15 décembre 2016

Développement de la personnalité en cinq niveaux - Dabrowski -

Les premier et cinquième niveaux sont caractérisés par l'intégration psychologique, l'harmonie, et très peu de conflits internes. Il y a peu de conflits internes au niveau 1 par ce qu'à peu près chaque comportement est justifié : il est soit bon pour l'individu et par conséquent « juste », ou la société dont fait partie l'individu approuve ce comportement et il est par conséquent « juste ». Dans les deux cas, l'individu agit quasiment en toute confiance de la manière dont il pense que n'importe qui d'autre se comporterait, et fait ce que chacun « est supposé faire ». Au niveau 5 il n'y a pas de conflits internes parce que ce que la personne fait est toujours en accord avec son sens interne et personnel des valeurs. Bien sûr, il y a souvent des conflits externes aussi bien au niveau 1 qu'au niveau 5. Les niveaux 2, 3 et 4 décrivent divers degrés et types de désintégration et de malaise.

Dabrowski a dit clairement que les niveaux qu'il présente sont un outil intellectuel (heuristique). Il notait parfois, dans ses diagnostics, des niveaux avec décimales, comme 2,5 pour indiquer un niveau intermédiaire entre les niveaux 2 et 3. Chaque dynamique de développement – empathie, amour, agression, authenticité, joie – a son niveau de développement. Les émotions se développent en émotions de plus haut niveau. Dans le processus de développement les structures de deux voire trois niveaux consécutifs peuvent coexister, bien qu'il doive être compris qu'elles existent en conflit. Le conflit est réglé quand une des structures est éliminée, ou au moins est complètement contrôlée par une autre structure.

Doutes et certitudes

"Le problème avec le monde c'est que les gens intelligents sont pleins de doutes,
alors que les imbéciles sont pleins de certitudes."
Charles Bukowski 

13 décembre 2016

Sanctify yourself

Pause musicale. "Sanctify yourself" interprété par Simple Minds.

https://www.youtube.com/watch?v=lApQd_b22Bw

Is this the age of the thunder and rage?
Can you feel the ground move round your feet?
If you take one step closer it will lead to another.
The crossroads above is where we meet.
I shout out for shelter. I need you for something.
The whole world's out they're all on the street.
Control yourself. Love is all you need.
Control yourself in your eyes.
Sanctify Yourself. Sanctify.
Be a part of me. Sanctify.
Sanctify Yourself. Sanctify.
Sanctify Yourself.
Set yourself free.

Les trésors de la vie

"C'est en allant au fond de l'abysse que vous trouverez les trésors de la vie.
Votre trésor se trouve là où vous trébuchez.
La grotte qui vous effraie le plus devient l'antre de ce que vous cherchez.
La foutue chose dans la grotte qui était si terrifiante est devenue le centre (de votre intérêt)."

"It is by going down into the abyss that we recover the treasures of life. 
Where you stumble, there lies your treasure. 
The very cave you are afraid to enter turns out to be the source of what you are looking for. 
The damned thing in the cave that was so dreaded has become the center." 

Joseph Campbell (A Joseph Campbell Companion: Reflections on the Art of Living, p. 12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Campbell

Origines de la théorie de la désintégration positive (2) - Dabrowski -

Un principe de base de la théorie de Dabrowski est que la plupart des gens font généralement l'expérience d'une intégration initiale primaire caractérisée par l'adoption des moeurs et normes sociales en vigueur. La personne moyenne accepte ces moeurs sociales externes et vit selon elles avec peu de doute ou de conflits. Stimulées par leur potentiel de développement, les personnes exemplaires entrent en conflit lorsque leurs perceptions et valeurs internes en cours de développement se trouvent être en opposition avec les vues extérieures et les moeurs qui leur avaient été inculquées. Ces personnes passent par des périodes que Dabrowski décrit comme la désintégration positive, qui défie et éventuellement désintègre l'intégration primaire et conduit à des périodes de profonde réflexion et d'introspection. La désintégration positive culmine dans l'émergence d'une hiérarchie de valeurs, de buts et d'objectifs générés en interne. En fin de compte un idéal de la personnalité particulier émerge, qui représente le type de personne que l'individu veut s'efforcer de devenir. Le développement avancé est décrit comme une intégration secondaire caractérisée par une adhésion à ses propres valeurs, objectifs et idéaux.

Un aspect clé du développement est l'émergence du milieu psychique interne et du sujet comme objet. Aux niveaux inférieurs de développement, un individu est guidé par des rôles et des forces sociales externes, et sa perception est de manière prédominante en tant que sujet. L'individu peut rarement voir au-delà de ses propres besoins et désirs. À mesure que le développement progresse, la vision de l'autre comme objet émerge, aboutissant à l'acceptation de la légitimité de l'autre, et éventuellement apparaît la capacité à inverser les rôles de sujet et d'objet. Il s'agit d'un aspect clé du développement parce que quand l'individu est capable de voir l'autre en tant que sujet il développe de l'empathie, à la fois pour l'autre personne et pour l'humanité en général. Cela désenfle l'ego individuel et favorise une identification authentique et altruiste avec l'humanité. Dans le même temps, l'individu apprend à se voir lui-même comme les autres le voient – comme objet, et cela permet de voir son propre comportement et ses priorités sous un éclairage nouveau. Le milieu psychique interne et le troisième facteur émergent également et deviennent des forces de premier plan. Le milieu psychique interne déplace l'attention vers la vie intérieure, les pensées de la personne, l'imagination et les émotions. Les évènements vécus ne sont plus vus comme la conséquence des forces extérieures, mais comme relevant de la responsabilité personnelle, interne. L'individu prend conscience de l'importance des émotions comme étant la base des valeurs individuelles et comme dirigeant son comportement. Cela permet à l'individu de façonner sa personnalité pour se conformer à son idéal de la personnalité, en inhibant les aspects qui sont plus éloignés de son moi idéalisé et en créant et augmentant les aspects qui sont plus proches de son moi idéalisé.

Origines de la théorie de la désintégration positive (1) - Dabrowski -

Kazimierz Dabrowski a développé une théorie générale du développement de la personnalité afin de tenir compte des différences qu'il observait dans le comportement des gens. Pendant sa jeunesse au travers de la première guerre mondiale, et plus tard au cours de ses très dures expériences pendant la seconde guerre mondiale, Dabrowski a été confronté à la dépravation la plus basse de l'homme, et, de même, à certains des actes les plus héroïques imaginables. Plus tard, il a expliqué qu'il a écrit cette théorie parce qu'il n'a pu trouver aucune théorie de la psychologie qui pourrait expliquer de manière adéquate ces paradoxes du comportement humain.

Pendant ses études au collège dans les années 20, Dabrowski a été profondément affecté par le suicide de son meilleur ami et a décidé de consacrer sa vie à la psychologie et à la psychiatrie. En 1929, il a complété une thèse sur le suicide et publié en 1937 un manuscrit sur l'automutilation qui comprenait déjà le concept de l'hyperexcitabilité. Alors qu'il travaillait principalement en tant qu'universitaire et que psychiatre, Dabrowski a étudié un large éventail de personnes qu'il a identifiées comme présentant un développement avancé de la personnalité et du caractère. Par exemple, Clifford Beers, Youri Gagarine, Sir Edmund Hillary, Antoine de Saint-Exupéry, Abraham Lincoln et Dag Hammarskjold. Finalement, Dabrowski a développé une théorie avec cinq niveaux descriptifs, allant des plus bas niveaux observés jusqu'aux plus hauts, et il a développé une explication sur la façon dont le développement se produit par la désintégration positive.

Dans ses études de la personnalité, Dabrowski a constaté que la plupart de ces individus évolués avaient une histoire personnelle comprenant des niveaux de conflits très élevés avec la société, et des conflits internes qui ont conduit à de fortes psychonévroses – fortes angoisses, insécurités et dépression. Ces individus présentaient également une forte capacité à exprimer et développer leur individualité (troisième facteur), en parallèle avec de l'hyperexcitabilité, un terme qui évoluera plus tard en surexcitabilité. Cette surexcitabilité s'exprimait comme une réponse accrue aux stimuli et un faible seuil de réaction aux stimuli, résultant en des expériences intenses qui ont contribué à des psychonévroses. Dabrowski a ensuite identifié un certain nombre de facteurs qu'il estime nécessaires pour précipiter le développement avancé, et il les a appelés collectivement potentiel de développement. Les expériences, qui émergent du potentiel de développement, créent les conflits internes que Dabrowski voit comme nécessaires pour pousser le développement interne vers l'avant.
 

Sa propre voie - Dabrowski -

Rappel d'un point important du billet précédant:
Dabrowski préconisait l'auto-psychothérapie, la formation de la personne aux hyperstimulabilités et au processus de désintégration pour lui donner un contexte dans lequel comprendre des ressentis et des besoins intenses. Dabrowski suggérait d'aider les gens dans leurs efforts pour trouver et développer leur propre expression personnelle. Les enfants et les adultes avec un potentiel de développement élevé doivent trouver et parcourir leur propre chemin, souvent au détriment de leur intégration avec leur environnement social et même avec leur famille. La conscience du fait que nul ne peut montrer à quelqu'un d'autre « le droit chemin » est au coeur de l'auto-psychothérapie. Chacun doit trouver sa propre voie pour lui-même.

12 décembre 2016

Un cadeau tragique - Dabrowski -

Dabrowski appelait l'hyperstimulabilité « un cadeau tragique » pour refléter le fait que le parcours d'une personne avec un potentiel de développement élevé n'était ni confortable ni facile. Le potentiel permettant d'expérimenter des sommets est également un potentiel permettant d'expérimenter des gouffres. La douleur et la mort sont bien plus difficiles à affronter. Ceux qui sont émotionnellement hyperstimulables ressentent non seulement leur propre douleur plus profondément, mais ressentent aussi celle des autres avec la même intensité. De la même manière, la capacité à exprimer une grande créativité rend probable le fait d'expérimenter beaucoup de conflits personnels et de stress. Ce stress conduit le développement et est également le résultat de conflits développementaux, à la fois intrapsychiques et sociaux. Dans les phases aiguës de ce stress, le suicide est un risque significatif. L'isolement souvent ressenti par ces personnes augmente le risque que la personne se fasse délibérément du mal.

Dabrowski préconisait l'auto-psychothérapie, la formation de la personne aux hyperstimulabilités et au processus de désintégration pour lui donner un contexte dans lequel comprendre des ressentis et des besoins intenses. Dabrowski suggérait d'aider les gens dans leurs efforts pour trouver et développer leur propre expression personnelle. Les enfants et les adultes avec un potentiel de développement élevé doivent trouver et parcourir leur propre chemin, souvent au détriment de leur intégration avec leur environnement social et même avec leur famille. La conscience du fait que nul ne peut montrer à quelqu'un d'autre « le droit chemin » est au coeur de l'auto-psychothérapie. Chacun doit trouver sa propre voie pour lui-même.

Potentiel de développement - Dabrowski -

Un développement avancé est souvent observé chez les personnes qui montrent un fort potentiel de développement. Le potentiel de développement représente une constellation de caractéristiques génétiques, exprimées et véhiculées via l'interaction avec l'environnement. De nombreux facteurs font partie du potentiel de développement, mais trois aspects majeurs sont mis en évidence : l'hyperstimulabilité ou surexcitabilité, les aptitudes et talents spécifiques, et une forte motivation pour un développement autonome, une caractéristique que Dabrowski a appelée « le troisième facteur ».

L'hyperstimulabilité
L'aspect le plus évident du potentiel de développement est l'hyperstimulabilité, un ressenti accru des stimuli physiologiques résultant de l'augmentation des sensibilités neuronales. Plus grande est l'hyperstimulabilité, plus intenses sont les expériences au jour le jour de la vie. Dabrowski a défini cinq formes d'hyperstimulabilité : émotionnelle, intellectuelle, imaginative, sensorielle et psychomotrice. Ces hyperstimulabilités, et particulièrement les trois premières, amène souvent une personne à ressentir la vie de tous les jours de manière plus intense et à éprouver profondément les extrêmes des joies et tristesses de la vie. Dabrowski a étudié des personnes particulières et a trouvé qu'une hyperstimulabilité élevée était une composante clé de leur expérience de vie et de développement. Ces personnes sont orientées et dirigées par leur « gouvernail » de valeurs, leur sens d'hyperstimulabilité émotionnelle. Celle-ci combinée avec les hyperstimulabilités imaginative et intellectuelle, ces personnes ont une perception puissante du monde.

Les aptitudes et talents
La seconde branche du potentiel de développement, les aptitudes et talents spécifiques, tendent à servir le niveau de développement de la personne. Les personnes aux niveaux les plus bas utilisent leurs capacités pour supporter des buts égocentriques et pour monter dans l'échelle sociale. À des niveaux plus élevés, les attitudes et talents spécifiques deviennent une force importante au fur et à mesure qu'ils sont canalisés par la hiérarchie des valeurs de la personne vers l'expression et la réalisation de la vision de la personne concernant sa personnalité idéale et sa vision de la façon dont le monde devrait être.

Le troisième facteur
Le troisième aspect du potentiel de développement, qui est simplement appelé « le troisième facteur », est une tendance, une volonté dirigée vers le développement personnel et l'autonomie. Le troisième facteur est très important en ceci qu'il dirige les talents personnels et la créativité vers une expression autonome, et, de plus, il fournit la motivation à lutter pour essayer d'obtenir plus et pour tenter d'imaginer et de réaliser des objectifs qui sont actuellement hors d'atteinte. Dabrowski a clairement différencié le troisième facteur du libre-arbitre. Il sentait que le libre-arbitre n'allait pas assez loin pour capter les aspects motivationnels qu'il attribuait au troisième facteur. Par exemple, un individu peut exercer son libre-arbitre et montrer peu de motivation à grandir ou changer en tant qu'individu. Le troisième facteur décrit spécifiquement une motivation, la motivation à devenir soi-même. Cette motivation est parfois si forte que dans certaines situations nous pouvons observer que quelqu'un a besoin de se développer et qu'en se faisant, il se met beaucoup en danger. Ce sentiment de « je dois être moi-même », particulièrement quand c'est « à n'importe quel prix », et particulièrement quand il est exprimé comme une motivation forte pour le développement personnel, est au-delà du concept classique décrit comme le libre-arbitre.

Une personne dont le potentiel de développement est suffisamment élevé va généralement subir une désintégration, malgré tous les efforts externes sociaux ou familiaux pour l'en empêcher. Une personne dans le potentiel de développement est faible ne subira généralement pas une désintégration (ou croissance positive de la personnalité), même dans un environnement propice.

Les facteurs de développement de la personnalité (2) - Dabrowski -

Dabrowski a observé que la plupart des gens vivent leur vie dans un état « d'intégration primitive ou primaire » largement guidée par les pulsions biologiques (« premier facteur », les facteurs héréditaires) et/ou par une adhésion non critique et une conformité aux conventions sociales (« deuxième facteur », les facteurs environnementaux). Il a appelé cette intégration initiale niveau 1. Dabrowski a observé qu'à ce niveau il n'y a pas de vraie expression individuelle du moi humain autonome. L'expression individuelle au niveau 1 est influencée et contrainte par les deux premiers facteurs.

Le premier facteur dirige l'énergie et les capacités vers la réalisation de buts personnels qui reflètent les instincts les plus bas et le moi biologique, dont le but primaire est la survie et l'avancement personnel. Souvent les capacités sont utilisées de manière antisociale ou asociale. Par exemple, vers l'extrémité basse du niveau, de nombreux criminels montrent ce type de comportement égoïste. Ils font progresser leurs propres projets aux dépens des autres.

Le deuxième facteur, l'environnement social (milieu) et la pression sociale contraignent l'expression individuelle et la créativité en encourageant une vision commune de la vie et en décourageant l'expression personnelle et les pensées originales. Le deuxième facteur externalise les valeurs et les moeurs, externalisant ainsi la conscience. Les forces sociales façonnent les attentes. Le comportement et les talents et la créativité personnelle sont dirigés vers des formes qui suivent et supportent le milieu social existant. Dabrowski sentait que notre société était largement influencée par ces deux facteurs de bas niveau et pouvait être caractérisée comme fonctionnant au niveau 1.

Dabrowski a également décrit un groupe de personnes qui affichent une trajectoire différente : une voie de développement individualisée. Ces personnes s'éloignent d'une vision de la vie automatique, routinière, socialisée (ce que Dabrowski appelle ajustement négatif) et se dirigent dans et à travers une série de désintégrations personnelles. Dabrowski voit ces désintégrations comme un élément-clé dans le processus de développement global. 

Les crises remettent en question notre statu quo et nous amène à réexaminer notre moi, nos idées, nos valeurs, nos pensées, nos idéaux, etc. Si le développement continue la personne arrive à développer une structure hiérarchique de valeurs, individualisée, consciente et évaluée de manière critique (appelée ajustement positif). Cette hiérarchie de valeurs agit comme un repère vis-à-vis duquel toutes choses sont désormais considérées, et les plus hautes valeurs dans notre hiérarchie interne en viennent à diriger notre comportement (qui n'est plus basé sur des moeurs sociales externes). Ces valeurs individuelles les plus hautes caractérisent une éventuelle deuxième intégration qui reflète une autonomie individuelle et qui, pour Dabrowski, marque l'arrivée de la vraie personnalité humaine. 

À ce niveau, chaque personne développe sa vision de « comment la vie doit être » et la vit. Ce niveau élevé est associé à des approches fortement individualisées pour la résolution des problèmes et la créativité. Les talents personnels et la créativité sont mis au service de ses valeurs individuelles de haut niveau et de cette vision de comment la vie et le monde devraient être. La personne exprime avec énergie sa nouvelle personnalité autonome à travers l'action, l'art, les changements sociaux, etc.
 

La théorie du développement de la personnalité - Dabrowski -

Les points principaux soulignés par la théorie du développement de la personnalité sont :
  • La personnalité n'est pas une caractéristique universelle donnée, elle doit être créée et façonnée par l'individu pour refléter son caractère unique;
  • La personnalité se développe en résultat de l'action du potentiel de développement (hyperstimulabilité et facteur d'autonomie). Tout le monde n'a pas un potentiel de développement suffisant pour créer une personnalité unique;
  • Le potentiel de développement est représenté dans la population par une courbe de Gauss;
  • Le potentiel de développement crée des crises caractérisées par des anxiétés fortes et des dépressions (psychonévrose) qui précipitent la désintégration pour que la personnalité se développe, les intégrations initiales basées sur l'instinct et la socialisation doivent se désintégrer. Dabrowski appelle ce processus désintégration positive;
  • Le développement d'une hiérarchie de valeurs individuelles – réactions émotionnelles – est une composante critique dans le développement de sa propre personnalité et de sa propre autonomie. Donc, en opposition avec la plupart des théories psychologiques, les émotions jouent un rôle majeur dans cette approche;
  • Les réactions émotionnelles guident l'individu dans la création de sa personnalité individuelle idéale, un standard autonome qui agit comme le but du développement individuel;
  • L'individu doit examiner son essence et par la suite faire des choix existentiels qui mettent en valeur ses aspects de son essence qui sont « plus haut » et « plus moi-même » et inhiber les aspects qui sont « plus bas » ou « moins moi-même » en se basant sur sa personnalité idéale;
  • Les composants essentiels du développement individuel comprennent l'auto-éducation et l'auto-psychothérapie.


Le libre-arbitre

La notion de libre arbitre, synonyme de liberté, désigne le pouvoir de choisir de façon absolue, c’est-à-dire d’être à l’origine de nos actes. C'est la faculté que nous avons à nous déterminer librement et ainsi à penser, à agir ou à nous abstenir. Un sujet libre est sensé pouvoir choisir de lui-même ce qu’il choisit, sans être poussé à l’avance d’un coté ou d’un autre par quelque influence ou cause que ce soit. Le libre arbitre suppose un certain contrôle de la part de la personne : contrôle sur ses actions mais aussi sur les pensées et les émotions à partir desquelles elle va se décider à agir - contrôle qui suppose aussi la capacité de s’abstenir. Le libre-arbitre s'oppose au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté serait déterminée dans chacun de nos actes par des « forces », en vertu du principe de causalité, du passé, des lois de la physique ou d'une force supérieure (Dieu).

11 décembre 2016

Warriors of the Wasteland

Pause musicale. Frankie Goes To Hollywood - "Warriors of the Wasteland" avec des paroles intéressantes. Comprendra qui peut...


It seems to be that the powers that be
Keep themselves in splendour and security
Armoured cars for megastars
No streets, no bars, yours wealth is ours
They make the masses, kiss their assets
Lower class jackass, pay me tax take out the trash
Working for the world go round
Your job is gold, do as you're told
The pay you less then run for congress

Hyperstimulabilité psychomotrice - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité psychomotrice sous-entend que la personne concernée fait preuve d’un surplus d'énergie par rapport aux autres individus.
Énergie débordante :
Paroles rapides, excitation marquée, activité physique intense (sports et jeux rapides), pression pour l'action
(tendance à organiser), compétitivité marquée.
Expression psychomotrice des tensions émotionnelles :
Tendance compulsive à la parole et à la discussion, actions impulsives, habitudes nerveuses (tics, tendance à se ronger les ongles), tendance à être un bourreau de travail, passage à l'acte.
Chez les surdoués, les caractéristiques correspondantes sont :
-tendance à se coucher tard, à l'insomnie.
-TDA/H, en particulier le H pour hyperactivité / impulsivité.
(trouble de déficit de l'attention/hyperactivité)

Hyperstimulabilité sensorielle - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité sensorielle entraîne une sensibilité intense à la vue, au son, au toucher, au goût et à l'odorat.
Plaisir sensoriel et esthétique plus intense :
Voir, sentir, goûter, toucher, entendre, trouver du plaisir dans de beaux objets, dans la sonorité des mots, dans la musique, les formes, les couleurs, l'équilibre.
Expression sensorielle de la tension émotionnelle :
Boulimie alimentaire, sexualité débridée, achats compulsifs, vouloir être sous les projecteurs.

Hyperstimulabilité imaginative - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité imaginative est la capacité à visualiser, à inventer des choses nouvelles et à créer.  
Jeu libre de l'imagination :
Utilisation fréquente de l'image et de la métaphore, facilité pour l'invention et l'imagination, facilité pour la visualisation détaillée, perception poétique et dramatique, pensée magique et animiste.
Capacité à vivre dans un monde imaginaire :
Prédilection pour les contes magiques et féeriques, création d'univers personnels, compagnons imaginaires, dramatisation.
Images spontanées comme expression de la tension émotionnelle :
Imagerie animiste, mélange de vérité et de fiction, rêves élaborés, illusions.
Chez les surdoués, les caractéristiques correspondantes sont :
-grande imagination, grande créativité.
-goût pour les jeux de mots, les associations libres, les mots peu usités.
-talent pour l'écriture.
-utilisation fréquente de l'analogie ou de la métaphore dans le discours.
-pensée arborescente, qui part dans tous les sens, associations d'idées rapides.
-grande capacité de visualisation, y compris de systèmes complexes.
-dans le monde du travail, créatifs, idées originales, propositions innovantes (parfois confrontées à des réactions hostiles).

Hyperstimulabilité intellectuelle - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité intellectuelle concerne la capacité à être curieux et à réfléchir de manière approfondie.
Activité intense de l'esprit : 
Curiosité, concentration, capacité à un effort intellectuel soutenu, lecture avide, observation attentive, mémoire visuelle détaillée, planification détaillée.
Tendance aux questionnements profonds et à la résolution de problèmes : 
Recherche de la vérité et de la compréhension, création de nouveaux concepts, ténacité dans la résolution de problèmes.
Pensée réflexive : 
Réflexion sur les mécanismes de la pensée, goût pour les théories et l'analyse, questionnements sur la logique, interrogations morales, introspection (mais sans autocritique), intégration du conceptuel et de l'intuitif, pensée indépendante (ce qui amène parfois à être très critique).
Chez les surdoués, les caractéristiques correspondantes sont :
-tendance à beaucoup réfléchir, à penser tout le temps, à tout interpréter.
-tendance à être consommateur ou producteur de théories.
-dans le monde du travail, parfois perçu comme réfléchissant trop, se faisant des noeuds au cerveau, faisant compliqué des choses simples.
-lit beaucoup.
-occupe son cerveau avec des activités inutiles (lire à l'envers, compter les pavés, résolutions d'énigmes, sudoku …).

Hyperstimulabilité émotionnelle - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité émotionnelle ou affective se caractérise par le fait de vivre les choses intensément.
Sentiments et émotions intensifiés :
Sentiments positifs, sentiments négatifs, émotions extrêmes, sentiments et émotions complexes, identification avec les ressentis des autres, conscience d'une large gamme d'émotions.
Fortes expressions somatiques :
Estomac noué, serrement de coeur, rougir d'émotion, avoir le coeur battant, mains moites.
Fortes expressions affectives :
Inhibition (timidité, pudeur), enthousiasme, extase, euphorie, fierté, forte mémoire affective, honte, sensation d'irréalité, peurs et anxiétés, sentiments de culpabilité, préoccupation à propos de la mort, humeur dépressive et suicidaire.
Capacité à développer de fortes attaches affectives, relations et liens profonds :
Tendance à développer un attachement et des liens émotionnels forts avec des personnes, des êtres vivants, des lieux, des animaux, difficultés à s'ajuster à de nouveaux environnements, compassion, réactivité aux autres, sensibilité dans les relations, solitude.
Sentiments bien différenciés envers soi-même : Dialogue interne et autocritique.

Les facteurs de développement de la personnalité (1) - Dabrowski -

D'après Dabrowski, les principaux facteurs qui influent sur le développement de la personnalité sont :

--) Les facteurs héréditaires sont constitués par les hyperstimulabilités (ou surexcitabilités), qui sont innées et correspondent à des réactions fortes à des stimulis externes ou internes. Le fait que la réponse aux stimuli soit plus intense, plus fréquente et dure plus longtemps est un prédicteur d'un potentiel de développement supérieur. Les hyperstimulabilités peuvent prendre cinq formes:
  • Hyperstimulabilité émotionnelle.
  • Hyperstimulabilité intellectuelle.
  • Hyperstimulabilité imaginative.
  • Hyperstimulabilité sensorielle.
  • Hyperstimulabilité psychomotrice.
--) Les facteurs environnementaux (parents, relations, voisinage, pays, scolarité, position sociale, etc);

--) Les facteurs liés à la volonté de l'individu (forces et processus autonomes tels que la conscience de soi, les conflits intérieurs conscients, le libre-arbitre et l'auto-transformation volontaire).

Kazimierz Dabrowski et la désintégration positive - Dabrowski -

Kazimierz Dabrowski (1er septembre 1902 à Klarowo - 26 novembre 1980 à Varsovie, en Pologne) était un psychologue, psychiatre, médecin, écrivain et poète. Il fut professeur au département de psychologie de l'université Laval et au département de psychologie de l'université de l'Alberta ainsi que membre de la société royale de médecine. Kazimierz Dabrowski a développé le concept de la désintégration positive, une approche nouvelle du développement de la personnalité. La théorie de la désintégration positive apparaît être très utilisée par les individus à haut potentiel (surdoués) pour comprendre leur développement intellectuel/mental.

À propos de la théorie et de sa compréhension. Certaines personnes vont être dépassées et même perdus en découvrant en quoi consiste la désintégration positive. C’est normal. Elles ne sont pas encore en position de comprendre pour différentes raisons. Elles n’ont pas encore vécu certaines cassures, drames (décès), évènements (divorce) dans leur vie qui sont à l’origine d’une dépression qui entraine une désintégration par la suite. Il faut avoir une grande conscience de sa vie intérieure, ce qu’Howard Gardner appelle l’intelligence intra-personnelle, l'intelligence de l'introspection, de la connaissance de soi. La désintégration est inconsciente au début, c'est à  la fin et surtout quand elle est finie ou qu’on approche de la fin que l'on comprend ce qui s'est passe. C’est mon expérience tout au moins. J’ai fait le plus gros. Apres un divorce, j’ai eu un gros passage à vide, et petit à petit j’ai découvert ma douance. J’ai beaucoup lu et j’ai finalement consulté une spécialiste qui m’a parlé de la désintégration. Depuis je continue à travailler sur moi, mais je suis, jour après jour, de plus en plus, près de ma vraie personnalité.  Un point important à retenir. La désintégration, c’est une évolution, une transformation de soi vers sa vraie personnalité. Pour cela, il faut passer à travers une période de trouble, une dépression. Le problème qui se pose chez beaucoup de  personnes dans cette situation c’est qu’elle essaie d’échapper à leur situation en prenant des antidépresseurs pour faire passer cette période dépressive, et retourner ainsi à leur situation initiale (ex: même travail, mêmes relations toxiques). Généralement on prend des médicaments, d’autres vont s’orienter (ou être orientés) vers l’alcool ou les drogues. Ils vont perdent ainsi contact avec leur personnalité, avec ce qu’ils sont vraiment. Rien n’est définitif bien sûr, mais il faut savoir que les substances compromettent la désintégration. Les croyances, les religions aussi car elles éloignent de soi. Bien sûr, on peut se réaliser par la croyance divine, mais c’est toujours sous les règles d’une divinité extérieures à notre moi profond.  Je reviendrai là-dessus plus tard.

Une petite précision : la théorie de la désintégration positive est la proposition originale d’un patricien, Kazimierz Dabrowski, sur des comportements qu’il a longuement observés. C’est son interprétation des choses. Personnellement je trouve qu’il a vu juste. Cette théorie doit être considérée comme un outil heuristique, un outil de découverte, pour se comprendre et trouver des solutions à ces blocages. Ce n’est pas un dogme. Petit rappel: la théorie de la désintégration positive est très utilisée par les individus à haut potentiel (surdoués) pour comprendre leur développement intellectuel.

La distraction

La distraction est un état durant laquelle une personne montre de l'inattention et/ou a un comportement étourdi/maladroit. La distraction est un état mental durant lequel le sujet subit un faible niveau d'attention et de fréquentes distractions. C'est un symptome de l'ennui et de la fatigue. Cela peut venir de trois différentes causes:
  • Un niveau faible d'attention (passage à vide, trou de mémoire, regard dans le vide). En Anglais, les termes "blanking" ou "zoning out" sont utilisés.
  • Un attention intense (hyperfocus en anglais) à un objet précis ou une tâche définie qui rend la personne inconsciente de son environnement immédiat.
  • Une distraction injustifiée de l'attention sur un objet défini du fait de pensées hors de propos et d'événements extérieurs.

"La Vie rêvée de Walter Mitty" (2013) est un film dans lequel Walter Mitty (Ben Stiller) est employé au service négatifs du magazine Life. Timide, il s'imagine être le héros d'aventures imaginaires pour s’évader de sa réalité stressante... Le héros "déconnecte" pas mal (zone out) et part dans ses rêves.

Bande annonce en Francais : https://www.youtube.com/watch?v=8OaPm-T7CWs
En Anglais (pour entendre l'acteur dire "zone out"): http://www.imdb.com/video/imdb/vi3628050457

Dans les transports...

Pourquoi est-on si imaginatif en regardant par la fenêtre d'un train. Nous sommes nombreux à laisser notre esprit divaguer, c'est normal et ça peut même être bénéfique. Dans le train, dans le bus, la place près de la fenêtre est la plus convoitée. Là, peu importe le bruit ambiant, les allers et venues, les arrêts, le spectacle de la fenêtre est captivant et celui qui se joue dans notre tête, plus encore. Mais que se passe-t-il dans notre cerveau à ce moment-là? Sommes-nous plus créatifs? Plus imaginatifs? Grâce aux neurosciences, plusieurs hypothèses sont possibles.

Notre cerveau est bercé par le train.
Dans le train, regarder par la fenêtre est souvent la seule chose que nous avons à faire. Notre attention est focalisée sur le paysage. Cependant, impossible de le fixer, il défile. C'est pourquoi on va plutôt se concentrer sur soi. Cela ressemble à un état proche de l'endormissement, renforcé par le balancement très lent du train. Notre cerveau oscille sur différentes fréquences suivant les moments d'éveil et de sommeil. Pour communiquer entre elles, les neurones doivent osciller sur une même fréquence, on appelle cela les ondes neuronales. Une étude scientifique a montré que le bercement qui nous endort pouvait aussi permettre que les ondes neuronales se synchronisent. Comme lorsque nous nous endormons, notre imagination est plus féconde.

Notre cerveau entre en méditation.
Cet état est à rapprocher à de la méditation de pleine conscience dont les effets bénéfiques sur le cerveau sont reconnus. Le système sensoriel visuel qui est sollicité dans le train pourrait permettre de centrer l'attention et d'initier la "plasticité" nécessaire à la créativité. Centrer son attention sur la vitre du train, permet à l'esprit de se détacher et de sortir d'un contexte stressant.

Notre cerveau se promène librement.
Le "mind wandering", littéralement "l'errance/la divagation de l'esprit" est un état de rêverie sans but. Lorsque nous devons accomplir une tâche prenante mais ennuyeuse par exemple, il arrive un moment où nos pensées se détournent de la tâche et où notre esprit divague. Les rêveries dans le train pourraient être de cet ordre. Lorsqu'un esprit divague de la sorte, sans conséquence néfaste sur sa productivité, cette errance est à la fois volontaire, plutôt bénéfique et permet même à la personne en question de se concentrer ensuite sur des tâches plus complexes. Confortablement installé dans le train, l'esprit peut divaguer sans entrave. Ce "Sahara psychologique", ce désert cognitif est un voyage dans le temps et l'espace. Le temps s'arrête. Le flot de la conscience ralentit. Nous voulons être partout sauf ici. C'est un état différent de l'endormissement. Notre esprit part dans tous les sens, il ne s'agit pas de se concentrer sur un sujet en particulier ou de résoudre un problème.

Profitons de ces moments
Il ne faut pas chercher à se priver des moments où son esprit est libre, créatif et imaginatif. Inutile de vouloir gagner du temps à tout prix en se forçant à travailler dans les transports du quotidien.


3 décembre 2016

Quand votre démon est à l'œuvre...

"Quand votre démon est à l'œuvre, ne pensez pas consciemment. Laissez-vous porter, attendez et obéissez".

Rudyard Kipling
Écrivain britannique, prix Nobel de littérature (1907)
Auteur du "Livre de la jungle"
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudyard_Kipling

Créativité et productivité

Rappel: billet sur "La pleine conscience et la créativité". Le processus créatif des grands inventeurs/auteurs  (Thomas Edison, William Shakespeare) se compose de deux facteurs importants: les créatifs s'immergent dans de nombreuses idées et projets en même temps et ils sont très productifs. L'œuvre de Picasso comprend quelques 60 000 pièces d'art. C'est en créant encore et encore qu'un jour on crée notre chef d'œuvre.

En fait, je pense que le salut d'un surdoué/créatif c'est de faire ce qu'il aime. S'il aime écrire, il doit écrire tous les jours. Son bien-être ne viendra que de la reconnaissance de son travail par les autres. Et non pas du fait qu'il est là, à chercher sa place dans ce monde avec son QI "sous le bras". Je m'explique. Si vous êtes créatif, il faut créer. Il faut produire, faire et refaire. Il y aura beaucoup de déchets, mais soudain quelque chose va sortir du lot. Ce sera votre "œuvre", votre "pièce maîtresse". Picasso avec ses 60 000 créations, c'est le sommet de la pyramide. Mais, combien de personnes dans la foule ont du talent et ne le font pas connaître. Par ignorance de ce dit-talent. Par timidité ou perfectionnisme. Par manque d'estime personnel. Pour sortit du lot, il faut se lancer dans la bataille. Pousser les portes de son imagination et réaliser ses rêves. Il faut aussi être productif. Pour développer son talent et éviter de l'inhiber.

Un surdoué est souvent considéré comme une personne étrange par son entourage. Je ne détaille pas ici, mais il y aurait beaucoup à dire. Je reprends ici le texte de présentation de ce blog : "Le monde du surdoué est fait d'imagination, de rêves, de découvertes, d'émerveillement et de créativité. Il veut savourer la vie et enchanter le monde. Le plus dur dans son existence sera de savoir délier son âme et de comprendre enfin qu'il  peut aussi contribuer à rendre le monde meilleur."

Le surdoué est souvent mal dans sa vie. En comprenant comment il fonctionne intellectuellement et en maitrisant son énergie, il va pouvoir donner le meilleur de lui-même. Alors, il sera reconnu pour son talent particulier. Là, où avant son entourage (familial, social, pro) critiquait son approche des choses ou/et son comportement, il va recevoir des compliments car il aura été au bout de ses idées. Les gens ne verront plus les détails, mais les résultats/fruits de sa pensée. Attention, je ne dis pas ici que tous les surdoués sont des artistes ou des génies (le contraire est souvent vrai par contre), mais qu'ils ont tous le potentiel pour réaliser de belles choses. Donc, l'idée à retenir: Créer en grande quantité, soyez productif !

Créez, écrivez, sculptez, entreprenez, faites quelque chose, car les gens vous aimeront pour  ce que vous produirez et non pour ce que vous êtes. Car, dans la vie de tous les jours, le surdoué n'est pas (toujours) compris et/ou difficile à suivre pour le commun des mortels.


De la créativité

La neuroscience nous propose une image très complexe de la créativité. Tels que les scientifiques le comprennent aujourd’hui, la créativité est bien plus complexe que la distinction entre les parties droite et gauche du cerveau nous aurait laissé penser (en théorie, le cerveau gauche serait rationnel et analytique tandis que le cerveau droit serait créatif et émotionnel). En fait, on pense que la créativité implique un certain nombre de processus cognitifs, de voies neuronales et d’émotions, et nous ne nous représentons pas encore totalement comment l’imagination fonctionne. Psychologiquement parlant, les types de personnalités créatives sont difficiles à repérer, car elles sont en général complexes, paradoxales et qu’elles ont tendance à éviter l’habitude ou la routine. La créativité implique qu’une multitude de traits, de comportements et d’influences sociales soient rassemblées en une seule et unique personne.

"C’est vraiment difficile pour les personnes créatives de se connaître, car le moi créatif est plus complexe que le moi non-créatif", selon Scott Barry Kaufman, un psychologue de l’Université de New York qui a passé des années à faire des recherches sur la créativité. "Les choses qui ressortent le plus sont les paradoxes du moi créatif…Les personnes imaginatives ont des esprits plus désordonnés." S’il n’existe pas de profil créatif "typique ", on trouve cependant des caractéristiques et des comportements révélateurs chez les personnes extrêmement créatives:

Ils rêvassent.
Rêvasser n’est pas une perte de temps. Laisser son esprit vagabonder peut faciliter le processus de "l’incubation créative". Nos meilleures idées ont souvent l’air de sortir de nulle part, quand nous avons l’esprit ailleurs. Bien que rêvasser semble être un acte irréfléchi, cela pourrait en fait nécessiter une grande activité du cerveau. Rêvasser peut entraîner des connexions et des idées soudaines parce que cette activité est liée à notre capacité à retenir une information en période de distraction. Les neuroscientifiques ont aussi découvert que rêvasser implique les mêmes processus cognitifs que ceux associés à l’imagination et la créativité.

Ils observent tout ce qui est autour d’eux.
Le monde appartient aux personnes créatives. Elles voient des possibilités partout et recueillent constamment des informations qui deviennent un prétexte à l’expression créative.

Ils travaillent aux heures qui les arrangent.
Beaucoup de grands artistes affirment qu’ils travaillent mieux soit très tôt le matin soit tard le soir. Quel que soit le moment de la journée, les individus très créatifs finissent souvent par trouver à quelle heure leur esprit se met en route, et organisent leurs journées en fonction de cela.

Ils prennent le temps d’être seuls.
Les artistes et les personnes créatives sont souvent caractérisées comme des personnes solitaires, et bien que ce ne soit pas forcément le cas, la solitude peut être le secret qui leur permet de produire leurs plus belles œuvres. Ceci est en lien avec le fait de rêvasser. Nous avons besoin de moments de solitude, simplement pour permettre à nos esprits de vagabonder.

Ils contournent les obstacles de la vie.
Une grande partie des histoires et des chansons les plus emblématiques ont été inspirées par des douleurs poignantes et des chagrins déchirants. Le seul réconfort que l’on peut trouver dans ces épreuves, c’est qu’elles ont sans doute été à l’origine de créations artistiques majeures. Beaucoup de gens sont capables d’utiliser cela comme un moteur qui leur permet d’imaginer des perspectives différentes de la réalité. Leur vision du monde comme étant un lieu sûr a été brisée à un moment de leur vie, les forçant à aller aux extrémités et voir les choses sous un nouveau jour. Et cela favorise la créativité."

Ils sont à la recherche de nouvelles expériences.
Les personnes créatives adorent s’exposer à de nouvelles expériences ou sensations et à de nouveaux états d’esprit. Cette ouverture est un indicateur important de la production créatrice. Cela comprend beaucoup de facettes différentes, mais elles sont toutes reliées entre elles : la curiosité intellectuelle, la recherche du frisson, l’ouverture aux émotions, l’ouverture au fantasme. Ce qui les rassemble, c’est la quête d’une exploration cognitive et comportementale du monde, aussi bien leur monde intérieur et que leur monde extérieur."

Ils "échouent".
La persévérance est presque une condition préalable au succès créatif. Faire un travail créatif est souvent décrit comme un processus qui consiste à échouer à maintes reprises jusqu’à ce que vous trouviez quelque chose qui convienne, et les personnes créatives apprennent à ne pas considérer l’échec comme quelque chose de personnel.

Ils posent les bonnes questions.
Les personnes créatives ont une curiosité insatiable. Ils choisissent généralement de vivre la vie examinée, et même quand ils vieillissent, ils maintiennent une curiosité au sujet de la vie. Que ce soit au cours d’une conversation passionnée ou d’un moment de rêvasserie solitaire, les personnes créatives regardent le monde qui les entoure et veulent savoir pourquoi, et comment, les choses sont ainsi.

Ils observent les gens.
Observateurs de nature et curieux d’en savoir plus sur la vie des autres, les personnes créatives aiment souvent observer les gens et leurs meilleurs idées peuvent provenir de cette activité.

Ils prennent des risques.
Prendre des risques fait partie du travail créatif, et beaucoup de personnes créatives adorent prendre des risques dans de différents aspects de leurs vies. La créativité est l’action de produire quelque chose à partir de rien. Cela nécessite de rendre public ces paris que l’on a d’abord fait dans sa tête.

Pour eux, tout devient une occasion de s’exprimer.
Nietzsche estimait que la vie et le monde devraient être vus comme des œuvres d’arts. Les personnes créatives ont peut-être plus tendance à voir le monde de cette façon, et à chercher constamment des occasions de s’exprimer dans la vie de tous les jours.

Ils réalisent leurs vraies passions.
Les personnes créatives ont tendance à être intrinsèquement motivées, c’est-à-dire que leur motivation à agir vient d’un désir interne, plutôt que d’un désir de reconnaissance extérieure ou de récompense. Les personnes créatives trouvent leur énergie dans les activités difficiles, signe de leur motivation intrinsèque.

Ils sortent de leur propre tête.
L’autre objectif de la rêvasserie est de nous aider à sortir de nos propres perspectives limitées et d’explorer d’autres façons de penser, qui peuvent être un atout important pour le travail créatif. Le réseau cérébral associé à la rêvasserie est le même réseau cérébral qui est associé à la théorie de l’esprit et cela permet d’imaginer son futur, mais cela permet aussi d’imaginer ce qu’un autre est en train de penser. La recherche suggère aussi que provoquer la "distance psychologique", c’est-à-dire, réfléchir à une question comme si elle était irréelle ou inconnue, ou alors sous la perspective d’une autre personne peut stimuler la pensée créative.

Ils perdent la notion du temps.
Les personnes créatives se rendent compte que lorsqu’elles écrivent, dansent, peignent ou s’expriment d’une autre manière, elles entrent "dans la zone", c’est-à-dire "en transe", ce qui peut les aider à créer à un grand niveau. La transe est un état mental qui se produit quand un individu dépasse la pensée consciente pour atteindre un état plus intense de concentration facile et de sérénité. Quand une personne est dans cet état, elle ne craint quasiment aucune pression interne ou externe ni les distractions qui pourraient gêner sa performance. Vous entrez en transe quand vous pratiquez une activité dans laquelle vous êtes bon mais qui vous met aussi au défi. L’état de transe nécessite une concordance entre votre compétence et la tâche ou l’activité dans laquelle vous vous êtes lancé.

Ils s’entourent de beauté.
Les personnes créatives ont tendance à avoir d’excellents goûts: ils aiment donc être entourés de beauté.

Ils relient les points.
Si une chose distingue les personnes très créatives des autres, c’est bien la capacité d’entrevoir des possibilités là où les autres n’en voient pas. Beaucoup de grands artistes et d’écrivains ont déclaré que la créativité est simplement la capacité à relier des points que les autres n’auraient jamais pensé à relier. Selon Steve Jobs: "La créativité, c’est simplement établir des connexions entre les choses. Quand vous demandez aux personnes créatives comment elles ont réalisé telle ou telle chose, elles se sentent un peu coupables parce qu’elles ne l’ont pas vraiment réalisé, elles ont juste vu quelque chose. Cela leur a sauté aux yeux, tout simplement parce qu’elles sont capables de faire le lien entre les différentes expériences qu’elles ont eu et de synthétiser les nouvelles choses.

Elles font bouger les choses.
La diversité des expériences, plus que n’importe quoi d’autre, est essentiel à la créativité. Les personnes créatives aiment faire bouger les choses, vivre de nouvelles choses, et surtout éviter tout ce qui rend la vie plus monotone ou ordinaire.

Ils consacrent du temps à la méditation.
Les personnes créatives saisissent la valeur d’un esprit clair et concentré parce que leur travail en dépend. La méditation peut réellement stimuler votre force intellectuelle de différentes manières. Les pratiques de méditation ont aussi un impact sur la mémoire, la concentration et le bien-être émotionnel. Elles permettent aussi de réduire le stress et l’anxiété, et d’améliorer la clarté d’esprit et ainsi conduire à de meilleures pensées créatives. 

1 décembre 2016

Learning to fly

Pause musicale. Pink Floyd "Learning to fly". Un rêve devenu réalité.


Into the distance, a ribbon of black
Stretched to the point of no turning back
A flight of fancy on a windswept field
Standing alone my senses reeled
A fatal attraction is holding me fast,
How can I escape this irresistible grasp?

Can't keep my eyes from the circling sky
Tongue-tied and twisted, just an earth-bound misfit, I

Ice is forming on the tips of my wings
Unheeded warnings, I thought, I thought of everything
No navigator to find my way home
Unladen, empty and turned to stone
A soul in tension that's learning to fly
Condition grounded but determined to try

Can't keep my eyes from the circling skies
Tongue-tied and twisted just an earth-bound misfit, I


28 novembre 2016

À venir

Nous avons vu la théorie des intelligences multiples de Howard Gardner. Et également, l'intelligence émotionnelle selon Daniel Goleman. Je vais aborder bientôt une autre théorie, plus complexe, sans aucune comparaison: La théorie de la désintégration positive de Kazimierz Dąbrowski. La première fois que j'ai entendu parlé de cet homme, j'étais chez une psychothérapeute, surdouée elle-même, et spécialisée dans la douance. À la fin de la séance, j'ai noté, sans grande conviction, "dabroski" sur un petit papier. Je dois avouer que cela m'a sauvé la vie. Une révélation quand je me suis finalement décidé à lire ses travaux trois mois après cette visite. J'étais dans une impasse existentielle. Je n'étais pas suicidaire du tout, mais je tournais en rond et je cherchais un chemin...vers moi-même. Plus de faux-semblant. Je voulais faire tomber le masque et affirmer ma vraie personnalité. 

Dans un billet précédent, je cite Yves Saint Laurent disant "j'ai compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même." C'est tellement vrai. Si vous vivez en France, peu de spécialistes voire aucuns ne vont vous parler de Dabrowski. Je ne sais pas pourquoi. Sa théorie est pourtant révolutionnaire. Peut-être un peu de paresse intellectuelle, et beaucoup de conservatisme. Les spys préfèrent utiliser pour tout le monde la vieille rhétorique "Freud-Lacan-la faute à maman-Oedipe-castration-anti-dépresseurs-blabla" (répéter). Enfin, je ne sais pas trop ce qu'ils disent, mais ils ne parlent pas de Dabrowski. Et quand j'entends des personnes dire qu'elles vont chez le spy depuis 20 ans. Il faut se poser des questions. Il y a quand même un problème quelque part.

Donc, tranquillement et sûrement, je vais vous parler de cette théorie. Je vais continuer à parler de sujets plus légers pour aérer l'ensemble, mais mon blog a pour raison d'être de la faire connaitre. Attention, c'est du lourd (et du sérieux). Il faut s'accrocher. Mais pas de souci, je vais avancer doucement. Petit précision, Kazimierz Dąbrowski (1902-1980) avait une expérience clinicienne de plus de quarante ans avec la dépression existentielle et la douance. Ce n'était pas un charlatan, ni un marabout. Enfin, on va voir ça bientôt.

Pour faciliter la navigation dans le blog, je rajouterai le nom Dabrowski dans le titre. Cela permettra de faciliter la lecture.

L’intelligence émotionnelle

Daniel Goleman, psychologue et journaliste scientifique américain, a écrit un livre de référence sur l’intelligence émotionnelle en 1995. Il y développe quatre concepts principaux.
  • La conscience de soi est la capacité à comprendre nos émotions, à reconnaître leur influence et à les utiliser pour guider nos décisions;
  • La maîtrise de soi consiste à maîtriser nos émotions et nos impulsions et à s’adapter à l’évolution de la situation;
  • La conscience sociale englobe la capacité à détecter et à comprendre les émotions d’autrui et à y réagir;
  • La gestion des relations correspond à la capacité à inspirer et à influencer les autres tout en favorisant leur développement et à gérer les conflits.
Goleman inclut un ensemble de compétences émotionnelles correspondant à chacun de ces concepts. Les compétences émotionnelles ne sont pas des talents innés, mais plutôt des capacités apprises qu’il faut développer et perfectionner afin de parvenir à un rendement optimum. Pour lui, "caractère" est le mot qui définit le mieux l'ensemble des compétences liées à l'intelligence émotionnelle. Selon Goleman, l'intelligence émotionnelle favorise la réussite professionnelle et privée et "permet aux jeunes d’être moins « rustres », moins agressifs et plus populaires". Il affirme même qu’elle leur permet de prendre de meilleures décisions en ce qui concerne « les drogues, le tabac et le sexe ». Ainsi, l'intelligence émotionnelle confére donc, selon Goleman, un avantage dans tous les domaines de la vie aussi bien dans les relations affectives et intimes que dans l'appréhension des règles implicites qui régissent la réussite dans les politiques organisationnelles.

Pour ma part, j'associe cette intelligence émotionnelle à une intelligence sociale, des rapports sociaux, aux fameux "streets smarts" que j'ai déjà expliqués. Ces règles de vie qui permettent de laisser le moins de plumes possibles dans nos intéractions avec la société et d'avancer dans la vie. 

Surdouées

Dans un billet précédent ("surdouée"), j'ai écris que les femmes intelligentes sont plus dures à identifier comme surdouées, car elles se fondent plus facilement dans la masse. Elles manifestent moins leur supériorité intellectuelle et/ou leur mal-être. Elles prennent sur elles et souffrent en silence. J'ai trouvé au hasard de mes lectures (*) un passage intéressant à ce sujet:

"Si on compte beaucoup moins de femmes que d’hommes parmi les surdoués adultes, alors qu’au départ filles et garçons sont en nombre sensiblement équivalent, cela tient sans doute à ce que les femmes plus que les hommes font le sacrifice de leur supériorité intellectuelle quand elles passent à l’âge adulte. Nous dirons que les femmes sont moins bridées par leur inconscient. Elles sont aussi plus désireuses de fonder une famille et d’avoir des enfants. Mais, bien sûr, ce qui est à craindre, c’est qu’elles reproduisent la relation qu’elles ont entretenue avec leurs parents et que l’enfant soit choisi à son tour pour être le rêve d’un enfant surdoué enfin réussi."

(*) Le devenir des surdoués, Denise Vincent.

Thursday's child

Pause musicale. Un petit bijou signé David Bowie: Thursday's child.


Refrain:
Throw me tomorrow
Now that I've really got a chance
Throw me tomorrow
Everything's falling into place
Throw me tomorrow
Seeing my past to let it go
Throw me tomorrow
Only for you I don't regret
That I was Thursday's child

Monday Tuesday Wednesday born I was
Monday Tuesday Wednesday born I was
Thursday's child

19 novembre 2016

La théorie des intelligences multiples et ses limites

Howard Gardner a considéré récemment qu'il fallait probablement ajouter à sa théorie des intelligences mutliples l'intelligence de l'enseignement et de la pédagogie qui permet dit-il d'enseigner/de transmettre avec succès notre savoir aux autres. Il a par ailleurs refusé catégoriquement l'ajout d'autres intelligences comme l'humour (que l'on peut facilement, je pense, associer à l'intelligence verbale), la gastronomie (sic) et l'intelligence sexuelle (?). Je propose l'intelligence informatique (qui ferait partie, en fait, de l'intelligence logico-mathématique).

On voit ici les limites de cette théorie des intelligences multiples qui est avant tout un outil de découverte ("heuristique"). Howard Gardner a imaginé cette théorie pour répondre à une demande éducative. Face à un élève en échec scolaire, il proposa d'identifier ses points forts et ses points faibles en distinguant ces différentes intelligences. L'idée est de dire que tout le monde est intelligent à sa façon.Soit !

Ce n'est pas une théorie scientifique. Gardner l'a confessé d'ailleurs en disant que ces différentes intelligences n'étaient en fait que des "fictions" (sic). La plupart de ces intelligences sont liées entre elles et interagissent l'une sur l'autre...pour en fin de compte n'être qu'une même et indivisible intelligence. Elles ne sont justes que les différentes facettes d'une seule et même intelligence.  Mais il est intéressant de détailler mentalement cette intelligence en sous-groupes, dans un exercice ludique de découverte, pour pouvoir mieux identifier les manifestations de cette intelligence, et ainsi apprendre à les développer et à les maitriser.

L’intelligence spatiale (picture smart)

Les conséquences les plus intéressantes de l'intelligence spaciale et visuelle sont la stimulation de la créativité et la sophistication du processus cognitif.  Ainsi, pratiquement toutes les pensées, même les plus théoriques et abstraites peuvent être visualisées. Les notes de Charles Darwin reflétaient une fascination pour l'image de l'arbre. Ce symbole lui a permis de conceptualiser la théorie de l'évolution. À 16 ans, Albert Einstein s'imagina en train de chevaucher un faisceau de lumineux pour plus tard élaborer la théorie de la relativité (*). Sigmund Freud visualisa une île sortant de l'océan comme une métaphore de la relation entre l'égo et l'inconscient, ce qui permit de proposer sa théorie de la personnalité.

Ces images représentent des schémas cognitifs ou des "cartes mentales" qui aident et guident le développement de la pensée. Chacun d'entre nous possèdent des cartes mentales, avec des envergures moins importantes que les personnages mentionnés ci-dessus. Elles sont souvent plus terre-à-terre et moins abstraites. Elles se résument souvent à connaître mentalement le trajet entre notre maison et notre travail, la disposition de notre voisinage, l'agencement de notre maison/appartement, la carte du monde, le moteur de notre voiture, notre bibliothèque...etc.

Il est intéressant d'identifier les autres cartes mentales que nous cultivons, celles qui renferment notre imagination, notre créativité, notre personnalité. En prendre conscience est important pour pouvoir jouer avec cet outil mental qui permet de nous transporter vers d'autres univers, sans nous déplacer, et ainsi nourrir notre intellect pour peut-être un jour faire murir le fruit de nos pensées.

(*) Il avait aussi lu les travaux d'Henri Poincaré. Hé oui !

L'intelligence verbo-linguistique (word smart)

Cette intelligence se manifeste par une passion pour les mots (leurs secrets, leurs sons...), pour la lecture et les livres, c'est une intelligence verbale. À forte intensité, cette intelligence des mots génèrent un flot de d'idées et de pensées qui peuvent devenir difficile à gérer. Apprendre, comprendre, s'exprimer, lire et écrire sont des activités constantes qui doivent être maîtriser pour éviter un épuisement intellectuel. On pense beaucoup, on a de nombreuses idées, mais sans organisation, les mots et les idées vont et viennent et une immense sensation de gachis et de découragement peut apparaitre.

Il faut apprendre à se vider la tête de ses mots/idées/projets. Avant on notait tout ça sur des cahiers, maintenant la technologie aidant, ce travail est simplifié et permet vraiment d'avancer dans son développement personnel en étant satisfait de soi-même en visualisant nos idées (c'est important) et en devenant ainsi plus efficace dans nos projets/notre créativité. D'aucuns appellent ça le "script minding", la transcription de l'esprit.

Personnellement, je me sers de "OneNote" de Microsoft (*). C'est un outil simple et gratuit en ligne. Il est disponible aussi en application. Je travaille dessus tous les jours sur mon ordinateur, ma tablette et mon téléphone. Chaque modification, quelque soit le support, est immédiatement synchronysée sur les autres appareils. C'est simple, mais j'adore. Avant je prenais des notes sur des feuilles volantes, des post-its, des carnets, et après je recopiais tout "au propre" sur un document Word ou autre. Une perte de temps incroyable. J'avais des tiroirs pleins de papiers, que je jetais au fur et à mesure. Maintenant, avec OneNote (*),  je visualise ma pensée.

Ce carnet en ligne devient alors un codex où l'on peut noter nos nouvelles idées et suivre leurs évolutions. Il peut aussi servir d'incubateur pour des poèmes, des livres, des projets. C'est un outil de travail et d'épanouissement non négligable. Essayez !

(*) Ceci n'est pas une publicité: "OneNote, parce que je le vaux bien". Il existe aussi "Evernote".

Sortir de sa boîte

La théorie des intelligences multiples nous rappelle qu'il vaut mieux apprendre à être intelligent en étudiant les œuvres les plus abouties, pour faire court les "classiques". Bien sûr, ils constituent un point de départ intellectuel. On peut étudier par la suite des travaux secondaires, moins reconnus. Mais l'idée est d'apprendre à réfléchir en comprenant la pensée d'un artiste/penseur/écrivain reconnu comme si l'on mettait nos pas dans les pas de celui-ci. Lire le 'Discours de la méthode" de René Descartes, suivre le cheminement de sa pensée et finalement comprendre sa "méthode" est intellectuellement fascinant.

L'aspect technique de la peinture ne s'apprend pas en étudiant les travaux de l'artiste du coin, mais les œuvres de Picasso, Dali, Van Gogh... Et l'on alimente pas sa créativité sans ouvrir son esprit à toutes sortes de travaux majeures, dans un premier temps. Je suis toujours surpris de rencontrer des étudiants et des professionnels qui ne connaissent pas du tout les fondamentaux de leur matière principale/métier. Je ne veux pas être présomptieux, loin de moi cette idée, mais il me semble évident que l'on n'apprend rien d'intéressant en restant "cloué" à son environnement et à son tropisme. Il faut sortir de sa boîte !


Les types d'intelligences

Dans un précécent billet (La théorie des intelligences multiples), j'ai abordé la théorie de Howard Gardner sur les différents types d'intelligences que nous possédons tous à des niveaux différents. À savoir l'intelligence verbo-linguistique (word smart), l'intelligence logico-mathématique (logic smart), l’intelligence spatiale (picture smart), l'intelligence intra-personnelle (self smart), l''intelligence interpersonnelle (people smart), l’intelligence corporelle-kinesthésique (body smart), l'’intelligence musicale-rythmique (music smart), l’intelligence naturaliste-écologiste (nature smart), l'intelligence existentielle (existence smart). Certaines personnes ont des aptitudes pour la musique, par exemple, que d'autres n'ont pas (ou ne pensent pas avoir). L'intérêt de cette théorie est de pouvoir identifier nos points forts et de développer nos points faibles. Je voudrais revenir sur quelques unes de ces intelligences dans les billet suivants.

14 novembre 2016

Yves Saint Laurent par lui-même

Le 7 Janvier 2002, le couturier Yves Saint Laurent met fin à sa carrière. Face à la presse, il lit un texte magnifique où il dit "j'ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud,...je me suis trouvé,...j'ai compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même." Á méditer ! Voici sa déclaration en intégralité :

"Mesdames et messieurs,

Je vous ai conviés aujourd'hui pour vous annoncer une nouvelle importante qui concerne ma vie personnelle et mon métier. J'ai eu la chance de devenir à 18 ans l'assistant de Christian Dior, de lui succéder à 21 ans et de rencontrer le succès dès ma première collection en 1958. Il y aura 44 ans dans quelques jours. Depuis, j'ai vécu pour mon métier et par mon métier. Je veux rendre hommage à ceux qui m'ont influencé, qui ont guidé mon action et m'ont servi de référence. Tout d'abord Christian Dior qui fut mon maître et qui, le premier, me fit découvrir les secrets et les mystères de la haute couture. Balenciaga, Schiaparelli. Chanel, bien sûr, qui m'a tant apporté et qui, on le sait, a libéré les femmes. Ce qui m'a permis, des années plus tard, de leur donner le pouvoir et, d'une certaine manière, de libérer la mode. En ouvrant en 1966, pour la première fois au monde, une boutique de prêt-à-porter à l'enseigne d'un grand couturier et en créant sans me référer à la haute couture, j'ai conscience d'avoir fait progresser la mode de mon temps et d'avoir permis aux femmes d'accéder à un univers jusque-là interdit.

Comme Chanel, j'ai toujours accepté la copie et je suis très fier que les femmes du monde entier portent des tailleurs-pantalons, des smokings, des cabans, des trench-coats. Je me dis que j'ai créé la garde-robe de la femme contemporaine, que j'ai participé à la transformation de mon époque. Je l'ai fait avec des vêtements, ce qui est sûrement moins important que la musique, l'architecture, la peinture et bien d'autres arts, mais quoi qu'il en soit, je l'ai fait. On me pardonnera d'en tirer vanité, mais j'ai, depuis longtemps maintenant, cru que la mode n'était pas seulement faite pour embellir les femmes, mais aussi pour les rassurer, leur donner confiance, leur permettre de s'assumer. Je me suis toujours élevé contre les fantasmes de certains qui satisfont leur ego à travers la mode. J'ai, au contraire, voulu me mettre au service des femmes. C'est-à-dire les servir. Servir leur corps, leurs gestes, leurs attitudes, leur vie. J'ai voulu les accompagner dans ce grand mouvement de libération que connut le siècle dernier.

J'ai eu la chance de créer en 1962 ma propre maison de couture. Il y a 40 ans. Je veux remercier ceux qui m'ont fait confiance dès le début. Michel de Brunhof qui me conduisit chez Christian Dior. Mack Robinson qui crut en mon destin et me permit d'ouvrir ma maison. Richard Salomon à qui je dois tant. Comment pourrais-je oublier des journalistes tels que John Fairchild, Carmel Snow, Diana Vreeland, Nancy White, Eugenia Sheppard, Edmonde Charles-Roux, Françoise Giroud? Plus près de moi, je veux remercier Pierre Bergé, bien sûr, mais est-ce la peine d'insister? Anne-Marie Munoz, la merveilleuse Loulou de la Falaise.

Il m'est impossible de citer tous les premiers et premières d'atelier qui m'ont accompagné depuis le début. Pourtant, qu'aurais-je fait sans eux ? Sans leur grand talent que je me plais à saluer. Tous les ouvriers et ouvrières dont le dévouement admirable m'a tellement aidé et à qui je veux exprimer ma profonde gratitude comme je l'exprime à l'ensemble de ma maison.

Je veux remercier les femmes qui ont porté mes vêtements, les célèbres et les inconnues, qui m'ont été si fidèles et qui m'ont causé tant de joies. J'ai conscience d'avoir pendant ces longues années accompli mon travail avec rigueur et exigence. Sans concessions. J'ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier qui n'est pas tout à fait un art mais qui a besoin d'un artiste pour exister. Je pense que je n'ai pas trahi l'adolescent qui montra ses premiers croquis à Christian Dior avec une foi et une conviction inébranlables. Cette foi et cette conviction ne m'ont jamais quitté. Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J'ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m'avait appris que «la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre». J'ai, sans le savoir, fait partie de cette famille. C'est la mienne. Je n'ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c'est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j'ai côtoyé les faiseurs de feu (*) dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé, que j'ai compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même. Les plus beaux paradis sont ceux qu'on a perdu.

Pourtant j'ai choisi aujourd'hui de dire adieu à ce métier que j'ai tant aimé. Le prochain défilé auquel je vous convie le mardi 22 janvier prochain à 18 heures au Centre Georges-Pompidou sera en grande partie une rétrospective de mon oeuvre. Beaucoup d'entre vous connaissent déjà les modèles qui défileront. J'ai la naïveté de croire qu'ils peuvent braver les attaques du temps et tenir leur place dans le monde d'aujourd'hui. Ils l'ont déjà prouvé. D'autres modèles de cette saison les accompagneront. Je veux remercier également M. François Pinault et lui exprimer ma gratitude pour me permettre de mettre harmonieusement un point final à cette merveilleuse aventure et qui a cru comme moi que la haute couture de cette maison devait s'arrêter avec mon départ. Enfin, je veux vous remercier, vous qui êtes ici et ceux qui n'y sont pas, d'avoir été fidèles aux rendez-vous que je vous ai donnés depuis tant d'années. De m'avoir soutenu, compris, aimé. Je ne vous oublierai pas."

Yves Saint Laurent par Chloé Van Paris: https://www.youtube.com/watch?v=FMLrvlM78XA
Biographie: https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Saint_Laurent

(*) YSL fait sûrement allusion ici au "voleur de feu" dans "La lettre du voyant" d'Arthur Rimbaud.

12 novembre 2016

La pleine conscience et la créativité

"Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir." Henri Matisse

La pleine conscience consiste à faire attention à l'instant présent et plus particulièrement aux choses nouvelles qui nous entourent. La méditation de pleine conscience est un outil au service de la créativité. La créativité est ainsi une activité de pleine conscience. Certains compare cela à plonger dans la source de nos pensées et de nos émotions pour aller pêcher un gros poisson dans les profondeurs, à savoir des idées nouvelles et originales.

Pour ceux qui cherchent à booster leur créativité, considérez chaque moment de votre vie, les bons et les mauvais, comme des sources potentielles d'inspiration et de motivation.

Le processus créatif des grands inventeurs/auteurs/entrepreneurs (Thomas Edison, William Shakespeare) se compose de deux facteurs importants: les créatifs s'immergent dans de nombreuses idées et projets en même temps et ils sont très productifs. L'œuvre de Picasso comprend quelques 60 000 pièces d'art. C'est en créant encore et encore qu'un jour on crée notre chef d'œuvre.

Extrait du livre "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind".


9 novembre 2016

La solitudine

Pause musicale. La chanteuse italienne, Laura Pausini, a chanté la solitude. "La solutidine" avec les paroles et traduction.


Marco se n'è andato e non ritorna più
Marc s'en est allé et il ne reviendra plus
E il treno delle 7:30 senza lui
Et le train de 7:30 sans lui
È un cuore di metallo senza l'anima
Est un coeur de métal sans âme
Nel freddo del matino grigio di città
Dans le froid d'un matin gris citadin
A scuola il banco è vuoto, Marco è dentro me
A l'école le banc est vide, Marc est en moi
È dolce il suo respiro fra i pensieri miei
Son souffle est doux dans mes pensées
Distanze enormi sembrano dividerci
De grandes distances semblent nous séparer
Ma il cuore batte forte dentro me
Mais mon coeur bat fort en moi

Chissà se tu mi penserai
Qui sait si tu penseras à moi
Se con i tuoi non parli mai
Si avec tes proches tu ne parles jamais
Se ti nascondi come me
Si tu te caches comme moi
Sfuggi gli sguardi e te ne stai
Fuis les regards et tu restes
Rinchiuso in camera e non vuoi mangiare
Enfermé dans ta chambre et refuses de manger
Stringi forte al te il cuscino
Serre fort contre toi le coussin
Piangi
Et tu pleures
Non lo sai quantro altro male ti farà la solitudine
Tu ne sais pas quelle autre souffrance t'apportera la solitude

Marco nel mio diario ho una fotografia
Marc dans mon journal de classe j'ai une photo
Hai gli occhi di bambino un poco timido
Tu as les yeux d'un enfant un peu timide
La stringo forte al cuore e sento che ci sei
Je la serre fort contre mon coeur et je sens ta présence
Fra i compiti d'inglese e mathematica
Entre les devoirs d'anglais et de mathématique
Tuo padre e i suoi consigli che monotonia
Ton père et ses conseils quelle monotonie
Lui con il suo lavoro ti ha portato via
A cause de son travail il t'a emmené
Di certo il tuo parere non l'ha chiesto mai
C'est sûr ton avis il ne te l'a jamais demandé
Ha detto : Un giorno tu mi capirai !
Il a dit : Un jour tu me comprendras !

Chissà se tu mi penserai
Qui sait si tu penseras à moi
Se con gli amici parlerai
Si avec tes amis tu parleras
Per non soffrire più per me
Pour ne plus jamais souffrir à cause de moi
Ma non è facile lo sai
Mais ce n'est pas facile tu le sais

A scuola non ne posso più
A l'école je n'en peux plus
E i pommeriggi senza te
Et les après-midis sans toi
Studiare è inutile, tutte le idee
Etudier est inutile, toutes les pensées
Si affollano su te
Se tournent vers toi
Non è possibile dividere
Il est impossible de séparer
La vita di noi due
Notre vie à tous les deux
Ti prego aspettami amore mio
Je t'en prie attends-moi mon amour
Ma illuderti non so
Mais te donner de faux espoirs, je n' y parviens pas

La solitudine fra noi
La solitude entre nous
Questo silenzio dentro me
Ce silence en moi
È l'inquietudine di vivere
C'est l'inquiétude de faire
La vita senza te
Ma vie sans toi
Ti prego aspettami perché
Je t'en prie attends-moi parce que
Non posso stare senza te
Je ne peux pas rester sans toi
Non è possibile dividere
Il n'est pas possible de séparer
La storia di noi due.
Notre histoire à tous les deux

8 novembre 2016

La solitude

La solitude est un élément essentiel de la découverte de soi et de la maturité émotionnelle. La réflexion qui en résulte peut amener à une connaissance approfondie de soi. Être seul nous force à réfléchir sur tous les facettes de notre personnalité.

Michel de Montaigne a popularisé l'idée de la solitude comme un moyen intellectuel de nous séparer de la foule et, par la même, de se forger un point de vue unique et une certaine indépendance d'esprit.

Martin Heidegger, qui avait l'habitude de s'isoler dans un cottage ("la hutte") à la montagne, disait que "la solitude n'est pas faite pour échapper au monde, mais pour le rencontrer". Dans le même ordre d'idée, le cinéaste Ingmar Bergman, qui s'isolait aussi dans une cabane en bois, écrivait: "ici, dans ma solitude, j'ai l'impression que je contiens beaucoup d'humanité".

En effet, dans le silence, nous pouvons entendre le monde autour de nous. Cette solitude nous apporte une grande authenticité, que nous pouvons entretenir et afficher lorsqu'on se retrouve au milieu des autres.

La clé de la créativité est un équilibre entre se concentrer sur soi et se concentrer sur les autres, entre intériorité et extériorité, entre profondes réflexions et actions motivées.

Extrait du livre "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind".



6 novembre 2016

Plasticité - Divergence - Convergence

Les personnes créatives, non seulement cultivent de nombreuses caratéristiques, mais sont aussi capables de s'adapter, voire de s'épanouir, en révélant le meilleur de leurs traits et de leurs capacités. Cette aptitude à s'adapter aux circonstances et aux changements avec fluidité et flexibilité est contenue dans trois traits de la personnalité qui sont liés à la créativité: la plasticité, la divergence et la convergence. Individuellement ou séparément, ces trois qualités encouragent le développement et l'expression de la créativité.

La plasticité. Elle est caractérisée par la tendance à explorer et à être attiré par les nouvelles idées, les nouveaux objets, les nouveaux cas de figure...etc. L'ouverture à de nouvelles expériences, une forte détermination et l'inspiration constituent le noyau de cette volonté de découvrir.

La divergence. Elle reflète une ouverture d'esprit, un non-conformisme, une pensée indépendante et est liée à l'impulsivité.

La convergence. C'est la capacité à se conformer, à faire des efforts pour s'entrainer efficacement et à rendre ses idées défendables. La convergence consiste en une pleine conscience, à de la précision, à de la persistence, à de l'esprit critique et à une sensibilité aux autres.

Extrait du livre "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind".


Connecté pour créer

Dans le livre "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind" (*), les auteurs, Scott Barry Kaufman et Carolyn Gregoire, démontrent que le cerveau des personnes créatives sont connectés d'une façon légèrement différente des autres personnes. Ils énumèrent les dix choses qu'elles font différemment du reste de la population.
  • Elles s'implique dans des jeux imaginaires à l'âge adulte;
  • Elles se passionnent pour leur propre processus créatif;
  • Elles sont enclin à la rêverie;
  • Elles sont capables de passer beaucoup de temps seules et y prendre du plaisir;
  • Elles sont réglées sur leur intuition. Elle leur fournit des idées perspicaces qui les aident à résoudre les problèmes;
  • Elles sont ouvertes à des expériences nouvelles et à de nouveaux points de vue;
  • Elles sont capables d'être attentives si c'est nécessaire, en utilisant finement leur sens de l'observation;
  • Elles sont extrêmement sensibles;
  • Elles utilisent des expériences de vie pénibles (ou parfois des expériences agréables) comme des catalyseurs pour développer leur créativité;
  • Elles veulent penser et agir différemment des masses.
Dans "Wired to create", ces dix comportments sont détaillés: le jeu imaginaire, la passion, la rêverie, la solitude, l'intuition, l'ouverture aux expériences, la pleine conscience, la sensitivité, savoir tourner l'adversité  à son avantage et penser différemment. Je vais revenir sur certains points dans les billet suivants.

(*) "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind" que l'on peut traduire par "Connecté pour créer: résoudre les mystères de l'esprit créatif".

5 novembre 2016

Être son propre gourou

Dans un précédent billet (l'œuvre d'un artiste), je parle d'être son propre dieu, son propre gourou. Ce n'est pas de la mégalomanie. Un gourou désigne communément en Occident un maître à penser. En Inde, le gourou (du sanskrit गुरु guru) est un enseignant, un précepteur, un maître.

Être son propre gourou, pour moi, c'est vivre selon ces valeurs profondes, en accord avec sa personnalité. Je parle ici de valeurs humanistes bien sûr. Pas du brigand qui vit suivant des valeurs faîtes de rapines et de violence.

Un esprit libre est en quelque sorte son propre maître à penser. Dans notre société, la religion (je pense notamment au boudhisme ici) apaise l'esprit, mais éloigne souvent de ce que nous sommes vraiment. La religion agit alors comme le fond les drogues, elle nous éloigne de nous. On est pratiquant en suivant des règles établies, mais finalement on est de moins en moins spitiruel. Nous répondons alors à des règles extérieures. Le pratiquant se met au service de son gourou. Parfois, des esprits profonds arrivent à raccorder cette croyance avec la personnalité qui se niche au fond d'eux. Cependant, la plupart des gens trouvent surtout du réconfort dans une communauté, en mettant entre parenthèse ou aux oubliettes, ce qui devrait être la vraie quête de la vie: Qui sommes-nous vraiment ? Quelle est notre vraie personnalité ?


La petite valse

Pause musicale. J'aime les années 70-80 et les beaux textes. Gérard Lenorman chante "La petite valse":


Moi j' donne du rêve à tous les gens qui traînent des souvenirs cassés
D'la dentelle bretonne à ceux qu'ont des habits troués
On a tous partout pareil
Quelque chose à regretter
On s' frotte les yeux au soleil
Quand nos larmes ont séché 



L'œuvre de l'artiste

Pour moi, l'œuvre d'un artiste apaise son impatience de créer, son insatiable urgence d'assouvir le désir créatif. Cette œuvre est sa folie. Il se prend pour un "dieu", car l'artiste est son propre dieu, son propre gourou avec sa mégalomanie, sa folie et son absolue. Son travail, c'est lui. Il dépeint son monde intérieur ou imaginé. Il doit révéler cette part de lui, c'est sa raison d'être.

Pour Martin Heidegger, l'œuvre d'art est une puissance qui ouvre et "installe un monde". L'artiste n'a pas une claire conscience de ce qu'il veut faire, seul le "tout fera l'œuvre". L'œuvre d'art n'est pas un outil, elle n'est pas une simple représentation, mais la manifestation de la vérité profonde d'une chose : "ainsi du temple grec qui met en place un monde et révèle une terre, le matériau qui la constitue, un lieu où elle s'impose (la colline pour le temple), et le fondement secret, voilé et oublié de toute chose".

Pour Maurice Merleau-Ponty, "en peignant, le peintre manifeste et montre comment le monde devient sous et par ses yeux, car le peintre peint à la fois le monde et son monde. Tout en se mettant totalement dans ce qu'il peint, le peintre est le serviteur de ce qui est en face à lui".


La maîtrise de soi

Imaginez un tuyau d'arrosage posé dans l'herbe qui diffuse de l'eau en grande quantité. Vous vous approchez et attrapez alors ce tuyau à un mètre de son embout. Le tuyau commence alors à tournoyer en arrosant tout ce qui se trouve dans un périmètre plus ou moins grand suivant si vous décidez ou  non de lever le bras qui tient le tuyau.  Comme un serpent hystérique ou une hélice d'hélicoptère, le tuyau se dresse, se tourne, se tord et arrose le jardin. Et vous avec.

Imaginez que cette eau soit votre énergie, votre intelligence, votre créativité, votre personnalité. Elle est incontrôlée et incontrôlable. Elle n'arrose même pas le jardin. Elle asperge tout de la plus mauvaise façon. Et peut même se retourner contre vous, en vous trempant de la tête aux pieds. Cette énergie, comme l'eau de ce tuyau, se diffuse en vain.

Imaginez maintenant que vous attrapiez le tuyau par l'embout. Ainsi, vous pouvez diriger cette eau vers les plantes, les arbres et les légumes en contrôlant le temps d'arrosage, le débit de l'eau et son volume. On n'arrose pas un rosier de la même façon qu'un fraisier.

Cette eau est votre énergie créatrice. Vous devez la diffuser où il faut et comme il faut. Il y a alors aucune raison que ce jardin ne devienne pas votre oasis et votre petit paradis sur terre.


Pour en finir avec les critiques et le faux-self

Les critiques ont été interiorisées comme des vérités. Les surdoués ont souvent été étiquettés "à problèmes", "tourmentés", "bizarres". Les "défauts", ou plutôt les traits distinctifs du surdoué ont été sujets à des attaques, des censures ou des brimades. Enfant, le surdoué va commencer rapidement à comprendre qu'il "a un problème" et vite conclure qu'il est "un problème".

Face à ces critiques, le surdoué va développer des défenses pour éviter les critiques de son entourage familial, professionnel, etc. Il va le plus souvent "masquer" son identité et se fondre dans la masse. Certains vont "surjouer" et "faire les idiots" en exhibitant et exagérant des traits. Leur agilité mentale et leur extrème sensibilité sont alors utilisées comme des armes de destruction massive. Cette intelligence mise au service du cynisme se retourne alors contre eux. 

L'extreme sensibilité de l'enfant surdoué lui cause beaucoup de remarques. On le trouve trop sensible et susceptible. Il apprend jeune que c'est un problème. Il va la cacher et cela va le ronger toute sa vie. Heureusement, il peut prendre conscience que cette sensibilité est une qualité, qui une fois maitrisée, peut devenir la source d'une créativité épanouissante pour lui et ses contemporains (à travers ses créations).

Beaucoup d'artistes qui expriment un talent dans l'écriture, la musique et autres ont beaucoup de mal à gérer leur sensibilité, malgré le repos et l'apaisement qu'ils trouvent dans la création. Ils se battent contre leur conscience extrème du monde. De plus, ils ont aussi à négocier avec un environnement professionnel impitoyable. Ils noyent alors leurs angoisses dans les drogues en tout genre.

Je parle ici de gens qui d'un façon ou d'une autre épanchent leur trop plein de sensibilité en créant quelque chose, en projettant leur personnalité, leur âme dans un travail créatif. Je vous laisse imaginer ce qui se produit sur les sensibles qui ne laissent pas ce trop-plein de créativité se déverser au-dehors. Ils sont rongés de l'intérieur. Ils n'en ont pas conscience la plupart du temps. Ils sont en mode auto-destruction.

Ainsi, le surdoué doit apprendre à se connaitre. Et ce n'est pas un mince affaire. Cela peut prendre quelques années. Mais cela vaut le coup. Il faut déconstruire la personnalité que nous avons été jusqu'à là. Je parle de cette personnalité ou le faux-self dirige notre vie. Nous jouons un rôle, comme des acteurs, pour notre entourage. Pour ne plus être critiqués, pour être tranquilles, par facilité aussi par la suite, c'est tellement confortable de ne rien changer.

Le faux-self peut avoir une intensité différente suivant le trait dont on parle. Je m'explique. Le surdoué aime bien parler et argumenter. Il est éloquent. Sa curiosité et son plaisir d'apprendre font qu'il connait plus de choses que la moyenne des gens qu'il rencontre. Dans une discussion, il peut adopter différente attitude suivant l'intensité de son faux-self. Quand le faux-self ne contrôle pas la personnalité, la personne parle, argumente, écoute les autres, échange des idées. Quand le faux-self est présent, il peut se manifester par une parole intolérante, cassante et saoulante pour les autres, ou alors c'est le contraire, la personne est absente de la discussion, ne veut pas prendre part à la discussion, dans son silence qui en dit long. Ces trois options peuvent se définir comme une attitude équilibrée, en controle de ses forces, ou alors une attitude exagérée ou la parole est une arme, ou enfin une attitude effrondrée dans laquelle la personne est effacée, comme rentrée en elle. Je développerai ces notions plus tard.