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17 octobre 2016

Book Smarts vs Street Smarts

J'ai trouvé un article paru sur un site américain (*) qui parle de l'intelligence livresque/encyclopédique ("book smarts") et de l'intelligence de la rue ("street smarts", débrouillardise). Voici ce que j'en ai retenu:

Pour cet auteur la débrouillardise (street smarts) a plus de valeur que l'intelligence académique (book smarts). Être débrouillard pour lui, c'est avoir une conscience aiguisée des situations de la vie. Vous pouvez évaluer l'environnement ou vous évoluez ainsi que les personnes qui y vivent. De plus, vous pouvez estimer les points de vue des uns et des autres.  Être dans la rue ou sur le terrain, selon la métaphore utilisée (street smarts), demande de votre part à apprendre à faire confiance à votre propre jugement sur les gens et les problèmes. Cette aptitude a une grande valeur dans la vie ou que vous soyez. La débrouillardise (street smarts) vient de l'expérience. Cela veut dire qu'il faut apprendre des choses qui nous arrivent dans la vie, bonnes ou mauvaises, y penser, et apprendre à s'améliorer à partir de ces expériences. La principale différence entre l'intelligence de la rue (street smarts) et l'intelligence livresque (book smarts) c'est ce qui est au centre de cette intelligence. Dans la rue, c'est vous. Dans un livre, vous essayez de comprendre la pensée de quelqu'un d'autre sur le monde, et en faisant de la sorte vous êtes malgré tout loin d'une expérience personnelle. "Street smarts" veut dire que vous vous êtes mis en danger et que vous avez survécu. Et que peut-être vous vous êtes épanoui. Ou alors que vous avez pris des coups. Vous avez été testé et vous serez armé quand vous serez testé à nouveau. Être débrouillard (street smarts) peut mené à être cultivé (street books) car le débrouillard sent ce qui peut marcher et ce qui ne marche pas et s'adapter ainsi suivant la situation. L'intelligence académique (book smarts) signifie que quelqu'un est bon à suivre les règles, qu'il a toujours eu des bonnes notes à l'école, qu'il a toujours été assis au premier rang, et qu'il a aimé surement les mots croisés. Ils aiment les choses qui ont des réponses exactes. Il aime croire que son niveau d'intelligence lui permet, d'une certain facon,  de compenser son manque d'expérience dans la vraie vie. 

L'auteur de l'article précise qu'il est lui-même un amoureux des livres et possède des diplômes universitaires (sic), ce qui pourrait le ranger dans la catégorie des "book smarts". Mais Il conclue en disant que "c'est cette connaissance, au service de sa débouillardise (street smarts), qui explique les choses qui a réalisé dans la vie" (ouah!).

Cet article énumèrent des clichés sur les amoureux des livres, les introvertis, les surdoués (souvent les mêmes personnes d'ailleurs). Mais bon, malgré tout ça, il met en évidence deux problèmes que beaucoup de surdoués rencontrent dans leur vie, c'est de comprendre les règles de la vie en société et de savoir "jouer le jeu" (au travail par exemple). Pour moi, la culture c'est très important (book smarts) et la débrouillardise (street smarts) c'est quelque chose qui vient la compléter. Et pas l'inverse. La "petite frappe" qui fait ses affaires dans la rue est sûrement débrouillard, mais il finira un jour au l'autre en prison. Le "rat de bibliothèque" qui ne sort jamais n'a pas de grande perspective dans la vie, hormis sa passion de lire et de chercher, ce qui est déjà pas mal. Pour les surdoués, c'est évidemment la débrouillardise dans la vie de tous les jours qui fait défaut. Il faut y travailler pour éviter de se noyer dans nos émotions et perdre ainsi le fil de notre destinée. A bon entendeur...

(*) http://scottberkun.com/2010/book-smarts-vs-street-smarts/
 

15 octobre 2016

Le faux-self

Le terme self est la traduction anglaise du soi. Le pédiatre britannique, Donald Woods Winnicott, a distingué le "vrai-self" du "faux-self": Le vrai-self désigne l'image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond effectivement à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction adaptée. Le faux-self désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé. Par ailleurs, les rapports entre "vrai" et "faux-self" évoluent tout au long de la vie, en termes d'adaptation à l'environnement ou avec l'aide du travail thérapeutique. Winnicott distingue cinq degrés d'organisation du faux self :
  • À l'extrême, c'est le faux-self que l'on prend pour la personne, le vrai self inapparent restant dissimulé. Cependant, il manque au faux-self « ...quelque chose d'essentiel. ». Socialement la personne est ressentie comme fausse. Le faux-self a entièrement recouvert la personnalité, laissant en toute situation une impression de 'fausseté' dans la relation. Le vrai-self est totalement dissimulé aux autres. L'individu souffre de la situation qu'il subit en société: la tension entre "vrai" et "faux-self" crée un handicap dans sa vie sociale;
  • Le faux-self protège le vrai-self qui reste virtuel. C'est « ...l'exemple le plus clair d'une maladie clinique organisée dans un but positif : la préservation de l'individu en dépit des conditions anormales de l'environnement. ». Le faux-self, pour préserver l'individu d'un environnement jugé nocif, maintient le vrai-self sous protection;
  • Plus proche de la santé, le faux-self prend en charge la recherche des conditions qui permettront au vrai-self de « recouvrer son bien ». Son bien, à savoir son identité propre. Le faux-self tente de trouver une adaptation avec l'environnement pour permettre au vrai-self de s'exprimer;
  • Encore plus proche de la santé, le faux-self « ...s'établit sur la base d'identifications... ». Des identifications tiennent lieu de faux-self. Le vrai-self parvient à s'exprimer relativement facilement à travers elles;
  • Chez une personne en bonne santé, le faux-self est constitué de ce qui organise « ...une attitude sociale polie, de bonnes manières et une certaine réserve. ». C'est cette politesse qui permet la vie en société. Le faux-self autorise l'expression en société par une attitude a priori polie, des manières sociales adaptées aux autres et respectant les conventions. Il établit le contact, maintient la distance et préserve l'intimité. Le vrai-self peut s'exprimer dès que l'individu le souhaite, et avec qui il le souhaite. Pour un surdoué, ce stade peut être entretenu par la mise en place d'une intelligence pratique ou "street smarts".

25 septembre 2016

Trois types d'intelligences - Street Smarts

Le psychologue cognitif américain, Robert Sternberg, s'est intéressé à l'intelligence pratique et à la créativité. Il définit la créativité comme « le talent à produire un travail qui est novateur (original, inattendu), de très haute qualité et approprié (utile). Sternberg distingue trois grandes catégories d'intelligences dans son modèle triarchique de l’intelligence:

  • L'intelligence analytique est la capacité à accomplir des tâches scolaires de résolution de problème, telles que celles utilisées dans les tests traditionnels d'intelligence. Ces types de tâches présentent des problèmes bien définis qui ont une seule réponse correcte.
  • L'intelligence créative ou synthétique est la capacité à faire face avec succès à des situations nouvelles et inhabituelles en tirant parti de ses connaissances et compétences existantes. Les individus possédant une grande intelligence créative peuvent donner de « fausses » réponses parce qu'ils voient les choses d'une façon différente.
  • L'intelligence pratique est la capacité à s'adapter à la vie de tous les jours en tirant parti de ses connaissances et compétences existantes. L'intelligence pratique permet à un individu de comprendre ce qu'il est nécessaire de faire dans une situation donnée et, alors, de le faire. Cette intelligence, appelée aussi contextuelle, "traite de l'activité mentale impliquée dans l’ajustement à l’environnement de l’individu». Elle se sous-divise en trois processus : l’adaptation, la mise en forme et la sélection. L’individu crée un ajustement idéal entre lui et son environnement. Ainsi,  l’adaptation se produit quand on fait un changement en soi-même afin de mieux s’adapter à son environnement. Exemple : lorsque les changements climatiques et les températures chutent, les gens s’adaptent en portant des couches supplémentaires de vêtements pour rester au chaud. La mise en forme se produit lorsque l'on change un environnement pour mieux répondre à un besoin. Exemple : Un enseignant peut invoquer la nouvelle règle de lever les mains pour parler afin de veiller à ce que la leçon soit enseignée avec le moins de perturbations possible. Le processus de sélection est entrepris quand un tout nouvel environnement de remplacement est trouvé pour remplacer l'environnement insatisfaisant précédent pour atteindre les objectifs de l'individu. Exemple : les immigrants quittent leur vie dans leur pays où ils endurent des difficultés économiques et sociales, et vont dans d'autres pays à la recherche d'une vie meilleure.
L’intelligence pratique (ou « douance pratique ») est souvent désignée comme de la «débrouillardise » ou « street smarts » en Anglais. Elle permet notamment aux surdoués de s’adapter intelligemment à tout type d’environnement. Elle implique la capacité d'appliquer les compétences synthétiques et analytiques à des situations de tous les jours. En pratique, les gens doués excellent dans leur capacité à s’adapter à tous les milieux. Sternberg reconnaît également qu'une personne ne se limite pas à exceller dans une seule de ces trois intelligences. Beaucoup de gens peuvent posséder une intégration de tous les trois et ont des niveaux élevés de ces trois intelligences.