1 octobre 2017

Le noble chemin

Le but du développement personnel c'est de devenir son propre dieu, son propre gourou. Ce n'est pas de la mégalomanie. Un gourou désigne communément en Occident un maître à penser. En Inde, le gourou (du sanskrit गुरु guru) est un enseignant, un précepteur, un maître. Être son propre gourou, pour moi, c'est vivre selon ces valeurs profondes, en accord avec sa personnalité. Je parle ici de valeurs humanistes bien sûr.

Un esprit libre est en quelque sorte son propre maître à penser. Dans notre société, la religion apaise l'esprit, mais éloigne souvent de ce que nous sommes vraiment. La religion agit alors comme le fond les drogues, elle nous éloigne de nous. On est pratiquant en suivant des règles établies, mais finalement on est de moins en moins spitiruel. Nous répondons alors à des règles extérieures. Le pratiquant se met au service de son gourou. Parfois, des esprits profonds arrivent à raccorder cette croyance avec la personnalité qui se niche au fond d'eux. Cependant, la plupart des gens trouvent surtout du réconfort dans une communauté, en mettant entre parenthèse ou aux oubliettes, ce qui devrait être la vraie quête de la vie: Qui sommes-nous vraiment ? Quelle est notre vraie personnalité ?

Je crois qu'il est important d'être conscient de l'emprise que peut avoir la religion, les idées politiques, les courants de pensées sur nous. Ceci dit, on peut piocher avec parcimonie des inspirations fulgurantes et rafraîchissantes qui nous permettent d'avancer dans notre quête de vie.

Le Bouddhisme est définitivement une religion (*) qui apporte des clés pour le développement de soi. Le Bouddha Siddhartha Gautama a défini le "noble chemin" (ou "sentier octuple") comme le moyen d'atteindre l'illumination. On le surnomme également le chemin du milieu car il évite les deux extrêmes de l'ascétisme et de l'indulgence hédonistique. Voici donc les qualités qu'une personne éclairée doit mettre en pratique:

-la vision juste:
-la pensée juste:
-la parole juste;
-l'action juste;
-la profession juste;
-l'effort juste;
-la pleine conscience;
-la concentration.

Sans être bouddhiste, je dois avouer que ces qualités sont ceux sur lesquelles je travaille constamment. À chaque instant de ma vie. Et ce n'est pas facile ! (*) Ceci n'est pas du prosélytisme bien sûr.

23 août 2017

Lullaby

Pause musicale. Une berceuse (lullaby) signée The cure. Une merveille de créativité et de rêverie.


I spy with my little eye
Something beginning with S
On candy stripe legs the spiderman comes
Softly through the shadow of the evening sun
Stealing past the windows of the blissfully dead
Looking for the victim shivering in bed
Searching out fear in the gathering gloom and suddenly!
A movement in the corner of the room!
And there is nothing I can do
When I realize with fright
That the spiderman is having me for dinner tonight!

20 août 2017

Douance et haut potentiel

D'aucuns comparent le surdoué à un zèbre (Vous avez dit zèbres ?), d'autres à une forêt humide (Rainforest Mind). Pour ma part, j'aime bien le mot douance et l'expression haut potentiel.

La douance.
Ce terme vient du Canada et sert à désigner les enfants ou les adultes dont les capacités intellectuelles dépassent la norme établie. J'utilise beaucoup ce mot car il est neutre. Il veut rien dire a priori. Les initiés le comprennent, les autres cherchent encore. On dirait un terme immobilier, entre une location et un viager. On pourrait penser à une maladie orpheline. Un mal chronique et rare. Enfin, il me plait car il ne sous-entend rien d'extraordinaire comme "précoce", "doué" ou "surdoué". Je m'approprie ce mot sans culpabilité, ni supériorité vis-à-vis des autres.

Le haut potentiel.
Du latin potentialis (« de puissance »). Qui est en puissance (par opposition à effectif ou factuel. Capacité à faire, supposée mais pas encore réalisée. Ces deux mots associés sont intéressants. Le potentiel, c'est quelque chose en gestation, en sommeil, qui peut se reveler, une possibilite ou non qu'une force se réalise. L'adjectif "haut" s'ajoute à cette probabilité et promet des sommets. L'aspect intéressant de l'appelation "haut potentiel" est que cela peut arriver et être magnifique, mais que cela peut aussi ne pas arriver et être alors tragique. Il faut révéler ce potentiel. Pour cela il faut travailler sur soi, rester motivé, quoiqu'il arrive et passer à l'action. Rien n'arrive automatiquement et systématiquement.

17 août 2017

L'homme-caméra

Stephen Wiltshire est un artiste anglais, né à Londres en 1974. Autiste doté d'une mémoire (mémoire photographique ou mémoire absolue), Stephen est capable de dessiner des paysages dans les moindres détails après les avoir visualisés pendant quelques minutes. Des capacités extraordinaires qui lui ont valu le surnom d'homme-caméra. Stephen a survolé la ville de New-York en hélicoptère pendant vingt minutes. C'est plus qu'il n'en faut pour ce génie qui, une fois redescendu sur terre, a réussi l'exploit de dessiner la ville au détail près, avec chaque bâtiment exquissé à l'échelle, uniquement grâce à sa mémoire. Stephen a également dessiné Rome, Hong-Kong, Madrid ou encore Londres de la même manière, en dessinant seulement de " tête ". Impressionnant !


La dysphasie

La dysphasie se définit comme une pathologie congénitale, durable et primaire, impliquant un trouble de l’apprentissage et du développement du langage : le dysphasique subit une altération de sa capacité à parler oralement ou par signes, et de ses capacités de compréhension de la langue parlée. L’enfant dysphasique éprouvera donc des difficultés à comprendre ce qu’on lui dit, mais aussi à s’exprimer alors même qu’il possède le vocabulaire pour le faire.

L’étymologie du terme dysphasie est grecque et accole le préfixe dys (« mauvais, erroné, difficile ») au radical grec phasis (« parole, langage »). « Dysphasie » signifie donc « mauvais langage » et/ou « parole difficile ». On considère qu’environ 2% de la population présente des troubles dysphasiques, en très grande majorité des garçons.

Il existe trois grandes catégories de symptômes dysphasiques.
La dysphasie expressive : Elle se traduit par une altération des capacités d’expression. Les symptômes seront alors concentrés sur l’élocution : paroles incompréhensibles, mots isolés sans connecteurs logiques, discours de type télégraphiques
La dysphasie réceptive : Elle se traduit par une altération des capacités de compréhension. La compréhension des messages oraux sera incomplète, on observera une grande difficulté à « trouver le mot juste », ou « à trouver le mot », certains discours seront incohérents (par exemple substitution de mots n’ayant pas la même définition). Enfin l’écriture sera très difficile.
La dysphasie syntaxique : Elle se traduit par une désorganisation de la syntaxe grammaticale de la phrase. Les phrases seront mal structurées et formulées en style télégraphique avec de potentiels manques de mots.

On distingue généralement cinq types principaux de dysphasie :
La dysphasie phonologico-syntaxique.
C’est la forme la plus fréquente de dysphasie : l’enfant comprend mieux qu’il ne s’exprime.
La dysphasie lexico-sémantique.
Sous cette forme, l’enfant aura des difficulté à trouver ses mots et éprouvera des difficultés particulières pour dénommer, raconter une histoire, commenter un texte ou un récit.
La dysphasie sémantico-pragmatique.
Cette forme de dysphasie se caractérise généralement des autres par le fait que l’enfant atteint présentera une excellente mémoire auditive, peu de troubles de l’élocution et un vocabulaire relativement riche. Néanmoins, le langage ne véhiculera que peu d’idée et semblera décorrélé du contexte et globalement assez peu compris (alors même qu’il est prononcé).
La dysphasie phonologique.
Dans ce type de dysphasie, on retrouvera principalement des difficultés d’élocution.
La dysphasie réceptive.
la dysphasie réceptive consiste principalement en une incapacité à reconnaître les sons du langage. A cela s’ajoute une parole très rare voir absente qui nécessite une communication par signes, gestes ou onomatopées.

Il ne faut pas cacher que c’est un trouble lourd. Après 5 ans, la rééducation est impérative et intensive.

5 août 2017

Blow Out

J'ai regardé un superbe film hier : "Blow Out". C'est un thriller américain (Brian De Palma - 1981) avec John Travolta, Nancy Allen et John Lithgow. Il raconte comment un ingénieur du son, témoin d'un accident qui a coûté la vie à un candidat à l'élection présidentielle, cherche à prouver qu'il s'agit en fait d'un assassinat au moyen de l'enregistrement sonore qu'il a fait de l'accident.

Je le recommande vivement (*). Le personnage de John Travolta est passionnant. Une scène du début du film est vraiment intéressante car elle pointe un trait du surdoué qui est l'extrème sensibilité sensorielle. Cette faculté à entendre/prêter attention à plus de choses que la moyenne des gens. Comme si nos antennes étaient plus puissantes. Cela nous joue des tours en nous distrayant et en nous déconcentrant. Dans le film, Travolta fait des prises de sons extérieurs de nuit. Avec un micro hyper-puissant, il écoute là un couple sur le pont, puis un crapaud au bord de l'eau, et également un hibou perché sur une branche... https://www.youtube.com/watch?v=4p83Nn5pDCQ

Ce film est un petit bijou de réalisation. Un des fils conducteurs du film (la recherche d'un cri de terreur) révèle dans un twist émouvant et tragique la quête du créatif qui se sert de sa vie et de ses douleurs pour exprimer avec talent son art.

3 août 2017

Laisser le temps au temps

Après avoir pris conscience de sa douance, il faut laisser le temps au temps. Bien que la conscience de soi soit une grande étape vers la découverte et la reconstruction de soi, la pleine réalisation de soi prend du temps. Chaque personne a ses propres expériences de vie et ses propres bagages à porter. Le temps pour nettoyer et surpasser ses souffrances/ses déceptions peut être plus ou moins long.

Beaucoup trop de surdoués vivent dans leur tête. Ils réfléchissent, ils discutent, ils échangent, ils élaborent, mais oublient une chose importante: il faut passer à l'action. D'aucuns écrivent ou chantent, d'autres créent une association ou enseignent, quoiqu'ils fassent, ils font. Il faut faire. Ce n'est pas en vivant avec ses idées que l'on s'épanouit. Les gens ne vont pas nous aimer pour ce que nous sommes. Car nous sommes invivables à vrai dire. Ce n'est qu'en délivrant notre message, en accouchant de nos idées que nous seront aimés. Car nous sommes "le sel de la terre" (*).

(*) "La magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre" -Marcel Proust-

2 août 2017

Le génie des oiseaux (3)

"Un oiseau nommé Blue a un problème. À côté de lui, sur une table, dans sa volière, il y a un tube en plastique avec un morceau de viande à l'intérieur, hors de portée de son bec. Blue est un corbeau de Nouvelle-Calédonie, un oiseau connu pour son merveilleux savoir-faire pour fabriquer des outils et son talent pour résoudre les problèmes. Blue examine la situation, saute autour du tube et regarde à l'intérieur,. Il se pose au sol de la volière et donne des coups de bec à différents objets dispersés…des feuilles, des branches minuscules, un morceau de plastique, mais apparemment il ne trouve pas ce qu'il cherche. Puis, il vole vers un bouquet de petites branches dans un pot posé sur la table et il se perche, en tournant la tête vers la droite puis vers la gauche, il examine ses options. Il choisit une brindille, la détache de la branche à laquelle elle est attachée, et enlève tous les petits bourgeons. Maintenant, il a un joli bâton droit, un parfait outil pour travailler. Il enfile alors le bâton dans le tube et harponne la viande, puis la mange...".

"...Regarder Blue fabriquer le parfait petit outil à partir d'une brindille est une merveille. Dans la nature, ces corbeaux fabriquent des outils élaborés à partir de bâtons, de feuilles et autres matériaux, qu'ils utilisent pour attraper les larves et les insectes qui se cachent dans les trous et les cavités. Les corbeaux voyagent avec leurs outils, suggérant qu'ils les valorisent. Ils reconnaissent un bon outil quand ils en voient un et le gardent pour le réutiliser. Beaucoup d'animaux utilisent des outils. Mais peu font des outils élaborés. En fait, seulement quatre groupes d’animaux sur la planète créent leurs propres outils complexes: les humains, les chimpanzés, les orang-outans et les corbeaux de Nouvelle-Calédonie. Et encore moins font des outils qu'ils gardent et réutilisent...".

"...Ainsi, les corbeaux de Nouvelle-Calédonie se distinguent. La premiere fois que j'ai vu l'intelligence du corbeau de Nouvelle Calédonie en action c'était le long d'une route dans le sud de la Nouvelle Calédonie. Quatre ou cinq familles de corbeaux étaient regroupés dans les arbres, passant de branche en branche. Ils étaient bruyants. Quelqu'un avait abandonné des ordures au bord de la route, et les oiseaux volaient autour, marchaient parmi les détritus et triaient les déchets. Mais soudain, nous avons entendu un bruit sec sur le trottoir derrière nous. Nous nous sommes retournés et avons remarqué plusieurs corbeaux dans les arbres au-dessus de la route. Un corbeau perché sur une branche fourchue surplombant le trottoir, relâcha une noix de son bec qui se brisa bruyamment sur le sol, puis il plonga pour récupérer le contenu de la coquille cassée. Non seulement les corbeaux brisent les noix de cette façon, mais les plus gourmands font la même chose pour casser la coquille des escargots sur le lit rocailleux des ruisseaux assèchés de la forêt tropicale. La corneille noire, elle, utilise les voitures qui passent pour écraser les noix les plus dures...".

"...Un autre exemple sidérant. Au Japon, des corbeaux utilisent les voitures, le passage piétons et les feux rouges et les feux verts pour obtenir ce qu’ils veulent : déguster des noix sans effort..." https://www.youtube.com/watch?v=BGPGknpq3e0

(*) The Genius of Birds – Jennifer Ackerman 

31 juillet 2017

Les fonds d'atelier

Découvrir le processus créatif d'un artiste est si enrichissant. On rentre dans son imaginaire et sa structure mental. Chaque personne ordonne les mots, ses idées d'une façon qui la rend unique et précieuse. Cela peut étonner, surprendre et dérouter mais pour le créatif, ces travaux préparatoires sont évidents et coulent de source. Ce sont les fonds d'atelier. Ceux de Picasso sont merveilleux. Ceux d'Yves Saint Laurent aussi. Voila ceux de Jacques Prévert.

À ses heures, Jacques Prévert était aussi un auteur de bandes dessinées. Avant de s’attaquer à la mise en forme d’un scénario, il composait une planche préparatoire à partir d’une grande feuille de papier. Un brouillon qu’il découpait en rubans horizontaux et déployait pour faire vivre ses personnages avant de se plier aux contraintes plus formelles de l’écriture pour le cinéma. Sur cette grande page, il laissait courir son imagination et jetait pêle-mêle définitions, dessins, graffitis, ébauches de croquis, amorces de dialogues. Un singulier document à tiroirs, plein de trouvailles et de facéties. Pour définir cette approche, l’historien du cinéma Bernard Chardère avance le joli terme de « synopsis enluminé ».

Pour en savoir plus : https://www.fykmag.com/montricher-jacques-prevert-images-a-la-fondation-jan-michalski

28 juillet 2017

Se découvrir

La découverte de soi et le développement personnel sont les plus belles aventures d'une existence. C'est un travail/un voyage intérieur qui nous fait sortir d'une zone de confort et nous entraîne dans de nouveaux territoires. Notre langage change, les mots sont plus précis et profonds, moins superficiels. Ils créent des malentendus/des malaises/des ruptures avec nos interlocuteurs. Notre visage change, nos expressions suivent nos tourments/nos révélations intérieures.

On suit sa destinée. Personnellement, j'ai l'impression de m'être arraché à moi-même. À une vie tracée d'avance. On sort du rail, on déraille, pour suivre notre chemin de vie. Au départ, on en est arrivé là, par accident (de la vie) - divorce, décès. Puis, on comprend petit à petit qu'il existe une autre voie, plus authentique, plus vraie, qui sonne plus juste avec notre moi intérieur, à l'unisson avec nous. 

Bien sûr, le développement personnel est une activité exigeante, il demande de l'attention et de la continuité, de l'endurance pour aller dans la bonne direction. Les forces en présence nous poussent vers la situation antérieure. Plus sûre et confortable, mais si dommageante pour notre psyché/notre bien-être. Il faut s'accrocher et continuer son développement. S'adapter, c'est accrocher nos rêves à une ancre. Alors, en avant !

Un homme, un projet

La Réserve animalière des monts d’Azur, c’est bien plus qu’un parc zoologique classique. Première Réserve d’animaux de ce type créée en Europe, elle propose autant de faire découvrir au public une faune diversifiée et sauvage que de permettre à cette diversité de s’exprimer dans 700 hectares de nature préservée. Bisons, chevaux de Przewalski, cerfs et autres ongulés mais également carnivores et oiseaux divers (comme les aigles et les vautours) se partagent le territoire sauvage que forme cette réserve d’animaux en France.

C'est le projet d'une vie, celui de Patrice Longour. Après dix ans d’un combat épuisant contre la bureaucratie, contre les sceptiques, après la vente de sa clientèle puis de sa villa, Patrice Longour, infatigable vétérinaire, a convaincu sa jeune femme de le suivre. Il a rameuté ses amis, il a séduit des investisseurs, il a bousculé l’administration, il a même intéressé un ministre de l’Ecologie. Son idée de réserve, il est allé la pêcher en Afrique, au Botswana exactement, où durant de longues années il a milité pour la protection du delta de l’Okavango.

La Réserve : https://www.youtube.com/watch?v=1tgWru0JRmQ

La statue intérieure

François Jacob (1920-2013) fut Prix Nobel de médecine en 1965 pour ses travaux sur le contrôle génétique des synthèses enzymatiques et virales, il avait combattu avec les Forces françaises libres pendant la seconde guerre mondiale. Auteur de nombreux livres, il fut l'un des rares scientifiques admis à l'Académie française. "Enfant, j'ai parfois rêvé d'être un autre", racontait-il dans "La statue intérieure", un ouvrage autobiographique.

"Je porte ainsi en moi, sculptée depuis l'enfance, une sorte de statue intérieure qui donne une continuité à ma vie, qui est la part la plus intime, le noyau le plus dur de mon caractère: Cette statue, je l'ai modelée toute ma vie. Je lui ai sans cesse apporté des retouches. Je l'ai affinée. Je l'ai polie. La gouge et le ciseau, ici, ce sont des rencontres et des combinaisons. Des rythmes qui se bousculent. Des feuillets égarés d'un chapitre qui se glissent dans un autre au calendrier des émotions. Des terreurs évoquées par ce qui est toute douceur. Un besoin d'infini surgi dans les éclats d'une musique. Tous les émois et les contraintes, les marques laissées par les uns et les autres, par la vie et le rêve."

"Faute d'être médecin, il me fallait un autre destin. Je ne savais que faire. Je voulais tout faire. Pas la moindre vocation. Une totale vacance d'esprit et de goût. Prêt à tout et à rien. Capable de tout et de rien". Jeune, il annonce ses intentions: "Si Dieu n'existait pas, il fallait s'en passer. Le ciel vidé, il y avait une terre à remplir et c'était à moi de la remplir. Un monde à construire et c'était à moi de le construire". Dans la statue intérieure, il laisse surtout ce message à ceux qui forment la longue chaîne de chercheurs: "C'est à nous de plaquer les accords, d'écrire la partition, de faire jaillir la symphonie, de donner aux sons une forme que, sans nous, ils n'ont pas".

20 juillet 2017

Rainforest Mind

"Qu'est-ce qu'un esprit Rainforest ? Imaginez que les personnes soient des écosystèmes, vous pouvez imaginer certaines comme des prairies, d’autres comme des déserts, ou comme des montagnes ou d’autres encore comme des forêts humides (rainforest). Bien que tous les écosystèmes soient beaux et contribuent ensemble à l’équilibre de notre environnement, les forêts humides sont particulièrement complexes : multicouches, sensibles, colorées, intenses, fragiles, envahissantes et mystérieuses. On peut dire qu’une forêt humide cache plus de complexité et de secrets qu’une prairie ou un champs de ble. La forêt humide n’est pas un meilleur écosystème, elle est simplement plus compliquée. Elle apporte également une contribution essentielle à la planète quand elle peut être elle-même, et non dévastée pour ses richesses (bois). Le terme «Rainforest Mind» comprend plus que simplement la pensée, la connaissance ou le cerveau. Il comprend le cœur, l'âme, le corps et l'esprit. La douance ne concerne pas uniquement une acuité mentale ou une capacité cognitive. Ce n'est pas seulement à propos de réalisation. Dans ma pratique et dans la littérature sur les surdoués, la douance est définie comme un ensemble de caractéristiques, comprenant la sensibilité, l'empathie et le perfectionnisme. Cela peut inclure, ou non, des diplômes, des réalisations ou la célébrité. De grandes réalisations peuvent se produire, mais pas nécessairement." Your Rainforest Mind: A Guide to the Well-Being of Gifted Adults and Youth - Paula Prober

Le terme "Rainforest Mind" est pertinent. Comme l'est celui de "zèbre". On compare la douance/un surdoué à un écosystème ou à un animal. Cela permet d'avoir une idée de la complexité ou de l'originalité du surdoué. Il identifie aussi un terme à son inventeur (Rainforest Mind avec Paula Prober, Zèbre avec Jeanne Siaud-Facchin). J'ai déjà développé les limites du terme "zèbre" (Vous avez dit zèbres ?). À propos de Rainforest Mind, je dirais que si je devais me comparer à un écosystème ou à un endroit géographique, je me comparerais à une île du Pacifique. Je pense à la grande île d'Hawaii ("Big Island"). Elle possède la plupart des climats de la terre, sous forme de microclimats. On y trouve un versant ensoleillé toute l'année, une partie pluvieuse, des volcans en activité, un désert, la neige, le vent...etc. Pour moi, la douance c'est ça dans une seule personne. Tout est là, un mélange de complexité, de ressources et de simplicité aussi. Prêts à être découverts et révélés aux autres.

18 juillet 2017

La pariedolie

Une paréidolie (du grec ancien para-, « à côté de », et eidôlon, diminutif d’eidos, « apparence, forme ») est une sorte d’illusion d’optique qui consiste à associer un stimulus visuel informe et ambigu à un élément clair et identifiable, souvent une forme humaine ou animale. C'est cette étonnante capacité du cerveau humain à « donner du sens » là où il n'y en a pas réellement, et dont les mécanismes cognitifs sont encore mal connus.

Plus généralement, la pariedolie permet de saisir que toute perception est construction : c’est le sujet qui donne du sens à des stimulis perceptifs. Les exemples dans la vie courante sont légions : formes familières dans les nuages et dans diverses taches et objets. Il arrive ainsi que des personnes observent dans leur environnement des formes qui leur paraissent signifiantes. Ce phénomène est fréquent dans les photographies.

Le phénomène de paréidolie s’avère parfois très troublant pour certaines personnes, qui peuvent par exemple le considérer comme le signe d’un défunt. Quelle que soit au final l’explication de ce phénomène, il est donc souvent important de tenter d’en saisir le sens pour la personne, au-delà de son caractère étrange.

Bref, cette faculté découle possiblement d'un avantage évolutif ayant mené à une hypersensibilité à détecter une présence, qui favorise la survie mais pas nécessairement la précision. Ainsi, par exemple, les erreurs se font presque toutes dans la même « direction » : des faux positifs (reconnaître une présence qui n'est pas là) plutôt que des faux-négatifs (ne pas reconnaître une présence).

À la différence des autres illusions d'optiques, qui découlent des lois universelles de la perception humaine, chacun peut, dans le cas des paréidolies, voir une chose différente. L'humain a tendance à deviner notamment des visages dès qu'un objet y ressemble. Les attentes, les prédispositions, la culture de chacun a un impact sur ces « projections ». Ainsi, par exemple, le test de Rorschach est basé sur cette fonction cognitive. Les paréidolies relèvent donc de phénomènes cognitifs complexes.

Leonard de Vinci a également écrit sur la paréidolie, comme un outil artistique et poétique : "Si vous regardez tous les murs tachetés de diverses taches ou avec un mélange de différents types de pierres , si vous êtes sur le point d’inventer une scène que vous serez en mesure de voir une ressemblance avec divers paysages différents ornés de montagnes, rivières, rochers , arbres , plaines, vallées larges et divers groupes de collines", écrit-il dans ses notes.

17 juillet 2017

La magie du chat

Je n'ai pas de chat actuellement. Cependant, j'en ai eu. Je me souviens qu'il m'ont appris une chose fascinante. Ils m'ont appris ce qu'est une aura, cette atmosphère qui entoure certains êtres, comme un charisme qui se dégage d'une présence et envahit une pièce.

J'en ai parlé à mon entourage, et tout le monde m'a confirmé avoir vécu cette sensation fascinante. Je contextualise. Je suis assoupi dans mon lit, en fin de soirée, au milieu de la nuit ou au petit matin, et je sens la présence d'une entité. Je ne la vois pas, mais elle est là et me regarde sûrement. Avec l'habitude, je sait que c'est mon chat et qu'il va, à un moment donné, sauter sur le lit pour se coucher. Mais, cette présence est fascinante. On ne la voit pas, on ne la sent pas, mais elle se manifeste par une énergie qui envahit la chambre.

Je suis quelqu'un de rationnel et ne partage ici qu'une observation personnelle, mais pour ceux qui croient en la magie et en l'ésotérisme. L'article qui suit pourrait vous intéresser : http://www.espritsciencemetaphysiques.com/chats-vous-protegent-fantomes-esprits.html

Le masque que nous portons

Le vrai soi désigne l'image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond effectivement à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction adaptée. Le faux soi désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé. Les rapports entre vrai soi et faux soi évoluent tout au long de la vie, en termes d'adaptation à l'environnement ou avec l'aide du travail thérapeutique.  On distingue cinq degrés d'organisation du faux self :

-À l'extrême, c'est le faux-soi que l'on prend pour la personne, le vrai soi inapparent restant dissimulé. Cependant, il manque au faux soi « ...quelque chose d'essentiel. ». Socialement la personne est ressentie comme fausse. Le faux soi a entièrement recouvert la personnalité, laissant en toute situation une impression de fausseté dans la relation. Le vrai soi est totalement dissimulé aux autres. L'individu souffre de la situation qu'il subit en société: la tension entre vrai et faux soi crée un handicap dans sa vie sociale.

-Le faux soi protège le vrai soi qui reste virtuel. C'est «..l'exemple le plus clair d'une maladie clinique organisée dans un but positif : la préservation de l'individu en dépit des conditions anormales de l'environnement». Le faux soi, pour préserver l'individu d'un environnement jugé nocif, maintient le vrai soi sous protection.

-Plus proche de la santé, le faux soi prend en charge la recherche des conditions qui permettront au vrai soi de « recouvrer son bien ». Son bien, à savoir son identité propre. Le faux soi tente de trouver une adaptation avec l'environnement pour permettre au vrai soi de s'exprimer.

-Encore plus proche de la santé, le faux soi «...s'établit sur la base d'identifications...». Des identifications tiennent lieu de faux soi. Le vrai soi parvient à s'exprimer relativement facilement à travers elles.

-Chez une personne en bonne santé, le faux soi est constitué de ce qui organise «...une attitude sociale polie, de bonnes manières et une certaine réserve». C'est cette politesse qui permet la vie en société. Le faux soi autorise l'expression en société par une attitude a priori polie, des manières sociales adaptées aux autres et respectant les conventions. Il établit le contact, maintient la distance et préserve l'intimité. Le vrai soi peut s'exprimer dès que l'individu le souhaite, et avec qui il le souhaite. Pour un surdoué, ce stade peut être entretenu par la mise en place d'une intelligence pratique ou "street smarts".

Le faux soi doit juste être un léger ajustement à la société. On respecte les conventions sociales en exprimant clairement et avec respect notre personnalité. Plus on cache sa vraie nature, plus on tend à se dédoubler (faux soi en société - vraie soi à la maison), voire à s'effacer (faux tout le temps). Il faut en être conscient.

14 juillet 2017

Vous avez dit zèbres ?

Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Elle est connue pour son livre "Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué". Dans ce livre, elle emploie le terme de Zèbre pour parler des enfants surdoués. Ce terme a été, depuis, repris par de nombreux parents d’enfants surdoués et par des surdoués eux-mêmes, afin d’éviter les terminologies habituelles, à savoir : Enfant intellectuellement précoce, surdoué et haut potentiel (HP).

Jeanne Siaud-Facchin a donc choisi le mot « zèbre » pour parler des individus possédant un fonctionnement intellectuel différent. L'idée est que le zèbre est le seul animal sauvage que l’homme n’a pu domestiquer, que son pelage rayé est destiné à jouer avec les ombres et la lumière pour mieux se dissimuler, puis soudain apparaître dans toute sa splendeur en se détachant, par ses rayures, de tous les autres animaux de la savane. On parle aussi d’un drôle de zèbre pour désigner un individu original, peu banal. OK, pourquoi pas !

Le seul problème pour moi, et il est crucial, est que le zèbre est quoi qu'on en dise facilement identifiable et localisable dans la savane (*). Tandis que le surdoué, surtout lorsqu'il est non diagnostiqué, est tout sauf reconnaissable dans la foule. Un oeil avisé peut, éventuellement, en le fréquentant ou en discutant avec lui avoir un indice sur l'existence d'une douance, mais à part ça, le surdoué est tout sauf identifiable, contrairement au zèbre. Et c'est, par ailleurs, une de ses souffrances principales : ne pas être reconnu à sa juste valeur par les autres.

Je comprends l'idée d'identifier les surdoués aux zèbres pour ne pas utiliser des termes trop prétentieux ou arrogants comme surdoués, HP, etc. Pour les enfants, il permet aussi de s'identifier à un animal élégant et original. Je comprends aussi l'idée d'associer un nom à une personne -zèbre et Mme Siaud-Facchin- cela permet astucieusement de créer une dynamique commerciale. Ce que je ne comprends pas, c'est que tout le monde utilise ce terme -avec l'aide de la presse complaisante- sans questionner la pertinence de l'association zèbre-surdoué, l'un est visible comme le nez au mileu du visage, l'autre est un véritable caméléon. Tiens, pourquoi pas caméléon alors ? 

Au fil de mes lectures sur les surdoués, essentiellement en anglais, la littérature française sur le sujet étant très pauvre, j'ai découvert d'autres associations d'images/d'idées comme zèbre-surdoué. Je détaillerai prochainement l'idée de "Rainforest Mind", ce que l'on peut traduire par "l'esprit forêt humide" (je sais, cela sonne moins bien en français).

(*) Au 19e siècle, l'écrivain Rudyard Kipling et le naturaliste Alfred Russel Wallace ont contribué à diffuser l'hypothèse selon laquelle les rayures du zèbre lui permettaient de mieux se fondre dans la savane. Cette hypothèse longtemps considérée comme crédible dans la communauté scientifique a toutefois été démentie au début du 21e siècle. L'hypothèse est formellement démentie en 2016. En fait, dans la savane, le zèbre est très visible, et il tendrait donc à se dresser comme une exception à la règle du camouflage. (source Wikipedia)

11 juillet 2017

Les colibris

Fascinants par leur taille minuscule, les colibris, qui passent de fleur en fleur pour trouver le nectar qui constitue l'essentiel de leur alimentation, sont capables d'un vol extrêmement performant et rapide. Battant des ailes plusieurs dizaines de fois par seconde, les « oiseaux-mouches », comme ils sont surnommés, sont les seuls oiseaux à savoir voler en marche arrière.


Cinq blessures qui empêchent d'être soi-même

Tout problème physique, émotionnel et mental proviendrait de cinq blessures principales : la trahison, le rejet, l'abandon, l'humiliation et l'injustice. Afin d'éviter la souffrance attachée à ces blessures originelles, nous nous créerions des masques qui nous permettraient de prétendre que nous ne sommes pas blessés par ces dites blessures.

Cependant, si ces masques nous ont permis de survivre et de nous adapter, enfant, à notre environnement, ces masques seraient aussi des obstacles à notre épanouissement personnel. Lorsque nous portons ces masques, nous ne sommes plus nous-mêmes. Nous finissons souvent par croire que ces masques empruntés sont partie intégrante de notre personnalité alors qu'ils ne sont, en fait, que des moyens mis en place pour nous protéger d'une souffrance que nous pensons, à tort, ne pas pouvoir supporter. S'ils sont une protection, pourquoi les abandonner ? Car, en plus d'empêcher d'être soi-même, ces masques seraient également le moyen le plus sûr d'entretenir nos blessures originelles.

Enfant, lorsque nous avons osé être nous-mêmes, agir comme bon nous semblait, nous avons vite compris que cela dérangeait le monde environnant. Nous en avons déduit qu'être soi n'était pas bien. C'est ainsi que nous nous sommes créés une nouvelle personnalité pour pouvoir, non seulement survivre, mais également être acceptés, voire aimés. La mise en place d'un masque suit quatre étapes :
- La première étape est celle où nous découvrons la joie d'être soi et de pouvoir agir.
- La deuxième étape correspond à la douleur ressentie lorsque nous nous apercevons que nous n'avons pas le droit d'être nous-mêmes..
- La troisième étape est celle de la crise, de la révolte et de la colère ressentie face à notre impossibilité de nous exprimer. Certaines personnes demeurent d'ailleurs enlisées toute leur vie à la troisième étape, c'est-à-dire un état de réaction continuelle.
- La quatrième étape est celle de la résignation et surtout de l'adaptation. Afin de réduire la douleur que l'enfant ressent, il fait le choix de se résigner et devient ce que les autres veulent qu'il soit ( performant, singe savant, séducteur, bouc émissaire, dépourvu d'émotion, enfant objet, etc.) Sa nouvelle personnalité (masque) est née.

Cependant, à chaque masque correspond une trahison de soi. Car si ces masques nous aident à prétendre ne pas être affectés, la blessure originelle, quant à elle, est toujours présente, malgré notre bonne volonté à l’enfouir au plus profond de notre inconscient. Il faut donc reconnaître ses masques. Bien que notre ego fasse tout ce qu'il peut pour ne pas nous laisser voir nos plus grandes blessures, tant que la blessure n'est pas guérie, elle se manifeste très facilement.

Car si l'adulte cherche, le plus souvent, un coupable à l'origine de sa souffrance, ce n'est pas ce que l'on vit qui fait souffrir, mais bien la réaction à ce que l'on vit, à cause de blessures non guéries. En plus d'être attiré par des personnes porteuses des mêmes blessures que soi, l'importance de nos masques, son épaisseur, serait à mettre en rapport avec le degré de la souffrance ressentie. Ainsi, plus nous avons souffert d'une blessure, plus le masque serait conséquent. Il est importance de porter son attention sur son ressenti plutôt que les mots et caractéristiques pour reconnaître la blessure qui nous touche le plus. 

9 juillet 2017

Le génie des oiseaux (2)

"La mésange (chickadee en anglais) est plus qu’un oiseau bavard et agile. Elle est aussi acrobatique dans ses aptitudes, curieuse, intelligente et opportuniste, avec une mémoire remarquable : c’est un chef-d'œuvre d'oiseau. Elle se tient en haut du tableau avec le pivert (woodpecker). Dernièrement, les scientifiques ont recensé les différents sifflets et les appels complexes des mésanges et en ont conclu qu'ils représentent l'un des systèmes de communication les plus sophistiqués et exigeants de tous les animaux terrestres.  Les mésanges utilisent leurs appels comme un langage avec une syntaxe qui peut générer un nombre illimité d'appels uniques. Ils utilisent certains appels pour transmettre leur emplacement à un autre oiseau ou pour signaler de nouveaux emplacements de nourriture. D'autres signaux servent à signaler la présence de prédateurs - à la fois le type de bête, sa localisation (dans les airs ou perchée) et l'ampleur de la menace. L’intensité croissante des appels identifie un prédateur plus petit et plus dangereux. Cela peut sembler contre-intuitif, mais les prédateurs petits et agiles qui peuvent se déplacer rapidement et furtivement  sont une plus grande menace. Les expressions vocales des mésanges sont si fiables que d'autres espèces tiennent compte de leurs avertissements." (*) Pour en savoir plus: https://www.youtube.com/watch?v=LfMsUuU9KtQ

(*) The Genius of Birds – Jennifer Ackerman