3 décembre 2016

De la créativité

La neuroscience nous propose une image très complexe de la créativité. Tels que les scientifiques le comprennent aujourd’hui, la créativité est bien plus complexe que la distinction entre les parties droite et gauche du cerveau nous aurait laissé penser (en théorie, le cerveau gauche serait rationnel et analytique tandis que le cerveau droit serait créatif et émotionnel). En fait, on pense que la créativité implique un certain nombre de processus cognitifs, de voies neuronales et d’émotions, et nous ne nous représentons pas encore totalement comment l’imagination fonctionne. Psychologiquement parlant, les types de personnalités créatives sont difficiles à repérer, car elles sont en général complexes, paradoxales et qu’elles ont tendance à éviter l’habitude ou la routine. La créativité implique qu’une multitude de traits, de comportements et d’influences sociales soient rassemblées en une seule et unique personne.

"C’est vraiment difficile pour les personnes créatives de se connaître, car le moi créatif est plus complexe que le moi non-créatif", selon Scott Barry Kaufman, un psychologue de l’Université de New York qui a passé des années à faire des recherches sur la créativité. "Les choses qui ressortent le plus sont les paradoxes du moi créatif…Les personnes imaginatives ont des esprits plus désordonnés." S’il n’existe pas de profil créatif "typique ", on trouve cependant des caractéristiques et des comportements révélateurs chez les personnes extrêmement créatives:

Ils rêvassent.
Rêvasser n’est pas une perte de temps. Laisser son esprit vagabonder peut faciliter le processus de "l’incubation créative". Nos meilleures idées ont souvent l’air de sortir de nulle part, quand nous avons l’esprit ailleurs. Bien que rêvasser semble être un acte irréfléchi, cela pourrait en fait nécessiter une grande activité du cerveau. Rêvasser peut entraîner des connexions et des idées soudaines parce que cette activité est liée à notre capacité à retenir une information en période de distraction. Les neuroscientifiques ont aussi découvert que rêvasser implique les mêmes processus cognitifs que ceux associés à l’imagination et la créativité.

Ils observent tout ce qui est autour d’eux.
Le monde appartient aux personnes créatives. Elles voient des possibilités partout et recueillent constamment des informations qui deviennent un prétexte à l’expression créative.

Ils travaillent aux heures qui les arrangent.
Beaucoup de grands artistes affirment qu’ils travaillent mieux soit très tôt le matin soit tard le soir. Quel que soit le moment de la journée, les individus très créatifs finissent souvent par trouver à quelle heure leur esprit se met en route, et organisent leurs journées en fonction de cela.

Ils prennent le temps d’être seuls.
Les artistes et les personnes créatives sont souvent caractérisées comme des personnes solitaires, et bien que ce ne soit pas forcément le cas, la solitude peut être le secret qui leur permet de produire leurs plus belles œuvres. Ceci est en lien avec le fait de rêvasser. Nous avons besoin de moments de solitude, simplement pour permettre à nos esprits de vagabonder.

Ils contournent les obstacles de la vie.
Une grande partie des histoires et des chansons les plus emblématiques ont été inspirées par des douleurs poignantes et des chagrins déchirants. Le seul réconfort que l’on peut trouver dans ces épreuves, c’est qu’elles ont sans doute été à l’origine de créations artistiques majeures. Beaucoup de gens sont capables d’utiliser cela comme un moteur qui leur permet d’imaginer des perspectives différentes de la réalité. Leur vision du monde comme étant un lieu sûr a été brisée à un moment de leur vie, les forçant à aller aux extrémités et voir les choses sous un nouveau jour. Et cela favorise la créativité."

Ils sont à la recherche de nouvelles expériences.
Les personnes créatives adorent s’exposer à de nouvelles expériences ou sensations et à de nouveaux états d’esprit. Cette ouverture est un indicateur important de la production créatrice. Cela comprend beaucoup de facettes différentes, mais elles sont toutes reliées entre elles : la curiosité intellectuelle, la recherche du frisson, l’ouverture aux émotions, l’ouverture au fantasme. Ce qui les rassemble, c’est la quête d’une exploration cognitive et comportementale du monde, aussi bien leur monde intérieur et que leur monde extérieur."

Ils "échouent".
La persévérance est presque une condition préalable au succès créatif. Faire un travail créatif est souvent décrit comme un processus qui consiste à échouer à maintes reprises jusqu’à ce que vous trouviez quelque chose qui convienne, et les personnes créatives apprennent à ne pas considérer l’échec comme quelque chose de personnel.

Ils posent les bonnes questions.
Les personnes créatives ont une curiosité insatiable. Ils choisissent généralement de vivre la vie examinée, et même quand ils vieillissent, ils maintiennent une curiosité au sujet de la vie. Que ce soit au cours d’une conversation passionnée ou d’un moment de rêvasserie solitaire, les personnes créatives regardent le monde qui les entoure et veulent savoir pourquoi, et comment, les choses sont ainsi.

Ils observent les gens.
Observateurs de nature et curieux d’en savoir plus sur la vie des autres, les personnes créatives aiment souvent observer les gens et leurs meilleurs idées peuvent provenir de cette activité.

Ils prennent des risques.
Prendre des risques fait partie du travail créatif, et beaucoup de personnes créatives adorent prendre des risques dans de différents aspects de leurs vies. La créativité est l’action de produire quelque chose à partir de rien. Cela nécessite de rendre public ces paris que l’on a d’abord fait dans sa tête.

Pour eux, tout devient une occasion de s’exprimer.
Nietzsche estimait que la vie et le monde devraient être vus comme des œuvres d’arts. Les personnes créatives ont peut-être plus tendance à voir le monde de cette façon, et à chercher constamment des occasions de s’exprimer dans la vie de tous les jours.

Ils réalisent leurs vraies passions.
Les personnes créatives ont tendance à être intrinsèquement motivées, c’est-à-dire que leur motivation à agir vient d’un désir interne, plutôt que d’un désir de reconnaissance extérieure ou de récompense. Les personnes créatives trouvent leur énergie dans les activités difficiles, signe de leur motivation intrinsèque.

Ils sortent de leur propre tête.
L’autre objectif de la rêvasserie est de nous aider à sortir de nos propres perspectives limitées et d’explorer d’autres façons de penser, qui peuvent être un atout important pour le travail créatif. Le réseau cérébral associé à la rêvasserie est le même réseau cérébral qui est associé à la théorie de l’esprit et cela permet d’imaginer son futur, mais cela permet aussi d’imaginer ce qu’un autre est en train de penser. La recherche suggère aussi que provoquer la "distance psychologique", c’est-à-dire, réfléchir à une question comme si elle était irréelle ou inconnue, ou alors sous la perspective d’une autre personne peut stimuler la pensée créative.

Ils perdent la notion du temps.
Les personnes créatives se rendent compte que lorsqu’elles écrivent, dansent, peignent ou s’expriment d’une autre manière, elles entrent "dans la zone", c’est-à-dire "en transe", ce qui peut les aider à créer à un grand niveau. La transe est un état mental qui se produit quand un individu dépasse la pensée consciente pour atteindre un état plus intense de concentration facile et de sérénité. Quand une personne est dans cet état, elle ne craint quasiment aucune pression interne ou externe ni les distractions qui pourraient gêner sa performance. Vous entrez en transe quand vous pratiquez une activité dans laquelle vous êtes bon mais qui vous met aussi au défi. L’état de transe nécessite une concordance entre votre compétence et la tâche ou l’activité dans laquelle vous vous êtes lancé.

Ils s’entourent de beauté.
Les personnes créatives ont tendance à avoir d’excellents goûts: ils aiment donc être entourés de beauté.

Ils relient les points.
Si une chose distingue les personnes très créatives des autres, c’est bien la capacité d’entrevoir des possibilités là où les autres n’en voient pas. Beaucoup de grands artistes et d’écrivains ont déclaré que la créativité est simplement la capacité à relier des points que les autres n’auraient jamais pensé à relier. Selon Steve Jobs: "La créativité, c’est simplement établir des connexions entre les choses. Quand vous demandez aux personnes créatives comment elles ont réalisé telle ou telle chose, elles se sentent un peu coupables parce qu’elles ne l’ont pas vraiment réalisé, elles ont juste vu quelque chose. Cela leur a sauté aux yeux, tout simplement parce qu’elles sont capables de faire le lien entre les différentes expériences qu’elles ont eu et de synthétiser les nouvelles choses.

Elles font bouger les choses.
La diversité des expériences, plus que n’importe quoi d’autre, est essentiel à la créativité. Les personnes créatives aiment faire bouger les choses, vivre de nouvelles choses, et surtout éviter tout ce qui rend la vie plus monotone ou ordinaire.

Ils consacrent du temps à la méditation.
Les personnes créatives saisissent la valeur d’un esprit clair et concentré parce que leur travail en dépend. La méditation peut réellement stimuler votre force intellectuelle de différentes manières. Les pratiques de méditation ont aussi un impact sur la mémoire, la concentration et le bien-être émotionnel. Elles permettent aussi de réduire le stress et l’anxiété, et d’améliorer la clarté d’esprit et ainsi conduire à de meilleures pensées créatives. 

1 décembre 2016

Learning to fly

Pause musicale. Pink Floyd "Learning to fly". Un rêve devenu réalité.


Into the distance, a ribbon of black
Stretched to the point of no turning back
A flight of fancy on a windswept field
Standing alone my senses reeled
A fatal attraction is holding me fast,
How can I escape this irresistible grasp?

Can't keep my eyes from the circling sky
Tongue-tied and twisted, just an earth-bound misfit, I

Ice is forming on the tips of my wings
Unheeded warnings, I thought, I thought of everything
No navigator to find my way home
Unladen, empty and turned to stone
A soul in tension that's learning to fly
Condition grounded but determined to try

Can't keep my eyes from the circling skies
Tongue-tied and twisted just an earth-bound misfit, I


28 novembre 2016

À venir

Nous avons vu la théorie des intelligences multiples de Howard Gardner. Et également, l'intelligence émotionnelle selon Daniel Goleman. Je vais aborder bientôt une autre théorie, plus complexe, sans aucune comparaison: La théorie de la désintégration positive de Kazimierz Dąbrowski. La première fois que j'ai entendu parlé de cet homme, j'étais chez une psychothérapeute, surdouée elle-même, et spécialisée dans la douance. À la fin de la séance, j'ai noté, sans grande conviction, "dabroski" sur un petit papier. Je dois avouer que cela m'a sauvé la vie. Une révélation quand je me suis finalement décidé à lire ses travaux trois mois après cette visite. J'étais dans une impasse existentielle. Je n'étais pas suicidaire du tout, mais je tournais en rond et je cherchais un chemin...vers moi-même. Plus de faux-semblant. Je voulais faire tomber le masque et affirmer ma vraie personnalité. 

Dans un billet précédent, je cite Yves Saint Laurent disant "j'ai compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même." C'est tellement vrai. Si vous vivez en France, peu de spécialistes voire aucuns ne vont vous parler de Dabrowski. Je ne sais pas pourquoi. Sa théorie est pourtant révolutionnaire. Peut-être un peu de paresse intellectuelle, et beaucoup de conservatisme. Les spys préfèrent utiliser pour tout le monde la vieille rhétorique "Freud-Lacan-la faute à maman-Oedipe-castration-anti-dépresseurs-blabla" (répéter). Enfin, je ne sais pas trop ce qu'ils disent, mais ils ne parlent pas de Dabrowski. Et quand j'entends des personnes dire qu'elles vont chez le spy depuis 20 ans. Il faut se poser des questions. Il y a quand même un problème quelque part.

Donc, tranquillement et sûrement, je vais vous parler de cette théorie. Je vais continuer à parler de sujets plus légers pour aérer l'ensemble, mais mon blog a pour raison d'être de la faire connaitre. Attention, c'est du lourd (et du sérieux). Il faut s'accrocher. Mais pas de souci, je vais avancer doucement. Petit précision, Kazimierz Dąbrowski (1902-1980) avait une expérience clinicienne de plus de quarante ans avec la dépression existentielle et la douance. Ce n'était pas un charlatan, ni un marabout. Enfin, on va voir ça bientôt.

Pour faciliter la navigation dans le blog, je rajouterai le nom Dabrowski dans le titre. Cela permettra de faciliter la lecture.

L’intelligence émotionnelle

Daniel Goleman, psychologue et journaliste scientifique américain, a écrit un livre de référence sur l’intelligence émotionnelle en 1995. Il y développe quatre concepts principaux.
  • La conscience de soi est la capacité à comprendre nos émotions, à reconnaître leur influence et à les utiliser pour guider nos décisions;
  • La maîtrise de soi consiste à maîtriser nos émotions et nos impulsions et à s’adapter à l’évolution de la situation;
  • La conscience sociale englobe la capacité à détecter et à comprendre les émotions d’autrui et à y réagir;
  • La gestion des relations correspond à la capacité à inspirer et à influencer les autres tout en favorisant leur développement et à gérer les conflits.
Goleman inclut un ensemble de compétences émotionnelles correspondant à chacun de ces concepts. Les compétences émotionnelles ne sont pas des talents innés, mais plutôt des capacités apprises qu’il faut développer et perfectionner afin de parvenir à un rendement optimum. Pour lui, "caractère" est le mot qui définit le mieux l'ensemble des compétences liées à l'intelligence émotionnelle. Selon Goleman, l'intelligence émotionnelle favorise la réussite professionnelle et privée et "permet aux jeunes d’être moins « rustres », moins agressifs et plus populaires". Il affirme même qu’elle leur permet de prendre de meilleures décisions en ce qui concerne « les drogues, le tabac et le sexe ». Ainsi, l'intelligence émotionnelle confére donc, selon Goleman, un avantage dans tous les domaines de la vie aussi bien dans les relations affectives et intimes que dans l'appréhension des règles implicites qui régissent la réussite dans les politiques organisationnelles.

Pour ma part, j'associe cette intelligence émotionnelle à une intelligence sociale, des rapports sociaux, aux fameux "streets smarts" que j'ai déjà expliqués. Ces règles de vie qui permettent de laisser le moins de plumes possibles dans nos intéractions avec la société et d'avancer dans la vie. 

Surdouées

Dans un billet précédent ("surdouée"), j'ai écris que les femmes intelligentes sont plus dures à identifier comme surdouées, car elles se fondent plus facilement dans la masse. Elles manifestent moins leur supériorité intellectuelle et/ou leur mal-être. Elles prennent sur elles et souffrent en silence. J'ai trouvé au hasard de mes lectures (*) un passage intéressant à ce sujet:

"Si on compte beaucoup moins de femmes que d’hommes parmi les surdoués adultes, alors qu’au départ filles et garçons sont en nombre sensiblement équivalent, cela tient sans doute à ce que les femmes plus que les hommes font le sacrifice de leur supériorité intellectuelle quand elles passent à l’âge adulte. Nous dirons que les femmes sont moins bridées par leur inconscient. Elles sont aussi plus désireuses de fonder une famille et d’avoir des enfants. Mais, bien sûr, ce qui est à craindre, c’est qu’elles reproduisent la relation qu’elles ont entretenue avec leurs parents et que l’enfant soit choisi à son tour pour être le rêve d’un enfant surdoué enfin réussi."

(*) Le devenir des surdoués, Denise Vincent.

Thursday's child

Pause musicale. Un petit bijou signé David Bowie: Thursday's child.


Refrain:
Throw me tomorrow
Now that I've really got a chance
Throw me tomorrow
Everything's falling into place
Throw me tomorrow
Seeing my past to let it go
Throw me tomorrow
Only for you I don't regret
That I was Thursday's child

Monday Tuesday Wednesday born I was
Monday Tuesday Wednesday born I was
Thursday's child

19 novembre 2016

La théorie des intelligences multiples et ses limites

Howard Gardner a considéré récemment qu'il fallait probablement ajouter à sa théorie des intelligences mutliples l'intelligence de l'enseignement et de la pédagogie qui permet dit-il d'enseigner/de transmettre avec succès notre savoir aux autres. Il a par ailleurs refusé catégoriquement l'ajout d'autres intelligences comme l'humour (que l'on peut facilement, je pense, associer à l'intelligence verbale), la gastronomie (sic) et l'intelligence sexuelle (?). Je propose l'intelligence informatique (qui ferait partie, en fait, de l'intelligence logico-mathématique).

On voit ici les limites de cette théorie des intelligences multiples qui est avant tout un outil de découverte ("heuristique"). Howard Gardner a imaginé cette théorie pour répondre à une demande éducative. Face à un élève en échec scolaire, il proposa d'identifier ses points forts et ses points faibles en distinguant ces différentes intelligences. L'idée est de dire que tout le monde est intelligent à sa façon.Soit !

Ce n'est pas une théorie scientifique. Gardner l'a confessé d'ailleurs en disant que ces différentes intelligences n'étaient en fait que des "fictions" (sic). La plupart de ces intelligences sont liées entre elles et interagissent l'une sur l'autre...pour en fin de compte n'être qu'une même et indivisible intelligence. Elles ne sont justes que les différentes facettes d'une seule et même intelligence.  Mais il est intéressant de détailler mentalement cette intelligence en sous-groupes, dans un exercice ludique de découverte, pour pouvoir mieux identifier les manifestations de cette intelligence, et ainsi apprendre à les développer et à les maitriser.

L’intelligence spatiale (picture smart)

Les conséquences les plus intéressantes de l'intelligence spaciale et visuelle sont la stimulation de la créativité et la sophistication du processus cognitif.  Ainsi, pratiquement toutes les pensées, même les plus théoriques et abstraites peuvent être visualisées. Les notes de Charles Darwin reflétaient une fascination pour l'image de l'arbre. Ce symbole lui a permis de conceptualiser la théorie de l'évolution. À 16 ans, Albert Einstein s'imagina en train de chevaucher un faisceau de lumineux pour plus tard élaborer la théorie de la relativité (*). Sigmund Freud visualisa une île sortant de l'océan comme une métaphore de la relation entre l'égo et l'inconscient, ce qui permit de proposer sa théorie de la personnalité.

Ces images représentent des schémas cognitifs ou des "cartes mentales" qui aident et guident le développement de la pensée. Chacun d'entre nous possèdent des cartes mentales, avec des envergures moins importantes que les personnages mentionnés ci-dessus. Elles sont souvent plus terre-à-terre et moins abstraites. Elles se résument souvent à connaître mentalement le trajet entre notre maison et notre travail, la disposition de notre voisinage, l'agencement de notre maison/appartement, la carte du monde, le moteur de notre voiture, notre bibliothèque...etc.

Il est intéressant d'identifier les autres cartes mentales que nous cultivons, celles qui renferment notre imagination, notre créativité, notre personnalité. En prendre conscience est important pour pouvoir jouer avec cet outil mental qui permet de nous transporter vers d'autres univers, sans nous déplacer, et ainsi nourrir notre intellect pour peut-être un jour faire murir le fruit de nos pensées.

(*) Il avait aussi lu les travaux d'Henri Poincaré. Hé oui !

L'intelligence verbo-linguistique (word smart)

Cette intelligence se manifeste par une passion pour les mots (leurs secrets, leurs sons...), pour la lecture et les livres, c'est une intelligence verbale. À forte intensité, cette intelligence des mots génèrent un flot de d'idées et de pensées qui peuvent devenir difficile à gérer. Apprendre, comprendre, s'exprimer, lire et écrire sont des activités constantes qui doivent être maîtriser pour éviter un épuisement intellectuel. On pense beaucoup, on a de nombreuses idées, mais sans organisation, les mots et les idées vont et viennent et une immense sensation de gachis et de découragement peut apparaitre.

Il faut apprendre à se vider la tête de ses mots/idées/projets. Avant on notait tout ça sur des cahiers, maintenant la technologie aidant, ce travail est simplifié et permet vraiment d'avancer dans son développement personnel en étant satisfait de soi-même en visualisant nos idées (c'est important) et en devenant ainsi plus efficace dans nos projets/notre créativité. D'aucuns appellent ça le "script minding", la transcription de l'esprit.

Personnellement, je me sers de "OneNote" de Microsoft (*). C'est un outil simple et gratuit en ligne. Il est disponible aussi en application. Je travaille dessus tous les jours sur mon ordinateur, ma tablette et mon téléphone. Chaque modification, quelque soit le support, est immédiatement synchronysée sur les autres appareils. C'est simple, mais j'adore. Avant je prenais des notes sur des feuilles volantes, des post-its, des carnets, et après je recopiais tout "au propre" sur un document Word ou autre. Une perte de temps incroyable. J'avais des tiroirs pleins de papiers, que je jetais au fur et à mesure. Maintenant, avec OneNote (*),  je visualise ma pensée.

Ce carnet en ligne devient alors un codex où l'on peut noter nos nouvelles idées et suivre leurs évolutions. Il peut aussi servir d'incubateur pour des poèmes, des livres, des projets. C'est un outil de travail et d'épanouissement non négligable. Essayez !

(*) Ceci n'est pas une publicité: "OneNote, parce que je le vaux bien". Il existe aussi "Evernote".

Sortir de sa boîte

La théorie des intelligences multiples nous rappelle qu'il vaut mieux apprendre à être intelligent en étudiant les œuvres les plus abouties, pour faire court les "classiques". Bien sûr, ils constituent un point de départ intellectuel. On peut étudier par la suite des travaux secondaires, moins reconnus. Mais l'idée est d'apprendre à réfléchir en comprenant la pensée d'un artiste/penseur/écrivain reconnu comme si l'on mettait nos pas dans les pas de celui-ci. Lire le 'Discours de la méthode" de René Descartes, suivre le cheminement de sa pensée et finalement comprendre sa "méthode" est intellectuellement fascinant.

L'aspect technique de la peinture ne s'apprend pas en étudiant les travaux de l'artiste du coin, mais les œuvres de Picasso, Dali, Van Gogh... Et l'on alimente pas sa créativité sans ouvrir son esprit à toutes sortes de travaux majeures, dans un premier temps. Je suis toujours surpris de rencontrer des étudiants et des professionnels qui ne connaissent pas du tout les fondamentaux de leur matière principale/métier. Je ne veux pas être présomptieux, loin de moi cette idée, mais il me semble évident que l'on n'apprend rien d'intéressant en restant "cloué" à son environnement et à son tropisme. Il faut sortir de sa boîte !


Les types d'intelligences

Dans un précécent billet (La théorie des intelligences multiples), j'ai abordé la théorie de Howard Gardner sur les différents types d'intelligences que nous possédons tous à des niveaux différents. À savoir l'intelligence verbo-linguistique (word smart), l'intelligence logico-mathématique (logic smart), l’intelligence spatiale (picture smart), l'intelligence intra-personnelle (self smart), l''intelligence interpersonnelle (people smart), l’intelligence corporelle-kinesthésique (body smart), l'’intelligence musicale-rythmique (music smart), l’intelligence naturaliste-écologiste (nature smart), l'intelligence existentielle (existence smart). Certaines personnes ont des aptitudes pour la musique, par exemple, que d'autres n'ont pas (ou ne pensent pas avoir). L'intérêt de cette théorie est de pouvoir identifier nos points forts et de développer nos points faibles. Je voudrais revenir sur quelques unes de ces intelligences dans les billet suivants.

14 novembre 2016

Yves Saint Laurent par lui-même

Le 7 Janvier 2002, le couturier Yves Saint Laurent met fin à sa carrière. Face à la presse, il lit un texte magnifique où il dit "j'ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud,...je me suis trouvé,...j'ai compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même." Á méditer ! Voici sa déclaration en intégralité :

"Mesdames et messieurs,

Je vous ai conviés aujourd'hui pour vous annoncer une nouvelle importante qui concerne ma vie personnelle et mon métier. J'ai eu la chance de devenir à 18 ans l'assistant de Christian Dior, de lui succéder à 21 ans et de rencontrer le succès dès ma première collection en 1958. Il y aura 44 ans dans quelques jours. Depuis, j'ai vécu pour mon métier et par mon métier. Je veux rendre hommage à ceux qui m'ont influencé, qui ont guidé mon action et m'ont servi de référence. Tout d'abord Christian Dior qui fut mon maître et qui, le premier, me fit découvrir les secrets et les mystères de la haute couture. Balenciaga, Schiaparelli. Chanel, bien sûr, qui m'a tant apporté et qui, on le sait, a libéré les femmes. Ce qui m'a permis, des années plus tard, de leur donner le pouvoir et, d'une certaine manière, de libérer la mode. En ouvrant en 1966, pour la première fois au monde, une boutique de prêt-à-porter à l'enseigne d'un grand couturier et en créant sans me référer à la haute couture, j'ai conscience d'avoir fait progresser la mode de mon temps et d'avoir permis aux femmes d'accéder à un univers jusque-là interdit.

Comme Chanel, j'ai toujours accepté la copie et je suis très fier que les femmes du monde entier portent des tailleurs-pantalons, des smokings, des cabans, des trench-coats. Je me dis que j'ai créé la garde-robe de la femme contemporaine, que j'ai participé à la transformation de mon époque. Je l'ai fait avec des vêtements, ce qui est sûrement moins important que la musique, l'architecture, la peinture et bien d'autres arts, mais quoi qu'il en soit, je l'ai fait. On me pardonnera d'en tirer vanité, mais j'ai, depuis longtemps maintenant, cru que la mode n'était pas seulement faite pour embellir les femmes, mais aussi pour les rassurer, leur donner confiance, leur permettre de s'assumer. Je me suis toujours élevé contre les fantasmes de certains qui satisfont leur ego à travers la mode. J'ai, au contraire, voulu me mettre au service des femmes. C'est-à-dire les servir. Servir leur corps, leurs gestes, leurs attitudes, leur vie. J'ai voulu les accompagner dans ce grand mouvement de libération que connut le siècle dernier.

J'ai eu la chance de créer en 1962 ma propre maison de couture. Il y a 40 ans. Je veux remercier ceux qui m'ont fait confiance dès le début. Michel de Brunhof qui me conduisit chez Christian Dior. Mack Robinson qui crut en mon destin et me permit d'ouvrir ma maison. Richard Salomon à qui je dois tant. Comment pourrais-je oublier des journalistes tels que John Fairchild, Carmel Snow, Diana Vreeland, Nancy White, Eugenia Sheppard, Edmonde Charles-Roux, Françoise Giroud? Plus près de moi, je veux remercier Pierre Bergé, bien sûr, mais est-ce la peine d'insister? Anne-Marie Munoz, la merveilleuse Loulou de la Falaise.

Il m'est impossible de citer tous les premiers et premières d'atelier qui m'ont accompagné depuis le début. Pourtant, qu'aurais-je fait sans eux ? Sans leur grand talent que je me plais à saluer. Tous les ouvriers et ouvrières dont le dévouement admirable m'a tellement aidé et à qui je veux exprimer ma profonde gratitude comme je l'exprime à l'ensemble de ma maison.

Je veux remercier les femmes qui ont porté mes vêtements, les célèbres et les inconnues, qui m'ont été si fidèles et qui m'ont causé tant de joies. J'ai conscience d'avoir pendant ces longues années accompli mon travail avec rigueur et exigence. Sans concessions. J'ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier qui n'est pas tout à fait un art mais qui a besoin d'un artiste pour exister. Je pense que je n'ai pas trahi l'adolescent qui montra ses premiers croquis à Christian Dior avec une foi et une conviction inébranlables. Cette foi et cette conviction ne m'ont jamais quitté. Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J'ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m'avait appris que «la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre». J'ai, sans le savoir, fait partie de cette famille. C'est la mienne. Je n'ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c'est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j'ai côtoyé les faiseurs de feu (*) dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé, que j'ai compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même. Les plus beaux paradis sont ceux qu'on a perdu.

Pourtant j'ai choisi aujourd'hui de dire adieu à ce métier que j'ai tant aimé. Le prochain défilé auquel je vous convie le mardi 22 janvier prochain à 18 heures au Centre Georges-Pompidou sera en grande partie une rétrospective de mon oeuvre. Beaucoup d'entre vous connaissent déjà les modèles qui défileront. J'ai la naïveté de croire qu'ils peuvent braver les attaques du temps et tenir leur place dans le monde d'aujourd'hui. Ils l'ont déjà prouvé. D'autres modèles de cette saison les accompagneront. Je veux remercier également M. François Pinault et lui exprimer ma gratitude pour me permettre de mettre harmonieusement un point final à cette merveilleuse aventure et qui a cru comme moi que la haute couture de cette maison devait s'arrêter avec mon départ. Enfin, je veux vous remercier, vous qui êtes ici et ceux qui n'y sont pas, d'avoir été fidèles aux rendez-vous que je vous ai donnés depuis tant d'années. De m'avoir soutenu, compris, aimé. Je ne vous oublierai pas."

Yves Saint Laurent par Chloé Van Paris: https://www.youtube.com/watch?v=FMLrvlM78XA
Biographie: https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Saint_Laurent

(*) YSL fait sûrement allusion ici au "voleur de feu" dans "La lettre du voyant" d'Arthur Rimbaud.

12 novembre 2016

La pleine conscience et la créativité

"Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir." Henri Matisse

La pleine conscience consiste à faire attention à l'instant présent et plus particulièrement aux choses nouvelles qui nous entourent. La méditation de pleine conscience est un outil au service de la créativité. La créativité est ainsi une activité de pleine conscience. Certains compare cela à plonger dans la source de nos pensées et de nos émotions pour aller pêcher un gros poisson dans les profondeurs, à savoir des idées nouvelles et originales.

Pour ceux qui cherchent à booster leur créativité, considérez chaque moment de votre vie, les bons et les mauvais, comme des sources potentielles d'inspiration et de motivation.

Le processus créatif des grands inventeurs/auteurs/entrepreneurs (Thomas Edison, William Shakespeare) se compose de deux facteurs importants: les créatifs s'immergent dans de nombreuses idées et projets en même temps et ils sont très productifs. L'œuvre de Picasso comprend quelques 60 000 pièces d'art. C'est en créant encore et encore qu'un jour on crée notre chef d'œuvre.

Extrait du livre "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind".


9 novembre 2016

La solitudine

Pause musicale. La chanteuse italienne, Laura Pausini, a chanté la solitude. "La solutidine" avec les paroles et traduction.


Marco se n'è andato e non ritorna più
Marc s'en est allé et il ne reviendra plus
E il treno delle 7:30 senza lui
Et le train de 7:30 sans lui
È un cuore di metallo senza l'anima
Est un coeur de métal sans âme
Nel freddo del matino grigio di città
Dans le froid d'un matin gris citadin
A scuola il banco è vuoto, Marco è dentro me
A l'école le banc est vide, Marc est en moi
È dolce il suo respiro fra i pensieri miei
Son souffle est doux dans mes pensées
Distanze enormi sembrano dividerci
De grandes distances semblent nous séparer
Ma il cuore batte forte dentro me
Mais mon coeur bat fort en moi

Chissà se tu mi penserai
Qui sait si tu penseras à moi
Se con i tuoi non parli mai
Si avec tes proches tu ne parles jamais
Se ti nascondi come me
Si tu te caches comme moi
Sfuggi gli sguardi e te ne stai
Fuis les regards et tu restes
Rinchiuso in camera e non vuoi mangiare
Enfermé dans ta chambre et refuses de manger
Stringi forte al te il cuscino
Serre fort contre toi le coussin
Piangi
Et tu pleures
Non lo sai quantro altro male ti farà la solitudine
Tu ne sais pas quelle autre souffrance t'apportera la solitude

Marco nel mio diario ho una fotografia
Marc dans mon journal de classe j'ai une photo
Hai gli occhi di bambino un poco timido
Tu as les yeux d'un enfant un peu timide
La stringo forte al cuore e sento che ci sei
Je la serre fort contre mon coeur et je sens ta présence
Fra i compiti d'inglese e mathematica
Entre les devoirs d'anglais et de mathématique
Tuo padre e i suoi consigli che monotonia
Ton père et ses conseils quelle monotonie
Lui con il suo lavoro ti ha portato via
A cause de son travail il t'a emmené
Di certo il tuo parere non l'ha chiesto mai
C'est sûr ton avis il ne te l'a jamais demandé
Ha detto : Un giorno tu mi capirai !
Il a dit : Un jour tu me comprendras !

Chissà se tu mi penserai
Qui sait si tu penseras à moi
Se con gli amici parlerai
Si avec tes amis tu parleras
Per non soffrire più per me
Pour ne plus jamais souffrir à cause de moi
Ma non è facile lo sai
Mais ce n'est pas facile tu le sais

A scuola non ne posso più
A l'école je n'en peux plus
E i pommeriggi senza te
Et les après-midis sans toi
Studiare è inutile, tutte le idee
Etudier est inutile, toutes les pensées
Si affollano su te
Se tournent vers toi
Non è possibile dividere
Il est impossible de séparer
La vita di noi due
Notre vie à tous les deux
Ti prego aspettami amore mio
Je t'en prie attends-moi mon amour
Ma illuderti non so
Mais te donner de faux espoirs, je n' y parviens pas

La solitudine fra noi
La solitude entre nous
Questo silenzio dentro me
Ce silence en moi
È l'inquietudine di vivere
C'est l'inquiétude de faire
La vita senza te
Ma vie sans toi
Ti prego aspettami perché
Je t'en prie attends-moi parce que
Non posso stare senza te
Je ne peux pas rester sans toi
Non è possibile dividere
Il n'est pas possible de séparer
La storia di noi due.
Notre histoire à tous les deux

8 novembre 2016

La solitude

La solitude est un élément essentiel de la découverte de soi et de la maturité émotionnelle. La réflexion qui en résulte peut amener à une connaissance approfondie de soi. Être seul nous force à réfléchir sur tous les facettes de notre personnalité.

Michel de Montaigne a popularisé l'idée de la solitude comme un moyen intellectuel de nous séparer de la foule et, par la même, de se forger un point de vue unique et une certaine indépendance d'esprit.

Martin Heidegger, qui avait l'habitude de s'isoler dans un cottage ("la hutte") à la montagne, disait que "la solitude n'est pas faite pour échapper au monde, mais pour le rencontrer". Dans le même ordre d'idée, le cinéaste Ingmar Bergman, qui s'isolait aussi dans une cabane en bois, écrivait: "ici, dans ma solitude, j'ai l'impression que je contiens beaucoup d'humanité".

En effet, dans le silence, nous pouvons entendre le monde autour de nous. Cette solitude nous apporte une grande authenticité, que nous pouvons entretenir et afficher lorsqu'on se retrouve au milieu des autres.

La clé de la créativité est un équilibre entre se concentrer sur soi et se concentrer sur les autres, entre intériorité et extériorité, entre profondes réflexions et actions motivées.

Extrait du livre "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind".



6 novembre 2016

Plasticité - Divergence - Convergence

Les personnes créatives, non seulement cultivent de nombreuses caratéristiques, mais sont aussi capables de s'adapter, voire de s'épanouir, en révélant le meilleur de leurs traits et de leurs capacités. Cette aptitude à s'adapter aux circonstances et aux changements avec fluidité et flexibilité est contenue dans trois traits de la personnalité qui sont liés à la créativité: la plasticité, la divergence et la convergence. Individuellement ou séparément, ces trois qualités encouragent le développement et l'expression de la créativité.

La plasticité. Elle est caractérisée par la tendance à explorer et à être attiré par les nouvelles idées, les nouveaux objets, les nouveaux cas de figure...etc. L'ouverture à de nouvelles expériences, une forte détermination et l'inspiration constituent le noyau de cette volonté de découvrir.

La divergence. Elle reflète une ouverture d'esprit, un non-conformisme, une pensée indépendante et est liée à l'impulsivité.

La convergence. C'est la capacité à se conformer, à faire des efforts pour s'entrainer efficacement et à rendre ses idées défendables. La convergence consiste en une pleine conscience, à de la précision, à de la persistence, à de l'esprit critique et à une sensibilité aux autres.

Extrait du livre "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind".


Connecté pour créer

Dans le livre "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind" (*), les auteurs, Scott Barry Kaufman et Carolyn Gregoire, démontrent que le cerveau des personnes créatives sont connectés d'une façon légèrement différente des autres personnes. Ils énumèrent les dix choses qu'elles font différemment du reste de la population.
  • Elles s'implique dans des jeux imaginaires à l'âge adulte;
  • Elles se passionnent pour leur propre processus créatif;
  • Elles sont enclin à la rêverie;
  • Elles sont capables de passer beaucoup de temps seules et y prendre du plaisir;
  • Elles sont réglées sur leur intuition. Elle leur fournit des idées perspicaces qui les aident à résoudre les problèmes;
  • Elles sont ouvertes à des expériences nouvelles et à de nouveaux points de vue;
  • Elles sont capables d'être attentives si c'est nécessaire, en utilisant finement leur sens de l'observation;
  • Elles sont extrêmement sensibles;
  • Elles utilisent des expériences de vie pénibles (ou parfois des expériences agréables) comme des catalyseurs pour développer leur créativité;
  • Elles veulent penser et agir différemment des masses.
Dans "Wired to create", ces dix comportments sont détaillés: le jeu imaginaire, la passion, la rêverie, la solitude, l'intuition, l'ouverture aux expériences, la pleine conscience, la sensitivité, savoir tourner l'adversité  à son avantage et penser différemment. Je vais revenir sur certains points dans les billet suivants.

(*) "Wired to Create: Unraveling the Mysteries of the Creative Mind" que l'on peut traduire par "Connecté pour créer: résoudre les mystères de l'esprit créatif".

5 novembre 2016

Être son propre gourou

Dans un précédent billet (l'œuvre d'un artiste), je parle d'être son propre dieu, son propre gourou. Ce n'est pas de la mégalomanie. Un gourou désigne communément en Occident un maître à penser. En Inde, le gourou (du sanskrit गुरु guru) est un enseignant, un précepteur, un maître.

Être son propre gourou, pour moi, c'est vivre selon ces valeurs profondes, en accord avec sa personnalité. Je parle ici de valeurs humanistes bien sûr. Pas du brigand qui vit suivant des valeurs faîtes de rapines et de violence.

Un esprit libre est en quelque sorte son propre maître à penser. Dans notre société, la religion (je pense notamment au boudhisme ici) apaise l'esprit, mais éloigne souvent de ce que nous sommes vraiment. La religion agit alors comme le fond les drogues, elle nous éloigne de nous. On est pratiquant en suivant des règles établies, mais finalement on est de moins en moins spitiruel. Nous répondons alors à des règles extérieures. Le pratiquant se met au service de son gourou. Parfois, des esprits profonds arrivent à raccorder cette croyance avec la personnalité qui se niche au fond d'eux. Cependant, la plupart des gens trouvent surtout du réconfort dans une communauté, en mettant entre parenthèse ou aux oubliettes, ce qui devrait être la vraie quête de la vie: Qui sommes-nous vraiment ? Quelle est notre vraie personnalité ?


La petite valse

Pause musicale. J'aime les années 70-80 et les beaux textes. Gérard Lenorman chante "La petite valse":


Moi j' donne du rêve à tous les gens qui traînent des souvenirs cassés
D'la dentelle bretonne à ceux qu'ont des habits troués
On a tous partout pareil
Quelque chose à regretter
On s' frotte les yeux au soleil
Quand nos larmes ont séché 



L'œuvre de l'artiste

Pour moi, l'œuvre d'un artiste apaise son impatience de créer, son insatiable urgence d'assouvir le désir créatif. Cette œuvre est sa folie. Il se prend pour un "dieu", car l'artiste est son propre dieu, son propre gourou avec sa mégalomanie, sa folie et son absolue. Son travail, c'est lui. Il dépeint son monde intérieur ou imaginé. Il doit révéler cette part de lui, c'est sa raison d'être.

Pour Martin Heidegger, l'œuvre d'art est une puissance qui ouvre et "installe un monde". L'artiste n'a pas une claire conscience de ce qu'il veut faire, seul le "tout fera l'œuvre". L'œuvre d'art n'est pas un outil, elle n'est pas une simple représentation, mais la manifestation de la vérité profonde d'une chose : "ainsi du temple grec qui met en place un monde et révèle une terre, le matériau qui la constitue, un lieu où elle s'impose (la colline pour le temple), et le fondement secret, voilé et oublié de toute chose".

Pour Maurice Merleau-Ponty, "en peignant, le peintre manifeste et montre comment le monde devient sous et par ses yeux, car le peintre peint à la fois le monde et son monde. Tout en se mettant totalement dans ce qu'il peint, le peintre est le serviteur de ce qui est en face à lui".


La maîtrise de soi

Imaginez un tuyau d'arrosage posé dans l'herbe qui diffuse de l'eau en grande quantité. Vous vous approchez et attrapez alors ce tuyau à un mètre de son embout. Le tuyau commence alors à tournoyer en arrosant tout ce qui se trouve dans un périmètre plus ou moins grand suivant si vous décidez ou  non de lever le bras qui tient le tuyau.  Comme un serpent hystérique ou une hélice d'hélicoptère, le tuyau se dresse, se tourne, se tord et arrose le jardin. Et vous avec.

Imaginez que cette eau soit votre énergie, votre intelligence, votre créativité, votre personnalité. Elle est incontrôlée et incontrôlable. Elle n'arrose même pas le jardin. Elle asperge tout de la plus mauvaise façon. Et peut même se retourner contre vous, en vous trempant de la tête aux pieds. Cette énergie, comme l'eau de ce tuyau, se diffuse en vain.

Imaginez maintenant que vous attrapiez le tuyau par l'embout. Ainsi, vous pouvez diriger cette eau vers les plantes, les arbres et les légumes en contrôlant le temps d'arrosage, le débit de l'eau et son volume. On n'arrose pas un rosier de la même façon qu'un fraisier.

Cette eau est votre énergie créatrice. Vous devez la diffuser où il faut et comme il faut. Il y a alors aucune raison que ce jardin ne devienne pas votre oasis et votre petit paradis sur terre.


Pour en finir avec les critiques et le faux-self

Les critiques ont été interiorisées comme des vérités. Les surdoués ont souvent été étiquettés "à problèmes", "tourmentés", "bizarres". Les "défauts", ou plutôt les traits distinctifs du surdoué ont été sujets à des attaques, des censures ou des brimades. Enfant, le surdoué va commencer rapidement à comprendre qu'il "a un problème" et vite conclure qu'il est "un problème".

Face à ces critiques, le surdoué va développer des défenses pour éviter les critiques de son entourage familial, professionnel, etc. Il va le plus souvent "masquer" son identité et se fondre dans la masse. Certains vont "surjouer" et "faire les idiots" en exhibitant et exagérant des traits. Leur agilité mentale et leur extrème sensibilité sont alors utilisées comme des armes de destruction massive. Cette intelligence mise au service du cynisme se retourne alors contre eux. 

L'extreme sensibilité de l'enfant surdoué lui cause beaucoup de remarques. On le trouve trop sensible et susceptible. Il apprend jeune que c'est un problème. Il va la cacher et cela va le ronger toute sa vie. Heureusement, il peut prendre conscience que cette sensibilité est une qualité, qui une fois maitrisée, peut devenir la source d'une créativité épanouissante pour lui et ses contemporains (à travers ses créations).

Beaucoup d'artistes qui expriment un talent dans l'écriture, la musique et autres ont beaucoup de mal à gérer leur sensibilité, malgré le repos et l'apaisement qu'ils trouvent dans la création. Ils se battent contre leur conscience extrème du monde. De plus, ils ont aussi à négocier avec un environnement professionnel impitoyable. Ils noyent alors leurs angoisses dans les drogues en tout genre.

Je parle ici de gens qui d'un façon ou d'une autre épanchent leur trop plein de sensibilité en créant quelque chose, en projettant leur personnalité, leur âme dans un travail créatif. Je vous laisse imaginer ce qui se produit sur les sensibles qui ne laissent pas ce trop-plein de créativité se déverser au-dehors. Ils sont rongés de l'intérieur. Ils n'en ont pas conscience la plupart du temps. Ils sont en mode auto-destruction.

Ainsi, le surdoué doit apprendre à se connaitre. Et ce n'est pas un mince affaire. Cela peut prendre quelques années. Mais cela vaut le coup. Il faut déconstruire la personnalité que nous avons été jusqu'à là. Je parle de cette personnalité ou le faux-self dirige notre vie. Nous jouons un rôle, comme des acteurs, pour notre entourage. Pour ne plus être critiqués, pour être tranquilles, par facilité aussi par la suite, c'est tellement confortable de ne rien changer.

Le faux-self peut avoir une intensité différente suivant le trait dont on parle. Je m'explique. Le surdoué aime bien parler et argumenter. Il est éloquent. Sa curiosité et son plaisir d'apprendre font qu'il connait plus de choses que la moyenne des gens qu'il rencontre. Dans une discussion, il peut adopter différente attitude suivant l'intensité de son faux-self. Quand le faux-self ne contrôle pas la personnalité, la personne parle, argumente, écoute les autres, échange des idées. Quand le faux-self est présent, il peut se manifester par une parole intolérante, cassante et saoulante pour les autres, ou alors c'est le contraire, la personne est absente de la discussion, ne veut pas prendre part à la discussion, dans son silence qui en dit long. Ces trois options peuvent se définir comme une attitude équilibrée, en controle de ses forces, ou alors une attitude exagérée ou la parole est une arme, ou enfin une attitude effrondrée dans laquelle la personne est effacée, comme rentrée en elle. Je développerai ces notions plus tard. 

30 octobre 2016

À propos des cinq blocages (2)

Encourager le faux-self.
Ce blocage est le premier à defaire. Il est aussi celui qui requiert le plus de réflexion et de remise en cause personnelle. Les fausse croyances personnelles doivent être défiées car elles sabotent notre présent et notre futur par la même. Le faux-self est à l'origine de nos maux. Nous nous sommes construits à l'abri de ce masque qui a faussé nos jugements dans la vie et a détruit notre estime personnelle. Il faut mettre à jour les différences entre ce que nous savons de nous, le vrai-self, tapi dans notre vie privée, ou pire, dans notre profonde solitude, et les mythes du faux-self qui nous limitent et nous consumment à petit feu. En travaillant sur nous-mêmes, et cela peut prendre du temps, nous pouvons créer et développer une nouvelle image, plus réaliste, de nous mêmes. Et avancer dans la vie. Sachant que nous n'avons pas le choix. Donner au faux-self les rênes de notre vie, c'est accrocher nos rêves à une ancre. Et notre bien-être par ailleurs.

Nier ses dons et ses talents.
Ce blocage est délicat car il affirme présomptieusement des "dons" et des "talents" innés. Alors que les surdoués ne se considèrent pas plus intelligents que les autres. Je rappelle que la plupart d'entre eux ne savent pas qu'ils ont une intelligence supérieure à la moyenne. A la limite, peu importe, ils ont le plus souvent composé avec cette douance en réussissant leur vie selon les normes de la société. Pourtant ils ont généralement bridé leur potentiel. Secrètement, dans leur vie privée, certains d'entre eux ont assouvi leur insatiable désir de créer. Les surdoués sont des créatifs et ils doivent créer. Sinon ils seront comme des Formule 1 dans un embouteillage. Un gros potentiel avec une énorme frustration. Attention ! Si vous avez été identifiés "surdoués", suite à un test, ou que vous reconnaissez sérieusement dans la douance, et qu'en même temps, vous considérez que vous êtes nuls et sans talents, vous êtes en presence de votre faux-self. Une machine d'auto-destruction. Vous comprenez alors le travail que vous avez à faire sur vous-mêmes.

Je prends un exemple. C'est une personne proche de moi (qui ne sait pas qu'elle est surdouée). Elle a étudié pendant plus de sept ans l'Histoire de l'Art, le soir apres le boulot, deux fois par semaine. Elle a lu des tonnes de bouquins sur le sujet et visité des dizaines de musées et d'expositions. Quand je lui en parle, elle ne se considère pas comme une experte, ou disons une grande connaisseuse. Dans cet exemple concret, des traits caractérisques du surdoué: il/elle a une expertise (connaissances pointues) mais il/elle ne la considère pas une expertise (auto-dénigrement et perfectionisme), cachée des autres (les collègues de bureau voire l'entourage) car considérée comme un loisir. Il faut vraiment prendre conscience des choses. Le monde actuel regorge de gens compétents et talentueux. Face à eux, des "grandes gueules", des culottés, des escrocs, des incompétents qui remplissent les media et le monde du travail. Je n'exagère pas, ces deux liens vont parler à beaucoup d'entre vous. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Dunning-Kruger
https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter

Éviter les risques dans une "vie bien rangée".
Tout est dit. Mettre une couverture sur ce que nous sommes supposés faire n'est pas la bonne solution. Cela engendre beaucoup de frustration. Il faut se lancer et prendre des risques. En lisant ces lignes, certains diront que cela s'applique à tout le monde. Je ne le pense pas. Quand on prend conscience de notre vraie personnalité et de nos talents, on réalise que quelque chose doit se passer. Ecrire ce livre que nous tient à coeur, créer cette entreprise qui nous ressemble tellement, partager notre savoir avec les autres...etc. Cette grande conscience de soi n'est pas donnée à tout le monde. La vie moderne est un grand tourbillon médiatique, virtuel et consumériste qui emporte la masse des gens dans une fuite en avant ou chacun oublie qui il est et pourquoi il est là. Alors action !    

Chercher l'approbation des autres.
Ce blocage est dur à lever car il est ancré en nous. Le faux-self est mis en place très tot dans la vie par la famille et par le surdoué lui-même. Donc chercher l'approbation de ses parents est quelque chose de naturel et d'automatique, mais qui affaiblit notre dynamique et notre potentiel personnel. Au travail, le même cercle vicieux se met en place. On fait plaisir à son superieur sans s'affirmer, en limitant son potentiel et ainsi nous condammant à faire la même chose puisque le dit-patron ne voit qu'un docile employé, sympa mais limité. Je ne parle pas ici du patron pervers narcissique. Il complique la situation car il joue avec les faiblesses de ses subordonnés en détruisant leur personnalité (vrai-self) et leur libre-arbitre.

L'imposture.
Depuis longtemps dans notre vie personnelle, nous avons été limités par des règles dites ou non-dites qui nous disent que nos idées et nos actes "vont trop loin", "sont trop différents", "sont trop intenses" ou "sont trop rapides". Nous avons appris les leçons. Le faux-self encore. Il nous limite jusqu'à nous faire paraitre invisible aux yeux des autres. Alors que ces idées et ses intentions sont encores en nous. Mais cachées du plus grand nombre. Pour nous protéger des attaques et des critiques. L'imposture c'est se sentir "pas assez compétent" dans un domaine que l'on maitrise objectivement ou "trop à l'aise" dans une tache par rapport aux autres. Au contraire des cuistres qui eux avancent tranquillement mais surement dans leur vie. Voir le lien ci-dessus sur l'effet Dunning-Kruger. Ce blocage de l'imposture va de pair avec le perfectionisme. Une impression que le travail n'est jamais assez bien et que l'on est trop facile dans sa réalisation. La procratination vient compléter le tableau. On retarde nos projets car on se sent illégitimes intellectuellement ou, une fois le projet commencé et fini, que l'on pense notre travail pas assez complet, pertinent ou original. Un sac de noeud qu'il faut entreprendre de dénouer rapidement et systématiquement. 

Tous ces blocages sont liés. Ils sont comme un château de cartes. En s'attaquant à leur raison d'être, on entreprend une destruction systématique de l'édifice. Et cela est très exitant et motivant pour avancer dans la vie. Comme une énorme bouffée d'air. Notre seconde vie peut commencer. ("nous avons deux vies, la seconde commence quand on s'apercoit que nous n'en avons qu'une").
 

23 octobre 2016

"Les plus dangereux de nos préjugés..."

"Les plus dangereux de nos préjugés règnent en nous-mêmes contre nous-mêmes. 
Les faire disparaître est un acte fondateur." 
Hugo von Hofmannsthal, écrivain autrichien.

(The most dangerous of our prejudices reign in ourselves against ourselves. 
To dissolve them is a creative act.)

22 octobre 2016

De la part de Charlie Chaplin

"J'ai pardonné des erreurs presque impardonnables, j'ai essayé de remplacer des personnes irremplaçables et oublié des personnes inoubliables.
J'ai agi par impulsion, j'ai été déçu par des gens que j'en croyais incapables, mais j'ai déçu des gens aussi.
J'ai tenu quelqu'un dans mes bras pour le protéger.
Je me suis fait des amis éternels.
J'ai ri quand il ne le fallait pas.
J'ai aimé et je l'ai été en retour, mais j'ai aussi été repoussé.
J'ai été aimé et je n'ai pas su aimer.
J'ai crié et sauté de tant de joies, j'ai vécu d'amour et fait des promesses éternelles, mais je me suis brisé le coeur, tant de fois!
J'ai pleuré en écoutant de la musique ou en regardant des photos.
J'ai téléphoné juste pour entendre une voix, je suis déjà tombé amoureux d'un sourire.
J'ai déjà cru mourir par tant de nostalgie.
J'ai eu peur de perdre quelqu'un de très spécial (que j'ai fini par perdre)...
Mais j'ai survécu !
Et je vis encore !
Et la vie, je ne m'en lasse pas...
Et toi non plus tu ne devrais pas t'en lasser. Vis !!!
Ce qui est vraiment bon, c'est de se battre avec persuasion, embrasser la vie et vivre avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant.....parce que le monde appartient à celui qui ose !
La vie est beaucoup trop belle pour être insignifiante !"

Biographie de Charlie Chaplin: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie_Chaplin

21 octobre 2016

L'esprit, l'âme et le corps

L'homme est composé d'un esprit, d'une âme et d'un corps. L'âme et l'esprit cohabitent dans le corps. L'esprit est ce que l'homme est vraiment, ce qu'il a conscience d'être. L'âme guide l'esprit et donne vie au corps. Le corps est l'habitacle de l'esprit dans le monde physique.

L'esprit est ce que nous sommes vraiment. Il est est le siège de la conscience. Il pense, apprend, raisonne, décide. Il a reçu de nombreux dons : intelligence, logique, mémoire, imagination, aptitude à décider, etc. Donc l'esprit dispose d'une certaine autonomie, d'une certaine liberté. Il a la possibilité de faire des choix. L'esprit est aussi ce qui a des émotions et des sentiments. C'est l'esprit qui ressent l'amour, la confiance, la peur, etc.

L'âme est notre partie mystique. L'âme a la connaissance absolue et la sagesse. C'est la source de connaissance divine à laquelle l'esprit peut se connecter, par la méditation ou la prière par exemple. C'est le guide qui lui fait connaître la vérité et sentir la valeur d'une action ou d'une pensée. C'est en quelque sorte un maître spirituel. L'âme est aussi la vie. C'est l'énergie qui maintient le corps en vie. C'est ce qui fait que les organes fonctionnent "tout seuls". C'est ce qui coordonne les fonctions organiques dans un ensemble cohérent. C'est aussi ce qui les répare en cas de perturbation (maladie ou blessure, par exemple). Si l'âme quitte le corps, nous mourons. De même, la vie se manifeste au moment où l'âme intègre la matière, avant que l'esprit ne s'incarne. Chez un homme, l'âme est une sorte d'intermédiaire, de "médiateur" entre l'esprit et le corps. L'esprit est immatériel, et le corps est matériel. L'âme permet à l'esprit de pouvoir être relié à un corps, de l'habiter et de l'utiliser.

Le corps est l'habitacle de l'esprit dans le monde physique. L'esprit habite le corps. Il y est un peu comme dans une maison. L'esprit est le plus souvent intégré au corps, mais il lui est possible d'en sortir momentanément dans certains cas. Le corps est le véhicule de l'esprit dans le monde physique. En effet, c'est en déplaçant le corps que l'esprit peut se déplacer dans le monde matériel. Le corps est la protection de l'esprit. Car l'esprit n'est pas d'une nature adaptée au monde physique. Il lui faut donc une sorte de vêtement spécial, comme il en faut un quand l'homme va dans un monde différent du sien (espace, fonds marins, etc.). Le corps est aussi ce qui relie l'esprit au monde extérieur. C'est par son intermédiaire que l'esprit en prend connaissance (par les perceptions telles que la vue, l'ouïe, le toucher, etc.). Et c'est en utilisant le corps que l'esprit peut agir sur le monde physique : déplacer des objets, transformer la matière, etc.

Chacun peut comprendre par un raisonnement ce que sont l'esprit, l'âme et le corps en lui. Nous pouvons observer ce que nous sommes pour mieux nous comprendre. Nous avons des opinions, des idées, des sentiments. Nous avons aussi des souvenirs, une personnalité, un caractère. Nous pouvons évoluer et chercher à nous améliorer. Nous avons la conscience d'exister. Cet être conscient est ce qu'on appelle l'esprit.

Notre corps peut se transformer : nous pouvons vieillir, bronzer, nous blesser ou perdre une main. Mais nous sommes pourtant toujours la même personne. Donc nous ne sommes pas le corps. Nous sommes vivants. Mais nous ne maîtrisons pas cette vie qui est en nous. Le corps et les organes fonctionnent sans qu'on y pense. Nous pouvons très bien vivre sans chercher à savoir comment ça se passe à l'intérieur. Donc, nous ne sommes pas aux commandes de la vie qui anime le corps. Il y a autre chose, comme un chef d'orchestre qui anime et gère les fonctions organiques.

Au fond de nous, nous ressentons parfois quelque chose de particulier. C'est comme une petite voix qui nous dit que nous avons mal agi dans telle circonstance, par exemple. Elle peut aussi nous orienter vers un choix que notre raison ne comprend pas. Ou elle peut nous faire comprendre une vérité qui nous surprend, comme si quelqu'un nous l'enseignait. Cette voix qui nous accompagne est différente de nous et peut nous guider si nous l'écoutons. En dehors du corps et de l'esprit, il y a donc la vie et un guide spirituel en nous. Ce sont des éléments parfaits. C'est ce qu'on appelle l'âme.

Cinq blocages majeurs à connaître (1)

En explorant son passé et en laissant la porte ouverte sur l'avenir, vous vous rendrez compte que l'on peut échanger sa rancoeur contre de l'espoir. Et même encore mieux, sa colère et sa peur peuvent se transformer en motivation et en détermination. Cela peut paraître bizare, mais il y a une réunification qui se passe à l'intérieur de nous. Les esprits libres qui étaient étouffés durant notre enfance ont été réunifiés avec les adultes indépendants que nous sommes devenus ou que nous sommes sur le point de devenir. 

Les blocages qui enterrent l'identité sous des couches de comportements interdits de type "je devrais" et "je ne devrais pas" asservissent le self, s'opposent à ses dons, et en fin de compte font de l'ombre à l'âme. Ironiquement, tolérer le faux-self pendant si longtemps et rester loyal au script normatif de la société, nous font ressentir de plus en plus invisibles dans la société. Ils existent cinq principaux blocages qui asservissent le self et éclipsent notre âme. Il faut les reconnaître et les éviter pour pouvoir pleinement accepter notre douance:
  • Encourager le faux-self;
  • Nier ses dons et ses talents;
  • Éviter les risques dans une "vie bien rangée";
  • Chercher l'approbation des autres;
  • L'imposture.
Chacun de ces blocages est équitablement affaiblissant, mais avec du temps et des efforts nous pouvons développer des stratégies pour minimiser leurs effets. Comme c'est souvent le cas, le premier pas implique d'identifier leur présence ce qui est déjà une étape majeure vers notre épanouissement.

17 octobre 2016

Ballade pour une colombe

Pause musicale. Un de mes artistes préférés, Serge Lama. Un pur régal, les textes et l'interprétation. Ici la chanson "Ballade pour une colombe" avec les paroles. Pour les plus gourmands, le concert dans son intégralité, enregistré au Québec en 1997.

https://www.youtube.com/watch?v=wvDrU8I87bU

Elle a le duvet blanc et tiède des colombes
Si pâle qu'on dirait qu'elle sort de sa tombe
D'ailleurs vous voyez bien qu'elle ne sort que la nuit
Elle bouge des cils sans bouger les paupières
On dirait que Rodin l'a sculpté dans la pierre
Et qu'avec les années une source a jailli

Quoi ! Vous pensez que je l'aime !
Non, je ne vous dirais rien
Quand on aime à ce point
On le garde pour soi
Quand on aime à ce point
On est un hors-la-loi

J'ai peur en lui disant tous les mots qui me hantent
De découvrir soudain qu'elle est bête et méchante
Et que ses dents de lait cachent des dents de loup
J'aime mieux l'adorer comme un temple magique
Mais si vous me voyez certains soirs, nostalgique
Ne me demandez plus si je m'ennuie chez vous

Quoi ! Vous pensez que je l'aime !
Non, je ne vous dirais rien
Quand on aime à ce point
On le garde pour soi
Même chez ses copains
On est un hors-la-loi

Elle a le duvet blanc et tiède des colombes
Si pâle qu'on dirait qu'elle sort de sa tombe
D'ailleurs vous voyez bien je ne sort que la nuit

Le concert: https://www.youtube.com/watch?v=-b4MtYJIMmA


À propros du mot "Sérendipité"

La sérendipité est le fait de réaliser une découverte scientifique ou une invention technique de façon inattendue à la suite d'un concours de circonstances fortuit et très souvent dans le cadre d'une recherche concernant un autre sujet. La sérendipité est le fait de "trouver autre chose que ce que l'on cherchait", comme Christophe Colomb cherchant la route de l'Ouest vers les Indes, et découvrant un continent inconnu des Européens. 

L'auteure Sylvie Catellin définit ce mot comme la "découverte faite par le concours du hasard mais aussi de la sagacité". Le physiologiste américain, Walter Bradford Cannon, donna de la sérendipité la définition suivante : "La faculté ou la chance de trouver la preuve de ses idées de manière inattendue, ou bien de découvrir avec surprise de nouveaux objets ou relations sans les avoir cherchés". Le mot anglais "serendipity" est un des vingt mots mondiaux les plus difficiles à traduire, à côté de "spam", "kitsch", etc., aussi les traducteurs  imaginent-ils des périphrases qui sont toutes plus ou moins des contresens : "heureuse coïncidence", "bonheur fortuit", "une découverte par mésaventure"; "la pensée par induction" et "imprévu créateur". L'Office québécois de la Langue Française conseille "fortuité", définie comme le "fait de trouver quelque chose alors même qu'on recherche autre chose". À noter que dans les pays anglo-saxons, les Serendipity shops sont des boutiques où l'on trouve des idées inattendues de cadeaux. 

Quoique je fasse dans ma vie, je laisse toujours une place au hasard et à l'imprévu. Cela m'a joué des tours quelques fois, mais je dois avouer que cela m'a généralement réservé de bonnes surprises. Essayez !

Book Smarts vs Street Smarts

J'ai trouvé un article paru sur un site américain (*) qui parle de l'intelligence livresque/encyclopédique ("book smarts") et de l'intelligence de la rue ("street smarts", débrouillardise). Voici ce que j'en ai retenu:

Pour cet auteur la débrouillardise (street smarts) a plus de valeur que l'intelligence académique (book smarts). Être débrouillard pour lui, c'est avoir une conscience aiguisée des situations de la vie. Vous pouvez évaluer l'environnement ou vous évoluez ainsi que les personnes qui y vivent. De plus, vous pouvez estimer les points de vue des uns et des autres.  Être dans la rue ou sur le terrain, selon la métaphore utilisée (street smarts), demande de votre part à apprendre à faire confiance à votre propre jugement sur les gens et les problèmes. Cette aptitude a une grande valeur dans la vie ou que vous soyez. La débrouillardise (street smarts) vient de l'expérience. Cela veut dire qu'il faut apprendre des choses qui nous arrivent dans la vie, bonnes ou mauvaises, y penser, et apprendre à s'améliorer à partir de ces expériences. La principale différence entre l'intelligence de la rue (street smarts) et l'intelligence livresque (book smarts) c'est ce qui est au centre de cette intelligence. Dans la rue, c'est vous. Dans un livre, vous essayez de comprendre la pensée de quelqu'un d'autre sur le monde, et en faisant de la sorte vous êtes malgré tout loin d'une expérience personnelle. "Street smarts" veut dire que vous vous êtes mis en danger et que vous avez survécu. Et que peut-être vous vous êtes épanoui. Ou alors que vous avez pris des coups. Vous avez été testé et vous serez armé quand vous serez testé à nouveau. Être débrouillard (street smarts) peut mené à être cultivé (street books) car le débrouillard sent ce qui peut marcher et ce qui ne marche pas et s'adapter ainsi suivant la situation. L'intelligence académique (book smarts) signifie que quelqu'un est bon à suivre les règles, qu'il a toujours eu des bonnes notes à l'école, qu'il a toujours été assis au premier rang, et qu'il a aimé surement les mots croisés. Ils aiment les choses qui ont des réponses exactes. Il aime croire que son niveau d'intelligence lui permet, d'une certain facon,  de compenser son manque d'expérience dans la vraie vie. 

L'auteur de l'article précise qu'il est lui-même un amoureux des livres et possède des diplômes universitaires (sic), ce qui pourrait le ranger dans la catégorie des "book smarts". Mais Il conclue en disant que "c'est cette connaissance, au service de sa débouillardise (street smarts), qui explique les choses qui a réalisé dans la vie" (ouah!).

Cet article énumèrent des clichés sur les amoureux des livres, les introvertis, les surdoués (souvent les mêmes personnes d'ailleurs). Mais bon, malgré tout ça, il met en évidence deux problèmes que beaucoup de surdoués rencontrent dans leur vie, c'est de comprendre les règles de la vie en société et de savoir "jouer le jeu" (au travail par exemple). Pour moi, la culture c'est très important (book smarts) et la débrouillardise (street smarts) c'est quelque chose qui vient la compléter. Et pas l'inverse. La "petite frappe" qui fait ses affaires dans la rue est sûrement débrouillard, mais il finira un jour au l'autre en prison. Le "rat de bibliothèque" qui ne sort jamais n'a pas de grande perspective dans la vie, hormis sa passion de lire et de chercher, ce qui est déjà pas mal. Pour les surdoués, c'est évidemment la débrouillardise dans la vie de tous les jours qui fait défaut. Il faut y travailler pour éviter de se noyer dans nos émotions et perdre ainsi le fil de notre destinée. A bon entendeur...

(*) http://scottberkun.com/2010/book-smarts-vs-street-smarts/
 

15 octobre 2016

Réponses aux dix critiques (2)

Face aux dix critiques auxquelles les surdoués font face dans leurs vies, ils doivent adopter une attitude positive, garder le contrôle de leur intégrité et rester concentrés sur leur but dans la vie, et non pas se disperser et se tourmenter pour rien. Voici quelques idées de réponses face aux critiques ("street smarts"):

"Pourquoi ne ralentis-tu pas ?" = "Aller vite est normal pour moi."

"Tu te soucies de tout." = "Oui, je suis une personne préoccupée et de grande moralité."

"Ne peux-tu pas t'en tenir à une chose ?" = "Non, sûrement pas."

"Tu es si théatral et dramatique." = "Oui, mes sens et mes sentiments sont aiguisés."

"Tu fais tout de la façon la plus dure." = "Je vois que vous comprenez que l'excellence est difficile."

"Tu es si exigeant !" = "Je sais ce que je veux."

"Ne peux-tu être jamais satisfait ?" = "Bien sûr, ma satisfaction me vient de différentes façons."

"Tu es si motivé !" = "Oui, Je suis concentré et j'ai beaucoup à faire."

"D'où tu as ces idées folles ?" = "Elles viennent directement de la source."

"Qui crois-tu que tu es?"  = "Un humble surdoué se doit d'être utile."


Citation à méditer

"Tout ce dont vous avez besoin est déjà en nous." 

(Everything You Need Is Already Within You)


Jumpy, "le chien le plus intelligent du monde"

https://www.youtube.com/watch?v=m3dec8EOp6A

Quand je regarde cette vidéo sur "le chien le plus intelligent du monde", je ne peux pas m'empêcher de penser au temps qu'il a fallu à son maître pour lui apprendre à faire ça et bien d'autres chose d'ailleurs (voir sur la chaine Youtube du Monsieur). 

Les chiens et les chats sont intelligents, comme les animaux en général. Ils ne s'auto-détruisent pas. Ils respectent une horloge interne et un tropisme propre à leurs espèces. Dans le cas présent, le signe de l'intelligence de ce chien est de "pouvoir écrire" son nom (?), sous la commande d'un petit bâton qui lui indique d'aller vers le haut, le bas, à gauche, à droite... Il est plus intelligent que son maître, c'est sûr. Il serait prêt à faire n'importe quoi pour faire plaisir à l'égo surdimmensioné de cet humain. Est-ce que son maitre sait aboyer ? Ce qui serait probablement un signe d'intelligence pour son chien. 

Je suis certain que ce chien est heureux. Il remue la queue. Il est content de faire plaisir à son maître. Mais ne serait-il pas plus heureux d'être un chien vivant sa vie de chien (sic) avec un (autre) maître (courir dans la nature, ronger un os, aboyer, regarder les autres chiens) que de joueur à l'humanoïde pour le dit-maître ? Pourquoi toujours vouloir agir, intervenir, chasser, pêcher, abattre, détruire, couper, dresser ce qui nous entourent ? Let it be !

Vanilla Sky

Vanilla Sky est un bon film. Tom Cruise joue très bien (ainsi que les autre acteurs d'ailleurs). Les scènes devant le miroir et avec son masque sont brillantes. Bien sûr, le rapprochement avec le vrai et le faux-self sont évidents, c'est pourquoi je vous conseille de le regarder tranquillement. Faites tomber votre masque ! 

Synopsis: David Aames est un jeune éditeur de New York, il rencontre une femme, Sofia, par l’intermédiaire de son ami Brian. Alors qu’ils tombent amoureux et semblent filer le parfait amour, David se dispute avec Julie, son ex, au volant de sa voiture. Un grave accident cause la mort de Julie et David se retrouve défiguré. Sa vie bascule totalement, Sofia l’évite et les gens le repoussent. Mais un beau matin, cette dernière le réveille et lui montre son amour. Il apprend également que la chirurgie esthétique va lui permettre de retrouver son ancien visage. Est-ce un rêve ou la réalité ? 

Les premieres minutes du film dans une ville de New-York...sans habitants.
https://www.youtube.com/watch?v=kagVPRjH0lE



Le faux-self

Le terme self est la traduction anglaise du soi. Le pédiatre britannique, Donald Woods Winnicott, a distingué le "vrai-self" du "faux-self": Le vrai-self désigne l'image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond effectivement à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction adaptée. Le faux-self désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé. Par ailleurs, les rapports entre "vrai" et "faux-self" évoluent tout au long de la vie, en termes d'adaptation à l'environnement ou avec l'aide du travail thérapeutique. Winnicott distingue cinq degrés d'organisation du faux self :
  • À l'extrême, c'est le faux-self que l'on prend pour la personne, le vrai self inapparent restant dissimulé. Cependant, il manque au faux-self « ...quelque chose d'essentiel. ». Socialement la personne est ressentie comme fausse. Le faux-self a entièrement recouvert la personnalité, laissant en toute situation une impression de 'fausseté' dans la relation. Le vrai-self est totalement dissimulé aux autres. L'individu souffre de la situation qu'il subit en société: la tension entre "vrai" et "faux-self" crée un handicap dans sa vie sociale;
  • Le faux-self protège le vrai-self qui reste virtuel. C'est « ...l'exemple le plus clair d'une maladie clinique organisée dans un but positif : la préservation de l'individu en dépit des conditions anormales de l'environnement. ». Le faux-self, pour préserver l'individu d'un environnement jugé nocif, maintient le vrai-self sous protection;
  • Plus proche de la santé, le faux-self prend en charge la recherche des conditions qui permettront au vrai-self de « recouvrer son bien ». Son bien, à savoir son identité propre. Le faux-self tente de trouver une adaptation avec l'environnement pour permettre au vrai-self de s'exprimer;
  • Encore plus proche de la santé, le faux-self « ...s'établit sur la base d'identifications... ». Des identifications tiennent lieu de faux-self. Le vrai-self parvient à s'exprimer relativement facilement à travers elles;
  • Chez une personne en bonne santé, le faux-self est constitué de ce qui organise « ...une attitude sociale polie, de bonnes manières et une certaine réserve. ». C'est cette politesse qui permet la vie en société. Le faux-self autorise l'expression en société par une attitude a priori polie, des manières sociales adaptées aux autres et respectant les conventions. Il établit le contact, maintient la distance et préserve l'intimité. Le vrai-self peut s'exprimer dès que l'individu le souhaite, et avec qui il le souhaite. Pour un surdoué, ce stade peut être entretenu par la mise en place d'une intelligence pratique ou "street smarts".

S'adapter, le vrai ennemi

Les enfants surdoués ont la volonté de s'intégrer à un groupe, mais à quel prix ? Si certains travaillent durs pour s'adapter aux autres, spécialement lorsqu'ils se sentent très différents des autres, une auto-censure peut en résulter. Dans leur tentative désespérée d'appartenir, beaucoup de jeunes "bien-intégrés" et surdoués plus âgés ont abandonné ou perdu contact avec leur personnalité profonde. S'adapter coûte cher lorsqu'il s'agit de vendre son âme. C'est une marche de funanbule sans fin pour les surdoués. Donner les rênes de sa vie aux faux-self, c'est comme attacher nos rêves à une ancre. Nous ne pouvons nous échapper de la responsabilité qu'offre soit notre potentiel soit nos besoins intérieurs. La plupart d'entre nous avont hâte d'être acceptés et soutenus, approuvés pour ce que nous sommes et ce que nous pourrions accomplir. Cependant nous vivons dans un vrai monde tel qu'il est, non tel qu'il devrait être.

A des degrés différents, nous vivons tous des rejets. Mais lorsque les critiques attaquent notre nature profonde et quand elles fleurissent autour de nous continuellement, elles ont tendance à se cramponner comme des mollusques, contaminant l'intégrité de l'image de nous-mêmes et la qualité de notre dialogue interne. Même à l'âge adulte, à chaque fois que notre égo prend un coup, que le vent nous bouscule et que nous faisons un effort pour respirer, soudainement nous nous sentons  affaiblis et vulnérables. Après des années, les dix critiques se sont déguisées, ont pris l'apparence de nos propres opinions, nous censurant sous la voix de notre faux-self. Ces critiques creusent des trous dans notre confiance en nous car nous avons oublié qu'elles ont été crées par d'autres. Le faux-self est un adversaire puissant, celui dont la langue aiguisée peut être entendu dans chaque situation de doute de soi, un ennemi qui nous tient éloigné de notre vrai moi et quelque fois nous éloigne des autres aussi. 

Néanmoins, le faux-self est simplement le complice de notre réel ennemi. Le vrai ennemi -s'adapter- mène une sorte de guérilla, se parant dans un brouillard épais, évitant la confrontation direct. C'est pourquoi il  est si important de confronter les critiques du faux-self qui  souvent manigance pour empêcher un développement personnel. Nous pouvons apprendre à nous occuper du faux-self selon nos propres conditions car nous pouvons entendre sa voix. Nous pouvons nous sensibiliser à son influence si nous apprenons à reconnaître sa tactique qui est de nous critiquer avec sa petite voix étouffée comme l'animateur de la radio de notre esprit, avec sa propangande qui est subtile et séductrice autant qu'elle est dangereuse. Jusqu'à ce que nous entendions ces critiques pour ce qu'elles ont, à savoir la voix intérieure de la désapprobation, nous sommes condamnés à vivre notre vie en étant constamment trompés par ces mensonges.

Que faire, alors, si l'on veux s'adapter et rester vrai pour soi-même ? Est-ce vivre  une version diluée de notre vie possible lorsque la réalisation de soi pèse dans la balance ? Il faut être honnête, et sans être agressif  ou irrespecteux, les surdoués mènent un curieuse vie. Par conséquent, nous pouvons nous attendre à ce que parfois les autres nous considèrent comme des curiosités. Mais ne serait-ce pas sympa si nous pouvions vivre notre curieuse vie sans être blessés par les remarques hostiles et les fausses étiquettes ? 


12 octobre 2016

The Rising

Pause musicale. Bruce Springteen a composé une chanson qui s'appelle "The rising". On pourrait traduire ce titre par "la rébellion, le soulèvement". En fait, il a crée ce morceau pour des raisons patriotiques, mais j'en parle ici dans le sens de "rebéllion" contre notre "faux-self", ce masque qui nous impose de paraître différents que ce que nous sommes réellement. La chanson est interprétée par Sting. 


Can't see nothin' in front of me
Can't see nothin' coming up behind
Make my way through this darkness
I can't feel nothing but this chain that binds me
Lost track of how far I've gone
How far I've gone, how high I've climbed
On my back's a sixty pound stone
On my shoulder a half mile of line
Come on up for the rising
Come on up, lay your hands in mine
Come on up for the rising
Come on up for the rising tonight
Left the house this morning
Bells ringing filled the air
I was wearin' the cross of my calling
On wheels of fire I come rollin' down here
Come on up for the rising
Come on up, lay your hands in mine
Come on up for the rising
Come on up for the rising tonight


La découverte de soi

Notre expérience de vie est inévitablement faîte de routes hasardeuses et imprévisibles, quelque part entre le déni de soi et la prise de risque inconsidérée. Nous pouvons sérieusement nous demander "quelle est la route qui mène les surdoués vers l'accomplissement de soi sans s'enfermer complètement dans la solitude ? La réponse est dans la découverte et la compréhension de soi. 

Ceux qui prennent le temps de découvrir qui ils sont vraiment et de faire la paix avec leur personnalité, gagnent un net avantage dans leur tentative de se diriger dans la bonne direction. Finalement, nous pouvons être amenés à adorer nos vies d'aventuriers, ouvertes à de nouvelles opportunités qui correspondent à nos qualités et nos compétences. Cette libération nous rend extraordinairement vivants. Ce sont ces réunions passagères avec notre âme profonde que nous libère. Une citation de C. Day Lewis, le poète britannique exprime bien cela : "Ô rêves, ô destinations". 

Pendant que nous sommes amenés à nous connaitre pleinement, nous pouvons faire des changements dans la mise en pratique de nos énergies créatrices. Nous avons été catalogués dans des rôles non gratifiants, que ce soit comme employé sous la coupe d'un petit chef, comme mère quadra dans un travail sans issue, ou comme retraité qui s'ennuie dans  les réunions de seniors. Ainsi nous pouvons découvrir que nous allons dans la mauvaise direction.

Deviens qui tu es vraiment !

L'une des principales clés de la libération personnelle, c'est la maîtrise de soi. Il faut garder à l'esprit que c'est un processus et pas un évènement, car les critiques intériorisées prennent du temps à s'effacer et un certain effort de conscience est nécessaire. Récupérer la pleine mesure de ses capacités n'est jamais le résultat d'un simple vœu de liberté ou d'épanouissement. Cependant, savoir que l'on n'est pas un grimpeur isolé sur un éperon rocheux peut aider. En commençant à reconnaitre d'autres adultes surdoués, petit à petit, on entend de plus en plus sa vraie voix, comme un écho, et finalement on se surprend à croire en elle. En libérant la fréquence de son âme, on va invariablement découvrir d'autres personnes qui fonctionnent au même rythme de vie. Il est essentiel de se rappeler de travailler avec, et non autour de sa propre particularité. Il ne s'agit pas d'être spectateur, mais de prendre possession de ses capacités. Elles sont uniques et doivent être préservées et délivrées, c'est-à-dire partagées avec les autres. Ses dons ne se trouvent chez aucune autre personne avec leurs particularités et dans cette unicité. Tandis que la tache collective des surdoués est le progrès de la civilisation, notre défi individuel est de devenir l'individu le plus complet possible dans une vie entière, ce qui est, bien sûr, le signe de la réalisation de notre douance. 

Prenons l'exemple aberant de Picasso. Sa mère avait de grandes ambitions pour son fils quand il était jeune. Elle lui disait: "si tu deviens soldat, tu seras général. Si tu deviens moine, tu seras pape." Le petit Picasso lui répondit malicieusement: "si je deviens peintre, je serais Picasso". Voilà, l'idée est là: devenir qui nous sommes vraiment.

Dix critiques envers les surdoués (1)

Il existe dix critiques de base que les surdoués entendent et subissent constamment. Bien que ces remarques soient le plus souvent dites sans intention de blesser, elles ne sont pas bégnines ou facilement écartées car elles perçent la peau susceptible du surdoué. Ces critiques sont des réflexions exterieures que les adultes surdoués internalisent systématiquement. Ce sont des freins de toute une vie qui interromptent le courant d'un potentiel bourgeonnant. Les voilà de la moins importante à la plus blessante, qui est la plus destructive pour l'amour-propre:

  •     "Pourquoi ne ralentis-tu pas ?
  •     "Tu te soucies de tout."
  •     "Ne peux-tu pas t'en tenir à une chose ?"
  •     "Tu es si théatral et dramatique".
  •     "Tu fais tout de la façon la plus dure".
  •     "Tu es si exigeant !"
  •     "Ne peux-tu être jamais satisfait ?"
  •     "Tu es si motivé !"
  •     "D'où tu as ces idées folles ?"
  •     "Qui crois-tu que tu es?" 

Comme par magie, quand il n'y a plus d'ennemi à l'intérieur de soi, il y en a beaucoup moins au-dehors. Partir en guerre inutilement et sytématiquement nécessite beaucoup d'énergie. Franchement, nous ne pouvons pas nous permettre de tels actes d'auto-sabotage. Beaucoup d'entre nous ont appris à nous défendre contre ces critiques à l'aide de remarques intelligentes ou de furtives retraites embarrassées. Avec du temps, en étant bien informés sur notre fonctionnement et en écoutant notre voix intérieure, nous pouvons arrêter d'être conditionnés et de nous conformer à la norme ambiante. Le but est de ne pas appuyer sur notre propre klaxon, mais de nous fortifier avec des informations précises. Lorsque les stéréotypes disparaissent, nous allons commencer à réparer les dégâts, à nous redynamiser et à nous engager vers une individualité et vers plus de liberté. Ensuite, il ne sera pas si difficile de trouver le courage d'exprimer nos dons avec autorité, de dire oui à des opportunités quand elles seront bonnes pour nous et non quand elles ne le seront pas. Et nous ne serons plus jamais blessés par des critiques imméritées.



Jonathan Livingston le goéland

Conseil lecture. "Jonathan Livingston le goéland" est un petit récit à lire pour s'évader. Son auteur, Richard Bach, l'a dédicacé « à ce Jonathan le Goéland qui sommeille en chacun de nous ».Voici le synopsis du livre et bonne lecture:

Décidément, Jonathan Livingston n 'est pas un goéland comme les autres. Sa seule passion : voler toujours plus haut et plus vite, pour être libre. Mais cet original qui ne se contente pas de voler pour se nourrir ne plait guère à la communauté des goélands. Condamné à l'exil, seul, Jonathan poursuit ses découvertes, sans peur, sans colére. Il est seulement triste de ne pouvoir les partager, jusqu'au jour où il rencontre des amis. Jonathan apprend alors à briser les chaînes qui emprisonnent son corps et ses pensées. Ce livre, drôle et poétique, est un hymne à l'amour et à la liberté !


2 octobre 2016

Une expérience douce-amère

La douance peut être à la fois une bénédiction et une malédiction, une force positive et une force négative dans la vie. Pourtant, elle est sans aucun doute une force réelle, consciente et inconsciente. Bien plus qu'un ensemble de qualités distinctes, la douance est un état d'être, une existence à part entière. Nier ces capacités, c'est nier la part existentielle de notre être, c'est sentir que l'on n'existe pas pleinement. Le surdoué non identifié trouve souvent ses traits dérangeants et inadaptés, car ils lui causent plus d'inconfort que de satisfaction. Il a l'impression de voir les choses à l'envers, tant son approche des choses est différente. Une étrange impression d'être comme un jouet monté à l'envers. Une volonté profonde de transformer des points négatifs en points positifs le pousse à éliminer les obstacles qui nuisent à sa vision des choses et qui empêchent l'émancipation de ses dons. La confiance est l'élément clé. Une confiance ravivée dans la vie et dans ses opportunités permet d'éviter de devenir une victime du cynisme. Ainsi, le surdoué qui se découvre doit suivre certaines règles:
  • -Découvrir qui il est et qui il n'est pas;
  • -Faire la paix avec sa nature propre, passé et présente;
  • -Trouver de nouvelles façons de laisser ses dons être des atouts, et non pas des défauts;
  • -Éviter les forces mortifères de l'auto-sabotage et de l'oppression venant des autres;
  • -Changer sa façon d'utiliser ses dons;
  • -Apprendre à faire confiance et coopérer avec sa boussole intérieure;
  • -Clarifier et mettre en oeuvre sa mission de vie, ce qu'il veut faire dans la vie.
L'expérience de vie d'un surdoué est la plupart du temps une expérience douce-amère. Pourtant, cette amertume n'est pas nécessaire. Elle est faite de décalage, d'incompréhension, de stéréotype, qui polluent la vie quotidienne et à la longue, la vie entière. Le chemin vers la lumière pour un surdoué est solitaire. Comme tout travail d'introspection d'ailleurs. Un psy peut l'y aider, mais il ne faut pas se faire d'illusion, en France, c'est le désert. Á part des personnes comme Jeanne Siaud-Facchin qui semble être la plus visible aujourd'hui, il y a de grandes chances d'être diagnostiqué(e) bipolaire par tous les autres.  Aux États-Unis, la douance est étudiée et diagnostiquée depuis longtemps. Je pars du principe ici que vous n'ayez pas développé une névrose durant les longues années et les décennies qui séparent votre enfance et le moment présent et que vous soyez effectivement devenu bipolaire ou psychopathe. Rires.

J'espère que ce blog, comme d'autres, contribuera à aider à la compréhension de la douance. Il est vraiment important d'arrêter le gaspillage. Il faut sauver le surdoué Ryan.

1 octobre 2016

Une définition de l'intelligence par Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche compare l'intelligence à un cheval fou. Je vous livre brut de décoffrage la citation, j'en reparlerai plus loin dans le blog. Imaginez Fabrice Luchini vous la réciter avec son style inimitable. Voici la citation:

"L'intelligence est un cheval fou, il faut apprendre à lui tenir les rênes, 
à le nourrir de bonne avoine, à le nettoyer, et parfois à utiliser la cravache. "

Volutes

Pause musicale. Un clin d'oeil à Alain Bashung. Un poète moderne qui a écrit les paroles de la chanson "Volutes" en maniant les mots et leurs sens avec beaucoup de talent.

https://www.youtube.com/watch?v=JFDYfhhHEk8

" J’cloue des clous sur des nuages
Un marteau au fond du garage
J’cloue des clous sur des nuages
Sans échafaudage"

Cinq vérités sur la douance

5 vérités de base sur la douance:
  • Être surdoué veut dire être inévitablement différent de différentes façons; Ces différences ne sont pas des défauts, mais sont en fait des qualités et les fondations de l'excellence;
  • Occassionellement les autres ne comprennent pas et tentent d'entraver les efforts visionnaires du surdoué. Le surdoué doit acquérir des actuces (street smarts/débrouillardise) pour se comporter face à cette opposition et y laisser le moins de plumes possible;
  • Bien que les adultes surdoués soient intelligents et créatifs, découvrir et réaliser leur mission dans la vie est une tâche rigoureuse qui peut prendre plusieurs années à se réaliser. Il faut être patient;
  • La culture d'un haut potentiel est nettement mise en valeur en trouvant un mentor et quelques pairs dont le soutien doit être dénué de jalousie ou d'intéréts personnels;
  • Le surdoué doit découvrir son centre spirituel. Il lui servira de ressource fondamentale pour s'orienter dans la vie, pour s'affirmer et comme source d'inspiration.

La douance: bénédiction ou malédiction ?

Il y a peu de surdoués qui aient été approchés jeunes et à qui ont aient dit "vous avez des dons qui vous rendent spéciaux, uniques et particuliers. Ils peuvent vous rendre aussi très vulnérables". En tant que surdoués, personne ne nous a supporté dans nos efforts pour grandir avec nos capacités. Personne ne nous a parlé de notre personnalité et que nos besoins étaient inextricablement liés à nos traits de surdoués. Est-ce que quelqu'un a mentionné que nos nombreux changements de carrières étaient courants chez les surdoués, que les gens comme nous prospérent dans le changement et les défis. Personne ne nous a suggéré que nos différences de "droles de canards", notre perfectionisme, nos excitabilités, notre sensitivité et notre motivation évidentes pouvaient être ce qui étaient le plus vrai en nous et pas le plus mauvais. Il n'y a pas de refuge pour les adultes surdoués. Il faut composer avec les autres. Il faut s'approprier les traits qui nous font surdoués. Et il ne faut jamais perdre de vue deux choses importantes: 
  • la négligence de soi et l'acceptation d'une fausse personnalité (faux-self), comme rempart à l'hostilité ambiante, tuent le potentiel du surdoué;
  • connaitre la vraie signification de la douance est la seule façon d'ouvrir de nouvelles voies.
Si être surdoué est plus une bénédiction qu'une malédiction, il faut être serieux sur ce que nous voulons supporter et sur la route que nous voulons prendre. L'idée à retenir est que résister à nos dons est le choix d'ignorer la vraie force de nos capacités.

Le complexe de l'albatros chez le surdoué

Dans le poème, "L'Albatros", Charles Baudelaire utilise une métaphore pour illustrer la condition du poète parmi ses contemporains. Comme un albatros, capturé par l'équipage d'un navire qui le ridiculise et le maltraite, le poète est marginalisé et ses aspirations sont incomprises par la société.
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Baudelaire, Les fleurs du mal.

Sans être forcément un génie dans ses actes quotidiens, le surdoué lambda a une sensitivité exarcébée et une vie intérieure plus riche que la moyenne ce qui le pousse à exposer des idées originales et à s'intéresser à tout ce qui l'entoure. Cela produit un décalage avec son entourage. Pas nécessairement dans le milieu familial car la douance implique une part de génétique, donc d'autres membres de la famille sont surdoués, ce qui crée des compatibilités intellectuelles entre eux. Le décalage se ressent surtout à l'extérieur de ce cercle familial (amis/travail).

Dans ce monde, le surdoué peut ressentir l'embarras et l'handicap de l'albatros qui marche maladroitement sur le pont du bateau. Alors qu'il est majestueux, une fois dans les airs. Face à cette incompréhension et cette hostilité du monde extérieur, les enfants surdoués peuvent développer le "complexe de l'albatros", une inhibition intellectuelle, un renoncement à exploiter leurs ressources intellectuelles car ils les voient comme la cause de leurs problèmes avec les autres. Cette défense se met en place durant l'enfance. Elle dure toute la vie, sauf si l'on découvre sa douance et que l'on fait voler en éclat ce masque. Réfléchissez-y !