30 juin 2018

Sur un prélude de Bach

Pause musicale. Hommage à Maurane avec cette très jolie chanson : "Et les cargos lourds que l´on rafistole...Et les chagrins lourds, les peines qu´on bricole...J´ai pris les remorqueurs pour des gondoles...".


Lorsque j´entends ce prélude de Bach
Par Glen Gould, ma raison s´envole
Vers le port du Havre et les baraques
Et les cargos lourds que l´on rafistole
Et les torchères, les grues patraques
Les citernes de gasoil

Toi qui courais dans les flaques
Moi et ma tête à claques
Moi qui te croyais ma chose, ma bestiole
Moi je n´étais qu´un pot de colle

Lorsque j´entends ce prélude de Bach
Par Glen Gould, ma raison s´envole
Et toutes ces amours qui se détraquent
Et les chagrins lourds, les peines qu´on bricole
Et toutes mes erreurs de zodiaque
Et mes sautes de boussole

Toi, les pieds dans les flaques

Moi, et ma tête à claques
J´ai pris les remorqueurs pour des gondoles
Et moi, moi je traîne ma casserole

Dans cette décharge de rêves en pack
Qu´on bazarde au prix du pétrole
Pour des cols-blancs et des corbacs
Qui se foutent de Mozart, de Bach

J´donnerais Ray Charles, Mozart en vrac
La vie en rose, le rock´n roll
Tous ces bémols et tous ces couacs
Pour Glen Gould dans c´prélude de Bach.

De la liberté

Selon le psychologue existentialiste américain Rollo May, la liberté est complexe lorsque nous acceptons les réalités de la vie, non par nécessité aveugle, mais par choix. Ce qui veut dire que l'acceptation de nos limites n'est pas du tout un renoncement, mais peut et doit être un acte constructif de liberté. Et un tel choix aura plus de résultats créatifs pour l'individu que s'il avait eu à lutter contre aucune limitation dans sa vie.

La personne qui est dévoué et fidèle à la liberté ne perd pas de temps à se battre contre la réalité. Au lieu de ça, comme le fait remarquer Søren Kierkegaard, il "loue et encense la réalité". Ainsi, la liberté n'est pas une question de dire "oui" ou "non" face à une décision spécifique, c'est le pouvoir de nous modeler et de nous créer nous-mêmes. La liberté est la capacité, comme le dit Friedrich Nietzsche, "de devenir ce que nous sommes vraiment."

19 juin 2018

La pensée élargie

Emmanuel Kant, dans le sillage de Jean-jacques Rousseau, proposa l'idée cruciale de "pensée élargie" comme sens de la vie humaine. La pensée élargie, c'est le contraire de l'esprit borné, c'est la pensée qui parvient à s'arracher à sa situation particulière d'origine pour s'élever jusqu'à la compréhension d'autrui.

Pour donner un exemple simple, lorsque vous apprenez une langue étrangère, il faut tout à la fois que vous vous éloigniez de vous-même et de votre condition particulière de départ, par exemple le français, pour rentrer dans une sphère plus large, plus universelle,où vit une autre culture et, sinon une autre humanité, du moins une autre communauté humaine que la vôtre.

En s'arrachant à ses particularités initiales, on entre donc dans plus d'humanité. En apprenant une autre langue, vous pouvez non seulement communiquer avec un plus grand nombre d'humains, mais vous découvrez aussi, à travers le language, d'autres idées, d'autres formes d'humour, d'autres modalités du rapport à autrui et au monde. Vous élargissez votre vision et vous repoussez les bornes naturelles de l'esprit rivé à sa communauté - qui est l'archétype de l'esprit borné.

18 juin 2018

Miroirs

 Trois citations sur l'image de soi :

“Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.”
Jean Cocteau

“Je ne suis qu'un ensemble de miroirs, reflétant ce que chacun attend de moi.”
I’m just a collection of mirrors, reflecting what everyone else expects of me.
Rollo may

“Vous utilisez un miroir pour voir votre visage. Vous utilisez les oeuvres d'art pour voir votre âme.”
You use a glass mirror to see your face; You use works of art to see your soul.
George Bernard Shaw

10 juin 2018

Poème de Dabrowski

Kazimierz Dabrowski était un psychologue, psychiatre, médecin, écrivain et poète. Il laisse ce poème sur la névrose. A lire attentivement !

Je vous salue névrosés !
Parce que vous êtes sensibles dans un monde insensible, n’avez aucune certitude dans un monde pétri de certitudes.
Parce que vous ressentez les autres comme si ils étaient vous-mêmes.
Parce que vous ressentez l’anxiété du monde et son étroitesse sans fond et sa suffisance.
Parce vous refusez de vous laver les mains de toutes les saletés du monde, parce que vous craignez d’être prisonniers des limites du monde pour votre peur de l’absurdité de l’existence.
Pour votre subtilité à ne pas dire aux autres ce que vous voyez en eux.
Pour votre difficulté à gérer les choses pratiques et pour votre pragmatisme à gérer l’inconnu,  pour votre réalisme transcendental et votre manque de réalisme au quotidien.
Pour votre sens de l’exclusivité et votre peur de perdre vos amis proches, pour votre créativité et votre capacité à vous extasier.
Pour votre inadaptation à « ce qui est » et votre capacité d’adaptation à « ce qui devrait être », pour toutes vos capacités inutilisées.
Pour la reconnaissance tardive de la vraie valeur de votre grandeur qui ne permettra jamais l’appréciation de la grandeur de ceux qui viendront après vous.
Parce que vous êtes humiliés alors que vous veillez à ne pas humilier les autres, parce que votre pouvoir immense est toujours mis à bas par une force brutale; et pour tout ce que vous êtes capable de deviner, tout ce que vous n’exprimez pas, et tout ce qui est infini en vous.
Pour la solitude et l’étrangeté de vos vies.
Soyez salués!

9 juin 2018

Les parents

Je viens de lire un livre intéressant sur le rôle des parents dans notre comportement d'adultes : "Your inner child of the past" (notre enfant intérieur du passé - 1963) de W. Hugh Missildine. Ce livre a aidé beaucoup de lecteurs à identifier et à gérer leurs problèmes d'adultes causés par les comportements perturbants des parents durant leur enfance. Je reviendrai en détail dans d'autres billets sur ce livre, mais voici un avant-goût de ce que l'auteur (psy) a identifié comme causes à effets.

Si vous parents étaient...perfectionistes, vous avez pu devenir un adulte sans cesse préoccupé de vous surpasser physiquement, intellectuellement et socialement.

Si vous parents étaient...soumis, vous avez pu devenir impulsif, coléreux, insensible aux droits des autres.

Si vous parents étaient...trop indulgents, vous avez pu devenir une personne qui s'ennuie, incapable de prendre l'initiative, de persévérer et de mener à terme un effort individuel.

Si vous parents étaient...punitifs, vous avez pu devenir méchamment revanchard.

Si vous parents étaient...négligeants, vous avez pu devenir anxieux, solitaire, incapable de vous sentir proche des autres.

Si vous parents étaient...sexuellement provocants/attirants, vous avez pu devenir obsédé par le sexe et déçu par les relations intimes.

C'est un livre qui m'a aidé à avancer dans mon développement personnel et à fermer un dossier sensible qui est celui des relations parents/enfants. En début d'année, un conseil m'a parlé de mes rapports avec mes parents qui pourraient être à l'origine de blocages psychologiques chez moi. En y regardant de plus prêt, je me suis aperçu que j'avais été négligé en tant qu'enfant par mes parents. C'est très dur de prendre conscience de ça, car mes parents ne sont pas des tortionnaires, loin de là, mais ils ont par leurs comportements étouffé l'enfant que j'étais pour le bien des conventions familiales, par lâcheté et aussi peut-être en pensant bien faire. Je ne détaille pas ici les faits, mais ils n'ont jamais poussé l'enfant que j'étais à faire ce qu'il aimait et à exprimer ses émotions, mais ils m'ont plutôt forcer à me plier aux règles des uns et des autres.

J'ai appris ces derniers mois que les parents pouvaient causés des dégâts dans le développement d'un être. Je vous invite à lire mes billets sur Alice Miller qui a étudié les rapports parents/enfants.


Les parents ne sont pas foncièrement les meilleurs alliés dans notre dévelopement personnel. Il y a sûrement une partie inconciente de leur part, qui leur vient de leur propre enfance. Les parents veulent notre "bien" en nous modelant à ce que la société veut de nous. L'idée, c'est qu'en étant modéré, poli, flexible, commun, on a plus de chance d'avoir une vie normale. En faisant çela, ils construisent le masque que l'on doit porté toute sa vie, le faux soi qui nous...détruit à petit feu.

Ce que j'ai apprisces derniers mois, c'est à pardonner à me parents et à continuer ma route. Si je suis anxieux, solitaire, incapable de me sentir proche des autres, c'est que je me suis senti négligé dans ma vie passée, mais à présent que j'en connais la cause, j'y remedie en construisant tous les jours la meilleure version de moi-même.

28 mai 2018

Intention et imagination

Nos intentions et notre imagination jouent un grand rôle dans ce que nous faisons de notre vie. Kazimierz Dabrowski disait que "la clé d'un développement (personnel) supérieur est notre capacité à imaginer que l'on puisse atteindre des objectifs supérieurs." En effet, comment atteindre des objectifs ou réaliser nos rêves si on n'y croit pas soi-même. Il faut parfois "pirater" (hacker) sa pensée pour pouvoir avancer dans la vie. Imaginons une personne qui mange beaucoup en dehors des repas et qui remplace les sucreries par un grand verre d'eau. Il pirate son fonctionnement habituel en envoyant un message de satiété à son cerveau. Bon, l'idée ici n'est pas de savoir si un seul verre d'eau suffira, mais c'est de comprendre que l'on peut faire la même chose avec nos pensées. Voici quelles phrases de motivations qui, il faut l'avouer, sont très pertinentes et que j'ai pu mettre en pratique :

"Ce dont tu as peur dans la vie, tu l'attires. Ce que tu regardes en face -que tu affrontes- disparaît."

"Où les intentions vont, l'énergie déborde. Toutes les choses sur lesquelles tu te concentres ont tendance à se développer."


Intuition et imagination

Pour Platon, l'intuition est la saisie immédiate de la vérité de l'idée par l'âme indépendamment du corps. Au contraire pour Épicure, l'intuition est la saisie immédiate de la réalité du monde par le corps indépendamment de l'âme.

Pour Descartes, l'intuition est la connaissance immédiate et certaine de la vérité d'une idée par sa nécessité intrinsèque. Pour Spinoza, l’intuition est la connaissance immédiate et certaine de l'essence des choses à partir de la compréhension nécessaire de leur cause par la raison, c'est l'unique source de vérité qui s'oppose à la connaissance vague par le langage ou l'expérience corporelle.

Pour Kant, il faut distinguer intuition empirique et intuition pure ; l'intuition empirique est relative au contenu de la sensation. L'intuition pure est relative à la sensibilité qu'il définit ainsi « capacité de recevoir des représentations par la manière dont nous sommes affectés par des objets ».

Pour Jean-Paul Sartre, « Il n’est d’autre connaissance qu’intuitive. La déduction et le discours, improprement appelés connaissance, ne sont que des instruments qui conduisent à l’intuition ».

Pour Henri Bergson, l’intuition est la conscience dans ce qu’elle a de plus lumineux. C'est la saisie de l'esprit par lui-même au sein de la durée, qu'il définit comme « la sympathie intellectuelle ou spirituelle par laquelle on se transporte à l’intérieur d’un être pour coïncider avec ce qu’il a d’unique et par conséquent d’inexprimable ».

Je pense que l'intuition est liée à notre degré de connaissance et de compréhension  du monde qui nous entoure. Une certaine maîtrise intellectuelle d'un sujet est nécessaire pour en imaginer les tenants et les aboutissants. Un bon exemple est celui d'Albert Einstein qui théorise le phénomène  des "ondes gravitationnelles" cent ans avant que les scientifiques puissent les "observer". À partir de ses connaissances et de ses observations, il théorise, déduit, imagine... des phénomènes non observables techniquement à son époque.

L'intuition, c'est un supplément d'imagination de notre "âme", qui "voit d’un seul coup d’œil". C'est une fulgurance, une idée rapide, vivace et brillante. Malheureusement, de nos jours, nous utilisons de moins en moins notre intuition et notre imagination. Elles sont pourtant des clés indispensables à notre développement personnel. 

"On atteint la vérité par l'intuition, et non par l'intelligence."  (Henri Bergson)


25 mai 2018

Guide pour les surdoués: la maîtrise de soi

Ce billet pour présenter deux livres que j'ai écrit l'année dernière. Les ventes m'ont agréablement surprises. Les retours sur le guide ont été très bons. Il aide vraiment à "avancer" dans sa vie. La route est longue de toute façon. Le premier livre sur ma douance s'est bien vendu, mais je dois dire que certaines critiques m'ont touchées. Pas zèbre, HPI, pourquoi pas HPE, ok mais essayons de ne pas se contenter de coller une étiquette sur les fronts des uns et des autres. Le plus important c'est de comprendre  ce qui se passe. On m'a reproché aussi la syntaxe et les fautes d'orthographe. Oui, sauf que ce livre était un exercice de style, je reprenais des notes prises en écriture automatique. C'est ce qui  sortait de la tête, mon état d'esprit à ce moment de ma vie. Il y a deux ans maintenant.  Si vous vous sentez concernés, n'hésitez pas à les lire, car il faut beaucoup de temps pour changer sa vie quand on a appris à cacher qui on était pour se fondre dans la masse.

Aujourd'hui, je suis quelqu'un de différent. Je suis pleinement moi (à 90% disons). J'ai consulté des psy américains, spécialisés dans la douance. Il étaient cliniciens en plus, donc ils avaient beaucoup de pratique. J'ai beaucoup lu aussi...et surtout des livres en anglais, car malheureusement la France est en retard sur ce sujet (malgré quelques pionnières que vous connaissez sûrement). N'hésitez pas à me raconter votre histoire, surtout si vous avez  des années d'introspection derrière vous : lemondedusurdoue@gmail.com

Guide pour les surdoués: la maîtrise de soi
Il faut apprendre à se maîtriser. Le chemin de découverte de soi et du développement personnel ne se compare pas réellement à marcher sur une corde raide comme un funambule. Le moindre faux pas entrainant une chute fatale. Cela peut être ainsi à certains moments clés de l’introspection. Des moments où nous sentons que l’on va décrocher et retourner vers nos vieilles habitudes et nos comportements passés. Par fatigue, par lassitude, par facilité ou par manque de ressources. Quand on se cherche, on ne marche pas sur un fil, mais on grimpe plutôt une montagne, on change de niveaux. On marche sur un chemin de crête, le point le plus haut d’un relief qui sépare deux versants opposés. Un faux pas n’entrainant pas toujours une conclusion fatale comme le funambule sur une corde raide qui tomberait dans le vide. Mais un retour vers un niveau inférieur. Alors on se perdrait éventuellement, ou on prendrait du retard dans la recherche de soi.


Expérience d'un surdoué (témoignage)
C'est mon approche personnelle de la douance. C'est un témoignage basé sur des notes personnelles.

Down to Earth

Pause musicale. Un groupe que j'ai adoré dans les années 80 : Curiosity killed the cat. La chanson s'appelle "Down to Earth." Garder les pieds sur terre, ce n'est pas facile quand on a beaucoup d'imagination. Enjoy !


Shooting stars in midnight pastures
And hanging out on clouds beneath the moon
Hitching rides on magic carpets
It's a fairy tale to me but you're in tune
You're shattered by the final frame of the movie scene
That generates your every aim
You ain't no bird and so far what's it's worth
Gonna bring you straight back down down
Straight back down (come down)
Come back down (come down)
Straight back down y'all
Straight back down to Earth

L'évolution créatrice

Henri Bergson (1859-1941) est un philosophe français. Il reçut un Prix Nobel de Littérature pour son livre "L'évolution créatrice" en 1927. Dans ce livre, Bergson développe l’idée d’une « création permanente de nouveauté » par la nature.

Bergson débat de l’explication finaliste et de l’explication mécaniste de l’évolution, respectivement défendues par la métaphysique traditionnelle (héritée de Leibniz et, avant lui, d’Aristote et mettant l’accent sur les causes finales, ou buts) et par la science moderne (héritée de Descartes et mettant l’accent sur les « causes efficientes », la « causalité » scientifique). Bergson montre que ces deux visions, que l’on oppose souvent, reviennent en vérité au même dans le traitement de l’évolution. Elles consistent à supposer que tout est donné d’emblée, d’avance : soit dans le but que l’on imagine poursuivi, dès le début, « en esprit » par la nature, soit dans l’ensemble des paramètres matériels de départ ou en présence — à partir desquels on pourrait exactement déduire ce qui n’est pas encore advenu. Aux deux positions précédentes, Bergson oppose son propre concept d’« élan vital » : il n’y a pas de plan « déjà prévu » — d’effectivement prévu comme dans le cas du finalisme, ni de simplement prévisible comme dans le cas du mécanisme. L’idée est que l’évolution est imprévisible, que « le monde va à l’aventure, » qu’il « s’invente sans cesse » sans que le chemin qu’il trace derrière lui ne préexiste au voyage, d’une façon ou d’une autre.
    
Bergson dit que "pour un être conscient, exister c'est changer, changer c'est mûrir, mûrir c'est continuer à se créer soi-même indéfiniment." 

"Les idées qui reflétent notre vrai moi et nos connaissances ne sont réellement révélées que quand nous creusons profondément sous la surface dans les strates profondes de notre être, une tâche qui est extrément difficile et tenté rarement."

"Parce que le moi profond est rarement vécu, il peut paraître étranger à nous-mêmes. Une idée qui est pleinement à nous remplit entiérement notre être et dans notre moi profond, les idées se rejoignent et se mélangent ensemble. Ainsi ces idées profondes sont difficiles à comprendre , à articuler en mots et à communiquer aux autres."

21 mai 2018

La souffrance mène à la croissance

Les Surhommes (selon la notion de Nietzsche) voient dans leur souffrance et leur destruction une nouvelle vie : la graine doit mourir pour que la plante puisse pousser. La capacité de vivre et de surpasser la souffrance et la solitude sont les caractéristiques du Surhomme. Nietzsche dit : "La souffrance et l'insatisfaction de nos instincts de base sont des particularités positives car ces impressions créent une agitation émotionnelle de la vie, et se manifestent comme un stimulus de vie... La discipline de la souffrance, ne savez-vous pas que c'est uniquement cette souffrance qui a crée toutes les améliorations de l'homme jusqu'à maintenant ?... Cette tension de l'âme dans la tristesse/le malheur cultive sa propre force, son inventivité et son courage à endurer, à persévérer, à interpréter, et à exploiter la souffrance..." Nietzsche devient même mystique parfois, tout en étant pertinent en disant que "le chemin vers notre propre paradis mène toujours à travers la volupté de notre propre enfer."

Kazimierz Dąbrowski s'est inspiré de Nietzsche en proposant sa théorie de la désintégration positive. C'est en vivant pleinement et en confrontant les difficultés que nous rencontrons dans la vie que nous arrivons à les dépasser. Nous apprenons à les vivre mieux en les relativisant par exemple, par la résilience, ou encore en changeant notre parcours de vie. Il faut rester conscient de notre état pour pouvoir agir sur notre destinée de la meilleure des façons. 

Les quatre lois de la spiritualité

J'aime bien glâner des idées par-ci par-là. Il est important de rester ouvert au monde et de picorer de la nourriture intellectuelle au hasard de nos lectures, en gardant à l'esprit de développer le gourou en nous, notre propre gourou. Il ne s'agit pas de suivre à la lettre les précepts de quelques maître à penser. Les lois de la spiritualité qui suivent m'enseignent juste à être plus raisonnable et résilient face aux choses du monde. Le développement personnel est un processus qui demande du temps. C'est tout.

En Inde, on enseigne : " Les quatre lois de la spiritualité ".

La première dit : "La personne qui arrive est la bonne personne", c'est-à-dire personne n'entre dans notre vie par hasard, toutes les personnes autour de nous, toutes celles qui interagissent avec nous, sont là pour une raison, pour nous apprendre et progresser dans toutes les situations.

La deuxième loi dit : "Ce qui s’est passé est la seule chose qui aurait pu arriver" rien, mais rien, absolument rien de ce qui s’est passé dans notre vie n’aurait pu être autrement. Même le plus petit détail. Il n'y a pas de " Si j'avais fait ce qui s’était passé autrement ..." Non. Ce qui s'est passé était la seule chose qui aurait pu arriver, et c'est comme ça que nous apprenons la leçon et que nous allons de l'avant. Chacune des situations qui se produisent dans notre vie est l'idéal, même si notre esprit et notre ego sont réticents et non disposés à l'accepter.

La troisième dit : "Le moment où c'est le moment est le bon moment." Tout commence au bon moment, pas avant ni plus tard. Quand nous sommes prêts à commencer quelque chose de nouveau dans notre vie, c'est alors qu'il aura lieu.

La quatrième et dernière : "Quand quelque chose se termine, c'est fini." C'est ça. Si quelque chose est terminé dans notre vie, c'est pour notre évolution, donc il est préférable de le laisser, aller de l'avant et continuer désormais enrichis par l'expérience.

Le bonheur

« Le bonheur, c’est tout petit, si petit que, parfois, on ne le voit pas. Il ne se cache pas, c’est là son secret. Il est là, tout près de nous, et parfois en nous. Le bonheur, c’est tout petit, petit comme nos yeux pleins de lumière et comme nos cœurs pleins d’amour. »

Mère Teresa

20 mai 2018

Le développement personnel selon Nietzsche

Friedrich Nietzsche relie le potentiel individuel pour se développer vers l'abondance et la complexité à son émotion, sa connaissance et sa volonté (volonté de pouvoir). Plus une personne a de potentiel, plus il est intérieurement complexe : "Le type (profil) le plus élevé représente une complexité incomparablement grande...sa désintégration est alors incomparablement grande... Les formes de vie et de gens les plus bas représentent le type troupeau. Ils sont aussi simples et par conséquent, les types les plus bas sont virtuellement indestructibles, montrant peu d'effets visibles des épreuves de la vie...et aucun signes de souffrance de surhomme." Nietzsche remarque ici ce que John Hughlings Jackson conclura un peu plus tard. 

Rappel:
Jackson (1835-1911) fût un neurologue britannique, un pionnier de la recherche sur le cerveau. Il est connu pour ses travaux sur l'épilepsie. Il établit également trois principes de l'évolution du sytème nerveux.

-La première hypothèse de Jackson est que l'évolution est le transfert d'un centre inférieur parfaitement organisé à un plus haut, mais pas aussi bien organisé. En d'autres termes, le développement consiste à passer d'un centre inférieur, relativement bien géré, à un centre supérieur plus complexe et, selon Jackson, moins bien organisé.

-Le deuxième principe est que l'évolution est une transition du plus simple au plus complexe, du plus bas au plus haut. Il n'y a pas de contradiction à considérer les centres les plus complexes comme étant les moins organisés, puisque Jackson utilise le mot organisé pour désigner des personnes bien connectées.

-Le troisième des principes de l'évolution de Jackson est que l'évolution est une transition d'un centre plus automatique à un centre plus volontaire. Il suppose que les centres les plus élevés, représentant le sommet de l'évolution nerveuse et formant la base physique de la conscience, sont les moins organisés, bien que les plus complexes et volontaires.

Il est intéressant de noter que la formulation de Hughlings Jackson d'une hiérarchie des niveaux dans l'évolution du système nerveux, du simple au complexe et de l'automatique au volontaire, a été déterminante dans le développement de la théorie de Kazimierz Dabrowski.

Objectivité - Subjectivité

Søren Kierkegaard (1813-1855) est un écrivain, théologien protestant et philosophe danois, dont l’œuvre est considérée comme une première forme de l'existentialisme. Il note que "la plupart des gens sont subjectifs envers eux-mêmes et objectifs envers les autres, parfois horriblement objectifs. Le but est précisément de faire le contraire, être objectif avec soi-même et subjectif dans ses rapports avec les autres personnes."

La personnalité selon Nietzsche

La personnalité doit être construite selon Nietzsche. Kazimierz Dąbrowski a fondé sa théorie de la désintégration positive sur cette idée. Pour Nietzsche, la personnalité doit être crée par l'individu lui-même, essentiellement en surpassant, en maîtrisant, en transformant son chaos intérieur et en le mettant en ordre. Le Surhomme développe ainsi une vision claire de sa vocation (sa personnalité idéale) et doit obéir à présent à sa voix intérieure, en l'appliquant à la maîtrise de soi.

La volonté de pouvoir est mise en pratique en se contrôlant et se transformant soi-même :
-1ère étape. La moralité sociale (2ème facteur) est utilisé pour gagner du pouvoir sur la nature et l'animalité, l'instinctif (1er facteur).
-2ème étape. "On peut utiliser ce pouvoir pour un développement personnel plus poussé : une volonté de pouvoir comme une élévation de soi et un renforcement." (3ème facteur)
-3ème étape. On surpasse son vieux soi (self) pour devenir soi-même : "Qu'est-ce que votre conscience vous dit ? Tu dois devenir la personne que tu es."

19 mai 2018

L'abysse

Le philosophe Friedrich Nietzsche disait que "l'homme est une corde, attachée entre l'animal et le Surhomme, une corde tendue au-dessus d'une abysse. Un passage dangereux, un voyage risqué, un retour angoissant, un frémissement et une immobilité."

Nous devons traverser l'abysse sur la corde pour nous créer nous-mêmes, pour créer nos idéaux et devenir un Surhomme. Il y a trois scénarios possibles:
-Ne pas essayer et simplement rester content dans la foule ;
-Essayer de traverser et échouer (tomber dans l'abysse) ;
-ou, essayer de traverser et réussir.

Nietzsche disait que "quiconque combat des monstres devrait voir que dans cette démarche il ne devient pas un monstre. Et quand vous regardez dans l'abysse, l'abysse aussi vous regarde. Nous devenons souvent la chose exacte que nous essayons de vaincre. Quand vous regardez dans l'abysse, vous devez être fort comme si vous pouviez voir les caractéristiques de l'abysse en vous-mêmes."

La crainte

Être capable de choisir crée la liberté individuelle, mais cela engendre aussi la crainte, la peur de cette liberté. Le philosophe danois, Søren Kierkegaard, note que “l'anxiété est le vertige de la liberté”, l'angoisse est le « vertige du possible ». L'anxiété est un désir pour ce dont nous avons peur, mais ce dont nous avons peur nous le désirons.

Debout au bord du précipice, nous avons peur de tomber, mais nous craignons aussi l'idée que nous pouvons décider de sauter. Nous avons peur de ce que nous pouvons faire. Nous craignons la seule chose qui nous retient qui est notre propre volonté. Quand l'idée de sauter nous vient à l'esprit, la responsabilité est sur nous de décider de ne pas sauter.

La crainte grandit quand nous devenons conscient de l'avenir. On réalise que nous devons choisir et que notre vie est déterminée par les choix que nous faisons. Jean-Paul Sartre a dit : “Je m'attends dans le futur, où je prends rendez-vous avec moi-même de l'autre côté de cette heure, de ce jour, ou de ce mois. L'angoisse est la peur de ne pas me trouver à ce rendez-vous, de ne plus vouloir m'y emmener.”

Le fait que nous pouvons choisir crée un formidable sens de la responsabilité et accepter cette responsabilité nous rend authentique. Kierkegaard dit que “ne pas choisir nous rend inauthentique.” Sartre estime que “nous sommes laissés seuls et sans excuse...condamnés à être libre...condamnés, car nous nous sommes pas crées nous-mêmes, mais néanmois libres, car une fois que nous apparaissons dans le monde, nous sommes responsables de tout ce que nous faisons.”

12 mai 2018

Empire State of Mind

Pause musicale. Une superbe chanson d'Alicia Keys: " Empire State of Mind ". Elle maîtrise son talent. C'est une superbe interprétation dans ce live à New-York.


Grew up in a town
That is famous as a place of movie scenes
Noise is always loud
There are sirens all around
And the streets are mean
If I could make it here
I could make it anywhere
That's what they say
Seeing my face in lights
Or my name in marquees
Found down on Broadway...