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15 mai 2017

Rester qui vous êtes (4)

A/ Agissez à partir de vos nouvelles découvertes. Faites ce que vous voulez faire ! Faites de l’aquarelle, écrivez une histoire, partez en voyage à Mombasa, sortez dîner avec un cousin, faites des blagues plus souvent, ouvrez-vous, dites-la vérité. Commencez à faire ou être dès maintenant ce que vous avez décidez d’être ou de faire.

-Ne secouez pas la tête en présentant des excuses comme ‘’pas le temps’’, ‘’pas d’argent’’, ‘’responsabilités familiales’’, etc. Au lieu d’utiliser ces excuses, commencez à affronter les obstacles de votre vie. En prenant le temps de planifier et en rassemblant le courage de demander ces choses, vous parviendrez à trouver le temps et l’argent nécessaires, et à vous libérer de vos obligations.
-Parfois, le vrai vous a trop peur de faire face aux considérations pratiques car cela signifie faire face aux limites que vous vous êtes imposées. Commencez à planifier ce que vous voulez vraiment faire et recherchez ce qui doit être fait pour y parvenir au lieu de vous trouver des excuses, tuant ainsi vos rêves et vos objectifs avant même qu’ils soient nés.

B/ Préparez-vous aux échecs. Se connaître soi-même est un cheminement, et non une destination. Les essais et les erreurs font partie de ce cheminement. C’est le prix à payer pour la satisfaction que vous recevrez : vous allez rencontrer des obstacles, et certains vous feront tomber. Soyez prêt à comprendre et accepter que cela fait parti du processus et engagez-vous à vous relever aussitôt et à reprendre votre chemin.

-Ce ne sera pas simple, et ça n’a jamais été simple pour personne, mais si vous apprenez à voir les obstacles comme une chance de prouver à quel point vous désirez vous connaître, vous trouverez alors de la satisfaction et de la sécurité dans votre quête. En étant vous même, les gens vous respecteront davantage et vous traiteront plus gentiment. Le mieux est que vous serez bien dans votre peau et que cela sera visible de l’extérieur, les gens comprendront alors mieux qui vous êtes.

C/ Servez les autres. Le Mahatma Gandhi a dit un jour "le meilleur moyen de se trouver est de se perdre au service des autres". En vous concentrant uniquement sur votre introspection sans tendre la main aux autres, vous pourriez ne pas voir plus loin que le bout de votre nez et vous isoler des autres. Rendre service aux gens et à la société est le moyen ultime de trouver un but et sa place dans le monde.

-Voir à quel point la vie peut-être difficile pour d’autres gens est bien souvent un signal d’alarme et permet de voir vos propres soucis, inquiétudes et problèmes sous un autre angle. Cela vous aidera à prendre conscience de ce que vous avez et des opportunités que vous pourrez saisir dans votre vie. Cela peut nourrir votre personnalité, car vous réaliserez alors soudainement ce qui est le plus important. Faites-en l’essai, vous ne le regretterez pas.


19 mars 2017

Une bénédiction ou une malédiction

La douance peut être à la fois une bénédiction et une malédiction, une force positive et une force négative dans la vie. Pourtant, elle est sans aucun doute une force réelle, consciente et inconsciente. Bien plus qu'un ensemble de qualités distinctes, la douance est un état d'être, une existence à part entière. Nier ces capacités, c'est nier la part existentielle de notre être, c'est sentir que l'on n'existe pas pleinement. Le surdoué non identifié trouve souvent ses traits dérangeants et inadaptés, car ils lui causent plus d'inconfort que de satisfaction. Il a l'impression de voir les choses à l'envers, tant son approche des choses est différente. Une étrange impression d'être comme un jouet monté à l'envers. Une volonté profonde de transformer des points négatifs en points positifs le pousse à éliminer les obstacles qui nuisent à sa vision des choses et qui empêchent l'émancipation de ses dons. La confiance est l'élément clé. Une confiance ravivée dans la vie et dans ses opportunités permet d'éviter de devenir une victime du cynisme. Ainsi, le surdoué qui se découvre doit suivre certaines règles:

-Découvrir qui il est et qui il n'est pas.
-Faire la paix avec sa nature propre, passé et présente.
-Trouver de nouvelles façons de laisser ses dons être des atouts, et non pas des défauts.
-Éviter les forces mortifères de l'auto-sabotage et de l'oppression venant des autres.
-Changer sa façon d'utiliser ses dons.
-Apprendre à faire confiance et coopérer avec sa boussole intérieure.
-Clarifier et mettre en œuvre sa mission de vie, ce qu'il veut faire dans la vie.

L'expérience de vie d'un surdoué est la plupart du temps une expérience douce-amère. Pourtant, cette amertume n'est pas nécessaire. Elle est faite de décalage, d'incompréhension, de stéréotype, qui polluent la vie quotidienne et à la longue, la vie entière. Le chemin vers la lumière pour un surdoué est solitaire. Comme tout travail d'introspection d'ailleurs. 

18 février 2017

Simplement compliqué

Ceci est la critique d'une pièce de théatre jouée en 2009. Son titre, "Simplement compliqué", m'a interpellé car il résume bien ce qu'est un surdoué. L'acteur se questionne et se tourmente sur sa vie.

"Simplement compliqué", de Thomas Bernhard , Théâtre des Bouffes-du-Nord à Paris

Une évidente humanité
Pour entamer cette rentrée, le Théâtre des Bouffes-du-Nord propose « Simplement compliqué », texte écrit en 1986 par Thomas Bernhard en hommage à Minetti, l’illustre comédien. Mis en scène et interprété par Georges Wilson, ce texte est l’occasion pour le comédien de s’interroger sur le sens d’une vie entièrement dédiée au théâtre. Et, dans son interprétation tout en nuances, Georges Wilson nous offre un moment gorgé d’une troublante humanité. Que reste-t-il à un acteur vieillissant après avoir donné sa vie au théâtre ? Que reste-t-il à un homme qui, après n’avoir cessé de scruter le monde, se coupe un peu plus de lui à chaque mot ? Il lui reste la quête essentielle à son métier : chercher à comprendre, à ressentir, pour restituer le vécu à sa juste mesure sur scène. Pourtant, ces questionnements n’auraient pas suffi à rendre ce spectacle saisissant et émouvant. Mais, à regarder Georges Wilson interpréter un vieil acteur rejouant ses souvenirs, ce texte nous apparaît comme écrit exprès pour lui.

En prenant place, on découvre un décor annonçant avec subtilité l’errance du personnage. Sur scène s’étalent les vestiges d’un appartement vieillissant : quelques meubles, deux fauteuils usés jusqu’à la corde, des monceaux de papiers et, au loin, du linge grisé pendant à une ficelle. À l’image de la scénographie, Georges Wilson apparaît dans l’ombre, sans fard. Le comédien entame alors un monologue qui nous parvient presque par surprise. Il nous regarde pourtant, nous, spectateurs, mais ne parle qu’à lui-même. Par des bribes de souvenirs, des ébauches de discours, tantôt lucides, tantôt frôlant la folie, il nous fait toucher son errance solitaire. Coupé du monde extérieur, qui ne lui parvient plus que par des bruits lointains, il traîne au milieu de ses ruines, passant d’un siège à l’autre pour rythmer son monologue. Seule une fillette de 9 ans, Catherine, qui lui apporte du lait deux fois par semaine, trompe sa solitude. Mais, comme le dit le comédien en parlant de ce texte qui lui est cher, « elle n’est qu’un leurre », un reliquat de public qu’il accueille avec une douceur soudaine.

Par le truchement de ce texte, Georges Wilson se dévoile sans fard et sans pudeur. Au-delà d’un jeu déployé avec intensité, ce sont ses propres ressentis qui semblent être mis au jour. Avec finesse, il nous entraîne sur cet entre-deux séparant le théâtre du vécu. Pour cela, le comédien laisse le temps aux phrases de se dérouler et aux sentiments d’émerger. Les silences dévoilent alors des pensées intimes. Car, comme le dit son personnage : « Le théâtre commence quand on s’arrête de jouer ». Ainsi, les mots lourds de solitude de Thomas Bernhard apparaissent dans toute leur violence, leur justesse et leur humanité. Quand l’acteur s’efface, reste l’homme, simplement.