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14 avril 2018

L'existo-essentialime : l'essence avant I'existence

Dabrowski inventa ce terme afin de décrire sa synthèse unique de deux visions traditionnellement disjointes de caractère humain : d'une part la vision essentialiste présente dans l'approche platonicienne et d'autre part l'approche existentialiste chère à Kierkegaard et Nietzche, plus moderne. Pour les essentialistes, les choses et les organismes comportent des caractéristiques leur permettant de déterminer ce qu'ils sont et vont devenir. Dans l'existentialisme, ce sont nos choix qui font ce que nous sommes.

Dabrowski, lui, considère l'essence de l'individu comme une fondation initiale de son développement bien que celle-ci puisse être submergée sous l'effet de l'individualisme et l'indépendance valorisés par la socialisation et la conformité sociale. L'héritage génétique de l'individu contribue fortement à son développement et il avait coutume de dire que les gènes les meilleurs ne peuvent pas être annihilés par le pire environnement alors que les pires gènes ne peuvent pas être améliorés par un environnement favorable. Chaque individu possède une essence interne composée de ses qualités centrales et de ses traits de personnalité unique. Mais cette essence n'est pas fixée définitivement; on peut plutôt la considérer comme un potentiel amené à se développer ou pas. Cette essence peut par ailleurs être positive et ainsi accélérer le développement, mais aussi être négative et le ralentir voire l'empêcher.

L'expression de l'essence individuelle se traduit au travers d'une série de choix individuels et conscients permettant une distinction entre « ce qui est plus moi » par rapport à « ce qui est moins moi ». Tandis que le développement progresse, la vision et la conscience de soi émergent : conscience des buts et des aspirations propres, de ses attitudes et relations aux autres. L'individu construit alors un idéal de personnalité à partir de cette essence initiale et de ses potentialités, de ses rêves et de ses aspirations. L'idéal de la personnalité devenant de plus en plus clair, l'individu peut constater l'écart entre son idéal du soi et son essence initiale et faire ainsi des choix conscients et volontaires quant à ce qu'il lui faut inhiber ou développer. L'expression pleine du caractère d'un individu reflète à la fois son essence et les choix qu'il fait. Une croissance avancée est nécessaire sous la forme d'une désintégration de l'intégration primaire et de la libération qui s'ensuit, permettant la création d'opportunités de découverte de la véritable essence individuelle et conduisant à la véritable compréhension de soi au travers de choix existentiels volontaires conscients et non subis. La succession de ces choix viennent former et affiner l'essence brute pour créer cette personnalité unique et autonome.

Au-delà de cette essence, Dabrowski décrit d'autres facteurs internes critiques dans la détermination de la trajectoire développementale de l'individu: l'instinct créatif, celui de la perfection de soi, les dynamismes, la combinaison des moteurs et émotions fournissant l'énergie nécessaire à ce développement, et, enfin, une constellation de facteurs qu'il nomme potentiel de développement et définit comme « la dotation constitutionnelle déterminant le caractère et la potentielle extension de la croissance mentale pour un individu donné ». En résumé, on pourrait dire que rapproche existo-essentialiste de Dabrowski montre que l'individu doit prendre conscience de ses traits uniques de caractère - son essence - et pouvoir ainsi faire des choix volontaires qui expriment et dessinent cette essence, conduisant vers l'atteinte de l'idéal de la personnalité. Pour Dabrowski, « l'essence est plus importante que l'existence dans la naissance d'un être humain véritable » et il continuait en disant : « il n'y a pas de véritable existence humaine sans essence authentique ». Cette compréhension permet une appréhension puissante et nouvelle du développement humain.

19 février 2018

La peur de l'abîme (2) - Extraits

"J’ai écrit ce livre pour un type particulier de personnes, que je vois souvent dans ma pratique privée. Ces personnes — que j’appelle des « personnalités PCH » — ont des problèmes de perfectionnisme, de contrôle, et de honte, mais aussi des difficultés à prendre des décisions, pensent en termes rigides de tout-noir-ou-tout-blanc, vivent dans la crainte de la critique (surtout de l’autocritique), et ont une mauvaise estime de soi, entre autres caractéristiques. J’aime à me représenter les problèmes individuels de cette constellation PCH comme les rayons d’une roue. Le moyeu de la roue est ce que les personnalités PCH ressentent vraiment à l’intérieur, et qui conduit à tous ces problèmes. C’est le centre de cette roue qui doit guérir; alors toute la constellation de problèmes ou de symptômes peut disparaître."

"Ainsi, bien que la personnalité PCH puisse partager certains traits avec le trouble obsessionnel- compulsif, la plupart de mes patients viennent pour des dépressions, de l’anxiété ou des troubles panique. Parfois, ils ont déjà vu un autre thérapeute qui leur a dit que la thérapie cognitivo-comportementale était la plus adaptée pour leur anxiété ou leurs autres symptômes, laquelle enseigne des dispositifs d’adaptation pour atténuer et contrôler ces symptômes. Ils apprennent ces techniques mais ne sont pas satisfaits des résultats, parce qu’ils savent qu’à un certain niveau quelque chose génère les symptômes qu’ils continuent à affronter. Les symptômes traités ne sont que la manifestation de leurs sentiments sous-jacents, qui persistent même après avoir appris de nouvelles manières de « faire face ». Personne ne leur a jamais dit qu’ils pouvaient espérer réellement guérir, en atteignant le « moyeu » de leur personnalité, les dynamiques sous-jacentes qui les font souffrir. Ils n’ont jamais été invités à raconter leur « histoire », le récit de leur vie qui a conduit à des symptômes."

"J’ai constaté qu’à un niveau plus profond, les personnes souffrant d’une dynamique PCH ont ce que j’appelle une peur de l’abîme. Elles craignent qu’en abandonnant leur contrôle rigide, une très mauvaise personne, tapie dans leur côté sombre ou leur abîme, sera libérée et dominera leur personnalité. Ce qu’elles craignent souvent, c’est de devenir comme un parent ou une autre personne importante de leur enfance, dont ils abhorrent certaines habitudes, ou leur personnalité, et sentent qu’ils ont cela aussi en eux-mêmes. Pas étonnant que les personnes PCH ont une faible estime de soi. Personne ne peut se sentir bien en ayant l’impression d’avoir une sorte de monstre à l’intérieur — tout au contraire."

"Mes clients ayant des problèmes PCH ont toujours cet abîme, comme le bourreau de travail qui a peur d’être paresseux, ou celui qui doit s’en tenir à la vérité exacte, à tout moment, même au risque d’offenser les autres, parce qu’il craint d’être un menteur. Cette peur de l’Abîme s’enracine dans la croyance erronée que l’on doit cacher une partie de soi pour à tout prix garder le contrôle. C’est un gaspillage d’énergie que de passer sa vie à se défendre de ces sentiments douloureux et effrayants. Il est de loin préférable d’affronter les sentiments et de vivre pleinement."

"Pour vraiment modifier une personnalité, vous devez prendre conscience des pensées et des sentiments que vous ignoriez précédemment. Nous avons parlé, par exemple, du mode de pensée tout-noir-ou-tout-blanc et des associations rigides que font les personnes PCH. Rappelez-vous l’exemple de ceux qui se faisaient une idée précise d’une personne simplement parce qu’elle était en retard, ou qu’elle avait choisi de se teindre les cheveux. Vous vous souviendrez également de mes patients qui pensaient que le moindre mensonge était terrible et qu’ils devaient être brutalement honnêtes tout le temps. Mais pourquoi ces gens forment-ils ces associations spécifiques ? Je demande parfois à une personne PCH pourquoi elle a besoin d’être parfaite, et elle répondrait que du temps où elle était imparfaite, elle était soumise à des traitements humiliants ou cruels pour le fait de ne pas être parfaite. C’est une partie de la réponse, et c’est une bonne réponse d’un point de vue historique; cela explique comment le comportement ou sentiment s’est développé et a été renforcé dans le passé. Cependant, nous vivons dans le présent. Une réponse historique ne dit pas ce qu’il y a maintenant dans la tête et le cœur d’une personne."

"J’ai donné le nom d’abîme à la véritable peur sous-jacente des personnes PCH. Elle se manifeste sous différentes formes, à la manière d’un puits sans fond et obscur dans lequel on a toujours peur de chuter. L’abîme n’est pas l’image que vous voulez avoir de vous-même, mais c’est l’image que vous craignez et tenez à distance. Les rayons de la roue (les différentes manifestations de l’abîme) servent à rejeter de la conscience cette image de soi, de la nier, et de la diviser en de nombreux rayons ou problèmes dont nous avons parlé."

"L’abîme est alors l’image de soi, tant redoutée, qui va à l’encontre de l’image que l’on prétend avoir. Cette image de soi cachée est tellement crainte que l’on doit tomber dans l’excès contraire pour la nier. D’où vient l’abîme ? Bien sûr, il vient du passé; et il peut s’enraciner en particulier dans l’image qu’on a d’une autre personne. Nous entendons souvent les gens dire qu’ils ont peur d’être comme leur mère ou leur père. Au moment où ils disent cela, ils ont une certaine conscience de l’abîme, mais ils tombent alors dans l’extrême opposé, pour tenter de sur-compenser ces aspects redoutés de leur image de soi."

"L’abîme peut alors dissimuler un « autre » redoutable au sein de l’image de soi d’une personne. L’image de soi n’est pas forcément précise, mais elle a néanmoins une influence énorme sur la personnalité. L’image de soi qui représente « l’autre » redoutable est tenue à distance par les rayons de la roue, ce qui empêche la conscience de soi et la croissance émotionnelle."

"En plus d’être « l’autre » redoutable, l’abîme peut aussi être l’image de soi qu’a développé l’enfant, selon ce qu’il a entendu dire sur lui ou la façon dont il a été traité — c’est une vision déformée, cruelle, de soi-même. A l’âge adulte, certaines personnes se sentent toujours maladroites, stupides, ou inintéressantes, et font tout pour éviter de le savoir. Quand une personne a recours à un « rayon », la peur de l’abîme est activée, et elle réagit en prenant la forme d’un trait PCH. La personne qui fuit l’abîme crée sans le vouloir une prison qui devient émotionnellement étouffante. Pour de nombreuses personnes qui ont été maltraitées, l’abîme représente un de leurs parents. Elles pensent que si jamais elles sont en colère, elles vont devenir comme leur père ou mère violent(e). Elles savent, pas tout à fait consciemment, qu’elles sont déjà comme cette personne. Bien que vous puissiez ressentir de la colère, peut-être même de la rage — tout comme votre parent — vous avez aussi des valeurs, une maîtrise de soi et de nombreux traits positifs et rationnels. La voie de la guérison consiste à jeter une lumière sur votre abîme. Je veux dire par-là que ce n’est pas parce que vous affrontez des sentiments que vous allez agir sous leur emprise, et que reconnaître la rage et d’autres traits de l'abîme permet de les intégrer à de nombreux sentiments positifs."

La peur de l'abîme (1)

La plupart des livres de psychologie populaire ou de croissance personnelle aident les gens à mieux « faire face » à un problème spécifique qui les trouble. Bien que tout le monde ait besoin de ce genre d’aptitudes, ce sont des aides temporaires qui n’augmentent pas la compréhension et la conscience de soi, car ils ne traitent pas la cause à la racine du problème. En mettant l’accent sur un problème ou un trait spécifique, ils ne reconnaissent pas que ce trait fait partie d’une constellation plus large des problèmes interdépendants. Les livres de psychologie populaire davantage portés sur la spiritualité soulignent la « conscience », mais ne montrent pas aux gens comment aller au-delà de leurs défenses pour devenir vraiment conscient de soi. D’autres livres se concentrent sur une étiquette de diagnostic, tels que le « trouble panique » ou la « dépression », mais ne considèrent pas la nature des personnes avec ces étiquettes et leur cause.

Au travers de conseils spécifiques, la peur de l'abîme propose de soigner le noyau blessé de ceux pour qui le perfectionnisme et la honte sont des problèmes fondamentaux, quels que soient les problèmes ou diagnostics de surface. Ce livre les aide aussi à laisser tomber leur tendance à être « sur la défensive » ou inauthentique. De telles personnes redoutent des blessures émotionnelles, et forment des traits de personnalité pour s’en défendre. Le titre de l’ouvrage indique leur crainte la plus profonde — être la personne que l’on redoute, souvent un parent violent, ou ressembler au parent qui a agit de la sorte durant la petite enfance. Leurs craintes ont des répercussions intenses et multiples, dans la vie quotidienne et les relations. En suivant le chemin qui mène au noyau blessé, les lecteurs pourront développer une plus grande conscience de soi, remédiant à un large éventail de problèmes.

La peur de l'abîme simplifie des idées complexes et les rend accessible au profane. Des exercices guident progressivement et doucement le lecteur en profondeur et avec précision, au fur et à mesure de sa réceptivité. Des vignettes cliniques viennent illustrer les principaux points de chaque chapitre et témoignent du processus de guérison de différentes personnes.

(*) "La peur de l'abîme : guérir les blessures de la honte et du perfectionnisme" Aleta Edwards

14 janvier 2018

Comme une passerelle

"Les gens doués sont une passerelle vers tout ce qui dépasse un peu l'homme, les entraîne, les fait sortir de la grisaille. Plus on est doué, plus l'image de la perfection apparaît avec netteté. Le bonheur de contempler la beauté est plus intense, la déception de ne pouvoir l'atteindre plus cruelle. Les personnes douées sont excessives, c'est une exigence qui ne laisse personne au repos. Mais quand elle aboutit, elle donne un chef-d'oeuvre sans prix."

Arielle Adda
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arielle_Adda

19 juin 2017

Caractéristique des surdoués

Bien que tous les individus surdoués soient uniques, ils partagent certaines caractéristiques. Certaines sont héréditaires, d'autres viennent progressivement, au fil du temps, sous l’influence de l’entourage et des expériences de la vie.

La vitesse de la pensée et du raisonnement.
Les individus surdoués pensent plus rapidement que les autres. Ils passent d’un sujet à l’autre dans une conversation. Leurs idées s’associent à la vitesse de l’éclair dans leur tête, une idée en amène une autre. Pour eux, c’est normal, c’est logique, cette idée a un point commun avec cette autre idée. Vu de l’extérieur, cela prend l’apparence d’interminables digressions qui sont associées à un esprit compliqué, voire dérangé. Les interlocuteurs décrochent facilement sachant que le monde actuel du zapping a formé les masses à avoir une attention médiocre et de courte durée.

Une forte sensibilité.
Un potentiel de développement élevé s'accompagne souvent d'une sensibilité exacerbée. Cette sensibilité se manifeste dans l’intellect, les sens, l’imagination, l’émotivité, et peut ressembler à un trouble du déficit de l'attention.

La sur-stimulation.
La sur-stimulation des sens se manifeste auditivement (machines, radios, lèvres claquantes), visuellement (sources lumineuses) ou au toucher (certains tissus, étiquettes dans les vêtements). Cet aspect de la douance est difficile à gérer car tout peut gêner un surdoué qui s’ignore. Il fait ensuite une fixation sur un bruit que personne n’entend, une lumière qui ne dérange personne, une odeur de parfum qui le perturbe. Être conscient de cette dépendance à son environnement change beaucoup de choses dans la vie. On essaie alors d’éviter une situation dérangeante, mais surtout, on est pleinement conscient de sa particularité. La tension intérieure s’apaise presque instantanément. On est sensible à ce bruit, à cette lumière, à cette odeur car nous sommes plus connectés au monde qui nous entoure. On ne peste pas contre son entourage et on ne se bloque pas dans cette injustice face au fait que ces éléments perturbateurs ne sont pas changés (baisse du volume des conversations environnantes au travail) ou cessés instantanément (une lumière plus douce) car ils ne dérangent personne d’autre.  

L’introversion.
Le monde interne des surdoués est particulièrement bien développé. Ils se blessent rapidement et facilement, ce qui explique pourquoi ils ont tendance à garder les gens à distance. Certains évitent les fêtes et autres sociabilités, car les sujets de conversation (ou les activités comme le binge-drinking ou l’usage de drogues) ne les intéressent pas. Cela peut ressembler à de l'autisme. Ainsi, l'introversion peut également engendrer un sentiment de rejet. Les personnes ayant des QI élevés semblent avoir des difficultés à rencontrer des personnes partageant les mêmes idées qu’eux, ce qui peut les amener rapidement à s’isoler. L’introversion développe une intelligence dite intra-personnelle. Elle permet de se former une représentation de soi précise et fidèle et de l'utiliser efficacement dans la vie. Elle sollicite plus le champ des représentations et des images que celui du langage. Il s'agit de la capacité à décrypter ses propres émotions, à rester ouvert à ses besoins et à ses désirs. Elle permet d'anticiper sur ses comportements en fonction de la bonne connaissance de soi.

Le développement émotionnel.
Les surdoués ressentent fortement les émotions. Mais parce que la réflexion prédomine chez eux et les sécurise, le développement émotionnel reste relativement peu développé. Ils ont du mal à relier les sentiments à la raison. Cela peut être renforcé lorsqu'un individu s'est senti solitaire dès son plus jeune âge et que son entourage ne l’a pas reconnu comme surdoué. Il vivra toutes ses expériences intensément, y laissera des plumes et erra ainsi dans la vie noyée dans ses émotions. Heureusement, la reconnaissance de la douance et le développement personnel sont plus d’actualité de nos jours.

La créativité.
Les processus de pensée des surdoués diffèrent des standards habituels. Ils sont de nature plus globale et avec une forte capacité d'imagination. Les surdoués ne peuvent souvent pas suivre leur train de pensée. Une solution est de noter les idées comme elles viennent sur un morceau de papier ou sur une application idoine. Sinon, elles disparaissent. Personnellement, je consacre tous les soirs du temps pour collecter et archiver les idées/les pensées que j’ai eu dans la journée. Les surdoués peuvent identifier les modèles rapidement, ainsi ils peuvent prédire des tendances avec succès. Ils peuvent souvent tirer des conclusions intuitivement et proposer des changements/des modifications/des idées perspicaces. Cette créativité est souvent frustrée par le système scolaire/le monde personnel qui ne lui permettent pas de s’épancher.

L’indépendance.
La formation des jugements et des opinions se déroule souvent de manière autonome. Ils sont non conformistes et affichent donc ce que les enseignants étiquètent facilement comme des comportements inappropriés . Pour faire court des gêneurs ou des emmerdeurs. Cette indépendance va de pair avec la créativité. Ils ont souvent une aversion viscérale à l'autorité non démocratique. C’est souvent là que les problèmes commencent dans le monde du travail.

Le perfectionnisme.
Le perfectionnement est souvent accompagné d'attentes trop élevées envers les autres, mais aussi de la honte, des sentiments de culpabilité et des sentiments d'infériorité devant l’impossibilité de réaliser ses propres attentes. Cela entraîne une tension et souvent une paralysie, une inaction destructrice. Le perfectionnisme, c’est surtout une critique négative de soi.

La façon d’apprendre.
Elle est souvent exploratoire. Les surdoués ont une aversion extrême pour les listes de choses à apprendre par cœur, ils trouvent cela inintéressant et ennuyant. Souvent, ils ne comprennent pas les questions de l'enseignant ou les questions posées dans le livre de référence, car ils cherchent des choses qui ne sont pas là. Cela entraîne une frustration. Certains adultes surdoués n'ont pas de connaissances de base, mais ont des connaissances approfondies dans les domaines qui les intéressent.

Peur de l'échec et de pas atteindre leurs objectifs.
Si leur intelligence n'est pas stimulée, les enfants développent souvent de mauvaises habitudes de travail. Ils pensent parfois qu'ils sont stupides, ils ont peur de l'échec et commencent à ne pas donner leur maximun et ainsi n'arrivent pas à exprimer leur intelligence. Et leur motivation pour apprendre diminue. Cela peut donner plus tard des frustrations et des déceptions dans leur parcours professionnel.

9 mai 2017

Canaliser le perfectionnisme

– Appréciez le trait et comprenez qu’il peut servir un but utile. Les idéaux et valeurs élevées sont importants, même si cela vous remue quand vous cherchez à les atteindre.
– Envisagez les erreurs comme des sources d’expériences, comme des informations permettant de se rapprocher de vos buts. Ce sont les choses qui nous paraissent mauvaises, erronées, qui nous font prendre conscience de ce qui est bon et juste.
– Établissez des priorités. Autorisez-vous à être perfectionniste dans les activités qui ont une réelle importance pour vous, et non dans tous les domaines. On ne peut être parfait partout, il faut établir des choix certes difficiles mais nécessaires.
– Commencez un projet plutôt que de procrastiner. Commencer une tâche est souvent le plus difficile, ensuite le perfectionnisme travaillera pour vous. Si l’échéance est cause de stress et de paralysie, agissez en amont et commencez plus tôt votre projet.
– Maintenez des valeurs élevées pour vous-mêmes mais ne les imposez pas aux autres.
– Gardez espoir, même si les premiers résultats ne sont pas à la hauteur de vos espérances. C’est par la pratique qu’on se rapproche petit à petit de ses buts. Lisez les biographies de personnes célèbres qui ont connu d’intenses frustrations et ont dépassé ces obstacles grâce à leur persistance.
– Ne vous flagellez pas pour vos manquements. Focalisez votre énergie sur vos futurs succès. Ne vous dites pas « j’aurais pu mieux faire », dites-vous « la prochaine fois, je procéderai différemment ».
– Portez vos idéaux et croyez en votre capacité à les atteindre.
– Reconnaissez qu’il existe des aspects positifs et négatifs dans le perfectionnisme. Vous pouvez choisir comment vous souhaitez utiliser votre perfectionnisme.
– La peine peut accompagner le perfectionnisme. Reconnaissez-le et ne laissez pas cette peur vous bloquer. C’est une bonne souffrance car mise au service de vos aspirations. Si vous ne pouvez pas l’éviter, vous pouvez la surmonter.
 
Le perfectionnisme appliqué à soi-même peut aider à accomplir de grandes choses, alors qu’appliqué aux autres il entraine attentes, déceptions et ressentiment. Le perfectionnisme transcrit comme le fait d’essayer encore et encore conduit au succès, tandis que le perfectionnisme qui résulte de la paralysie, de l’évitement, de l’anxiété conduit à l’échec. L’important est de comprendre comment établir des priorités. Cela demande un courage considérable de vivre le grand écart entre « ce qui est » et « ce qui devrait être » et d’essayer de le réduire. Le désir d’autoperfection conduit à la souffrance, et tout le monde n’est pas prêt à l’endurer. C’est ce qui sépare une personne adulte portée par un engagement moral élevé d’une personne apathique qui s’est adaptée aux limitations qui existent couramment en chacun de soi et dans le monde. Les surdoués possèdent en eux la force suffisante pour mettre cette souffrance au service de leur développement personnel.

Le perfectionnisme sain

Alors que pour beaucoup la conception d’un aspect sain du perfectionnisme semble être un oxymore (contradictoire), il est important de reconnaître que pour les surdoués les « rêves impossibles » peuvent être à portée de main. Viser des critères élevés constitue un aspect positif du perfectionnisme, en particulier quand il s’accompagne de la croyance en cette possibilité à atteindre ces buts. 
 
À partir du moment où le perfectionnisme ressort si souvent chez les surdoués on peut envisager la possibilité que ce trait fasse partie intégrante de la personnalité du surdoué et qu’il doit donc apprendre à se l’approprier. Le perfectionnisme, à ce stade, ne peut ni être généré ni soigné. Il apparaît comme naturel. Et si ce trait n’est pas guérissable, il importe d’apprendre à canaliser cette énergie afin qu’elle ne soit pas source de paralysie.
 

Douance et perfectionnisme - Dabrowski -

Le perfectionnisme constitue une force puissante qui peut immobiliser ou devenir source d’énergie, suivant la manière dont est mobilisée l’attention. Les perfectionnistes ont des critères personnels très élevés et ne pas les atteindre peut être cause de grande peine. Ils sont alors assiégés par la honte et la culpabilité, ce que peu de personnes peuvent comprendre. Même lorsqu’ils sont félicités, ils se sentent souvent misérables, conscients de leur éloignement par rapport à leurs aspirations. Ils ont l’impression de mystifier les autres en n’utilisant pas pleinement leurs capacités. Ceux qui s’auto-critiquent ainsi en permanence ne sont jamais satisfait et sont à l’origine de la mauvaise presse du perfectionnisme.

Les surdoués visent souvent des valeurs irréalistes, se battent contre des moulins à vent, persistent quand les autres abandonnent et envisagent les possibilités même face à l’imminence d’une catastrophe. Ils se poussent à dépasser le caractère raisonnable de leurs propres limites pour atteindre leur but, ce qui leur semble important. Cet idéalisme, alors même qu’il semble incompréhensible pour un observateur extérieur, porte en lui le potentiel de changer le monde. La douance et le perfectionnisme sont des âmes-sœurs. Le perfectionnisme est un concept abstrait. Il nécessite un esprit abstrait afin de l’appréhender et de caresser l’idée d’une vision qui n’existe pas dans ce monde concret – aspirer à ce qui devrait être. La facilité par rapport à l’abstraction constitue un sine qua non de la douance.

Le développement asynchrone des surdoués engendre le perfectionnisme. Les enfants précoces ont des standards qui correspondent à leur âge mental et non à leur âge biologique. Dès leur plus jeune âge, les enfants surdoués possèdent des capacités cognitives leur permettant de prédire leurs actions ; de fait, ils ont plus de chance que les autres enfants de réussir dès leurs premières tentatives et d’éviter les échecs, quelle que soit la difficulté. L’école exacerbe les tendances perfectionnistes des enfants précoces. En donnant le même travail aux enfants, sans tenir compte de leurs capacités, on habitue l’enfant surdoué à avoir toujours les meilleures notes, ce qui peut entraîner une dépendance aux meilleures notes. Le manque de challenge et de stimulation peut aussi entraîner un autre type de perfectionnisme. Si le travail scolaire est trop facile, certains enfants chercheront à corser la difficulté, jusqu’à atteindre ce qu’ils estiment être la perfection. Il n’y a aucune joie à maîtriser rapidement ce que d’autres mettent un temps long à apprendre. Des compensations, comme les meilleures notes ou des récompenses sont alors recherchées et conduisent à un perfectionnisme négatif.

Dans le contexte de la théorie de Dabrowski, le perfectionnisme prend une nouvelle signification. Dans les bas niveaux de développement, il s’agit d’une distorsion du désir d’auto perfection. Au service du développement cela devient une force conductrice qui imprègne la vie de l’individu de hautes valeurs. Le perfectionnisme se manifeste par de l’insatisfaction vis-à-vis de ce qui est et par une aspiration envers ce qui devrait être. Il y a une conviction intime qu’il y a davantage dans la vie que la banalité, un désir de donner du sens à sa vie en donnant le maximum de soi.

6 avril 2017

Reconnaître un surdoué

Adultes surdoués: comment les reconnaître?
Hypersensible, anxieux, perfectionniste... Un surdoué adulte est souvent en décalage malgré ses efforts pour se fondre dans la masse. Des surdoués, vous en avez sûrement autour de vous, mais vous n'avez peut-être jamais pensé à les identifier comme tels. Sans doute connaissez-vous quelqu'un qui vous fascine par ses connaissances, vous charme par son brio et son impertinence ou encore vous agace par de longues explications fourmillant de détails, ou vous interrompt par des questions qui paraissent sans rapport. 

Des personnalités souvent hypersensibles
Vous êtes peut-être intrigué, au contraire, par la retenue et le silence d'un de vos proches. Vous trouvez curieux qu'il ne participe pas à la conversation, tout en ayant l'air de ne pas en laisser passer une miette, par un regard vif posé sur les interlocuteurs et par un commentaire si pertinent tout à coup qu'il fait basculer un échange anodin en réflexion d'une profondeur inattendue. Il y a aussi certainement dans votre entourage un râleur invétéré, qui n'est jamais content, de lui-même, des autres et de la manière dont va le monde, qui trouve que les gens ne comprennent rien à rien, que l'on va droit dans le mur et que si on suivait ses idées, tout irait bien mieux, c'est évident. Vous aurez sans doute déjà rencontré une personne qui vous est apparue hypersensible, fortement préoccupée par des sujets bien loin de votre quotidien, facilement anxieuse par rapport à ce qu'elle vit et qui ne vous perturberait pas autant à sa place, quelqu'un qui se dit souvent qu'il ne va pas y arriver et qui semble se compliquer la tâche par un souci du détail qui confine à un perfectionnisme excessif à vos yeux.

Des adultes qui dérangent
Bref, les surdoués ne sont pas que des enfants qui attirent l'attention lorsqu'ils ont des difficultés scolaires incompréhensibles au vu de leur potentiel. Ce sont aussi des adultes qui se vivent souvent en décalage, dans leur univers professionnel comme personnel. Mais est-ce que ce sont eux qui s'excluent ou se marginalisent par leur grande sensibilité, leur sens impérieux de la justice, leur rejet bruyant de l'hypocrisie et des faux-semblants, leur silence face à l'absurdité des choses ou leurs sarcasmes lorsqu'ils n'en peuvent plus de se taire? Ou est-ce que ce sont les autres qui, ne fonctionnant pas sur le même plan, ont les plus grandes difficultés à les intégrer, à accepter leur différence et à ne pas se sentir dévalorisés, ce qui est pourtant la dernière chose que souhaite généralement faire le surdoué?

Pourtant, ils font tout pour être comme les autres
Le grand problème de celui-ci, qui le tenaille depuis l'enfance, est en effet d'essayer au maximum d'avoir l'air comme tout le monde, de ne pas en rajouter pour se faire remarquer, sauf peut-être dans le chahut et les bêtises ou là, son intelligence à faire le pitre pourra le rendre acceptable aux yeux de ses camarades. Il a ainsi tendance à développer un "faux-self", c'est-à-dire une personnalité de façade qui intègre au maximum la norme, celle de son éducation familiale, celle de l'école ou celle des relations avec autrui, telles qu'il les perçoit. Il y met tout son talent et ce n'est qu'en cas d'échec patent qu'il se réfugie dans l'agressivité, la rêverie, le mutisme ou les comportements auto-destructeurs, en réaction à un monde qu'il ne comprend pas et qui ne semble pas non plus comprendre tous les efforts qu'il fait pour se conformer.

4 avril 2017

Conseils pour réactiver son imagination et la libérer

L’imagination est sans doute le don le plus précieux qui est alloué à l’être humain à la naissance. C’est parce que nous avons la faculté d’imaginer ce que nous désirons que nous sommes à présent l’espèce dominante sur la planète. C’est aussi parce que nous imaginons que chaque jour est différent du précédent, et de ceux à venir. Malheureusement, beaucoup de gens perdent cette fabuleuse aptitude en vieillissant. Préoccupés par les tracas du quotidien, ils ont perdu l’habitude de rêver éveillé et de percevoir la vie comme peuvent le faire les enfants, par exemple. C’est d’autant plus dommage que l’imagination est la source même de la créativité.

La créativité est une qualité innée
Rejetez l’idée voulant que la créativité est réservée aux seuls artistes, aux inventeurs ou autres gens   « spéciaux ». La créativité est votre héritage humain, un don de naissance. Commencez à développer une image de vous-même en tant qu’individu créatif. Exercez votre imagination et arrêtez de dire:     « Je ne suis pas créatif du tout». Au lieu de ça, faites en sorte de découvrir de quelle manière vous êtes, ou pouvez-être, vraiment créatif.

Intuition vs logique
Respectez et réactivez votre intuition. Prenez conscience de votre subconscient et développez l’habitude de garder contact avec votre voix intérieure. Notre culture a injustement rejeté l’intuition comme une forme de connaissance féminine, favorisant  la logique. Pourtant, l’intuition et la logique ne sont pas forcément incompatibles dans une optique de poursuite de la connaissance. Il vous faut comprendre les limites de la logique. Souvenez-vous que de nombreuses idées créatives sont issues en dehors des schémas de pensée linéaires.

Reconsidérez vos croyances
Réfléchissez et réexaminez ce que vous croyez être vrai – sur vous-même, vos capacités, votre travail, et sur le monde qui vous entoure en général. Souvent nos hypothèses, ce que nous croyons être vrai, nous empêchent de considérer des alternatives créatives.

Bannissez la « zone de confort »
Prenez des risques. Surmontez votre peur de l’inconnu. Essayez de nouvelles façons, de nouvelles idées et de nouvelles choses. Les règles et la routine sont les ennemies de la créativité. Si la routine fait partie intégrante de votre environnement professionnel, brisez-la sur votre temps personnel. Reconsidérez les « règles » pour déterminer si elles sont vraiment utiles. Analysez votre peur du risque et apprenez progressivement à la maîtriser.

Changez de décor
Renouvelez-vous, rafraîchissez-vous, en un mot : recréez-vous !  Tentez un changement de décor, même brièvement. Achetez plus de jouets et jouez plus. La recherche a d’ailleurs montré que le jeu peut aider à faire croître les cellules cérébrales. De plus, un nouvel environnement peut souvent allumer l’étincelle qui donne naissance à de nouvelles idées, de nouvelles façons de penser.

Émerveillez-vous comme un enfant
Retrouvez et réappropriez-vous votre curiosité innée. Recapturez votre capacité d’émerveillement enfantine. Beaucoup de grands bonds en avant ont été initiés par des questions simples. Picasso a rejeté le « premier principe » de la peinture (un point de vue unique) afin de développer l’approche cubiste, qui a révolutionné le monde de l’art.

Renoncez à la perfection
Si vous n’avez pas besoin d’être un artiste pour être imaginatif et créatif, renouer avec celui qui est en vous peut-être un moyen très efficace d’entretenir un dialogue avec votre imagination. Vous pouvez prendre des leçons de dessin ou de musique, apprendre à chanter, danser ou jouer. Acceptez et embrassez l’imperfection, en gardant conscience que votre imagination, comme un muscle, sera renforcée par vos efforts.

La compétition… avec modération
Réduisez votre esprit de compétition. La recherche a montré que la concurrence, contrairement à la croyance populaire, freine davantage la créativité qu’elle ne l’inspire. Pourquoi ? Parce que les situations extrêmement compétitives amènent les gens à jouer la sécurité, à mettre l’accent sur les résultats plutôt que sur les processus.

Faites-vous l’avocat du diable
Réaffirmez vos croyances en considérant ouvertement le point de vue opposé de celui qui vous vient spontanément. Jouez l’avocat du diable avec vous-même. Cet exercice vous permettra de renforcer ou de remodeler vos croyances.

Multipliez les idées
Réactivez le remue-méninge. Faites-en une habitude. Résistez à l’envie d’opter pour la première solution ou idée raisonnable venue. Générez autant d’idées que vous le pouvez, même celles qui vous paraissent complètement farfelues. Différez l’évaluation et le jugement d’une situation ou d’un problème. Réaménagez, rassemblez, reconsidérez et recyclez vos idées. Essayez de faire des combinaisons d’idées insolites.

Reconsidérez les « problèmes »
Redéfinissez les problèmes. Parfois, notre première impression d’un problème peut être incorrecte. De combien de façons pouvez-vous réagir à un problème? Par exemple, certaines entreprises ont constaté que le «problème» des employés arrivant souvent en retard ou demandant plus régulièrement des congés pouvait être résolu en leur proposant des horaires flexibles ou du télétravail. L’idée, c’est avant tout de rechercher le problème derrière le problème.

Concrétisez vos idées
Réengagez-vous à la réalisation de vos idées. Une fois que vous aurez renforcé votre imagination et développé votre créativité, vous vous sentirez plus confiant dans les résultats. Plus vous vous autoriserez à exercer votre imagination, plus heureux et productif vous pourrez être !

26 décembre 2016

La théorie et la douance - Dabrowski -

Prise de conscience de la douance
Un surdoué qui ignore sa douance est souvent mal dans sa peau, se sent souvent en décalage par rapport à la société, a une mauvaise image de lui-même, peut avoir de sérieux problèmes psys, voire faire une ou plusieurs crises existentielles, tout en essayant de faire de son mieux, d'être "quelqu'un de bien", d'être conforme aux attentes de la société et aux modèles que constituent "les autres". La découverte de sa douance est pour le surdoué une remise en cause brutale de ce sentiment de devoir de conformité et d'adaptation, et un changement complet de la vision qu'il a de lui même, avec une relecture et une réinterprétation de son passé. Cette prise de conscience de l'inaptitude du reste du monde à lui servir de modèle et de la nécessité de repartir sur de nouvelles bases, déterminées par lui, et qui lui sont spécifiques, est parfois "une grande claque", avec pleurs et remises en cause, et est en fait une désintégration positive des faux schémas et devoirs, avec une prise en main de son système de valeurs et de ses règles de conduites par l'individu surdoué (passage d'un état qui oscillait entre les niveaux 1, 2 et 3, au niveau 4 de la théorie de la désintégration positive de Dabrowski).

Perfectionnisme
Le perfectionnisme, ou haut niveau d'exigence, est souvent considéré comme contributeur d'une faible estime de soi, fréquente chez les surdoués. Mais le perfectionnisme est de nature différente suivant le niveau de développement de l'individu :

-au niveau 1 de la théorie de la désintégration positive, le perfectionnisme est oppressif, et amène à juger les autres comme inférieurs.
-au niveau 2, il peut être débilitant, parce qu'il est imbriqué dans le doute de soi et l'introjection des valeurs des autres.
-au niveau 3, quand il rejoint la hiérarchisation des valeurs, il devient le sentiment d'être inférieur à soi, qui est une dynamique qui pousse le développement vers des niveaux plus élevés.
-au niveau 4, il évolue en un désir de perfection de soi, ce qui conduit à une vie imprégnée par les idéaux de niveau supérieur.
-au niveau 5, c'est la reconnaissance de la perfection inhérente à tout ce qui est.

Monde intérieur
Les surdoués exploitent et sont galvanisés par ce que Dabrowski appelle la réalité théorique. La réalité perçue par les sens (l'ici et maintenant de l'existence banale) n'est qu'une réalité (parmi d'autres). Les esprits exceptionnels accèdent naturellement à des niveaux plus puissants de fantasme, d'imagination et d'intuition. Dans ce milieu riche, ils résolvent des problèmes, découvrent de nouvelles perspectives et créent sur un niveau d'abstraction séparé du monde de la perception sensorielle directe. Pour ceux qui disposent de la sensibilité morale, d'immenses pouvoirs d'imagination, d'une riche vie affective, et d'un besoin absolu pour la recherche intellectuelle, cette réalité théorique est plus réelle, plus compréhensible et de plus d'importance que la réalité de la vie quotidienne. 

Dabrowski a écrit: "L'ajustement à ce "qui devrait être" est chez certains individus plus fort que leur ajustement à "ce qui est"". Pour eux, le développement est modulé par l'interpénétration des expériences de désintégration et d'intégration, façonnant la fonction intellectuelle en la mettant en relation avec les émotions de plus haut niveau. Cela crée une structure intégrée de la conscience de haut niveau où la pensée et les ressentis s'associent et se co-déterminent. Une transformation de développement supplémentaire se produit lorsque l'intuition de haut niveau est activée et promue, créant une synthèse dynamique permanente de ce qui est directement ressenti de manière intuitive. Ce fonctionnement à plusieurs niveaux et cette dynamique de développement, bien que rare, est un processus évolutif naturel pour les individus surdoués.