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24 février 2018

Niveaux de développement (L)

Niveaux de développement
-Deux niveaux d'intégration : primaire (niveau 1) et secondaire (niveau 5)
-Trois niveaux de désintégration : unilatérale (niveau 2), stratifiée spontanée (niveau 3) et stratifiée
organisée (niveau 4).

Intégration
Incorporation de différentes fonctions dans une structure coordonnée, créant un équilibre dynamique,
contrepoids des réponses névrotiques. Correspond à un état et/ ou un fonctionnement stable et cohérent, sans trop de questionnement ni d'inconfort.

Développement unilatéral
Développement limité à un talent ou compétence, à une gamme limitée de capacités et fonctions mentales. A ce stade, on remarque l'absence d'instinct créatif et d'empathie. Tombant sous le contrôle d'un centre de contrôle primitif, peut conduire å la psychopathie et la paranoia.

Désintégration
Désorganisation, dissolution ou perte des fonctions et structures mentales. Processus pouvant permettre à certains individus de passer de l'intégration primaire à l'intégration secondaire. Peu atteignent néanmoins ce dernier. L'atteinte de l'intégration secondaire niveau correspond à la pleine réalisation de I'ldéal du soi.

14 janvier 2018

La désintégration positive de Dabrowski (niveau II) - Dabrowski -

Le niveau 2 consite en une désintégration à niveau unique. La majorité des gens en font l'expérience au cours de leur vie. Ceux sont ces périodes où l'on ne se reconnait plus, où l'on a plus foi en ce qu'on fait, où l'on réfléchit au sens de sa vie. Après une période de plus où moins agitée, la personne retrouve généralement sa sérénité et se réintègre. Les choix qui se présentent à elle se trouvent être de même nature, d'importance équivalente, mais sa structure psychique reste relativement inchangée. Cela ne signifie pas qu'elle se rendort ou qu'elle redevient passive face aux évènements et dans sa vie, mais simplement qu'elle retrouve un équilibre. Les hauts potentiels vivent souvent ces périodes, car leur potentiel de développement est relativement élevé.


La théorie de la désintégration positive (niveaux I et II) - Dabrowski -

La théorie postule cinq niveaux d’évolution dont chacun représente une structure psychologique distincte et crée une vision du monde unique. Au niveau I, les individus sont égocentriques au fond et il n’y a que peu d’égard authentique pour les autres, sauf dans le sens de veiller à ses possessions : ma famille, mon affaire, mon équipe de bowling, mon voisinage. Les individus du niveau I se servent des autres pour satisfaire leurs propres besoins de façon automatique ; c’est une obligation naturelle et même morale – prendre soin du numéro un (et des biens du numéro un). Il n’y a pas de réflexion sur soi, pas d’acceptation de culpabilité, pas d’observation rigoureuse consciente quant aux effets de leurs actions sur les autres, pas de sensibilité émotionnelle. Il n’y a pas de conflit intérieur. Tout conflit est externalisé, en opposition à tout ce qui gêne l’accomplissement des désirs. Comme il n’y a pas de vie intérieure à s’interposer entre de telles personnes et leurs ambitions, ils peuvent très bien acquérir du pouvoir par des moyens impitoyables. Au pire, la personnalité du niveau I est un psychopathe, sans aucune indication de potentiel de maturité. Au mieux, au bout le plus haut du niveau I, on trouve une grande partie de l’humanité : des personnes convenables, qui travaillent dur, respectent la loi, qui sont affectueux envers famille et amis, qui ont des croyances fortes mais non remis en question et qui, en général, maintiennent le tissu social. Acculturés et accommodants, ils soutiennent des éthiques et valeurs établies.

Les individus du niveau II ont moins de confiance en eux. Ils ont un sentiment de manquer de quelque chose d’indéfinissable qui les ronge et ils cherchent l’accomplissement et l’approbation auprès d’autres personnes, dans des mouvements de groupe et en aidant et secourant autrui. Ils sont très préoccupés par la question, « Que vont penser les autres de moi ? ». A ces personnes, il manque l’ingrédient essentiel du développement du soi, une hiérarchie interne de valeurs qui distingue entre véritables convictions et accommodations aux autres. Comme ils n’ont pas été pourvus d’un moyen de diriger leur comportement de l’intérieur, ils s’appuient sur les autres pour approuver ou désapprouver ce qu’ils font. Ils se sentent désorientés, impuissants, incertains à tous les égards et inférieurs aux autres. Ils se conforment aux normes des groupes par besoin de sécurité, plutôt que par un véritable engagement envers ces normes, mais ils peuvent passer d’un groupe à l’autre ou d’un amant à l’autre à la recherche d’une plus grande approbation.

Un grand groupe de personnes opère au niveau II. Ils ont des sentiments ambivalents et un comportement incohérent qui reflètent leur vie intérieure confuse. Souvent, ils sont attirés par des projets de développement personnel, mais ils ont du mal à progresser car ils ont tendance à sauter d’une technique à une autre, avide d’essayer tout ce qui est vendu comme le dernier cri et « le meilleur ». Quelques-uns deviennent relativistes quand ils développent une conscience sophistiquée de comment les valeurs varient d’une culture à l’autre, ils peuvent tolérer une large gamme de climats moraux sans prendre au sérieux un quelconque système de valeurs.

Certaines personnes restent au niveau II toute leur vie et certaines personnes avec un plus grand potentiel intérieur avancent. Ceux qui restent au niveau II sont appelés « conserveurs » et ceux qui vont plus loin « transformeurs ». Les conserveurs s’occupent à défendre l’homéostasie (l'équilibre) de l’organisation actuelle de leurs vies. Les transformeurs avancent plus volontiers vers le processus de désintégration.

Il y a beaucoup de distinctions importantes entre conserveurs et transformeurs qui ont un rapport avec les hommes et femmes en milieu de vie. Les conserveurs ont tendance à manquer d’assurance et ont besoin de l’approbation de leur monde. Leur besoin d’estime de soi consomme une grande partie de leur énergie. Ils cherchent continuellement à soutenir leur faible opinion d’eux-mêmes en obtenant l’approbation des autres ou en se convaincant eux-mêmes d’être quelqu’un de bien – des personnes ayant le sens du sacrifice, qui savent donner, prendre soin et qui sont responsables. En effet, ils peuvent être chaleureux, sensibles, facilement émus, motivés à travailler pour le bien-être des autres et être extrêmement préoccupés par la recherche de relations personnelles idéales. Ils peuvent se focaliser sur les besoins des autres au point d’être assez empathiques mais souvent, leur empathie prend la forme d’une sur-identification aux autres et ils se perdent ainsi eux-mêmes dans le drame de la vie des autres. L’empathie peut vite tourner au mépris quand ils ne se sentent pas appréciés pour leur bienveillance. Leur affectivité peut prendre la forme d’une dépendance aux autres, de jalousie ou de dénigrement de soi. Ils ressentent beaucoup de culpabilité à peut-être ne pas vivre à la hauteur des attentes des autres et ils sont aussi tout à fait capables d’utiliser la culpabilité pour manipuler les autres.

Bien que dans les normes de la société, le niveau II soit considéré comme « normal », il y a des implications cliniques frappantes dans cette population. Les individus au niveau II sont plus sujets aux troubles psychosomatiques, à l’alcoolisme, à la dépendance aux drogues, aux phobies et même à la schizophrénie. Leur affectivité peut ne pas être bien dirigée mais le simple fait qu’elle existe au moins, fait que le niveau II soit une avance du développement par rapport à l’assurance insensible du niveau I. Leur désorientation est leur premier pas dans le processus désintégrant d’évolution plus avancée. Beaucoup de personnes demeurent dans cet état confus leur vie entière, se cramponnant à leur faible sens du moi et en se protégeant de futures désintégrations. Mais quelques-uns avancent, risquant tout ce qu’ils croyaient être pour trouver une plus grande vérité ; cette minorité compose les transformeurs qui avancent vers le niveau III.

9 mai 2017

Les niveaux de Kazimierz Dabrowski - Dabrowski -

La théorie de Dabrowski permet d’aborder avec un éclairage différent le perfectionnisme chez la population surdouée, ce dernier se présentant différemment en fonction des niveaux de développement.

Niveau 1
Au premier niveau, l’individu est seulement concerné par lui-même. Au service de l’égocentrisme, les perfectionnistes deviennent tyranniques. Ils ne perçoivent pas leurs propres imperfections et se focalisent sur celles des autres. Une personne du premier niveau se servira des autres pour s’autogratifier et se surestimer. Les besoins des autres ne sont jamais pris en compte, seule l’image qu’ils leur permettent de renvoyer à de l’importance.
La devise du niveau 1 serait « je suis parfait, mais pas vous ».

Niveau 2
Le champ de la psychologie perçoit généralement le perfectionnisme comme un trouble névrotique. La plupart des formes névrotiques du perfectionnisme sont issues du 2ème niveau. Au niveau 2, les individus sont à la merci du groupe social. Ils se demandent constamment ce que les autres vont penser d’eux si… Ils expérimentent les sentiments d’insécurité et d’infériorité envers les autres. C’est le niveau du tout ou rien. Les perfectionnistes de ce niveau essaient d’être à la hauteur des attentes des autres ou de ce qu’ils pensent être leurs attentes. Ces valeurs qu’ils intériorisent et font leur sont toujours dictées par la famille, les amis, les médias, les groupes religieux, etc. Ils focalisent leur attention sur les propres imperfections et perçoivent leur vie à travers un miroir déformant, rarement à leur avantage. L’auto dépréciation constitue un aspect débilitant du perfectionnisme.
La devise du niveau 2 serait « je ne suis pas assez bon. Je ne serai jamais assez bon ».

Niveau 3
Les formes plus saines du perfectionnisme émergent dans les hauts niveaux de développement. Au 3ème niveau, l’individu devient un « chercheur d’autoperfection ». Au lieu de se sentir inférieur par rapport aux autres ou d’avoir l’impression de ne pas être en adéquation avec les attentes des autres, la personne devient consciente de son potentiel à devenir humain et sent que son action n’est pas à la hauteur de ce potentiel. Apercevoir en soi ces possibilités d’intégrité, d’empathie, de sagesse et d’harmonie constitue une formidable incitation à grandir. Commence un long chemin de reconnaissance et de transformation des instincts les plus bas. Toutefois, si l’individu du niveau 3 perçoit cette réalité, il est le plus souvent incapable de la trouver. Il en résulte que l’individu du niveau 3 vit intérieurement une tension verticale entre ce qui est et ce qui devrait être.
La devise du niveau 3 serait « je vois où je veux aller, mais je ne vois pas de route pour y arriver ».

Les dynamismes de ce niveau marquent clairement une expérience déplaisante:
– Hiérarchisation (perception critique et évaluation de ses propres valeurs)
– Insatisfaction personnelle (frustration et colère face à ce qui est)
– Sentiment d’infériorité (frustration et inadéquation personnelle)
– Stupéfaction vis à vis de soi-même (surprise et choc face à ce qui est)
– Honte (embarras face à ses propres déficiences)
– Culpabilité (angoisse à propos de ses fautes morales)
– Inadéquation positive (antagonisme entre l’opinion sociale et la protestation découlant des violation des principes moraux intrinsèques).

Ces forces servent de catalyseur à une transformation intérieure : les hauts niveaux de réalité exercent une force beaucoup plus puissante sur l’individu du niveau 3 que les bas niveaux de réalité. Une personne qui expérimente ces sentiments intenses peut facilement ne pas être comprise par un thérapeute pour qui le concept de perfectionnisme se limite aux manifestations que l’on retrouve au niveau 2.

Niveau 4
Au niveau 4, l’individu est capable de s’engager sur une vie assujettie à ses idéaux. Il gagne une grande capacité à l’autoréflexion, à l’acceptation des autres et de lui-même. Il y a davantage d’autorégulation. Au lieu d’être contrôlé par des désirs basiques, comme la possession ou les envies de contrôler les autres, il accède facilement à la compassion et à la compréhension des conditions des autres. Le perfectionnisme à ce niveau est global et la vie est appréciée pour sa perfection inhérente.
La devise du niveau 4 serait  » ce qui devrait être sera, je le ferai advenir ».

Niveau 5
Le dernier niveau représente la perfection de la personnalité. C’est une vie sans conflits, dirigée par des principes directeurs très élevés. À ce stade du développement humain, l’individu devient un professeur, un guide, un exemple pour les autres. Il vit sa vie au service de l’humanité, et non au service de son ego.
La devise du niveau 5 serait « tout est amour ».
 

9 mars 2017

Niveaux 1 et 2 de la théorie - Dabrowski -

La théorie postule cinq niveaux d’évolution dont chacun représente une structure psychologique distincte et crée une vision du monde unique. Au niveau I, les individus sont égocentriques au fond et il n’y a que peu d’égard authentique pour les autres, sauf dans le sens de veiller à ses possessions : ma famille, mon affaire, mon équipe de bowling, mon voisinage. Les individus du niveau I se servent des autres pour satisfaire leurs propres besoins de façon automatique ; c’est une obligation naturelle et même morale – prendre soin du numéro un (et des biens du numéro un). Il n’y a pas de réflexion sur soi, pas d’acceptation de culpabilité, pas d’observation rigoureuse consciente quant aux effets de leurs actions sur les autres, pas de sensibilité émotionnelle. Il n’y a pas de conflit intérieur. Tout conflit est externalisé, en opposition à tout ce qui gêne l’accomplissement des désirs. Comme il n’y a pas de vie intérieure à s’interposer entre de telles personnes et leurs ambitions, ils peuvent très bien acquérir du pouvoir par des moyens impitoyables. Au pire, la personnalité du niveau I est un psychopathe, sans aucune indication de potentiel de maturation. Au mieux, au bout le plus haut du niveau I, on trouve une grande partie de l’humanité : des personnes convenables, qui travaillent dur, respectent la loi, qui sont affectueux envers famille et amis, qui ont des croyances fortes mais non remis en question et qui, en général, maintiennent le tissu social. Acculturés et accommodants, ils soutiennent des éthiques et valeurs établies.

Les individus du niveau II ont moins de confiance en eux. Ils ont un sentiment de manquer de quelque chose d’indéfinissable qui les ronge et ils cherchent l’accomplissement et l’approbation auprès d’autres personnes, dans des mouvements de groupe et en aidant et secourant autrui. Ils sont très préoccupés par la question,  "Que vont penser les autres de moi ?". A ces personnes, il manque l’ingrédient essentiel du développement du soi, une hiérarchie interne de valeurs qui distingue entre véritables convictions et accommodations aux autres. Comme ils n’ont pas été pourvus d’un moyen de diriger leur comportement de l’intérieur, ils s’appuient sur les autres pour approuver ou désapprouver ce qu’ils font. Ils se sentent désorientés, impuissants, incertains à tous les égards et inférieurs aux autres. Ils se conforment aux normes des groupes par besoin de sécurité, plutôt que par un véritable engagement envers ces normes, mais ils peuvent passer d’un groupe à l’autre ou d’un amant à l’autre à la recherche d’une plus grande approbation.

Un grand groupe de personnes opère au niveau II. Ils ont des sentiments ambivalents et un comportement incohérent qui reflètent leur vie intérieure confuse. Souvent, ils sont attirés par des projets de développement personnel, mais ils ont du mal à progresser car ils ont tendance à sauter d’une technique à une autre, avide d’essayer tout ce qui est vendu comme le dernier cri et le meilleur. Quelques-uns deviennent relativistes quand ils développent une conscience sophistiquée de comment les valeurs varient d’une culture à l’autre, ils peuvent tolérer une large gamme de climats moraux sans prendre au sérieux un quelconque système de valeurs.

Certaines personnes restent au niveau II toute leur vie et certaines personnes avec un plus grand potentiel intérieur avancent. Ceux qui restent au niveau II sont appelés "conserveurs" et ceux qui vont plus loin "transformeurs". Les conserveurs s’occupent à défendre l’homéostasie (équilibre) de l’organisation actuelle de leurs vies. Les transformeurs avancent plus volontiers vers le processus de désintégration.

Il y a beaucoup de distinctions importantes entre conserveurs et transformeurs qui ont un rapport avec les hommes et femmes en milieu de vie. Les conserveurs ont tendance à manquer d’assurance et ont besoin de l’approbation de leur monde. Leur besoin d’estime de soi consomme une grande partie de leur énergie. Ils cherchent continuellement à soutenir leur faible opinion d’eux-mêmes en obtenant l’approbation des autres ou en se convaincant eux-mêmes d’être quelqu’un de bien – des personnes ayant le sens du sacrifice, qui savent donner, prendre soin et qui sont responsables. En effet, ils peuvent être chaleureux, sensibles, facilement émus, motivés à travailler pour le bien-être des autres et être extrêmement préoccupés par la recherche de relations personnelles idéales. Ils peuvent se focaliser sur les besoins des autres au point d’être assez empathiques mais souvent, leur empathie prend la forme d’une sur-identification aux autres et ils se perdent ainsi eux-mêmes dans le drame de la vie des autres. L’empathie peut vite tourner au mépris quand ils ne se sentent pas appréciés pour leur bienveillance. Leur affectivité peut prendre la forme d’une dépendance aux autres, de jalousie ou de dénigrement de soi. Ils ressentent beaucoup de culpabilité à peut-être ne pas vivre à la hauteur des attentes des autres et ils sont aussi tout à fait capables d’utiliser la culpabilité pour manipuler les autres.

Bien que dans les normes de la société, le niveau II soit considéré comme normal, il y a des implications cliniques frappantes dans cette population. Les individus au niveau II sont plus sujets aux troubles psychosomatiques, à l’alcoolisme, à la dépendance aux drogues, aux phobies et même à la schizophrénie. Leur affectivité peut ne pas être bien dirigée mais le simple fait qu’elle existe au moins, fait que le niveau II soit une avance du développement par rapport à l’assurance insensible du niveau I. Leur désorientation est leur premier pas dans le processus désintégrant d’évolution plus avancée. Beaucoup de personnes demeurent dans cet état confus leur vie entière, se cramponnant à leur faible sens du moi et en se protégeant de futures désintégrations. Mais quelques-uns avancent, risquant tout ce qu’ils croyaient être pour trouver une plus grande vérité ; cette minorité compose les transformeurs qui avancent vers le niveau III.

26 décembre 2016

La théorie et la douance - Dabrowski -

Prise de conscience de la douance
Un surdoué qui ignore sa douance est souvent mal dans sa peau, se sent souvent en décalage par rapport à la société, a une mauvaise image de lui-même, peut avoir de sérieux problèmes psys, voire faire une ou plusieurs crises existentielles, tout en essayant de faire de son mieux, d'être "quelqu'un de bien", d'être conforme aux attentes de la société et aux modèles que constituent "les autres". La découverte de sa douance est pour le surdoué une remise en cause brutale de ce sentiment de devoir de conformité et d'adaptation, et un changement complet de la vision qu'il a de lui même, avec une relecture et une réinterprétation de son passé. Cette prise de conscience de l'inaptitude du reste du monde à lui servir de modèle et de la nécessité de repartir sur de nouvelles bases, déterminées par lui, et qui lui sont spécifiques, est parfois "une grande claque", avec pleurs et remises en cause, et est en fait une désintégration positive des faux schémas et devoirs, avec une prise en main de son système de valeurs et de ses règles de conduites par l'individu surdoué (passage d'un état qui oscillait entre les niveaux 1, 2 et 3, au niveau 4 de la théorie de la désintégration positive de Dabrowski).

Perfectionnisme
Le perfectionnisme, ou haut niveau d'exigence, est souvent considéré comme contributeur d'une faible estime de soi, fréquente chez les surdoués. Mais le perfectionnisme est de nature différente suivant le niveau de développement de l'individu :

-au niveau 1 de la théorie de la désintégration positive, le perfectionnisme est oppressif, et amène à juger les autres comme inférieurs.
-au niveau 2, il peut être débilitant, parce qu'il est imbriqué dans le doute de soi et l'introjection des valeurs des autres.
-au niveau 3, quand il rejoint la hiérarchisation des valeurs, il devient le sentiment d'être inférieur à soi, qui est une dynamique qui pousse le développement vers des niveaux plus élevés.
-au niveau 4, il évolue en un désir de perfection de soi, ce qui conduit à une vie imprégnée par les idéaux de niveau supérieur.
-au niveau 5, c'est la reconnaissance de la perfection inhérente à tout ce qui est.

Monde intérieur
Les surdoués exploitent et sont galvanisés par ce que Dabrowski appelle la réalité théorique. La réalité perçue par les sens (l'ici et maintenant de l'existence banale) n'est qu'une réalité (parmi d'autres). Les esprits exceptionnels accèdent naturellement à des niveaux plus puissants de fantasme, d'imagination et d'intuition. Dans ce milieu riche, ils résolvent des problèmes, découvrent de nouvelles perspectives et créent sur un niveau d'abstraction séparé du monde de la perception sensorielle directe. Pour ceux qui disposent de la sensibilité morale, d'immenses pouvoirs d'imagination, d'une riche vie affective, et d'un besoin absolu pour la recherche intellectuelle, cette réalité théorique est plus réelle, plus compréhensible et de plus d'importance que la réalité de la vie quotidienne. 

Dabrowski a écrit: "L'ajustement à ce "qui devrait être" est chez certains individus plus fort que leur ajustement à "ce qui est"". Pour eux, le développement est modulé par l'interpénétration des expériences de désintégration et d'intégration, façonnant la fonction intellectuelle en la mettant en relation avec les émotions de plus haut niveau. Cela crée une structure intégrée de la conscience de haut niveau où la pensée et les ressentis s'associent et se co-déterminent. Une transformation de développement supplémentaire se produit lorsque l'intuition de haut niveau est activée et promue, créant une synthèse dynamique permanente de ce qui est directement ressenti de manière intuitive. Ce fonctionnement à plusieurs niveaux et cette dynamique de développement, bien que rare, est un processus évolutif naturel pour les individus surdoués.

15 décembre 2016

Niveau 2 : désintégration mono-niveau - Dabrowski -

La caractéristique principale du niveau 2 est une crise initiale ou série de crises, brèves et souvent intenses. Les crises sont spontanées et se produisent seulement sur un niveau (et souvent n'impliquent qu'une dimension). Ces crises concernent des choix de solutions qui semblent être différentes mais qui au final sont sur le même niveau.

La désintégration mono-niveau se produit durant des crises de développement telles que la puberté ou la ménopause, dans les périodes où se manifeste une difficulté à gérer un événement externe stressant, ou dans des conditions psychologiques et psychopathologiques telles que la nervosité et la psychonévrose. La désintégration mono-niveau consiste en des processus situés sur un niveau émotionnel et structurel unique ; il y a une prévalence de dynamiques automatiques avec seulement une légère conscience de soi et un léger contrôle de soi. Le terme “mono-niveau” dénote un manque de hiérarchisation, de distinction entre “ce qui est” et “ce qui devrait être”.

Les conflits sur le même niveau (horizontal) produisent des ambivalences et des tendances ambiguës : la personne est également attirée par des choix différents mais équivalents sur le même niveau (tendances ambiguës) et n'est pas capable de décider quoi faire parce qu'il n'a pas de réelle préférence entre les choix (ambivalences). Si les forces de développement sont suffisamment fortes, à la fin, la personne est poussée dans une crise existentielle : les logiques sociales ne prennent plus en compte ses expériences personnelles et il n'y a pas d'autres explications. Au cours de cette phase, l'émotion prédominante est le désespoir existentiel.

La résolution de cette phase commence lorsque des valeurs choisies individuellement commencent à remplacer les moeurs sociales qui ont été enracinées par l'apprentissage, et sont intégrées dans une nouvelle hiérarchie de valeurs personnelles. Ces nouvelles valeurs entrent souvent en conflit avec les valeurs sociales précédentes de la personne. Plusieurs des explications relevant du statu quo sur « la manière dont sont les choses », apprises à travers l'éducation et par l'ordre social, s'écroulent sous un examen individuel et conscient. Cela cause encore plus de conflits centrés sur l'analyse de la personne à propos de ses réactions propres vis-à-vis du monde en général et du comportement de soi et des autres. Les comportements habituels et l'éthique de l'ordre social en viennent à être vus comme inadéquats, faux ou hypocrites. L'inadaptation positive prévaut. Pour Dabrowski, ces crises présentent un potentiel fort pour le développement vers le développement personnel et la santé mentale. Pour utiliser une définition positive, la santé mentale reflète plus que la conformité sociale : elle implique un examen personnel et attentif du monde et de ses propres valeurs, qui mène au développement d'une personnalité individuelle.

Le niveau 2 est une période de transition. Dabrowski dit que soit vous revenez en arrière (réintégration à un niveau inférieur), soit vous allez de l'avant, soit vous finissez mal, dans le suicide ou la psychose.

Le passage du niveau 2 au niveau 3 implique un changement fondamental qui nécessite une quantité phénoménale d'énergie. Cette période est la croisée des chemins du développement : de là, on doit progresser ou régresser. La lutte entre les trois facteurs de Dabrowski reflète cette crise de transition : « Dois-je suivre mes instincts (premier facteur), ce que l'on m'a appris (deuxième facteur) ou mon coeur (troisième facteur) ? ». La réponse développementale est de transformer ses instincts les plus bas (les réactions automatiques telles que la colère) dans une motivation positive, de résister aux réponses sociales et apprises par coeur, et d'être à l'écoute de son sens profond de ce que l'on doit faire.

Développement de la personnalité en cinq niveaux - Dabrowski -

Les premier et cinquième niveaux sont caractérisés par l'intégration psychologique, l'harmonie, et très peu de conflits internes. Il y a peu de conflits internes au niveau 1 par ce qu'à peu près chaque comportement est justifié : il est soit bon pour l'individu et par conséquent « juste », ou la société dont fait partie l'individu approuve ce comportement et il est par conséquent « juste ». Dans les deux cas, l'individu agit quasiment en toute confiance de la manière dont il pense que n'importe qui d'autre se comporterait, et fait ce que chacun « est supposé faire ». Au niveau 5 il n'y a pas de conflits internes parce que ce que la personne fait est toujours en accord avec son sens interne et personnel des valeurs. Bien sûr, il y a souvent des conflits externes aussi bien au niveau 1 qu'au niveau 5. Les niveaux 2, 3 et 4 décrivent divers degrés et types de désintégration et de malaise.

Dabrowski a dit clairement que les niveaux qu'il présente sont un outil intellectuel (heuristique). Il notait parfois, dans ses diagnostics, des niveaux avec décimales, comme 2,5 pour indiquer un niveau intermédiaire entre les niveaux 2 et 3. Chaque dynamique de développement – empathie, amour, agression, authenticité, joie – a son niveau de développement. Les émotions se développent en émotions de plus haut niveau. Dans le processus de développement les structures de deux voire trois niveaux consécutifs peuvent coexister, bien qu'il doive être compris qu'elles existent en conflit. Le conflit est réglé quand une des structures est éliminée, ou au moins est complètement contrôlée par une autre structure.