29 janvier 2017

Plan du livre


Introduction
1. S'identifier
Avant de connaitre ma douance.
Quand ai-je commencé ma transformation, ma désintégration ?
Quel est le problème avec moi ?
La prise de conscience et la reconnaissance.
La transformation. Le changement. Le développement de personnalité.
2. Se comprendre
Appréciation et l'acceptation.
Méthode pour aller mieux.
Perception.
Se reconnecter.
Manque de confiance en soi (tout ou rien).
3. Se révéler et se soigner
Faux-self, le masque.
S'adapter.
Mal être du surdoué.
Décalage avec les autres.
Au travail. Relations avec les gens.
Mes parents
La solitude et l’amour
Les substances. Médicaments.
Méditation. Croyances.
Conclusion

Mon expérience


En voici l'introduction:
Mars 2014. Je viens d'avoir quarante-quatre ans. Je découvre que je suis surdoué en écoutant la radio. Des murs s'affaissent autour de moi. Un horizon apparait. Il est proche et accueillant. Une nouvelle vie m'appelle. On dit que nous avons deux vies, et que la seconde vie commence lorsque l'on réalise que l'on en a qu'une. Donc voilà, ma seconde vie a commencé le jour de cette révélation. Elle était sûrement en gestation dans ma tête depuis des années. En effet, la découverte de soi, le travail de construction, de reconstruction, de recomposition, ou de désintégration comme certains l'appellent, a commencé depuis des années, voire des décennies. Je n'en ai pas été conscient. 

Ce travail sur soi avait commencé et s'était même peut-être arrêté plusieurs fois. Au gré des tourments et des vagues à l'âme. Enfin le plus important c'est d'avoir pris conscience de ma douance et de commencer ce voyage intérieur vers mon moi profond. Celui que je suis à l'état brut, sans masque ni artifice. Ma vraie personne. Je l'ai commencé il y a longtemps cette quête, sans le savoir, à mon corps défendant probablement, mais ce divorce et la crise de la quarantaine m'ont forcé à plonger vers une des plus belles aventures humaines, vers les abysses intérieurs. Mon être profond. Et c'est cette histoire que je voudrais vous raconter sans prétention aucune. Je compare ça à l'escalade d'une montagne par sa paroi la plus abrupte la plus hostile. Le plus dur est de commencer l'ascension, de trouver ses marques, d'assurer ses prises et de continuer la montée en évitant de dévisser, d'être bloquer sur une voie impraticable, et de se surpasser pour arriver au sommet et pourvoir enfin apprécier le chemin accompli et admirer la vue dans un moment de plénitude salvatrice. 

Ce livre est le témoignage d'un surdoué qui s'est découvert surdoué, qui en a pris conscience et qui utilise ces dons autrefois cachés pour s'épanouir, se découvrir et faire tomber le masque. Ce livre s'adresse aux personnes douées ou potentiellement douées qui se découvrent. Il constitue alors une première approche à la douance. C'est un témoignage. Un cas d'école pour les psychothérapeutes. C'est mon expérience personnelle. J'étais vraiment bloquer dans ma vie. Les portes se sont ouvertes pour moi. Cela demande un travail sur soi important, mais passionnant. Une auto-analyse, une auto-évaluation demandant une discipline permanente. J'ai décidé cette écriture de moi, ou plutôt cette recherche de moi, comme un moyen de me soigner et de me trouver. Ce livre est par essence incomplet. Je ne développe pas ici une méthode ou une théorie. Je partage avant tout une expérience brute. 

Ce manuscrit est constitué de notes personnelles prises au fil de ma vie. Pour le moment, je ne parle que de mon ressenti, de mes impressions. De ce voyage au cœur de ma pensée. Bien sûr je me suis énormément documenté durant mon introspection dans l'unique but de me découvrir encore plus et de m'auto-analyser tout seul dans mon coin. Avec bien sûr le coup de pouce d'une psy en cours de route. J'ai découvert une littérature abondante essentiellement en anglais, j'ai aussi étudié dans les détails des méthodes développés par des psys mais je n'en parlerai pas ici. J'y ferai allusion. Mais je ne les développerai pas systématiquement. Aucune bibliographie ne viendra conclure ce texte. Juste une écriture sincère et spontanée.  Une mise à jour sera probablement à prévoir pour ajouter des impressions et pour détailler certains points. 

J'espère que cette expérience aidera les lecteurs francophones du monde entier à découvrir leur douance et surtout à s'épanouir dans un monde inadapté pour eux. Ils ont tant de talent et d’idées à partager. La douance est un état qui est en nous et qui durera toute notre vie. Que nous ayons été identifiés ou non. Lorsque nous le sommes il pourra être un cadeau pour la vie, une source de richesse intérieure et d’épanouissement. Ou un poison qui nous rongera. A chacun d'en faire sa force ou son talon d’Achille. En espérant que ce témoignage, apportera quelques indices, posera des jalons et ouvrira quelques portes à des surdoués qui s’ignorent.

26 décembre 2016

La théorie et la douance - Dabrowski -

Prise de conscience de la douance
Un surdoué qui ignore sa douance est souvent mal dans sa peau, se sent souvent en décalage par rapport à la société, a une mauvaise image de lui-même, peut avoir de sérieux problèmes psys, voire faire une ou plusieurs crises existentielles, tout en essayant de faire de son mieux, d'être "quelqu'un de bien", d'être conforme aux attentes de la société et aux modèles que constituent "les autres". La découverte de sa douance est pour le surdoué une remise en cause brutale de ce sentiment de devoir de conformité et d'adaptation, et un changement complet de la vision qu'il a de lui même, avec une relecture et une réinterprétation de son passé. Cette prise de conscience de l'inaptitude du reste du monde à lui servir de modèle et de la nécessité de repartir sur de nouvelles bases, déterminées par lui, et qui lui sont spécifiques, est parfois "une grande claque", avec pleurs et remises en cause, et est en fait une désintégration positive des faux schémas et devoirs, avec une prise en main de son système de valeurs et de ses règles de conduites par l'individu surdoué (passage d'un état qui oscillait entre les niveaux 1, 2 et 3, au niveau 4 de la théorie de la désintégration positive de Dabrowski).

Perfectionnisme
Le perfectionnisme, ou haut niveau d'exigence, est souvent considéré comme contributeur d'une faible estime de soi, fréquente chez les surdoués. Mais le perfectionnisme est de nature différente suivant le niveau de développement de l'individu :

-au niveau 1 de la théorie de la désintégration positive, le perfectionnisme est oppressif, et amène à juger les autres comme inférieurs.
-au niveau 2, il peut être débilitant, parce qu'il est imbriqué dans le doute de soi et l'introjection des valeurs des autres.
-au niveau 3, quand il rejoint la hiérarchisation des valeurs, il devient le sentiment d'être inférieur à soi, qui est une dynamique qui pousse le développement vers des niveaux plus élevés.
-au niveau 4, il évolue en un désir de perfection de soi, ce qui conduit à une vie imprégnée par les idéaux de niveau supérieur.
-au niveau 5, c'est la reconnaissance de la perfection inhérente à tout ce qui est.

Monde intérieur
Les surdoués exploitent et sont galvanisés par ce que Dabrowski appelle la réalité théorique. La réalité perçue par les sens (l'ici et maintenant de l'existence banale) n'est qu'une réalité (parmi d'autres). Les esprits exceptionnels accèdent naturellement à des niveaux plus puissants de fantasme, d'imagination et d'intuition. Dans ce milieu riche, ils résolvent des problèmes, découvrent de nouvelles perspectives et créent sur un niveau d'abstraction séparé du monde de la perception sensorielle directe. Pour ceux qui disposent de la sensibilité morale, d'immenses pouvoirs d'imagination, d'une riche vie affective, et d'un besoin absolu pour la recherche intellectuelle, cette réalité théorique est plus réelle, plus compréhensible et de plus d'importance que la réalité de la vie quotidienne. 

Dabrowski a écrit: "L'ajustement à ce "qui devrait être" est chez certains individus plus fort que leur ajustement à "ce qui est"". Pour eux, le développement est modulé par l'interpénétration des expériences de désintégration et d'intégration, façonnant la fonction intellectuelle en la mettant en relation avec les émotions de plus haut niveau. Cela crée une structure intégrée de la conscience de haut niveau où la pensée et les ressentis s'associent et se co-déterminent. Une transformation de développement supplémentaire se produit lorsque l'intuition de haut niveau est activée et promue, créant une synthèse dynamique permanente de ce qui est directement ressenti de manière intuitive. Ce fonctionnement à plusieurs niveaux et cette dynamique de développement, bien que rare, est un processus évolutif naturel pour les individus surdoués.

Portée de la théorie - Dabrowski -

La théorie de la désintégration positive a une portée extrêmement large et a des répercussions sur de nombreux domaines. De manière centrale, elle s'applique au diagnostic et au traitement psychologique et psychiatrique. Dabrowski préconisait un diagnostic multidimensionnel et global de la situation de la personne, qui comprenne les symptômes et les potentiels de développement. Si la désintégration semble s'inscrire dans un contexte de développement, alors la personne reçoit une formation concernant cette théorie et est encouragée à avoir une vue développementale de sa situation et de ses expériences. Plutôt que d'être éliminés, les symptômes sont remis en perspective pour fournir des éclaircissements et une compréhension de la vie et de la situation particulière de la personne.

L'importance des récits
Dąbrowski a illustré sa théorie par des autobiographies et les biographies de ceux qui ont connu la désintégration positive. L'enfant surdoué, l'adolescent suicidaire ou l'artiste perturbé est souvent en train de faire l'expérience des caractéristiques de la théorie de la désintégration positive, et s'ils acceptent et comprennent le sens de leurs crises et de leurs émotions intenses, ils peuvent aller de l'avant, au lieu de s'effondrer. La réalisation d'une autobiographie fouillée pour aider l'individu à acquérir une perspective sur son passé et son présent est un composant très important du processus d'auto-thérapie. Dans ce processus, le thérapeute joue un rôle très réduit et agit plus comme un stimulus initial qu'un thérapeute effectuant un suivi. Dabrowski demandait à ses patients de lire ses livres et de voir si ses idées pouvaient avoir un rapport avec leur vie.

Auto-psychothérapie
Pour Dabrowski, le but de la thérapie est d'éliminer le thérapeute en fournissant un contexte à l'intérieur duquel une personne peut se comprendre et s'aider, une approche de la thérapie qu'il a appelée auto-psychothérapie. Le patient est invité à embarquer pour un voyage de découverte de soi avec une emphase sur la recherche du contraste entre ce qui est plus élevé par rapport à ce qui est plus bas au sein de sa personnalité et de sa structure de valeurs. La personne est invitée à explorer davantage son système de valeurs en particulier en ce qui concerne le raisonnement sous-jacent et la justification des positions. Les écarts entre les valeurs et les comportements sont mis en évidence. L'approche est appelée auto-psychothérapie pour souligner le rôle important que la personne doit jouer dans le processus de sa propre thérapie, et, de manière plus large, dans le processus du développement de sa personnalité. La personne doit arriver à voir qu'elle est responsable de la détermination ou de la création de son propre idéal de la personnalité et de sa structure personnelle de valeurs. Cela inclut un examen critique des moeurs et des valeurs sociales qui ont été apprises.

Dabrowski était très préoccupé par ce qu'il appelait le développement unilatéral. En un mot, Dabrowski s'inquiète du fait que beaucoup de personnes montrent un développement très avancé dans seulement un aspect de la vie, en général intellectuel. Il avait l'habitude de dire que nous devrions essayer d'ignorer nos forces et de nous concentrer sur nos faiblesses : le fort en maths devrait moins se concentrer sur les mathématiques – il excelle déjà à cela, et devrait se concentrer davantage sur d'autres sujets – l'introverti devrait essayer d'être plus extraverti, l'extraverti devrait essayer d'être plus introverti. De cette façon, nous ne continuons pas simplement à construire sur nos forces, ce qui nous emmène vers le développement unilatéral, mais plutôt nous nous concentrons sur le fait d'essayer d'équilibrer notre développement.

L'hyperstimulabilité
Dąbrowski encouragait aussi les personnes à voir leurs réactions (surexcitabilités) et leur point de vue phénoménologique du monde dans le cadre de leur potentiel de développement. L'expérience des crises, et la réaction aux crises, sont un aspect très important de cette approche, et les personnes sont encouragées à éprouver les crises personnelles avec une vision positive et développementale.
Dabrowski rappelle aux patients que sans maladies internes, il y a peu de stimulus pour le changement ou la croissance. Plutôt que d'essayer de rapidement améliorer les symptômes, cette approche encourage les individus à vivre pleinement leurs ressentis et à essayer de maintenir une orientation positive et développementale vis-à-vis de ce qu'ils peuvent percevoir comme une dépression sévère ou une forte anxiété. Bien sûr, il s'agit d'une approche unique dans le monde d'aujourd'hui consistant à chercher un soulagement immédiat et total de toute expérience psychologique désagréable.

Éducation
Une autre domaine est l'éducation, et en particulier le vécu des étudiants créatifs et surdoués. Dabrowski a émis l'hypothèse que ces élèves vont montrer de manière disproportionnée une forte hyperstimulabilité et par conséquent seront prédisposés au processus de désintégration.

La théorie de Dabrowski et la psychanalyse - Dabrowski -

La grande nouveauté introduite par Dabrowski est que certaines pathologies de type angoisse, dépression, crise existentielle, etc, peuvent s'inscrire dans un processus de désintégration positive, et être utiles voire nécessaires à la construction de la personnalité. La difficulté, pour le praticien, est de faire un diagnostic différentiel entre les “pathologies utiles” et celles qui ne le sont pas.

Jacques Lacan (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Lacan) liait la fin de l'analyse au passage de l'analysant à l'analyste ("la passe"), c'est-à-dire au moment où l'analysant devient son propre analyste. Cela pourrait correspondre à la transition entre le niveau 3 et le niveau 4 de la théorie de la désintégration positive. Cela pourrait aussi correspondre au passage à l'auto-psychothérapie recommandée par Dabrowski.

La fin de l'analyse est aussi d'après Lacan le moment où l'analyse chute, où le patient n'a plus l'envie de persévérer, de continuer à parler dans ce lieu à cet analyste, parce qu'il s'est passé quelque chose : d'après Lacan, ce quelque chose est la traversée du "fantasme fondamental", qui pourrait être décrit comme un postulat inconscient qui est l'armature de tout ce qui pose le sujet face aux autres, dans une position qui à la fois le soutien et le "coince". Cette traversée du fantasme fondamental, cet abandon de l'armature primaire, pourrait être comparé à l'aboutissement du niveau 3 chez Dabrowski. C'est dans la destitution subjective de ce fantasme, dans ce moment où le sujet peut lâcher prise de cette position dans laquelle il était encastré, que le sujet peut éprouver le désir d'occuper la place de l'analyste.

Influences et comparaisons - Dabrowski -

La plupart des théories sur le développement de la personnalité reposent sur un développement en niveaux successifs, chaque nouveau niveau de développement s'appuyant sur les niveaux précédemment acquis. Dans le processus de désintégration positive, la désintégration partielle ou totale d'un niveau de développement inférieur est nécessaire pour permettre d'atteindre le niveau de développement suivant.

Les écrits et travaux de Dabrowski ont été comparés avec ceux de...
Platon et son Allégorie de la caverne de Platon
https://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9gorie_de_la_caverne
Jean Piaget
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Piaget
Søren Kierkegaard
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%B8ren_Kierkegaard
Friedrich Nietzsche
https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche
John Hughlings Jackson
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Hughlings_Jackson
Abraham Maslow et sa pyramide des besoins
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins

Il a été suggéré qu'une personne pouvait avoir plusieurs ensembles de schémas de comportement, de croyances et de fausses obligations, par exemple vis-à-vis de sa famille, puis d'une religion ou d'une idéologie, puis de lui-même, de sa raison d'être et de ce qui constitue le bien et le mal. Chacune de ces visions du monde et de ces systèmes de valeurs peuvent faire l'objet d'un processus de désintégration positive séparé, et l'individu peut ainsi traverser plusieurs crises existentielles le menant à chaque fois à un nouveau niveau d'intégration personnelle.

Il semble que l'analogie soit possible avec l'effondrement d'une culture, d'un système politique ou religieux, lorsqu'il apparaît par exemple que ce système n'est pas constitutif de "l'avenir radieux de l'humanité". La remise en cause des fondements de la société et du système de valeurs correspondant pourrait être compris comme un processus de désintégration positive au niveau sociétal.

L'expérience de Stanley Milgram (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram) a montré qu'un individu avait tendance à obéir à une personne incarnant l'autorité, même quand les demandes émanant de cette autorité étaient contraires aux valeurs de l'individu et à ses ressentis émotionnels. Une explication possible est que pendant son enfance, l'individu a été contraint de/conditionné à obéir à l'autorité, et a été éduqué, y compris scolairement, à considérer que l'autorité avait un plus grand savoir/une plus grande sagesse. En grandissant jusqu'à l'âge adulte, l'individu garde cette croyance dans la nécessaire soumission à une autorité, y compris à l'autorité collective de la société, qui dicte les moeurs et valeurs sociales en vigueur. Ce n'est qu'en sortant de cette fausse croyance dans l'autorité et la sagesse morale de la société que l'individu peut devenir sa propre autorité morale, et atteindre le niveau 4 de la théorie de la Désintégration positive.

Idées clés - Dabrowski -

La théorie de la Désintégration positive est basée sur de nombreuses idées clés :

-Nos bas instincts animaux (premier facteur) doivent être inhibés et transformés dans des forces de niveau plus élevé pour que nous soyons humains (cette capacité à transformer nos instincts est ce qui nous sépare des animaux).
-L'intégration de la personnalité initiale commune, fondée sur la socialisation (deuxième facteur), ne reflète pas la vraie personnalité.
-Au niveau initial de l'intégration, il y a peu de conflits internes dans la mesure où l'individu suit le groupe ; il y a peu de sensations de mauvais comportement. Les conflits externes sont souvent liés au blocage d'objectifs sociaux (par exemple une frustration par rapport à l'évolution professionnelle). Les moeurs et valeurs sociales l'emportent avec peu de questionnement ou d'examen conscient.
-La vraie personnalité doit être fondée sur un système de valeurs qui sont consciemment et volontairement choisies par la personne pour tenir compte de leur propre sens particulier de "comment la vie devrait être" et de leur "idéal de la personnalité" – la personne idéale qu'ils sentent qu'ils "doivent être".
-Les instincts animaux inférieurs et les forces de pression du groupe et de socialisation sont inférieures au moi autonome (la personnalité) construit par la personne consciente.

-Pour défaire l'intégration initiale, les crises et les désintégrations sont nécessaires, et sont généralement fournies par l'expérience de la vie.
-Ces désintégrations sont positives si la personne peut apporter des solutions positives et développementales à la situation.
-Les « crises mono-niveau » ne sont pas développementales parce que la personne peut seulement choisir entre des choix de même niveau.
-Un nouveau type de perception implique le multi-niveaux, une vision verticale de la vie qui compare des possibilités plus basses et plus hautes et permet maintenant à l'individu de choisir une issue de niveau plus élevé à une crise, par rapport à des solutions disponibles mais de niveau plus bas. C'est la solution développementale.

-La désintégration positive est un processus de développement vital.
-Dabrowski a développé le concept de potentiel de développement pour décrire les forces nécessaires pour réaliser le développement d'une personnalité autonome.
-Le potentiel de développement comprend plusieurs facteurs incluant les dons et talents innés, les hyperstimulabilités et le troisième facteur.
-L'hyperstimulabilité est une mesure du niveau de réponse nerveuse de l'individu. Dabrowski a trouvé que les personnes qu'il a étudiées présentaient toutes un système nerveux extrêmement sensible, ce qui les rendait aussi sujettes à l'angoisse, la dépression et l'anxiété (psycho-névrose dans les termes de Dabrowski), ce qui est un élément très positif et développemental.
-Le troisième facteur est une mesure de la motivation de l'individu vers l'autonomie.
-Lorsque le développement multi-niveaux et autonome est réalisé, une intégration secondaire est observée qui reflète l'état de la personnalité mature. L'individu n'a pas de conflits internes, il est en harmonie interne de par le fait que ses actions reflètent sa hiérarchie de valeurs profondément ressentie.

25 décembre 2016

The One Moment

OK Go est un groupe de rock américain. Il est connu pour la qualité et l'excentricité de ses clips vidéo. Dans le clip du morceau "Upside Down & Inside Out", ils font une chorégraphie en apesanteur dans un avion Zéro G. Dans "The One Moment", ils utilisent l'accéléré et le ralenti dans un clip très coloré.

15 décembre 2016

Niveau 5 : intégration secondaire - Dabrowski -

Le cinquième niveau présent un caractère intégré et harmonieux, mais très différent de celui du premier niveau. À ce niveau le plus élevé, le comportement de la personne est guidé par des décisions conscientes, soigneusement pesées, basées sur une hiérarchie choisie et individualisée de valeurs personnelles. Le comportement se conforme à cette norme intérieure à propos de la façon dont la vie doit être vécue et, par conséquent, peu de conflits internes se présentent.

Les principaux dynamismes de ce niveau sont : l'empathie, l'autonomie, l'authenticité et un niveau très élevé de responsabilité. L'idéal de la personnalité est constamment soumis à la vérification et demeure dynamique.

Le niveau cinq est souvent marqué par l'expression créative. Particulièrement à ce niveau, la résolution de problèmes et l'art représentent les caractéristiques les plus hautes et les plus nobles de la vie humaine. L'art saisi les états émotionnels les plus intimes et est basé sur une profonde empathie et une profonde compréhension du sujet. Souvent, ces oeuvres ont pour sujet la souffrance humaine et le sacrifice. Les oeuvres vraiment visionnaires, les travaux qui sont uniques et nouveaux, sont créés par des personnes exprimant une vision qui n'est pas limitée par les conventions. Les avancées dans la société, à travers la politique, la philosophie et la religion, sont donc souvent associées à une forte créativité individuelle ou à de grandes réalisations.

Niveau 4 : désintégration multi-niveaux dirigée - Dabrowski -

Au niveau 4 la personne prend complètement le contrôle de son développement. Le développement involontaire et spontané du niveau 3 est remplacé par un examen délibéré, conscient et dirigé par soi-même, de la vie de la personne du point de vue multi-niveaux. Ce niveau est caractérisé par la désintégration à niveaux multiples, organisée et systématique. Les principaux dynamismes qu'on y rencontre sont : un niveau élevé de perception et de connaissance de soi, l'empathie, l'identification partielle avec autrui, le « sujet-objet » en soi-même, la transformation psychique interne, le troisième facteur, l'éducation de soi et l'autopsychothérapie. L'empathie est faite de sympathie avec autrui et de compréhension d'autrui, d'empressement à aider le prochain ; elle ne comprend cependant aucune tendance à s'identifier avec les activités inférieures de ce prochain. Le « sujet-objet » en soi-même découle d'une observation de soi toujours alerte, et de la capacité de se juger d'un oeil critique et de changer de comportement si l'on découvre quoi que ce soit de répréhensible. Il arrive souvent que l'on s'arrête pour réfléchir et se corriger avant de repartir à neuf.

Ce niveau marque la véritable émergence du troisième facteur, décrit par Dabrowski comme un facteur autonome « de choix conscient (évaluation), par lequel on affirme ou rejette certaines qualités en soi et dans son environnement ». La personne réexamine consciemment son système de croyance existant et essaye de remplacer les vues et réactions automatiques et de bas niveau par des idéaux soigneusement pensés, étudiés et choisis. Ces nouvelles valeurs vont se refléter de plus en plus dans le comportement de la personne. Le comportement va devenir moins réactif, moins automatique et plus réfléchi au fur et à mesure que les choix comportementaux passent sous l'influence des idéaux que la personne a choisis.

Les moeurs sociales sont réexaminées et ré-acceptées par une internalisation consciente lorsque l'individu pense que c'est approprié. De même, lorsque la personne sent que c'est adéquat, une valeur sociale réexaminée peut être rejetée pour être remplacée par une valeur alternative qui est perçue par soi comme étant plus élevée. L'orientation sociale personnelle en vient à refléter une grande responsabilité basée sur des facteurs tant intellectuels qu'émotionnels. Aux niveaux les plus élevés, « les individus de ce genre se sentent responsables de la réalisation de ce qui est juste et de la protection d'autrui contre le mal et l'injustice. Leur sentiment de responsabilité s'étend à presque tout ». Ce point de vue résulte du fait de voir la vie par rapport à sa hiérarchie de valeurs (la vue à plusieurs niveaux) et de l'appréciation résultante de la possibilité de la façon dont la vie pourrait être, et devrait être, vécue. Les désaccords avec le monde (niveau inférieur) sont exprimées avec compassion dans le fait de faire ce qui peut être fait pour contribuer à atteindre ce qui « devrait être ».

Compte tenu de leur vision authentiquement pro-sociale, les personnes qui atteignent un haut niveau de développement élèvent également le niveau de la société dans laquelle ils sont. Ici, la vision pro-sociale ne consiste pas simplement à soutenir l'ordre social existant ; c'est une véritable culture d'interactions sociales fondées sur des valeurs plus élevées. Ces positions entrent souvent en conflit avec le statu quo d'une société de plus bas niveau (inadaptation positive). En d'autres termes, être inadapté à une société de bas niveau est une caractéristique positive.

Niveau 3 : désintégration multi-niveaux spontanée - Dabrowski -

Le niveau 3 décrit un nouveau type de conflit : un conflit vertical entre deux choix qui ne sont pas simplement différents, mais qui existent sur des niveaux différents. L'un d'eux est littéralement plus haut et l'autre est plus bas en comparaison. A ce niveau, nous assistons à l'émergence de la hiérarchisation, d'un sens croissant de “ce qui devrait être” et d'un mauvais ajustement croissant à “ce qui est”.

Ces conflits verticaux émergent initialement de perceptions involontaires, au cours de la vie, de choix plus élevés par rapport à des choix plus bas (parce que ces perceptions sont involontaires, Dabrowski a appelé ce niveau désintégration multi-niveaux spontanée). Vous regardez quelque chose, peut-être pour la millième fois, et cela vous frappe : vous voyez cette chose différemment, et une fois que vous l'avez vue ainsi, cela change les choses. Vous ne pouvez plus « retourner en arrière et la voir de la façon dont vous la voyiez avant ». Dabrowski a appelé cette dimension verticale « perception multi-niveaux ». La perception multi-niveaux est la prise de conscience progressive de la « possibilité du plus haut » (une expression souvent utilisée par Dabrowski) et par la suite des contrastes entre ce qui est plus haut et ce qui est plus bas dans la vie. Ces comparaisons verticales illustrent souvent le comportement réel et inférieur d'une personne par rapport à des idéaux imaginés et supérieurs et par rapport à des choix alternatifs idéalisés.

Le fait d'acquérir une perception à plusieurs niveaux de nos univers externe et interne peut être comparé à une révolution Copernicienne dans notre perception et notre sensibilité. Une fois que nous avons appris à distinguer les nivaux hauts et bas dans nos ressentis, nos pensées et nos comportements, une fois que nous avons compris que nous sommes capables du meilleur comme du pire, et que le choix entre eux est uniquement et exclusivement nôtre, nous atteignons un point de non-retour et, pour reprendre les mots de Dabrowski, nous sommes condamnés à nous développer. Avec l'émergence de la hiérarchisation, l'individu acquiert la conscience intime de l'existence de valeurs universelles qui deviennent un guide et une force dans son développement, qui fait partie d'une dynamique développementale puissante appelée l'idéal de la personnalité.

Au niveau 3, nous observons l'émergence de dynamiques multi-niveaux telles que l'étonnement en face de soi-même, l'inquiétude en face de soi-même qui sert à stimuler l'instinct de perfection de soi et celui de cognition (et non l'inquiétude envers soi-même qui est basée sur l'instinct primitif de conservation de soi), l'insatisfaction à l'égard de soi, le sentiment d'infériorité vis-à-vis de soi-même (c'est à dire par rapport à ce qu'on sent qu'on devrait être), les sentiments de honte et de culpabilité, l'inadaptation positive qui aide au développement et est parallèle au besoin de s'orienter non pas vers « ce qui est » mais vers « ce qui devrait être », et l'instinct créateur. Ce niveau est reconnu comme celui où se manifestent les psychonévroses, et même les psychoses de niveau supérieur : psychasténie, anxiété, dépression, obsession, psychonévrose infantile et les niveaux supérieurs de l'hystérie, ainsi que diverses formes de psychoses telles que la catatonie, certains genres de schizophrénie paranoïde et de psychose maniaco-dépressive (où sont présents des éléments de potentiel de développement assez prononcés). Dans certains cas, quand le potentiel de développement de la personne contient des éléments forts, positifs et négatifs, l'intensité du processus de développement peut amener un individu près d'une “catastrophe psychique”.

Dabrowski croit que l'individu authentique choisit le chemin le plus haut comme celui qui doit être suivi de manière claire et évidente (effaçant les ambivalences et tendances ambiguës des conflits mono-niveau). Si le comportement réel de la personne se trouve plus tard être en deçà de l'idéal, il va s'ensuivre une dysharmonie interne et un besoin de remettre en question et de reconstruire sa vie. Dans l'approche de Dabrowski, la perception multi-niveaux représente donc un type de conflit nouveau et puissant, un conflit qui sert au développement.

Ces conflits verticaux sont très importants pour conduire à l'autonomie et à la croissance d'une personnalité développée. Pour que la personne atteignent des niveaux plus élevés, le passage à la perception multi-niveaux doit se produire. Si une personne n'a pas le potentiel de développement pour entrer dans une perception multi-niveaux, alors il régressera des crises du niveau 2 pour réintégrer au niveau 1. Dans le passage à la perception multi-niveaux, le mode de vie horizontal, mono-niveau, basée sur le stimulus et la réponse, est remplacé par une analyse verticale et hiérarchique. Cette vision verticale devient ancrée dans la structure personnelle de valeurs qui émerge, et tous les éléments sont vus en relation avec les idéaux personnels. Ces valeurs et idéaux personnels deviennent l'idéal de la personnalité : la façon dont la personne veut vivre sa vie. Puisque les événements de la vie sont vus en relation avec cette vision verticale et multi-niveaux, il devient impossible de soutenir des points de vue qui favorisent le chemin le plus bas lorsque des buts plus élevés peuvent être identifiés (ou imaginés).

Niveau 2 : désintégration mono-niveau - Dabrowski -

La caractéristique principale du niveau 2 est une crise initiale ou série de crises, brèves et souvent intenses. Les crises sont spontanées et se produisent seulement sur un niveau (et souvent n'impliquent qu'une dimension). Ces crises concernent des choix de solutions qui semblent être différentes mais qui au final sont sur le même niveau.

La désintégration mono-niveau se produit durant des crises de développement telles que la puberté ou la ménopause, dans les périodes où se manifeste une difficulté à gérer un événement externe stressant, ou dans des conditions psychologiques et psychopathologiques telles que la nervosité et la psychonévrose. La désintégration mono-niveau consiste en des processus situés sur un niveau émotionnel et structurel unique ; il y a une prévalence de dynamiques automatiques avec seulement une légère conscience de soi et un léger contrôle de soi. Le terme “mono-niveau” dénote un manque de hiérarchisation, de distinction entre “ce qui est” et “ce qui devrait être”.

Les conflits sur le même niveau (horizontal) produisent des ambivalences et des tendances ambiguës : la personne est également attirée par des choix différents mais équivalents sur le même niveau (tendances ambiguës) et n'est pas capable de décider quoi faire parce qu'il n'a pas de réelle préférence entre les choix (ambivalences). Si les forces de développement sont suffisamment fortes, à la fin, la personne est poussée dans une crise existentielle : les logiques sociales ne prennent plus en compte ses expériences personnelles et il n'y a pas d'autres explications. Au cours de cette phase, l'émotion prédominante est le désespoir existentiel.

La résolution de cette phase commence lorsque des valeurs choisies individuellement commencent à remplacer les moeurs sociales qui ont été enracinées par l'apprentissage, et sont intégrées dans une nouvelle hiérarchie de valeurs personnelles. Ces nouvelles valeurs entrent souvent en conflit avec les valeurs sociales précédentes de la personne. Plusieurs des explications relevant du statu quo sur « la manière dont sont les choses », apprises à travers l'éducation et par l'ordre social, s'écroulent sous un examen individuel et conscient. Cela cause encore plus de conflits centrés sur l'analyse de la personne à propos de ses réactions propres vis-à-vis du monde en général et du comportement de soi et des autres. Les comportements habituels et l'éthique de l'ordre social en viennent à être vus comme inadéquats, faux ou hypocrites. L'inadaptation positive prévaut. Pour Dabrowski, ces crises présentent un potentiel fort pour le développement vers le développement personnel et la santé mentale. Pour utiliser une définition positive, la santé mentale reflète plus que la conformité sociale : elle implique un examen personnel et attentif du monde et de ses propres valeurs, qui mène au développement d'une personnalité individuelle.

Le niveau 2 est une période de transition. Dabrowski dit que soit vous revenez en arrière (réintégration à un niveau inférieur), soit vous allez de l'avant, soit vous finissez mal, dans le suicide ou la psychose.

Le passage du niveau 2 au niveau 3 implique un changement fondamental qui nécessite une quantité phénoménale d'énergie. Cette période est la croisée des chemins du développement : de là, on doit progresser ou régresser. La lutte entre les trois facteurs de Dabrowski reflète cette crise de transition : « Dois-je suivre mes instincts (premier facteur), ce que l'on m'a appris (deuxième facteur) ou mon coeur (troisième facteur) ? ». La réponse développementale est de transformer ses instincts les plus bas (les réactions automatiques telles que la colère) dans une motivation positive, de résister aux réponses sociales et apprises par coeur, et d'être à l'écoute de son sens profond de ce que l'on doit faire.

Niveau 1 : intégration primaire - Dabrowski -

Le premier niveau est appelé intégration primitive ou primaire. Les personnes à ce niveau sont souvent influencées principalement soit par les forces prééminentes du premier facteur (hérédité, pulsions : sexe, agression, pouvoir), soit par les forces prééminentes du deuxième facteur (environnement social). La majorité des personnes au niveau 1 sont intégrées à leur niveau social ou environnemental (Dabrowski les appelle des personnes moyennes) ; cependant, beaucoup d'entre elles montrent également à la fois des nuances pulsionnelles et de socialisation. Dabrowski distingue les deux sous-groupes du niveau 1 par degré : « l'état d'intégration primaire est un état contraire à la santé mentale. Un niveau plutôt élevé d'intégration primaire est présente chez la personne moyenne ; un niveau très élevé d'intégration primaire est présente chez le psychopathe ». Caractérisés par l'égoïsme et l'égocentrisme (à la fois réticents et explicites), ceux dont le développement est au niveau 1 cherchent généralement la satisfaction de soi avant tout, justifiant les actions qu'ils poursuivent avec un genre de mode de pensée « je suis le centre du monde », ou, dit plus simplement, ils adhèrent fortement à l'expression « la fin justifie les moyens », parfois sans tenir compte de la gravité des « moyens ». Beaucoup de personnes qui sont considérées comme des « leaders » tombent dans cette catégorie.

A ce niveau d'intégration primaire, on peut observer deux formes d'ajustement à la société : l'ajustement négatif, qui est une adaptation sans créativité, caractérisée par la conformité aux conventions sociales, le manque de réflexion et de critique, l'ajustement à “ce qui est” ; et le non-ajustement négatif, qui est un mépris pour les normes et conventions sociales résultant d'un égocentrisme extrême et de la réalisation sans pitié des buts personnels les plus vils (psychopathes, criminels).

La majeure partie des gens soit ne remettent pas du tout en question leur intégration primitive, soit, après une période de désintégration relativement courte, généralement ressentie aux environs de l'adolescence, finissent dans une réintégration au niveau précédent ou dans une intégration partielle de quelques-unes des fonctions à des niveaux légèrement plus élevés, sans une transformation de la structure mentale complète. Dabrowski estimait qu'environ 65 % des gens vivent leur vie au niveau 1.

Développement de la personnalité en cinq niveaux - Dabrowski -

Les premier et cinquième niveaux sont caractérisés par l'intégration psychologique, l'harmonie, et très peu de conflits internes. Il y a peu de conflits internes au niveau 1 par ce qu'à peu près chaque comportement est justifié : il est soit bon pour l'individu et par conséquent « juste », ou la société dont fait partie l'individu approuve ce comportement et il est par conséquent « juste ». Dans les deux cas, l'individu agit quasiment en toute confiance de la manière dont il pense que n'importe qui d'autre se comporterait, et fait ce que chacun « est supposé faire ». Au niveau 5 il n'y a pas de conflits internes parce que ce que la personne fait est toujours en accord avec son sens interne et personnel des valeurs. Bien sûr, il y a souvent des conflits externes aussi bien au niveau 1 qu'au niveau 5. Les niveaux 2, 3 et 4 décrivent divers degrés et types de désintégration et de malaise.

Dabrowski a dit clairement que les niveaux qu'il présente sont un outil intellectuel (heuristique). Il notait parfois, dans ses diagnostics, des niveaux avec décimales, comme 2,5 pour indiquer un niveau intermédiaire entre les niveaux 2 et 3. Chaque dynamique de développement – empathie, amour, agression, authenticité, joie – a son niveau de développement. Les émotions se développent en émotions de plus haut niveau. Dans le processus de développement les structures de deux voire trois niveaux consécutifs peuvent coexister, bien qu'il doive être compris qu'elles existent en conflit. Le conflit est réglé quand une des structures est éliminée, ou au moins est complètement contrôlée par une autre structure.

Doutes et certitudes

"Le problème avec le monde c'est que les gens intelligents sont pleins de doutes,
alors que les imbéciles sont pleins de certitudes."
Charles Bukowski 

13 décembre 2016

Sanctify yourself

Pause musicale. "Sanctify yourself" interprété par Simple Minds.

https://www.youtube.com/watch?v=lApQd_b22Bw

Is this the age of the thunder and rage?
Can you feel the ground move round your feet?
If you take one step closer it will lead to another.
The crossroads above is where we meet.
I shout out for shelter. I need you for something.
The whole world's out they're all on the street.
Control yourself. Love is all you need.
Control yourself in your eyes.
Sanctify Yourself. Sanctify.
Be a part of me. Sanctify.
Sanctify Yourself. Sanctify.
Sanctify Yourself.
Set yourself free.

Les trésors de la vie

"C'est en allant au fond de l'abysse que vous trouverez les trésors de la vie.
Votre trésor se trouve là où vous trébuchez.
La grotte qui vous effraie le plus devient l'antre de ce que vous cherchez.
La foutue chose dans la grotte qui était si terrifiante est devenue le centre (de votre intérêt)."

"It is by going down into the abyss that we recover the treasures of life. 
Where you stumble, there lies your treasure. 
The very cave you are afraid to enter turns out to be the source of what you are looking for. 
The damned thing in the cave that was so dreaded has become the center." 

Joseph Campbell (A Joseph Campbell Companion: Reflections on the Art of Living, p. 12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Campbell

Origines de la théorie de la désintégration positive (2) - Dabrowski -

Un principe de base de la théorie de Dabrowski est que la plupart des gens font généralement l'expérience d'une intégration initiale primaire caractérisée par l'adoption des moeurs et normes sociales en vigueur. La personne moyenne accepte ces moeurs sociales externes et vit selon elles avec peu de doute ou de conflits. Stimulées par leur potentiel de développement, les personnes exemplaires entrent en conflit lorsque leurs perceptions et valeurs internes en cours de développement se trouvent être en opposition avec les vues extérieures et les moeurs qui leur avaient été inculquées. Ces personnes passent par des périodes que Dabrowski décrit comme la désintégration positive, qui défie et éventuellement désintègre l'intégration primaire et conduit à des périodes de profonde réflexion et d'introspection. La désintégration positive culmine dans l'émergence d'une hiérarchie de valeurs, de buts et d'objectifs générés en interne. En fin de compte un idéal de la personnalité particulier émerge, qui représente le type de personne que l'individu veut s'efforcer de devenir. Le développement avancé est décrit comme une intégration secondaire caractérisée par une adhésion à ses propres valeurs, objectifs et idéaux.

Un aspect clé du développement est l'émergence du milieu psychique interne et du sujet comme objet. Aux niveaux inférieurs de développement, un individu est guidé par des rôles et des forces sociales externes, et sa perception est de manière prédominante en tant que sujet. L'individu peut rarement voir au-delà de ses propres besoins et désirs. À mesure que le développement progresse, la vision de l'autre comme objet émerge, aboutissant à l'acceptation de la légitimité de l'autre, et éventuellement apparaît la capacité à inverser les rôles de sujet et d'objet. Il s'agit d'un aspect clé du développement parce que quand l'individu est capable de voir l'autre en tant que sujet il développe de l'empathie, à la fois pour l'autre personne et pour l'humanité en général. Cela désenfle l'ego individuel et favorise une identification authentique et altruiste avec l'humanité. Dans le même temps, l'individu apprend à se voir lui-même comme les autres le voient – comme objet, et cela permet de voir son propre comportement et ses priorités sous un éclairage nouveau. Le milieu psychique interne et le troisième facteur émergent également et deviennent des forces de premier plan. Le milieu psychique interne déplace l'attention vers la vie intérieure, les pensées de la personne, l'imagination et les émotions. Les évènements vécus ne sont plus vus comme la conséquence des forces extérieures, mais comme relevant de la responsabilité personnelle, interne. L'individu prend conscience de l'importance des émotions comme étant la base des valeurs individuelles et comme dirigeant son comportement. Cela permet à l'individu de façonner sa personnalité pour se conformer à son idéal de la personnalité, en inhibant les aspects qui sont plus éloignés de son moi idéalisé et en créant et augmentant les aspects qui sont plus proches de son moi idéalisé.

Origines de la théorie de la désintégration positive (1) - Dabrowski -

Kazimierz Dabrowski a développé une théorie générale du développement de la personnalité afin de tenir compte des différences qu'il observait dans le comportement des gens. Pendant sa jeunesse au travers de la première guerre mondiale, et plus tard au cours de ses très dures expériences pendant la seconde guerre mondiale, Dabrowski a été confronté à la dépravation la plus basse de l'homme, et, de même, à certains des actes les plus héroïques imaginables. Plus tard, il a expliqué qu'il a écrit cette théorie parce qu'il n'a pu trouver aucune théorie de la psychologie qui pourrait expliquer de manière adéquate ces paradoxes du comportement humain.

Pendant ses études au collège dans les années 20, Dabrowski a été profondément affecté par le suicide de son meilleur ami et a décidé de consacrer sa vie à la psychologie et à la psychiatrie. En 1929, il a complété une thèse sur le suicide et publié en 1937 un manuscrit sur l'automutilation qui comprenait déjà le concept de l'hyperexcitabilité. Alors qu'il travaillait principalement en tant qu'universitaire et que psychiatre, Dabrowski a étudié un large éventail de personnes qu'il a identifiées comme présentant un développement avancé de la personnalité et du caractère. Par exemple, Clifford Beers, Youri Gagarine, Sir Edmund Hillary, Antoine de Saint-Exupéry, Abraham Lincoln et Dag Hammarskjold. Finalement, Dabrowski a développé une théorie avec cinq niveaux descriptifs, allant des plus bas niveaux observés jusqu'aux plus hauts, et il a développé une explication sur la façon dont le développement se produit par la désintégration positive.

Dans ses études de la personnalité, Dabrowski a constaté que la plupart de ces individus évolués avaient une histoire personnelle comprenant des niveaux de conflits très élevés avec la société, et des conflits internes qui ont conduit à de fortes psychonévroses – fortes angoisses, insécurités et dépression. Ces individus présentaient également une forte capacité à exprimer et développer leur individualité (troisième facteur), en parallèle avec de l'hyperexcitabilité, un terme qui évoluera plus tard en surexcitabilité. Cette surexcitabilité s'exprimait comme une réponse accrue aux stimuli et un faible seuil de réaction aux stimuli, résultant en des expériences intenses qui ont contribué à des psychonévroses. Dabrowski a ensuite identifié un certain nombre de facteurs qu'il estime nécessaires pour précipiter le développement avancé, et il les a appelés collectivement potentiel de développement. Les expériences, qui émergent du potentiel de développement, créent les conflits internes que Dabrowski voit comme nécessaires pour pousser le développement interne vers l'avant.
 

Sa propre voie - Dabrowski -

Rappel d'un point important du billet précédant:
Dabrowski préconisait l'auto-psychothérapie, la formation de la personne aux hyperstimulabilités et au processus de désintégration pour lui donner un contexte dans lequel comprendre des ressentis et des besoins intenses. Dabrowski suggérait d'aider les gens dans leurs efforts pour trouver et développer leur propre expression personnelle. Les enfants et les adultes avec un potentiel de développement élevé doivent trouver et parcourir leur propre chemin, souvent au détriment de leur intégration avec leur environnement social et même avec leur famille. La conscience du fait que nul ne peut montrer à quelqu'un d'autre « le droit chemin » est au coeur de l'auto-psychothérapie. Chacun doit trouver sa propre voie pour lui-même.