi.

Le développement émotionnel.
Les surdoués ressentent fortement les émotions. Mais parce que la réflexion prédomine chez eux et les sécurise, le développement émotionnel reste relativement peu développé. Ils ont du mal à relier les sentiments à la raison. Cela peut être renforcé lorsqu'un individu s'est senti solitaire dès son plus jeune âge et que son entourage ne l’a pas reconnu comme surdoué. Il vivra toutes ses expériences intensément, y laissera des plumes et erra ainsi dans la vie noyée dans ses émotions. Heureusement, la reconnaissance de la douance et le développement personnel sont plus d’actualité de nos jours.

La créativité.
Les processus de pensée des surdoués diffèrent des standards habituels. Ils sont de nature plus globale et avec une forte capacité d'imagination. Les surdoués ne peuvent souvent pas suivre leur train de pensée. Une solution est de noter les idées comme elles viennent sur un morceau de papier ou sur une application idoine. Sinon, elles disparaissent. Personnellement, je consacre tous les soirs du temps pour collecter et archiver les idées/les pensées que j’ai eu dans la journée. Les surdoués peuvent identifier les modèles rapidement, ainsi ils peuvent prédire des tendances avec succès. Ils peuvent souvent tirer des conclusions intuitivement et proposer des changements/des modifications/des idées perspicaces. Cette créativité est souvent frustrée par le système scolaire/le monde personnel qui ne lui permettent pas de s’épancher.

L’indépendance.
La formation des jugements et des opinions se déroule souvent de manière autonome. Ils sont non conformistes et affichent donc ce que les enseignants étiquètent facilement comme des comportements inappropriés . Pour faire court des gêneurs ou des emmerdeurs. Cette indépendance va de pair avec la créativité. Ils ont souvent une aversion viscérale à l'autorité non démocratique. C’est souvent là que les problèmes commencent dans le monde du travail.

Le perfectionnisme.
Le perfectionnement est souvent accompagné d'attentes trop élevées envers les autres, mais aussi de la honte, des sentiments de culpabilité et des sentiments d'infériorité devant l’impossibilité de réaliser ses propres attentes. Cela entraîne une tension et souvent une paralysie, une inaction destructrice. Le perfectionnisme, c’est surtout une critique négative de soi.

La façon d’apprendre.
Elle est souvent exploratoire. Les surdoués ont une aversion extrême pour les listes de choses à apprendre par cœur, ils trouvent cela inintéressant et ennuyant. Souvent, ils ne comprennent pas les questions de l'enseignant ou les questions posées dans le livre de référence, car ils cherchent des choses qui ne sont pas là. Cela entraîne une frustration. Certains adultes surdoués n'ont pas de connaissances de base, mais ont des connaissances approfondies dans les domaines qui les intéressent.

Peur de l'échec et de pas atteindre leurs objectifs.
Si leur intelligence n'est pas stimulée, les enfants développent souvent de mauvaises habitudes de travail. Ils pensent parfois qu'ils sont stupides, ils ont peur de l'échec et commencent à ne pas donner leur maximun et ainsi n'arrivent pas à exprimer leur intelligence. Et leur motivation pour apprendre diminue. Cela peut donner plus tard des frustrations et des déceptions dans leur parcours professionnel.

10 juin 2017

Conseils de survie en milieu professionel

Beaucoup de gens vraiment intelligents ne peuvent pas bien fonctionner avec les autres. Les personnes surdouées ont besoin de plus d'espace et de moins de contraintes. Elles voient des choses que les autres ne comprennent pas rapidement. Mais vous ne pouvez pas changer la façon dont les autres personnes perçoivent le monde, donc les surdoués qui veulent être efficaces au sein d’une entreprise/d’une organisation doivent apprendre à gérer leur style, au dépend de l’efficacité. Cela ne signifie pas qu’il faut compromettre leurs capacités, cela signifie simplement qu’il faut faire de la place pour les autres afin que l'équipe fasse un excellent travail.

Il faut avouer que beaucoup de surdoués sont obnubilés par le fait qu'ils sont surdoués, et veulent d’une certaine façon que cela soit reconnu par leur entourage. Cela peut se manifester par le fait qu’ils n'écoutent pas les autres, n'étant pas disposés à laisser les autres être plus intelligents qu'eux, ou alors à ne pas aider à trouver un consensus autour des idées des autres, ou bien pire s’approprier les idées des autres parce que le plus important est d’être vu comme le plus intelligent du groupe.

Quelques conseils de survie et d’épanouissement en milieu professionnel :
-Écouter plus que l’on ne parle.
-Apprendre à connaître les personnes avec lesquelles on travaille et à se concentrer sur la confiance et le respect mutuels.
-Comprendre ce qui motive les autres et les fait avancer dans la vie.
-Introduire doucement les idées et les concepts en respectant les idées et les réflexions des collègues.

Dans la plupart des cas, si vous travaillez avec les bonnes personnes, beaucoup d’entre eux trouveront aussi d'excellentes idées. Et, dans le monde compétitif actuel, les idées les plus intéressantes exigent un travail d’équipe complexe et diversifiée pour que ces idées puissent se concrétiser un jour. Dans ce cas, « être surdoué » c'est savoir composer avec son environnement professionnel et arriver à faire de cette diversité/de cette altérité une expérience positive. Le meilleur exemple étant Steve Jobs avec Apple. 

Lorsque l’on demande à des professionnels « quelle est, selon eux, la personne la plus intelligente dans leur entourage professionnel ? », puis ensuite « quelle est la personne avec laquelle ils se sentent le mieux ? » et enfin « avec laquelle de ces personnes ils préfèrent travailler ? », ils répondent à plus de 95% la dernière personne, celle avec laquelle ils se sentent le mieux. À mediter.

Pour un surdoué, gérer l’intensité, la complexité et la motivation liées à la douance est un travail de longue haleine. Ce guide complet et détaillé vous y aidera: https://www.amazon.com/Guide-pour-surdou%C3%A9s-lintensit%C3%A9-complexit%C3%A9-ebook/dp/B06XXY6DPN/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1491363257&sr=1-1

9 juin 2017

Dialogue de sourd au travail

La plupart des environnements professionnels - institutionnels, sociaux et culturels - ont des interfaces/des organisations généralement conçues pour des personnes non surdouées et qui permettent de prendre en compte les approches, les réactions et les idées des personnes lambda. Les surdoués ont tendance à avoir un approche différente des choses, ainsi que des réactions et des idées qui se combinent mal avec les interfaces professionnelles. Le scénario qu’il envisage n’a pas été prévu par la machine/l’organisation/le protocole. C’est là que le bât blesse.

De plus, les surdoués ont tendance à travailler d’une manière que ses collègues ne comprennent pas. Quelqu'un qui est  assis sur une terrasse avec une cigarette et une tasse de café peut résoudre un problème complexe et abstrait, ou mettre en place une idée géniale bénéfique pour l'entreprise, ou bien alors visualiser les inconvénients d’une stratégie commerciale mise en place par un autre collègue et trouver les changements à effectuer pour rectifier le tir. Vu de l’extérieur, cette attitude apparemment dilettante n’est pas comprise par l’entourage professionnel. Les problèmes à venir sont prévisibles.

En fait, l'intelligence au travail est beaucoup moins utile que les surdoués le croient. Dans un travail ordinaire, c’est-à-dire qu’il ne demande pas de créativité pure, chaque employé a un rôle et l’ensemble des tâches accomplies constituent une finalité qui a ses limites, mais qui doit avant tout être efficace, à savoir réaliser un service demandé et par la même augmenter les bénéfices de l’entreprise.  

Les surdoués ont aussi parfois la difficulté à expliquer leurs idées aux autres, surtout si ces idées viennent d’intuitions. Ils n’aiment pas travailler en équipe, car ils ont leur propre façon de travailler, seuls. Tout ça donne souvent l'impression aux surdoués d'être immergé dans une langue et une culture étrangères, en sachant que quoi qu’ils pensent et aimeraient partager, doit être traduit dans l'autre langue, sachant que la plupart du temps cet échange semble bizarre ou inutile aux autres. Le meilleur exemple est l’humour du surdoué qui est souvent incompris.
 

4 juin 2017

Les gens intelligents suranalysent tout

Voici pourquoi les gens les plus intelligents suranalysent tout.

Ils ont toujours un million de choses en tête. Même quand ils devraient être détendus, ils stressent à propos de quelque chose. Leur esprit ne s’arrête jamais. Voilà pourquoi ils finissent par tout suranalyser. Ce qu’ils doivent porter. Ce qu’ils doivent manger. Où ils doivent s’asseoir. Pendant combien de temps ils doivent attendre avant de répondre à un message. Ils sont intelligents, ce qui signifie qu’ils peuvent s’imaginer des dizaines de scénarios possibles pour toutes les situations. Et quand ils y pensent, ils s’inquiètent pour des choses qui ont peu de chance de se produire. Ils deviennent fous.  Ils n’ont jamais une minute de tranquillité. Ils suranalysent, parce qu’ils n’aiment pas être pris par surprise. Ils aiment savoir dans quoi ils s’embarquent.  Ils ont l’habitude d’avoir le contrôle de chaque situation et ne veulent pas être pris au dépourvu.  Ils veulent planifier tout ce qui pourrait se produire. Parce que c’est ce qu’ils sont, des planificateurs. Ils aiment savoir où ils vont, qui va être là, et quels événements sont programmés. Ils ont besoin de savoir cela pour ne pas avoir l’impression de marcher à l’aveugle.

Ils détestent quand ils ne comprennent pas ce qu’il faut faire, quand ils se perdent en voiture ou qu’ils rencontrent quelqu’un qu’ils ne s’attendaient pas à voir. Quand ils se sentent pris au dépourvu,  stupides . Ils veulent toujours savoir ce qui se passe. Voilà pourquoi ces personnes suranalysent tout. Les mots dans un texte. La façon dont une personne les regarde. Le ton qu’une personne a employé en parlant d’eux. Ils sont clairvoyants, ils voient tout ce qu’une personne dit et fait – et ils réfléchissent trop à leurs actions. Voilà pourquoi ils sont aussi conscients. Ils peuvent dire quand un ami est ennuyé par quelque chose qu’ils ont dit, quand quelqu’un ne répond pas à un message parce qu’ils l’ont ennuyé.

Ils essaient de lire le langage corporel des gens autour d’eux, pour veiller à ne pas dépasser leurs limites. Ils ne veulent pas faire quelque chose de stupide, comme tomber amoureux de quelqu’un qui ne ressent pas la même chose qu’eux ou déranger un ami qui préférerait rester seul. La plupart des gens pensent que ce sont des personnes logiques, ce qu’ils sont, mais ils sont également parmi les personnes les plus sensibles. Ils ont un cœur aussi grand que leur cerveau. Voilà pourquoi ils se sentent forts, si profondément inquiets. Ils sont souvent fiers d’être aussi intelligents. Ils sont heureux de pouvoir prendre soin d’eux-mêmes, de pouvoir faire ce que la plupart des gens ne peuvent pas faire. Mais parfois, leur esprit leur fait perdre la tête. Parfois, cela leur rend la vie encore plus difficile.

3 juin 2017

Les surdoués, le monde du travail et le Principe de Peter

Officiellement, les entreprises sont toujours en chasse des meilleurs talents. Mais dans les faits, elles se révèlent souvent incapables de gérer la douance. Se montrer trop doué constitue souvent un frein important à une carrière professionnelle. Alors que tout le monde à en tête l’image du chouchou de la maîtresse, avec ses lunettes et sa tête à claque, qui sait cirer les pompes et se taire, beaucoup oublie les parcours à rebondissements de leurs confrères surdoués. Ceux qui pensent que l’intelligence à quelque noblesse n’en ont certainement pas assez pour se rendre compte que ce n’est qu’une malédictio.

Deux catégories de talents
Pour schématiser, on pourrait classer les talents en deux catégories. Il y a d’un côté le «premier de la classe». Diplômé d’une grande école, il dispose d’une grosse capacité de travail, sait se conformer aux règles et maîtrise le bachotage comme personne. De l’autre côté, on a le bon atypique, qui rentre moins facilement dans les cases. Il a un portefeuille de compétences à forte valeur ajoutée pour l’entreprise, des qualités personnelles supérieures à la moyenne, notamment en termes de capacités d’innovation et de leadership, mais il est plus difficilement soluble dans l’organisation.

En résumé: Un surdoué est un individu qui fait dix choses à la fois, convaincu qu’il agit au mieux ; n’anticipe pas la réaction de l’autre ; produit dix idées à la minute ; est impatient ; est dépendant affectivement ; a peur de s’ennuyer ; est vulnérable sur le plan psychologique ; veut sauver le monde.

Les surdoués, l’entreprise et le Principe de Peter
Malgré certains avantages par rapport au reste de la population, les surdoués vivent en décalage avec leur environnement. Cela explique que 70 % des surdoués étaient en échec scolaire en France en 2012. Ce phénomène de décalage et de décrochage se retrouve aussi plus tard, à l’âge adulte, lorsque le surdoué intègre une entreprise. Il existe trois grands décalages entre les surdoués et le monde professionnel:
-Un problème de compréhension: C’est comme dans le conte d’Andersen, « Le vilain petit canard » : le doué est comme un cygne qui vit parmi les canards. Il imagine que le canard pense comme lui.
-Des difficultés relationnelles: La personne douée est plus sensible, elle surréagit.
-Un ancrage identitaire: Ce sont des personnes qui doutent beaucoup. Ils ne perçoivent pas toujours qu’ils sont forts là où ils le sont. En revanche, ils voient leurs points faibles avec une acuité particulière, car ils sont doués.
En entreprise, ils sont parfois qualifiés « d’emmerdeurs ». Simplement contestataire ou manifestant de la curiosité, afin d’engager un dialogue, ils peuvent être perçus comme des empêcheurs de tourner en rond. Et connaissent parfois une vie professionnelle mouvementée.

Un modèle théorique qui permettrait d’expliquer cette anomalie -la normalité voudrait que les Hauts-Potentiels trouvent leur place dans l’entreprise et y restent- est Le Principe de Peter. Dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence. La compétence des employés d’une organisation est distribuée selon une loi normale. Ainsi, 80 % des employés au centre de la courbe restent au sein de la hiérarchie, mais pas les 20 % aux extrêmes, c’est la « défoliation/le dégommage hiérarchique ». Selon le Principe de Peter, la super-compétence est plus redoutable que l’incompétence, car un super-compétent outrepasse ses fonctions et bouleverse ainsi la hiérarchie. Elle déroge au premier commandement : « La hiérarchie doit se maintenir ».

Pour qu’un super-compétent soit renvoyé, deux conditions doivent être réunies:
-La hiérarchie le harcèle au point de l’empêcher de travailler (ex: mise au placard); et
-Il n’obéit pas aux principes de respect de la hiérarchie.

La logique permet de comprendre pourquoi ils ne durent pas très longtemps dans une entreprise et préfèrent souvent prendre la poudre d’escampette. Mettre un surdoué sous un manager moyen, bosseur et politique est catastrophique. Toutefois, les surdoués ont toujours de l’avenir dans la nouvelle économie. En effet, ce qui compte dans la nouvelle économie et dans les entreprises comme Google, c'est le talent. Et les surdoués ont le talent nécessaire pour faire avancer notre société.

9 mai 2017

Le perfectionnisme sain

Alors que pour beaucoup la conception d’un aspect sain du perfectionnisme semble être un oxymore (contradictoire), il est important de reconnaître que pour les surdoués les « rêves impossibles » peuvent être à portée de main. Viser des critères élevés constitue un aspect positif du perfectionnisme, en particulier quand il s’accompagne de la croyance en cette possibilité à atteindre ces buts. 
 
À partir du moment où le perfectionnisme ressort si souvent chez les surdoués on peut envisager la possibilité que ce trait fasse partie intégrante de la personnalité du surdoué et qu’il doit donc apprendre à se l’approprier. Le perfectionnisme, à ce stade, ne peut ni être généré ni soigné. Il apparaît comme naturel. Et si ce trait n’est pas guérissable, il importe d’apprendre à canaliser cette énergie afin qu’elle ne soit pas source de paralysie.
 

Douance et perfectionnisme - Dabrowski -

Le perfectionnisme constitue une force puissante qui peut immobiliser ou devenir source d’énergie, suivant la manière dont est mobilisée l’attention. Les perfectionnistes ont des critères personnels très élevés et ne pas les atteindre peut être cause de grande peine. Ils sont alors assiégés par la honte et la culpabilité, ce que peu de personnes peuvent comprendre. Même lorsqu’ils sont félicités, ils se sentent souvent misérables, conscients de leur éloignement par rapport à leurs aspirations. Ils ont l’impression de mystifier les autres en n’utilisant pas pleinement leurs capacités. Ceux qui s’auto-critiquent ainsi en permanence ne sont jamais satisfait et sont à l’origine de la mauvaise presse du perfectionnisme.

Les surdoués visent souvent des valeurs irréalistes, se battent contre des moulins à vent, persistent quand les autres abandonnent et envisagent les possibilités même face à l’imminence d’une catastrophe. Ils se poussent à dépasser le caractère raisonnable de leurs propres limites pour atteindre leur but, ce qui leur semble important. Cet idéalisme, alors même qu’il semble incompréhensible pour un observateur extérieur, porte en lui le potentiel de changer le monde. La douance et le perfectionnisme sont des âmes-sœurs. Le perfectionnisme est un concept abstrait. Il nécessite un esprit abstrait afin de l’appréhender et de caresser l’idée d’une vision qui n’existe pas dans ce monde concret – aspirer à ce qui devrait être. La facilité par rapport à l’abstraction constitue un sine qua non de la douance.

Le développement asynchrone des surdoués engendre le perfectionnisme. Les enfants précoces ont des standards qui correspondent à leur âge mental et non à leur âge biologique. Dès leur plus jeune âge, les enfants surdoués possèdent des capacités cognitives leur permettant de prédire leurs actions ; de fait, ils ont plus de chance que les autres enfants de réussir dès leurs premières tentatives et d’éviter les échecs, quelle que soit la difficulté. L’école exacerbe les tendances perfectionnistes des enfants précoces. En donnant le même travail aux enfants, sans tenir compte de leurs capacités, on habitue l’enfant surdoué à avoir toujours les meilleures notes, ce qui peut entraîner une dépendance aux meilleures notes. Le manque de challenge et de stimulation peut aussi entraîner un autre type de perfectionnisme. Si le travail scolaire est trop facile, certains enfants chercheront à corser la difficulté, jusqu’à atteindre ce qu’ils estiment être la perfection. Il n’y a aucune joie à maîtriser rapidement ce que d’autres mettent un temps long à apprendre. Des compensations, comme les meilleures notes ou des récompenses sont alors recherchées et conduisent à un perfectionnisme négatif.

Dans le contexte de la théorie de Dabrowski, le perfectionnisme prend une nouvelle signification. Dans les bas niveaux de développement, il s’agit d’une distorsion du désir d’auto perfection. Au service du développement cela devient une force conductrice qui imprègne la vie de l’individu de hautes valeurs. Le perfectionnisme se manifeste par de l’insatisfaction vis-à-vis de ce qui est et par une aspiration envers ce qui devrait être. Il y a une conviction intime qu’il y a davantage dans la vie que la banalité, un désir de donner du sens à sa vie en donnant le maximum de soi.

7 avril 2017

Les surdoués adultes vus par une psychiatre

La notion du haut potentiel chez le sujet adulte est encore bien peu abordée, et le plus souvent absente du schéma de compréhension et de décision du psychiatre qui reçoit en consultation un de ces sujets. Ceci, pour différentes raisons :
-On en connaît de plus en plus sur la question des enfants précoces, au travers des problèmes de scolarité qu’ils peuvent rencontrer, ou des symptômes qui peuvent les amener dans les cabinets des psys. Leur devenir à l’âge adulte reste par contre encore bien peu connu.
-Le haut potentiel n’est pas une maladie, et les psychiatres, contrairement aux psychologues qui sont formés à la question de l’intelligence, n’ont aucune formation, voire aucune idée sur le sujet.
-Enfin, la plupart des enfants à haut potentiel seront des enfants heureux, et deviendront des adultes heureux. Et ce, probablement d’autant plus que ce potentiel aura été détecté, expliqué, et accompagné pour aller dans le sens de leur épanouissement.

Par contre, une fraction non négligeable de cette population, non détectée, ou bien ne bénéficiant pas d’un entourage familial ou éducatif adéquat, risquera de se trouver en situation de sous utilisation de ce potentiel, avec une difficulté dans la construction de leur personnalité, et dans la capacité à trouver un équilibre de vie épanouissant. Que risque le sujet adulte à HP non détecté au cours de sa vie, en termes de symptômes psychiatrique ?

Chez les sujets qui ont pu optimiser leur potentiel, dans le sens de la réussite professionnelle ou personnelle :
-Un risque anxieux avant tout.
L’anxiété semble quasi constante chez le sujet à HP, liée entre autre à un pseudo-perfectionnisme. Toute son échelle de valeurs est en effet biaisée dans la mesure où, pour le sujet à HP, la norme, c’est la perfection. L’anxiété sociale et relationnelle sera aussi communément retrouvée, car le sujet à HP non détecté n’a souvent pas conscience de son décalage par rapport à la moyenne, et aura tendance, surtout pour les femmes, à s’accorder peu de valeur. Ce manque d’estime de soi, associé à une hypersensibilité émotionnelle, seront des facteurs favorisants de décompensations dépressives.

-En aval du risque anxieux, un risque dépressif.
Trop d’activités, trop de projets, une hypersensibilité émotionnelle pouvant compliquer les rapports sociaux, des troubles du sommeil par incapacité à mettre sa tête au repos, et c’est le syndrome d’épuisement classique, qui est une dépression qui se manifeste notamment par une incapacité brutale à penser. Comme le sujet à HP présente un idéal du Moi très élevé (voire en plus un Surmoi très rigide…), et une fâcheuse tendance à vouloir dépasser ses limites, ce tableau dépressif pourra être subit, et surtout très mal toléré sur le plan narcissique, avec des risques de mise en danger important.

Les sujets qui n’ont pas pu utiliser leur potentiel dans le sens de la réussite sont plus difficiles à détecter en consultation psychiatrique, alors même qu’ils sont souvent en grande souffrance du fait de la sous-utilisation de leur intelligence.
Indéniablement, haut potentiel rime avec excès. Excès de sensations, excès de stimulations, excès de pensées, excès de sentiments, mais surtout excès d’énergie. Ces personnalités sont excessives, avec toutes un style différent, conditionné par le tempérament, qui est une donnée innée, et canalisées par ce qui aura été proposé par l’environnement.

Si l’environnement a été ouvert, curieux, tolérant et stimulant, mais aussi cadrant, l’énergie est canalisée sur une multitude de rails. Dans le cas contraire, l’excès d’énergie reste coincé à l’intérieur du sujet, et se retourne contre la personne. Ce qui produit une inhibition en surface, et la création de voies de sortie pathologiques de l’énergie en excès, au travers de symptômes, et ce d’autant plus que le milieu familial aura été pathogène ou non sécurisant. On retrouve là en premier lieu des symptômes anxieux et pseudo-obsessionnels, avec une dispersion de la pensée, des raisonnements obsédants, voire de vraies obsessions idéatives (la pensée classiquement décrite chez le sujet à HP comme arborescente perd –ou bien n’a jamais développé- son système de priorités et de tâches subalternes, et devient confuse et douloureuse). On trouve aussi un risque addictif, soit à des produits (cannabis et alcool préférentiellement), mais aussi des addictions comportementales comme des Troubles du Comportement Alimentaire, l’addiction à internet, ou tout simplement une addiction à la rêverie qui est en fait vivre sa vie en rêve, sans obstacles ni contraintes. Ces addictions ont pour fonction de permettre au sujet de se « vider la tête » face à une pensée qu’il n’arrive pas à canaliser et utiliser correctement.

Lorsqu’un adulte ou un adolescent de ce type arrive dans le cabinet d’un psychiatre, le psychiatre ne voit que la surface, l’inhibition ou les symptômes, et seule une attention particulière permettra de suspecter le HP caché. D’où un sacré risque de passer à côté d’une donnée centrale de la problématique, et de ne proposer qu’une prise en en charge partiellement efficace.

Alors, comment rendre la vie plus belle aux sujets à hauts potentiels adolescents et adultes ?
Le déroulement est en fait le même que pour l’enfant précoce qui rencontre un psychologue, et s’organise autour de trois étapes :

1/ Tout d’abord, il faut savoir reconnaître le Potentiel
Puis il faut transmettre au patient cette idée, et lui dire que cette hypothèse sera prise en compte dans la prise en charge, ce qui nécessite un peu d’assurance et de persévérance face à des patients parfois incrédules ou sceptiques, jusqu’à ce qu’ils arrivent à se l’approprier. Reconnaître le haut potentiel, veut dire aussi faire une relecture du parcours du sujet, et déterminer en quoi ce potentiel a pu être un plus ou un frein dans la réalisation de son épanouissement. Et cela veut enfin dire les encourager à assumer cette différence.

2/ La deuxième étape est de leur expliquer comment ils fonctionnent. Comment canaliser leur intelligence et leur énergie pour sortir de l’inhibition, des obsessions, comment arriver à se vider la tête pour retrouver le sommeil. Comment aussi retrouver un plaisir à utiliser son intelligence, là où penser est souvent devenu une contrainte, voire une torture. Une approche en thérapie corporelle associée (relaxation, psychomotricité) sera souvent conseillée.

3/ La dernière étape sera de les remotiver, autour de la reprise d’études, de projets professionnels, autour d’un projet artistique ou créatif. Toutes les idées, leurs idées sont bonnes à prendre, car on sait bien qu’un sujet à haut potentiel motivé aura les moyens de réussir ce qu’il entreprend.

Alors bien sûr il y a aussi le reste du travail psychiatrique et psychothérapique, en gardant à l’esprit que ce travail ne pourra produire de bons résultats chez le sujet HP que dans un cadre particulièrement interactif et explicite.

Surdoué(es) ?

Qui dit surdoué ne dit pas forcément parcours brillant. De fait, nombreux sont les adultes, autrefois enfants intellectuellement précoces, à ignorer leurs capacités. Voici quelques repères pour se situer.

En l'absence d'un dépistage généralisé, des milliers d'enfants, et en conséquence des dizaines de milliers d'adultes, sont surdoués sans s'en douter le moins du monde, car ils ne se trouvent pas très au point justement. Ils partagent l'idée communément admise que quelqu'un de très intelligent, ça se voit, ça réussit ses études et ça poursuit une brillante carrière. Donc, en l'absence d'une telle réussite, ils ne peuvent se concevoir comme surdoués et lorsque vous émettez cette hypothèse les concernant, ils commencent par nier farouchement, vous dressant la liste de tous leurs échecs, éberlués par l'incongruité d'une affirmation aussi peu crédible à leurs yeux.

Or, être surdoué, c'est d'abord une question de neurophysiologie, un bagage génétique qui se transmet de génération en génération. Cela se traduit, entre autres, par une myélinisation accrue des neurones, c'est-à-dire un gainage plus important des prolongements neuronaux qui augmente la vitesse de transmission des informations, en limite la déperdition et conduit le cerveau à utiliser moins d'énergie dans son fonctionnement courant. Les diverses zones cérébrales sont aussi mieux connectées entre elles, ce que permet une pensée plus globale, souvent plus intuitive, qui joue beaucoup de tours au surdoué confronté à un système scolaire ou professionnel qui ne valorise pas cette manière inhabituelle de réagir.

Cette différence de câblage dote aussi le surdoué d'une plus grande acuité de ses cinq sens et lui apporte une plus grande sensibilité émotionnelle, souvent mal accueillie par l'entourage. On pointe son hypersensibilité, voire son manque de maturité, alors que ses tendances à l'empathie sont spontanément plus fortes. Bref, être surdoué, c'est avoir un cerveau qu'il faut apprivoiser comme si on conduisait une voiture de grand prix, ce qui rend les choses bien plus compliquées qu'être au volant d'une berline familiale.

Puisqu'il s'agit d'une transmission héréditaire, repérable dès les premiers mois de l'existence pour un oeil averti, il en découle que si votre enfant a été diagnostiqué surdoué, vous ou votre conjoint l'êtes aussi, voire vous l'êtes tous les deux, car les surdoués ont tendance à s'attirer. De même, si vous ne vous sentez pas trop bien dans votre peau, si vous vous posez beaucoup de questions, avec l'impression d'être souvent en décalage avec autrui, repérer les caractéristiques qui font éventuellement de vous un ou une surdoué(e), vous permettra de découvrir vos meilleurs atouts dans la vie.

Vous ennuyiez-vous à l'école, sans comprendre pourquoi l'enseignant répétait plusieurs fois la même chose? Pour trouver le temps moins long, vous envoliez-vous dans vos rêves ou faisiez-vous le pitre plutôt? Aviez-vous des notes en dents de scie, selon ce qui vous passionnait sur le moment ou encore selon votre sympathie pour le professeur? Trouviez-vous difficile d'apprendre par coeur, alors que vous connaissiez vos cours sans les avoir révisés, si cela vous intéressait? 

Avez-vous décroché à un moment de votre parcours scolaire, en globalité ou dans certaines matières, car tout cela vous dépassait et n'avait guère de sens pour vous? Avez-vous des capacités de concentration et de mémoire qui étonnent autour de vous, mais seulement si vous êtes motivé(e)? Êtes-vous capable de vous remémorer des détails anodins que vous êtes seul(e) à avoir remarqués? Adorez-vous découvrir des choses et partager ce que vous avez appris? Êtes-vous d'une étourderie parfois handicapante, car votre esprit est déjà passé à l'idée suivante? Avez-vous l'impression de ne pouvoir vous arrêter de penser, au point que cela vous donne le vertige et que cela agace vos proches? Vous trouvez-vous trop sensible, trop révolté(e) par l'injustice, l'hypocrisie, etc.? 

Ou alors avez-vous l'impression d'avoir enfoui toutes ces choses au fond de vous pour arrêter de souffrir, être comme tout le monde et cesser de vous faire remarquer? Sans doute serait-il temps pour vous d'arrêter de cacher vos véritables richesses, d'apprendre à vous aimer pour vous sentir mieux avec vous-même et avec les autres.