25 décembre 2018

Un nouveau guide à lire

Je viens de rédiger un nouveau guide pour les Hauts Potentiels Surdoués Zèbres. Ce livre guide le lecteur au-delà des mythes et des stéréotypes concernant le talent et la douance. Il intéressera toutes les personnes souhaitant améliorer leur intelligence, leur créativité et leur productivité. Le travail nécessaire au développement personnel peut être long et semé d'embûches. La citation de l'alpiniste Edmund Hillary, qui a été le premier à gravir l'Everest, résume bien l'ampleur de la tâche.

« Ce n'est pas la montagne que nous conquérons, c'est nous-mêmes. »



20 décembre 2018

Hero

Pause musicale. La chanson de Mariah Carey "Hero" est un morceau de choix pour trouver la force de poursuivre sur le chemin du développement de soi : "Il y a un héros, si vous regardez dans votre coeur, n'ayez pas peur de ce que vous êtes, il y a une réponse...".

https://www.youtube.com/watch?v=0IA3ZvCkRkQ

There's a hero
If you look inside your heart
You don't have to be afraid
Of what you are
There's an answer...

1 octobre 2018

Sortir du labyrinthe

J’ai découvert ma douance sur le tard, à la suite d’un divorce. J’ai alors délibérément consulté une psychothérapeute spécialisée dans les adultes surdoués (elle-même surdouée). Elle m’a ouvert les yeux sur moi. Je me suis beaucoup documenté dessus. Plusieurs années plus tard, après des milliers de pages lues et deux livres écrits, j’ai acquis une certaine expertise dans ce domaine. J’ai analysé ma vie passée et changé  mes comportements et mes actions pour enfin obtenir le meilleur de moi et m’épanouir dans ce monde de brutes. Aujourd’hui, je travaille jours après jours pour devenir la meilleure version de moi-même.

Suite à la publication de mes ebooks, j’ai répondu à de nombreux messages de surdoués en panique, perdus et émotionnellement troublés. Mon expérience m’a permis de les aider à délier leur esprit, à changer leur état d’esprit, à passer à l’action. Je leur ai donné les clés pour avancer. Dans un de mes ebooks, je parle de la difficulté de prendre conscience de sa douance et de la promesse de développement personnel qu’elle suscite. Je fais référence à un labyrinthe. “C’est comme trouver une porte en trompe l’œil dans un labyrinthe que l’on a emprunté des milliers de fois. Une porte qui ouvre sur un beau paysage et de belles perspectives. Il faut garder à l’esprit que la plupart des surdoués ne savent pas qui ils sont. Certains ont réussi pleinement leur vie dans un grand concours de circonstances. D’autres ont trouvé une clé par terre dans le labyrinthe et savent qu’il y a une porte quelque part pour sortir du cercle infernal. Beaucoup tournent en rond et végètent. Ils sont résignés. Ils vivent leur vie malgré tout, mais savent au fond d’eux que se cachent un être atrophié qu’ils auraient rêvé inconsciemment de voir s’épanouir…”

Votre état d’esprit doit être positif et déterminé. C’est le point de départ vers de nouvelles aventures. Si vous voulez avoir ce que vous n’avez jamais eu, il faut faire des choses que vous n’avez jamais faites. Un des points les plus important pour un surdoué est de passer à l’action (je pense ici à la créativité notamment), car c’est elle qui va vous révéler, pas le seul fait d’être surdoué(e).

5 septembre 2018

Diet Mountain Dew

Lana del Rey est une chanteuse que j'adore. Elle écrit elle-même des chansons sensibles et intelligentes. "Diet Mountain Dew" est une de ses créations, mais il y en a bien d'autres comme "Born to Die" (bien sûr), "Serial Killer", "Ultraviolence",...etc.


Baby, put on heart shaped sunglasses
'Cause we gonna take a ride
I'm not gonna listen to what the past says
I've been waiting up all night
 
Take another drag turn me to ashes
Ready for another lie?
Says he's gonna teach me just what fast is
Say it's gonna be alright
 
Diet mountain dew, baby, New York City
Never was there ever a girl so pretty
Do you think we'll be in love forever?
Do you think we'll be in love?
 

30 juin 2018

Sur un prélude de Bach

Pause musicale. Hommage à Maurane avec cette très jolie chanson : "Et les cargos lourds que l´on rafistole...Et les chagrins lourds, les peines qu´on bricole...J´ai pris les remorqueurs pour des gondoles...".


Lorsque j´entends ce prélude de Bach
Par Glen Gould, ma raison s´envole
Vers le port du Havre et les baraques
Et les cargos lourds que l´on rafistole
Et les torchères, les grues patraques
Les citernes de gasoil

Toi qui courais dans les flaques
Moi et ma tête à claques
Moi qui te croyais ma chose, ma bestiole
Moi je n´étais qu´un pot de colle

Lorsque j´entends ce prélude de Bach
Par Glen Gould, ma raison s´envole
Et toutes ces amours qui se détraquent
Et les chagrins lourds, les peines qu´on bricole
Et toutes mes erreurs de zodiaque
Et mes sautes de boussole

Toi, les pieds dans les flaques

Moi, et ma tête à claques
J´ai pris les remorqueurs pour des gondoles
Et moi, moi je traîne ma casserole

Dans cette décharge de rêves en pack
Qu´on bazarde au prix du pétrole
Pour des cols-blancs et des corbacs
Qui se foutent de Mozart, de Bach

J´donnerais Ray Charles, Mozart en vrac
La vie en rose, le rock´n roll
Tous ces bémols et tous ces couacs
Pour Glen Gould dans c´prélude de Bach.

De la liberté

Selon le psychologue existentialiste américain Rollo May, la liberté est complexe lorsque nous acceptons les réalités de la vie, non par nécessité aveugle, mais par choix. Ce qui veut dire que l'acceptation de nos limites n'est pas du tout un renoncement, mais peut et doit être un acte constructif de liberté. Et un tel choix aura plus de résultats créatifs pour l'individu que s'il avait eu à lutter contre aucune limitation dans sa vie.

La personne qui est dévoué et fidèle à la liberté ne perd pas de temps à se battre contre la réalité. Au lieu de ça, comme le fait remarquer Søren Kierkegaard, il "loue et encense la réalité". Ainsi, la liberté n'est pas une question de dire "oui" ou "non" face à une décision spécifique, c'est le pouvoir de nous modeler et de nous créer nous-mêmes. La liberté est la capacité, comme le dit Friedrich Nietzsche, "de devenir ce que nous sommes vraiment."

19 juin 2018

La pensée élargie

Emmanuel Kant, dans le sillage de Jean-jacques Rousseau, proposa l'idée cruciale de "pensée élargie" comme sens de la vie humaine. La pensée élargie, c'est le contraire de l'esprit borné, c'est la pensée qui parvient à s'arracher à sa situation particulière d'origine pour s'élever jusqu'à la compréhension d'autrui.

Pour donner un exemple simple, lorsque vous apprenez une langue étrangère, il faut tout à la fois que vous vous éloigniez de vous-même et de votre condition particulière de départ, par exemple le français, pour rentrer dans une sphère plus large, plus universelle,où vit une autre culture et, sinon une autre humanité, du moins une autre communauté humaine que la vôtre.

En s'arrachant à ses particularités initiales, on entre donc dans plus d'humanité. En apprenant une autre langue, vous pouvez non seulement communiquer avec un plus grand nombre d'humains, mais vous découvrez aussi, à travers le language, d'autres idées, d'autres formes d'humour, d'autres modalités du rapport à autrui et au monde. Vous élargissez votre vision et vous repoussez les bornes naturelles de l'esprit rivé à sa communauté - qui est l'archétype de l'esprit borné.

18 juin 2018

Miroirs

 Trois citations sur l'image de soi :

“Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.”
Jean Cocteau

“Je ne suis qu'un ensemble de miroirs, reflétant ce que chacun attend de moi.”
I’m just a collection of mirrors, reflecting what everyone else expects of me.
Rollo may

“Vous utilisez un miroir pour voir votre visage. Vous utilisez les oeuvres d'art pour voir votre âme.”
You use a glass mirror to see your face; You use works of art to see your soul.
George Bernard Shaw

10 juin 2018

Poème de Dabrowski

Kazimierz Dabrowski était un psychologue, psychiatre, médecin, écrivain et poète. Il laisse ce poème sur la névrose. A lire attentivement !

Je vous salue névrosés !
Parce que vous êtes sensibles dans un monde insensible, n’avez aucune certitude dans un monde pétri de certitudes.
Parce que vous ressentez les autres comme si ils étaient vous-mêmes.
Parce que vous ressentez l’anxiété du monde et son étroitesse sans fond et sa suffisance.
Parce vous refusez de vous laver les mains de toutes les saletés du monde, parce que vous craignez d’être prisonniers des limites du monde pour votre peur de l’absurdité de l’existence.
Pour votre subtilité à ne pas dire aux autres ce que vous voyez en eux.
Pour votre difficulté à gérer les choses pratiques et pour votre pragmatisme à gérer l’inconnu,  pour votre réalisme transcendental et votre manque de réalisme au quotidien.
Pour votre sens de l’exclusivité et votre peur de perdre vos amis proches, pour votre créativité et votre capacité à vous extasier.
Pour votre inadaptation à « ce qui est » et votre capacité d’adaptation à « ce qui devrait être », pour toutes vos capacités inutilisées.
Pour la reconnaissance tardive de la vraie valeur de votre grandeur qui ne permettra jamais l’appréciation de la grandeur de ceux qui viendront après vous.
Parce que vous êtes humiliés alors que vous veillez à ne pas humilier les autres, parce que votre pouvoir immense est toujours mis à bas par une force brutale; et pour tout ce que vous êtes capable de deviner, tout ce que vous n’exprimez pas, et tout ce qui est infini en vous.
Pour la solitude et l’étrangeté de vos vies.
Soyez salués!

9 juin 2018

Les parents

Je viens de lire un livre intéressant sur le rôle des parents dans notre comportement d'adultes : "Your inner child of the past" (notre enfant intérieur du passé - 1963) de W. Hugh Missildine. Ce livre a aidé beaucoup de lecteurs à identifier et à gérer leurs problèmes d'adultes causés par les comportements perturbants des parents durant leur enfance. Je reviendrai en détail dans d'autres billets sur ce livre, mais voici un avant-goût de ce que l'auteur (psy) a identifié comme causes à effets.

Si vous parents étaient...perfectionistes, vous avez pu devenir un adulte sans cesse préoccupé de vous surpasser physiquement, intellectuellement et socialement.

Si vous parents étaient...soumis, vous avez pu devenir impulsif, coléreux, insensible aux droits des autres.

Si vous parents étaient...trop indulgents, vous avez pu devenir une personne qui s'ennuie, incapable de prendre l'initiative, de persévérer et de mener à terme un effort individuel.

Si vous parents étaient...punitifs, vous avez pu devenir méchamment revanchard.

Si vous parents étaient...négligeants, vous avez pu devenir anxieux, solitaire, incapable de vous sentir proche des autres.

Si vous parents étaient...sexuellement provocants/attirants, vous avez pu devenir obsédé par le sexe et déçu par les relations intimes.

C'est un livre qui m'a aidé à avancer dans mon développement personnel et à fermer un dossier sensible qui est celui des relations parents/enfants. En début d'année, un conseil m'a parlé de mes rapports avec mes parents qui pourraient être à l'origine de blocages psychologiques chez moi. En y regardant de plus prêt, je me suis aperçu que j'avais été négligé en tant qu'enfant par mes parents. C'est très dur de prendre conscience de ça, car mes parents ne sont pas des tortionnaires, loin de là, mais ils ont par leurs comportements étouffé l'enfant que j'étais pour le bien des conventions familiales, par lâcheté et aussi peut-être en pensant bien faire. Je ne détaille pas ici les faits, mais ils n'ont jamais poussé l'enfant que j'étais à faire ce qu'il aimait et à exprimer ses émotions, mais ils m'ont plutôt forcer à me plier aux règles des uns et des autres.

J'ai appris ces derniers mois que les parents pouvaient causés des dégâts dans le développement d'un être. Je vous invite à lire mes billets sur Alice Miller qui a étudié les rapports parents/enfants.


Les parents ne sont pas foncièrement les meilleurs alliés dans notre dévelopement personnel. Il y a sûrement une partie inconciente de leur part, qui leur vient de leur propre enfance. Les parents veulent notre "bien" en nous modelant à ce que la société veut de nous. L'idée, c'est qu'en étant modéré, poli, flexible, commun, on a plus de chance d'avoir une vie normale. En faisant çela, ils construisent le masque que l'on doit porté toute sa vie, le faux soi qui nous...détruit à petit feu.

Ce que j'ai apprisces derniers mois, c'est à pardonner à me parents et à continuer ma route. Si je suis anxieux, solitaire, incapable de me sentir proche des autres, c'est que je me suis senti négligé dans ma vie passée, mais à présent que j'en connais la cause, j'y remedie en construisant tous les jours la meilleure version de moi-même.

28 mai 2018

Intention et imagination

Nos intentions et notre imagination jouent un grand rôle dans ce que nous faisons de notre vie. Kazimierz Dabrowski disait que "la clé d'un développement (personnel) supérieur est notre capacité à imaginer que l'on puisse atteindre des objectifs supérieurs." En effet, comment atteindre des objectifs ou réaliser nos rêves si on n'y croit pas soi-même. Il faut parfois "pirater" (hacker) sa pensée pour pouvoir avancer dans la vie. Imaginons une personne qui mange beaucoup en dehors des repas et qui remplace les sucreries par un grand verre d'eau. Il pirate son fonctionnement habituel en envoyant un message de satiété à son cerveau. Bon, l'idée ici n'est pas de savoir si un seul verre d'eau suffira, mais c'est de comprendre que l'on peut faire la même chose avec nos pensées. Voici quelles phrases de motivations qui, il faut l'avouer, sont très pertinentes et que j'ai pu mettre en pratique :

"Ce dont tu as peur dans la vie, tu l'attires. Ce que tu regardes en face -que tu affrontes- disparaît."

"Où les intentions vont, l'énergie déborde. Toutes les choses sur lesquelles tu te concentres ont tendance à se développer."


Intuition et imagination

Pour Platon, l'intuition est la saisie immédiate de la vérité de l'idée par l'âme indépendamment du corps. Au contraire pour Épicure, l'intuition est la saisie immédiate de la réalité du monde par le corps indépendamment de l'âme.

Pour Descartes, l'intuition est la connaissance immédiate et certaine de la vérité d'une idée par sa nécessité intrinsèque. Pour Spinoza, l’intuition est la connaissance immédiate et certaine de l'essence des choses à partir de la compréhension nécessaire de leur cause par la raison, c'est l'unique source de vérité qui s'oppose à la connaissance vague par le langage ou l'expérience corporelle.

Pour Kant, il faut distinguer intuition empirique et intuition pure ; l'intuition empirique est relative au contenu de la sensation. L'intuition pure est relative à la sensibilité qu'il définit ainsi « capacité de recevoir des représentations par la manière dont nous sommes affectés par des objets ».

Pour Jean-Paul Sartre, « Il n’est d’autre connaissance qu’intuitive. La déduction et le discours, improprement appelés connaissance, ne sont que des instruments qui conduisent à l’intuition ».

Pour Henri Bergson, l’intuition est la conscience dans ce qu’elle a de plus lumineux. C'est la saisie de l'esprit par lui-même au sein de la durée, qu'il définit comme « la sympathie intellectuelle ou spirituelle par laquelle on se transporte à l’intérieur d’un être pour coïncider avec ce qu’il a d’unique et par conséquent d’inexprimable ».

Je pense que l'intuition est liée à notre degré de connaissance et de compréhension  du monde qui nous entoure. Une certaine maîtrise intellectuelle d'un sujet est nécessaire pour en imaginer les tenants et les aboutissants. Un bon exemple est celui d'Albert Einstein qui théorise le phénomène  des "ondes gravitationnelles" cent ans avant que les scientifiques puissent les "observer". À partir de ses connaissances et de ses observations, il théorise, déduit, imagine... des phénomènes non observables techniquement à son époque.

L'intuition, c'est un supplément d'imagination de notre "âme", qui "voit d’un seul coup d’œil". C'est une fulgurance, une idée rapide, vivace et brillante. Malheureusement, de nos jours, nous utilisons de moins en moins notre intuition et notre imagination. Elles sont pourtant des clés indispensables à notre développement personnel. 

"On atteint la vérité par l'intuition, et non par l'intelligence."  (Henri Bergson)


25 mai 2018

Guide pour les surdoués: la maîtrise de soi

Ce billet pour présenter deux livres que j'ai écrit l'année dernière. Les ventes m'ont agréablement surprises. Les retours sur le guide ont été très bons. Il aide vraiment à "avancer" dans sa vie. La route est longue de toute façon. Le premier livre sur ma douance s'est bien vendu, mais je dois dire que certaines critiques m'ont touchées. Pas zèbre, HPI, pourquoi pas HPE, ok mais essayons de ne pas se contenter de coller une étiquette sur les fronts des uns et des autres. Le plus important c'est de comprendre  ce qui se passe. On m'a reproché aussi la syntaxe et les fautes d'orthographe. Oui, sauf que ce livre était un exercice de style, je reprenais des notes prises en écriture automatique. C'est ce qui  sortait de la tête, mon état d'esprit à ce moment de ma vie. Il y a deux ans maintenant.  Si vous vous sentez concernés, n'hésitez pas à les lire, car il faut beaucoup de temps pour changer sa vie quand on a appris à cacher qui on était pour se fondre dans la masse.

Aujourd'hui, je suis quelqu'un de différent. Je suis pleinement moi (à 90% disons). J'ai consulté des psy américains, spécialisés dans la douance. Il étaient cliniciens en plus, donc ils avaient beaucoup de pratique. J'ai beaucoup lu aussi...et surtout des livres en anglais, car malheureusement la France est en retard sur ce sujet (malgré quelques pionnières que vous connaissez sûrement). N'hésitez pas à me raconter votre histoire, surtout si vous avez  des années d'introspection derrière vous : lemondedusurdoue@gmail.com

Guide pour les surdoués: la maîtrise de soi
Il faut apprendre à se maîtriser. Le chemin de découverte de soi et du développement personnel ne se compare pas réellement à marcher sur une corde raide comme un funambule. Le moindre faux pas entrainant une chute fatale. Cela peut être ainsi à certains moments clés de l’introspection. Des moments où nous sentons que l’on va décrocher et retourner vers nos vieilles habitudes et nos comportements passés. Par fatigue, par lassitude, par facilité ou par manque de ressources. Quand on se cherche, on ne marche pas sur un fil, mais on grimpe plutôt une montagne, on change de niveaux. On marche sur un chemin de crête, le point le plus haut d’un relief qui sépare deux versants opposés. Un faux pas n’entrainant pas toujours une conclusion fatale comme le funambule sur une corde raide qui tomberait dans le vide. Mais un retour vers un niveau inférieur. Alors on se perdrait éventuellement, ou on prendrait du retard dans la recherche de soi.


Expérience d'un surdoué (témoignage)
C'est mon approche personnelle de la douance. C'est un témoignage basé sur des notes personnelles.

Down to Earth

Pause musicale. Un groupe que j'ai adoré dans les années 80 : Curiosity killed the cat. La chanson s'appelle "Down to Earth." Garder les pieds sur terre, ce n'est pas facile quand on a beaucoup d'imagination. Enjoy !


Shooting stars in midnight pastures
And hanging out on clouds beneath the moon
Hitching rides on magic carpets
It's a fairy tale to me but you're in tune
You're shattered by the final frame of the movie scene
That generates your every aim
You ain't no bird and so far what's it's worth
Gonna bring you straight back down down
Straight back down (come down)
Come back down (come down)
Straight back down y'all
Straight back down to Earth

L'évolution créatrice

Henri Bergson (1859-1941) est un philosophe français. Il reçut un Prix Nobel de Littérature pour son livre "L'évolution créatrice" en 1927. Dans ce livre, Bergson développe l’idée d’une « création permanente de nouveauté » par la nature.

Bergson débat de l’explication finaliste et de l’explication mécaniste de l’évolution, respectivement défendues par la métaphysique traditionnelle (héritée de Leibniz et, avant lui, d’Aristote et mettant l’accent sur les causes finales, ou buts) et par la science moderne (héritée de Descartes et mettant l’accent sur les « causes efficientes », la « causalité » scientifique). Bergson montre que ces deux visions, que l’on oppose souvent, reviennent en vérité au même dans le traitement de l’évolution. Elles consistent à supposer que tout est donné d’emblée, d’avance : soit dans le but que l’on imagine poursuivi, dès le début, « en esprit » par la nature, soit dans l’ensemble des paramètres matériels de départ ou en présence — à partir desquels on pourrait exactement déduire ce qui n’est pas encore advenu. Aux deux positions précédentes, Bergson oppose son propre concept d’« élan vital » : il n’y a pas de plan « déjà prévu » — d’effectivement prévu comme dans le cas du finalisme, ni de simplement prévisible comme dans le cas du mécanisme. L’idée est que l’évolution est imprévisible, que « le monde va à l’aventure, » qu’il « s’invente sans cesse » sans que le chemin qu’il trace derrière lui ne préexiste au voyage, d’une façon ou d’une autre.
    
Bergson dit que "pour un être conscient, exister c'est changer, changer c'est mûrir, mûrir c'est continuer à se créer soi-même indéfiniment." 

"Les idées qui reflétent notre vrai moi et nos connaissances ne sont réellement révélées que quand nous creusons profondément sous la surface dans les strates profondes de notre être, une tâche qui est extrément difficile et tenté rarement."

"Parce que le moi profond est rarement vécu, il peut paraître étranger à nous-mêmes. Une idée qui est pleinement à nous remplit entiérement notre être et dans notre moi profond, les idées se rejoignent et se mélangent ensemble. Ainsi ces idées profondes sont difficiles à comprendre , à articuler en mots et à communiquer aux autres."

21 mai 2018

La souffrance mène à la croissance

Les Surhommes (selon la notion de Nietzsche) voient dans leur souffrance et leur destruction une nouvelle vie : la graine doit mourir pour que la plante puisse pousser. La capacité de vivre et de surpasser la souffrance et la solitude sont les caractéristiques du Surhomme. Nietzsche dit : "La souffrance et l'insatisfaction de nos instincts de base sont des particularités positives car ces impressions créent une agitation émotionnelle de la vie, et se manifestent comme un stimulus de vie... La discipline de la souffrance, ne savez-vous pas que c'est uniquement cette souffrance qui a crée toutes les améliorations de l'homme jusqu'à maintenant ?... Cette tension de l'âme dans la tristesse/le malheur cultive sa propre force, son inventivité et son courage à endurer, à persévérer, à interpréter, et à exploiter la souffrance..." Nietzsche devient même mystique parfois, tout en étant pertinent en disant que "le chemin vers notre propre paradis mène toujours à travers la volupté de notre propre enfer."

Kazimierz Dąbrowski s'est inspiré de Nietzsche en proposant sa théorie de la désintégration positive. C'est en vivant pleinement et en confrontant les difficultés que nous rencontrons dans la vie que nous arrivons à les dépasser. Nous apprenons à les vivre mieux en les relativisant par exemple, par la résilience, ou encore en changeant notre parcours de vie. Il faut rester conscient de notre état pour pouvoir agir sur notre destinée de la meilleure des façons. 

Les quatre lois de la spiritualité

J'aime bien glâner des idées par-ci par-là. Il est important de rester ouvert au monde et de picorer de la nourriture intellectuelle au hasard de nos lectures, en gardant à l'esprit de développer le gourou en nous, notre propre gourou. Il ne s'agit pas de suivre à la lettre les précepts de quelques maître à penser. Les lois de la spiritualité qui suivent m'enseignent juste à être plus raisonnable et résilient face aux choses du monde. Le développement personnel est un processus qui demande du temps. C'est tout.

En Inde, on enseigne : " Les quatre lois de la spiritualité ".

La première dit : "La personne qui arrive est la bonne personne", c'est-à-dire personne n'entre dans notre vie par hasard, toutes les personnes autour de nous, toutes celles qui interagissent avec nous, sont là pour une raison, pour nous apprendre et progresser dans toutes les situations.

La deuxième loi dit : "Ce qui s’est passé est la seule chose qui aurait pu arriver" rien, mais rien, absolument rien de ce qui s’est passé dans notre vie n’aurait pu être autrement. Même le plus petit détail. Il n'y a pas de " Si j'avais fait ce qui s’était passé autrement ..." Non. Ce qui s'est passé était la seule chose qui aurait pu arriver, et c'est comme ça que nous apprenons la leçon et que nous allons de l'avant. Chacune des situations qui se produisent dans notre vie est l'idéal, même si notre esprit et notre ego sont réticents et non disposés à l'accepter.

La troisième dit : "Le moment où c'est le moment est le bon moment." Tout commence au bon moment, pas avant ni plus tard. Quand nous sommes prêts à commencer quelque chose de nouveau dans notre vie, c'est alors qu'il aura lieu.

La quatrième et dernière : "Quand quelque chose se termine, c'est fini." C'est ça. Si quelque chose est terminé dans notre vie, c'est pour notre évolution, donc il est préférable de le laisser, aller de l'avant et continuer désormais enrichis par l'expérience.

Le bonheur

« Le bonheur, c’est tout petit, si petit que, parfois, on ne le voit pas. Il ne se cache pas, c’est là son secret. Il est là, tout près de nous, et parfois en nous. Le bonheur, c’est tout petit, petit comme nos yeux pleins de lumière et comme nos cœurs pleins d’amour. »

Mère Teresa

20 mai 2018

Le développement personnel selon Nietzsche

Friedrich Nietzsche relie le potentiel individuel pour se développer vers l'abondance et la complexité à son émotion, sa connaissance et sa volonté (volonté de pouvoir). Plus une personne a de potentiel, plus il est intérieurement complexe : "Le type (profil) le plus élevé représente une complexité incomparablement grande...sa désintégration est alors incomparablement grande... Les formes de vie et de gens les plus bas représentent le type troupeau. Ils sont aussi simples et par conséquent, les types les plus bas sont virtuellement indestructibles, montrant peu d'effets visibles des épreuves de la vie...et aucun signes de souffrance de surhomme." Nietzsche remarque ici ce que John Hughlings Jackson conclura un peu plus tard. 

Rappel:
Jackson (1835-1911) fût un neurologue britannique, un pionnier de la recherche sur le cerveau. Il est connu pour ses travaux sur l'épilepsie. Il établit également trois principes de l'évolution du sytème nerveux.

-La première hypothèse de Jackson est que l'évolution est le transfert d'un centre inférieur parfaitement organisé à un plus haut, mais pas aussi bien organisé. En d'autres termes, le développement consiste à passer d'un centre inférieur, relativement bien géré, à un centre supérieur plus complexe et, selon Jackson, moins bien organisé.

-Le deuxième principe est que l'évolution est une transition du plus simple au plus complexe, du plus bas au plus haut. Il n'y a pas de contradiction à considérer les centres les plus complexes comme étant les moins organisés, puisque Jackson utilise le mot organisé pour désigner des personnes bien connectées.

-Le troisième des principes de l'évolution de Jackson est que l'évolution est une transition d'un centre plus automatique à un centre plus volontaire. Il suppose que les centres les plus élevés, représentant le sommet de l'évolution nerveuse et formant la base physique de la conscience, sont les moins organisés, bien que les plus complexes et volontaires.

Il est intéressant de noter que la formulation de Hughlings Jackson d'une hiérarchie des niveaux dans l'évolution du système nerveux, du simple au complexe et de l'automatique au volontaire, a été déterminante dans le développement de la théorie de Kazimierz Dabrowski.

Objectivité - Subjectivité

Søren Kierkegaard (1813-1855) est un écrivain, théologien protestant et philosophe danois, dont l’œuvre est considérée comme une première forme de l'existentialisme. Il note que "la plupart des gens sont subjectifs envers eux-mêmes et objectifs envers les autres, parfois horriblement objectifs. Le but est précisément de faire le contraire, être objectif avec soi-même et subjectif dans ses rapports avec les autres personnes."

La personnalité selon Nietzsche

La personnalité doit être construite selon Nietzsche. Kazimierz Dąbrowski a fondé sa théorie de la désintégration positive sur cette idée. Pour Nietzsche, la personnalité doit être crée par l'individu lui-même, essentiellement en surpassant, en maîtrisant, en transformant son chaos intérieur et en le mettant en ordre. Le Surhomme développe ainsi une vision claire de sa vocation (sa personnalité idéale) et doit obéir à présent à sa voix intérieure, en l'appliquant à la maîtrise de soi.

La volonté de pouvoir est mise en pratique en se contrôlant et se transformant soi-même :
-1ère étape. La moralité sociale (2ème facteur) est utilisé pour gagner du pouvoir sur la nature et l'animalité, l'instinctif (1er facteur).
-2ème étape. "On peut utiliser ce pouvoir pour un développement personnel plus poussé : une volonté de pouvoir comme une élévation de soi et un renforcement." (3ème facteur)
-3ème étape. On surpasse son vieux soi (self) pour devenir soi-même : "Qu'est-ce que votre conscience vous dit ? Tu dois devenir la personne que tu es."

19 mai 2018

L'abysse

Le philosophe Friedrich Nietzsche disait que "l'homme est une corde, attachée entre l'animal et le Surhomme, une corde tendue au-dessus d'une abysse. Un passage dangereux, un voyage risqué, un retour angoissant, un frémissement et une immobilité."

Nous devons traverser l'abysse sur la corde pour nous créer nous-mêmes, pour créer nos idéaux et devenir un Surhomme. Il y a trois scénarios possibles:
-Ne pas essayer et simplement rester content dans la foule ;
-Essayer de traverser et échouer (tomber dans l'abysse) ;
-ou, essayer de traverser et réussir.

Nietzsche disait que "quiconque combat des monstres devrait voir que dans cette démarche il ne devient pas un monstre. Et quand vous regardez dans l'abysse, l'abysse aussi vous regarde. Nous devenons souvent la chose exacte que nous essayons de vaincre. Quand vous regardez dans l'abysse, vous devez être fort comme si vous pouviez voir les caractéristiques de l'abysse en vous-mêmes."

La crainte

Être capable de choisir crée la liberté individuelle, mais cela engendre aussi la crainte, la peur de cette liberté. Le philosophe danois, Søren Kierkegaard, note que “l'anxiété est le vertige de la liberté”, l'angoisse est le « vertige du possible ». L'anxiété est un désir pour ce dont nous avons peur, mais ce dont nous avons peur nous le désirons.

Debout au bord du précipice, nous avons peur de tomber, mais nous craignons aussi l'idée que nous pouvons décider de sauter. Nous avons peur de ce que nous pouvons faire. Nous craignons la seule chose qui nous retient qui est notre propre volonté. Quand l'idée de sauter nous vient à l'esprit, la responsabilité est sur nous de décider de ne pas sauter.

La crainte grandit quand nous devenons conscient de l'avenir. On réalise que nous devons choisir et que notre vie est déterminée par les choix que nous faisons. Jean-Paul Sartre a dit : “Je m'attends dans le futur, où je prends rendez-vous avec moi-même de l'autre côté de cette heure, de ce jour, ou de ce mois. L'angoisse est la peur de ne pas me trouver à ce rendez-vous, de ne plus vouloir m'y emmener.”

Le fait que nous pouvons choisir crée un formidable sens de la responsabilité et accepter cette responsabilité nous rend authentique. Kierkegaard dit que “ne pas choisir nous rend inauthentique.” Sartre estime que “nous sommes laissés seuls et sans excuse...condamnés à être libre...condamnés, car nous nous sommes pas crées nous-mêmes, mais néanmois libres, car une fois que nous apparaissons dans le monde, nous sommes responsables de tout ce que nous faisons.”

12 mai 2018

Empire State of Mind

Pause musicale. Une superbe chanson d'Alicia Keys: " Empire State of Mind ". Elle maîtrise son talent. C'est une superbe interprétation dans ce live à New-York.


Grew up in a town
That is famous as a place of movie scenes
Noise is always loud
There are sirens all around
And the streets are mean
If I could make it here
I could make it anywhere
That's what they say
Seeing my face in lights
Or my name in marquees
Found down on Broadway...

11 mai 2018

Herméneutique

L'herméneutique (du grec hermeneutikè, art d'interpréter, hermeneuein signifie d'abord « parler », « s'exprimer » et du nom du dieu grec Hermès, messager des dieux et interprète de leurs ordres) est la théorie de la lecture, de l'explication et de l'interprétation des textes.

L'herméneutique ancienne est formée de deux approches complètement différentes : la logique d'origine aristotélicienne d'une part, l'interprétation des textes religieux (orphisme ou exégèse biblique par exemple) et l'hermétisme d'autre part.

L'herméneutique moderne se décline en sous-disciplines :
« littéraire » (interprétation des textes littéraires et poétiques),
« juridique » (interprétation des sources de la loi),
« théologique » (interprétation des textes sacrés ; on parle aussi d'exégèse),
« historique » (interprétation des témoignages et des discours sur l'histoire) et
« philosophique » (analyse des fondements de l'interprétation en général, et interprétation des textes proprement philosophiques).

C'est l'approche philosophique de Kazimierz Dąbrowski dans sa théorie de la désintégration positive.
C'est une phénomène herméneutique.

Phénomène, car chaque individu a une expérience et perception unique de la vie et du monde. Nous devons être conscient, familier et à l'aise à propos de nos expériences de vie.

Herméneutique, car les individus doivent discuter entre eux (selon la dialectique de Socrates) pour arriver à une interprétation mutuelle du sujet de la discussion.

Dans le phénomène herméneutique, nous partageons nos expériences individuelles de vie avec les autres via le dialogue. Nous arrivons finalement à un conscensus et à une compréhension mutuelle de la réalité. Ce travail est réalisé avec un psychothérapeute, un coach ou des pairs surdoués.

8 mai 2018

La souffrance selon Dabrowski

Il faut se développer, mais avons-nous vraiment besoin toute cette souffrance ?

La souffrance fait partie de la vie et du développement d'un être humain. C'est souvent un stimulant, une invitation au changement. Elle ne devrait pas être éviter par l'usage de drogues, par l'aveuglement ou par des activités déviantes et des échappatoires. La souffrance fournit une opportunité de recevoir et de créer quelque chose de valeur. 

Quand notre monde interne et/ou externe ralentissent la réalisation de nos potentiels humains, la souffrance émotionnelle nous signalera que quelque chose ne va pas. La socialisation peut nous amener à entretenir des habitudes et à vivre de certaines façons qui entrâvent la réalisation de nos plus hautes potentialités. Quand cette réalisation est entrâvée, alors la souffrance est provoquée. Il y a un lien de cause à effet.

La nécessité de souffrir est profondément incrustée dans l'âme humaine. Face à la souffrance, on ne doit pas adopter forcément une attitude négative, mais commencer à l'accepter comme quelque chose qui a une signification pour notre développement personnel et comme quelque chose de nécessaire à notre enrichissement psychique. 

Le développement humain doit impliquer de la souffrance, des conflits, et des luttes intérieures. L'inadaptation positive, le défi et la rebellion font partie de la société, comme la créativité et le respect de la loi en font partie aussi. Les déceptions, la souffrance, les conflits intérieurs, les dépressions forcent un individu à partir d'ajustements paisibles pour aller vers des activités automatiques comme une routine journalière, la poursuite de l'argent, les plaisirs de la nourriture, les plaisirs primitifs ou superficiels, les conflits résolus facilement. La santé mentale est liée à la sensibilité à souffrir, à vivre des expériences douloureuses.

Un individu qui possède un fort potentiel de développement va puiser dans cette souffrance pour trouver des solutions personnelles qui vont l'aider à avancer dans la vie. C'est la raison pour laquelle les substances en tout genre sont déconseillées car elles vont annihiler la volonté de la personne qui va surtout y perdre une conscience, indispensable à la découverte de soi.
   

5 mai 2018

L'éducation scolaire

Kazimierz Dąbrowski critiquait l'éducation scolaire traditionnelle car, pour lui, ...
-Elle crée des robots intelligents;
-Elle entraîne, mais n'éduque pas, créant une société de conformistes et de gens qui réussissent socialement en suivant les moeurs du groupe, et non des individus avec leur esprit et leur propre personnalité;
-Elle est utilisée pour promouvoir des valeurs et des buts politiques et sociaux, comme le consumérisme et la richesse materielle;
-Elle est paradoxalement le principal obstacle à l'intelligence et à la liberté de la pensée.

Pour Dabrowski, le but de l'éducation scolaire est de créer des individus uniques, capable d'une pensée autonome et de s'auto-analyser. Elle enseigne aux gens à évaluer les problèmes et à développer une autonomie. Elle aide les individus à créer des valeurs autonomes et une personnalité unique. L'éducation scolaire établit une nouvelle hiérarchie où l'émotion dirige la connaissance, et l'intelligence sert les valeurs les plus élevées.

L'éducation scolaire doit faire tout son possible pour nourrir l'intégralité de la personnalité, en équilibrant les aspects cognitif et émotionnel de la personne. La vie émotionnelle d'un individu peut avoir une impact dramatique sur son apprentissage et ses performances. Une éducation traditionnelle est simplement un stratagème pour modeler les gens à être exactement les mêmes.

Le développement de la personnalité chez les surdoués passe normalement par le processus de la désintegration positive. L'enfant extrèmement sensible, en contact tous les jours avec des conflits comme l'injustice ou la mort, et l'enfant qui ressent profondemment des sentiments d'infériorité peut développer, au lieu de dons intellectuels, de l'anxiété et des psychonévroses : avoir peur du noir, la solitude et de l'agressivité envers les autres.

15 avril 2018

La nécessité de la désintégration dans le processus de développement (2)

Dans l'approche de Dabrowski, le cheminement vers le Sur-homme requiert des changements d'ordre qualitatifs dans la façon de concevoir la vie ; l' « ici et maintenant » prend une nouvelle perspective et la vie n'est plus vécue dans l'attente d'un avenir meilleur. Au contraire, chaque seconde d'existence est perçue et valorisée intrinsèquement dans sa contribution à l'existence entière. En éliminant Dieu, Nietzche rend à l'être humain toute sa responsabilité de devenir juge de lui-même, de transcender et dépasser constamment son « vieux moi » et d'en créer un nouveau. Mais, comme Dabrowski plus tard, Nietzche souligne bien le chaos et la difficulté suscité par la création de soi et nous invite à dépasser les « 7 diables » sur le chemin de notre développement. Cette volonté de récupération de pouvoir sur soi-même s'illustre à deux stades dans le développement : la moralité sociale (ou 2ème facteur de Dabrowski) est utilisée pour prendre le contrôle sur la nature, l' « animal sauvage en nous» (ou 1er facteur); puis c'est la croissance de soi et le renforcement propre (3ème facteur) qui permet de se développer librement hors des contraintes biologiques et sociales dans un dépassement de l'individu pour atteindre son idéal de personnalité ou niveau le plus élevé de lui-même, ou, comme le dit Nietzche : « devenir la personne qu'il est ». Cet idéal est endogène (il est en nous) et non exogène : pas d'individu modéle à suivre car, comme le rappelle Nietzche : « tous les idéaux sont dangereux ». Toutefois, le modèle d'hommes exemplaires peut être inspirant dans l'initialisation d'un développement avancé mais le soi reste individualisé et personnel.

D'ailleurs, Dabrowski réserve ce mot de « personnalité » uniquement à ceux qui ont atteint ce niveau de développement tout comme Nietzche qui le fait correspondre au développement du Sur-homme, rappelant que peu d'humains l'atteignent. Nietzche, quant à lui, était inflexible sur le « but de l'humanité » qui s'illustrent dans les plus grands exemples de ces hommes qui se gouvernent et se créent eux- mêmes en opposition aux individus-esclaves qui font partie de la meute. Comme Dabrowski et Jackson, Nietzche fait état de ce potentiel individuel constitué de la complexité des émotions, de processus cognitifs riches et de volonté. Pour lui, comme pour Jackson et Dabrowski, plus le potentiel est riche plus l'individu est complexe. Il écrivait déjà : « les types les plus élevés montrent une complexité incomparable... ainsi la désintégration qui en résulte l'est aussi » et « les formes de vie du type le plus bas et des membres de la meute sont plus simples et sont même virtuellement indestructibles ». Pour lui, le besoin de désintégration est clair: « vous devez être prêt à bruler dans vos propres flammes car, comment pouvez-vous devenir neuf si vous n'avez pas été préalablement réduit en cendres ? ».

C'est un état d'extrême vulnérabilité et d'hypersensibilité (les surexcitabilités de Dabrowski) qui caractérise cette transition : « J'aime celui dont l'âme est suffisamment profonde dans sa capacité à être blessé et que la plus petite chose peut détruire ; malgré tout, il est heureux de traverser le pont ». La graine doit mourir pour permettre à la plante de grandir. Nietzsche décrit une désintégration développementale générale et stratifiée, la souffrance conduisant à une séparation verticale qui permet au « héros » de se distinguer de la meute. Cette ascension conduit certes à la « noblesse » et, ultimement à la personnalité authentique de l'être humain, à l'atteinte de son moi idéal ; cependant elle rend l'humain solitaire, loin de la sécurité apportée par la masse et, pour ce philosophe, sans la compagnie de Dieu et son réconfort: « l'être philosophe est solitaire, non parce qu'il le souhaite mais parce qu'il trouve dans cette solitude quelque chose qui n'a pas d'équivalent; tous ces dangers et ces souffrances qui lui ont été réservés ». Le dépassement de cette solitude et de cette souffrance sont les traits-clés du Sur-homme : « La souffrance et l'insatisfaction de nos besoins basiques sont une caractéristique positive car ces sensations créent une « agitation du sentiment de vie » et agissent comme un catalyseur de la vie ». Le malheur, la tension et la souffrance doivent être endurés avec persévération, interprété et méme exploité par l'âme pour cultiver force, inventivité et courage.

En écho, Dabrowski écrit : « Nous ne sommes humains que parce que nous expérimentons la disharmonie inhérente au processus de désintégration » et « Tout processus créatif authentique consiste à perdre, diviser, écraser la réalité précédente. Tout conflit mental est associé à la rupture et la douleur ; tout pas vers l'existence authentique se combine avec chocs, chaos, souffrance, peine et détresse ». Les manifestations physiques ont également une place majeure dans ce processus. Nietzsche en témoigne lorsqu'atteint de maladies longues et sérieuses tout au long de sa vie, il écrit : « Je suis reconnaissant reconnaissant aux maladies car elles nous débarrassent de certaines règles et de leurs préjudices ». Comme Dabrowski le considère pour la maladie mentale, pour Nietzsche, la santé physique n'est pas une absence de maladie mais devient riche dans la façon dont l'individu y fait face, en fait sens pour transformer la maladie en autonomie.

Ces approches diverses et convergentes rendent compte du processus complexe accompagné de phénomènes variés liés à ce que Dabrowski nomma la désintégration positive. Ils insistent tous sur le combat à mener dans l'affrontement au statu quo et l'anxiété, voire la peur même, qui en résultent. Chez Nietzsche comme chez Dabrowski, la création d'une échelle de valeurs personnelle à chacun ainsi qu'un idéal de soi sont nécessaires à cette évolution en devenant les guides de la croissance ; la désintégration devient l'élément central du développement humain. Même si les idées de Dabrowski peuvent paraitre - encore de nos jours - radicales aux yeux de la psychologie contemporaine, elles s'avèrent beaucoup plus utiles et moins radicales rapportées à la compréhension du développement psychologique, particulièrement dans le champ de la surdouance et de l'éducation des « intellectuellement précoces » comme le prouvent les travaux américains et canadiens récents. La TDP devient un nouveau paradigme pour la philosophie, la psychiatrie, la psychologie et l'éducation pour mieux comprendre le développement et la personnalité humaine.

La nécessité de la désintégration dans le processus de développement (1)

L'approche de John Hughlings Jackson (1884) sur la maladie mentale a été primordiale dans sa compréhension en établissant que les niveaux plus élevés de développement, par leur complexité, permettent une moindre organisation et seraient donc moins stables, plus fragiles et plus sensibles à la dépression, l'anxiété et un questionnement/remise en question continus. Pour Jackson, c'est la maladie mentale qui dissout ces niveaux les plus élevés pour laisser place à des niveaux inférieurs, plus simples et automatisés.

Dabrowski s'oppose à cette dernière idée en soutenant que les décompensations et dépressions des niveaux élevés (les dissolutions de Jackson) ont un rôle prépondérant dans l'évolution de l'individu : pour faire face à cela, l'individu doit faire preuve de capacités développementales nécessaires à la transformation et réorganisation de la composition psychique interne. Dabrowski pensait que l'individu doit se libérer de la pression de ses pairs et dépasser l'inertie créée par la socialisation : le développement psychologique nécessite, selon lui, une dissolution des intégrations antérieures et anciennes. Un véritable développement avancé ne peut se construire sur des fondations faites d'instincts biologiques ou de socialisation. Le développement avancé s'élabore à partir d'une inhibition consciente et délibérée des plus bas instincts ainsi que des pulsions d'autosatisfaction et des réactions sociales stéréotypées et automatiques. Il consiste en une expansion délibérée et consciente de caractéristiques autonomes qui s'expriment, par exemple, par l'émergence d'une hiérarchie de valeurs et la définition d'un idéal de personnalité.

Pour Dabrowski, l'intégration secondaire s'accompagne nécessairement de longues périodes de désintégration, de conflits, de crises et de souffrance et, chez les individus particuliérement créatifs, de disharmonie, de nervosité voire de certaines formes de névroses que Dabrowski nomme psychonévroses. Cette réorganisation ne serait pas d'abord cognitive ou intellectuelle mais belle et bien émotionnelle. La dénomination de « désintégration positive », qui peut paraitre au premier abord dissonante, présente l'avantage d'insister sur la direction positive du développement. Elle permet aussi de faire la distinction avec les désintégrations négatives de Jackson et de se démarquer des conceptualisations habituelles de la maladie mentales, ce qui en fait son originalité et son intérêt.

La Théorie de la Désintégration Positive (TDP) définit trois phases de désintégration : une désintégration dite « primaire » et deux désintégrations dites « stratifiées », la 1ère dite spontanée et la 2ème dite organisée. La désintégration est nommée primaire car il existe peu de conscience ou de conscience de soi dans les décisions qui y sont prises ; les conflits y sont dits « horizontaux » c'est-à-dire mettant en scène des conflits entre des pulsions, des caractéristiques et états émotionnels de même niveau. Ces conflits ne produisent pas de développement car ils ne permettent aucune « sortie par le haut » et souvent qu'une faible transformation; ils n'aboutissent souvent qu'à une réintégration au niveau initial et, si ce n'est pas le cas, peuvent déboucher sur des crises sans issue conduisant à des passages à l'acte suicidaires ou à la psychose.

Pour Dabrowski, le véritable développement passe par une forme de conflit qu'il nomme « vertical » entre les fonctions les plus basses et les plus élevées: c'est, selon lui, la « marque de fabrique » du développement. De façon ultime et de façon idéale, le développement culmine dans la mise en place d'une intégration qu'il nomme secondaire, basée sur l'auto-détermination. Dans « Ainsi parlait Zarathoustra », Nietzche emprunte la métaphore du funambule pour nous dire que nous sommes le fil de celui-ci, le pont qui relie la condition animale à celle du Sur-homme. Pour aller plus loin, nous devons emprunter cette corde, au risque de tomber dans le vide en dessous, pour tenter d'échapper à la condition animale. La foule rassemblée autour du funambule n'écoute pas Zarathoustra mais il nous alerte: «Toi, Sur-homme, apprends ceci de moi: personne ici ne croit en ce Sur-homme. Alors si tu veux t'adresser à eux, vas-y ! Mais la foule ferme les yeux et dit : « Nous sommes tous égaux ». Nietzche nous montre que les individus de cette foule ont accepté leur condition ainsi que leurs définitions collectives transmis par leur milieu culturel et social ; pour la foule, il n'existe pas de Sur-homme; tous sont égaux devant Dieu. C'est pourquoi Nietzche a déclaré que Dieu est mort, permettant ainsi la résurrection et la libération du Sur-homme, en lui permettant d'exercer son autonomie et de laisser s'exprimer son désir d'expression de ses potentiels les plus élevés: « Dieu est mort; maintenant nous pouvons faire preuve de désir - et le Sur-homme ainsi d'émerger ». Malheureusement la foule autour de Zarathoustra réagit comme les prisonniers de la caverne de Platon avec le prisonnier « illuminé ». Il est considéré comme aliéné: « Je veux enseigner aux gens le sens de leur existence qui est ce Sur-homme, l'éclair jaillissant de cet homme des ténébres. Mais je suis toujours loin d'eux et ce que je veux leur dire n'atteint pas leur esprit ».

Les prisonniers de Platon comme la foule entourant Zarathoustra acceptent sans sens critique les idéaux de bien et de mal provenant des conventions culturelles et religieuses. Nietzche nous demande de résister à cette soumission à la morale de l'esclave et de réfléchir par nous-mêmes. Au travers de Zarathoustra, il nous dit que le Sur-homme doit dépasser son soi acculturé pour exercer son pouvoir dans une créativité spontanée et construire ainsi un véritable soi autonome. Les Sur-hommes dépassent ainsi le bien et le mal dans une réflexion profonde sur leurs instincts de base; ils continuent en permanence à développer leurs propres valeurs de vie que l'on peut rapprocher de la hiérarchie de valeurs de Dabrowski. Il répond alors ceux qui lui demandent le chemin ... qu'il n'y a pas de chemin. 

L'incompatibilité de la socialisation avec le développement de l'individu

La socialisation réprime l'autonomie.
En opposition aux systèmes de pensée en vigueur à son époque et encore de nos jours, Dabrowski rejetait la conception de la santé mentale comme absence de maladies psychiques ou comme mesure quantitative de l'ajustement social. Il fut influencé en cela par Marie Jahoda (1958), psychologue viennois. Jahoda identifia les caractéristiques de la capacité à la santé mentale comme étant les suivantes : perception de soi, la santé mentale étant proportionnelle au type de développement et à la capacité d'auto-actualisation, l'autonomie en termes d'indépendance de l'individu par rapport aux influences sociales, la capacité de percevoir la réalité et de devenir maître de son environnement.

Dabrowski définit la santé mentale comme la présence de caractéristiques variées et nouvelles, qualitatives donnant en exemple la présence d'une hiérarchie de valeurs autonome et consciente qui refléte la personnalité unique de l'individu. Suivant la théorie de John Hughlings Jackson, Dabrowski fait l'hypothèse que les niveaux les plus bas de développement relèvent de structures psychologiques plus simples, plus organisées et plus résilientes; il note néanmoins que ces structures sont souvent inféodées aux forces biologiques (instincts, qu'il nommera 1er facteur) et à l'influence de l'environnement social (2ème facteur). Les idéaux, buts, valeurs sont subordonnés à des standards externes et ne laisse que peu de place à la conscience de soi, l'individuation et l'autonomie. L'individu « socialement moyen » montre une intégration unifiée, organisée et coordonnée de toutes les caractéristiques psychologiques formant la base traditionnelle d'une intégration psychologique traditionnellement reconnue positive.

Dabrowski identifie alors deux types d'intégration : la plus basse, selon lui, qui reflète une socialisation qu'il considère, au contraire des théories psychologiques classiques, a-développementale et la plus élevée, ou intégration secondaire, au développement avancé dans laquelle autonomie et auto-détermination reflétent la santé mentale. Pour Dabrowski, les individus restant au niveau d'intégration primaire ne peuvent faire preuve d'une personnalité individuelle ; il va même jusqu'à conclure que « l'absence de développement de la personnalité équivaut à l'absence de santé mentale ». Dans sa description de l'intégration primaire, Dabrowski note que le comportement de ce niveau s'organise communément autour d'instincts et de pulsions d'autosatisfaction. Les rôles sociaux sont souvent produits et manipulés pour atteindre la satisfaction de l'ego. Dans une telle société, des individus charismatiques et forts peuvent s'y saisir de rôles leader et certains ne feront que continuer à se comporter égocentriquement, sans peu d'appréciation du dommage qu'ils causent et de leur responsabilité. L'image-type du psychopathe serait cet homme en costume-cravate, capable de gagner quel qu'en soit le prix, ce businessman ou ce politicien qui sera capable de toutes les justifications pour parvenir à ses buts. Pour Dabrowski, nos systèmes politiques ou éducatifs (les marionnettistes de Platon) encourage la création et la promotion d'individus sans foi ni loi, que ce soit dans le mondes affaires ou la politique; une société qui développe et promeut de tels «gagnants» indique qu'elle est primitive et confuse. Ainsi, Dabrowski réfute l'idée que la santé mentale serait l'ajustement de l'individu à des normes sociales dominantes qui, selon lui, ne représentent en rien le développement humain authentique ou la fonction humaine. L'ajustement à une société elle-même confuse et primitive est, par essence, a-développementale et ne fait que tourner le dos à la découverte de l'essence authentique de l'individu ainsi qu'à l'exercice de son véritable choix, critère de santé mentale.

Avant lui, Søren Kierkegaard s'était senti concerné par l'impact de la socialisation sur l'authenticité de l'être humain, disant que la conformité aux rôles sociaux et à la doctrine de l'Église ne permet pas à l'individu « une véritable action ». Mac Donald saisit bien la position de Kierkegaard lorsqu'il écrit : La problématique centrale de Kierkegaard était de déterminer comment devenir chrétien au Royaume de Dieu. Cette tâche se révèle plus difficile pour les mieux éduqués car les institutions éducatives et culturelles en place tendent à produire des membres stéréotypés « de la foule » plutôt que de permettre aux individus de découvrir leur propre et unique identité ». La "foule" dérobe à l'individu sa responsabilité personnelle. Plutôt que de définir le moi de l'individu au travers de règles et de rôles sociaux, Kierkegaard suggère que la seule vraie liberté d'un individu repose dans sa responsabilité d'être capable de choisir son propre moi, ses croyances et ses valeurs propres, ceci au travers de choix successifs que l'individu est amené à prendre dans sa vie quotidienne. On retrouve l'ajustement décrit par Dabrowski entre « ce qui est » et « ce qui devrait être ». Cette conscience n'est pas sans créer de doute par rapport à soi-même et de l'anxiété. Derrière une porte, nous avons le choix, soit de l'ignorer, soit de décider de ne pas la franchir - 2 choix passifs -, soit de la franchir en faisant face aux peurs et à l'anxiété qui accompagnent cette décision - un choix actif. Kierkegaard dit que ce choix d' « aller voir ce qui est derrière la porte » est critique pour la création du moi. « Un être humain n'a accès à son propre moi qu'en le définissant lui-même, comme quelqu'un qu'il choisirait lui-même ». L'authenticité et la dignité humaine s'affirme et se démontre dans cette capacité à vivre et dépasser l'anxiété et dans la persistance à faire des choix dictés par les valeurs et la foi.

Nietzche est encore plus critique sur le rôle joué par la société; il considère que les schémas de moralité ne sont que les « dogmes du jour » formant une morale de « meute » et qui ne font que nier les développements des valeurs propres de l'individu en imposant des normes moyennes et médiocres. Nietzche pense qu'en adoptant les normes dictées par la socialisation, l'individu n'honore pas son besoin de réévaluer régulièrement ses valeurs et sa propre responsabilité dans son développement, bref d'honorer sa moralité autonome. Ainsi, l'individu se contente de se conformer en perdant la motivation interne de se développer. Nietzche rejette la religion car, selon lui, elle absout l'individu de sa responsabilité à son propre développement.

14 avril 2018

Chandelier

Pause musicale. Superbe chanson de Sia, "Chandelier" :  https://www.youtube.com/watch?v=2vjPBrBU-TM

(refrain)
I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
I'm gonna live like tomorrow doesn't exist
Like it doesn't exist
I'm gonna fly like a bird through the night, feel my tears as they dry
I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier

L'existo-essentialime : l'essence avant I'existence

Dabrowski inventa ce terme afin de décrire sa synthèse unique de deux visions traditionnellement disjointes de caractère humain : d'une part la vision essentialiste présente dans l'approche platonicienne et d'autre part l'approche existentialiste chère à Kierkegaard et Nietzche, plus moderne. Pour les essentialistes, les choses et les organismes comportent des caractéristiques leur permettant de déterminer ce qu'ils sont et vont devenir. Dans l'existentialisme, ce sont nos choix qui font ce que nous sommes.

Dabrowski, lui, considère l'essence de l'individu comme une fondation initiale de son développement bien que celle-ci puisse être submergée sous l'effet de l'individualisme et l'indépendance valorisés par la socialisation et la conformité sociale. L'héritage génétique de l'individu contribue fortement à son développement et il avait coutume de dire que les gènes les meilleurs ne peuvent pas être annihilés par le pire environnement alors que les pires gènes ne peuvent pas être améliorés par un environnement favorable. Chaque individu possède une essence interne composée de ses qualités centrales et de ses traits de personnalité unique. Mais cette essence n'est pas fixée définitivement; on peut plutôt la considérer comme un potentiel amené à se développer ou pas. Cette essence peut par ailleurs être positive et ainsi accélérer le développement, mais aussi être négative et le ralentir voire l'empêcher.

L'expression de l'essence individuelle se traduit au travers d'une série de choix individuels et conscients permettant une distinction entre « ce qui est plus moi » par rapport à « ce qui est moins moi ». Tandis que le développement progresse, la vision et la conscience de soi émergent : conscience des buts et des aspirations propres, de ses attitudes et relations aux autres. L'individu construit alors un idéal de personnalité à partir de cette essence initiale et de ses potentialités, de ses rêves et de ses aspirations. L'idéal de la personnalité devenant de plus en plus clair, l'individu peut constater l'écart entre son idéal du soi et son essence initiale et faire ainsi des choix conscients et volontaires quant à ce qu'il lui faut inhiber ou développer. L'expression pleine du caractère d'un individu reflète à la fois son essence et les choix qu'il fait. Une croissance avancée est nécessaire sous la forme d'une désintégration de l'intégration primaire et de la libération qui s'ensuit, permettant la création d'opportunités de découverte de la véritable essence individuelle et conduisant à la véritable compréhension de soi au travers de choix existentiels volontaires conscients et non subis. La succession de ces choix viennent former et affiner l'essence brute pour créer cette personnalité unique et autonome.

Au-delà de cette essence, Dabrowski décrit d'autres facteurs internes critiques dans la détermination de la trajectoire développementale de l'individu: l'instinct créatif, celui de la perfection de soi, les dynamismes, la combinaison des moteurs et émotions fournissant l'énergie nécessaire à ce développement, et, enfin, une constellation de facteurs qu'il nomme potentiel de développement et définit comme « la dotation constitutionnelle déterminant le caractère et la potentielle extension de la croissance mentale pour un individu donné ». En résumé, on pourrait dire que rapproche existo-essentialiste de Dabrowski montre que l'individu doit prendre conscience de ses traits uniques de caractère - son essence - et pouvoir ainsi faire des choix volontaires qui expriment et dessinent cette essence, conduisant vers l'atteinte de l'idéal de la personnalité. Pour Dabrowski, « l'essence est plus importante que l'existence dans la naissance d'un être humain véritable » et il continuait en disant : « il n'y a pas de véritable existence humaine sans essence authentique ». Cette compréhension permet une appréhension puissante et nouvelle du développement humain.

13 avril 2018

Le développement stratifié

Cette approche est vitale pour rendre compte de la large et complexe variété de phénomènes rencontrés dans la psychologie et le développement. En effet, les approches plus classiques rendent mal compte de la grande disparité existant entre les comportements les plus bas et les plus élevés. Pour Dabrowski, le développement stratifié est donc la pierre angulaire de sa théorie du développement de la personnalité.

Platon, dans son mythe de la caverne (Allégorie de la caverne), décrit 4 niveaux d'existence avec chacun son niveau de conscience et de perception. +L'existence au niveau le plus bas est décrite comme faite d'opinions, d'ombres de perceptions brutes, simplistes et erronées : le groupe qui regarde passivement la vie comme une ombre sur le mur de la caverne en face de lui. Ces prisonniers sont enchainés, avec l'impossibilité de se retourner pour comprendre leur situation; leurs sens sont tellement anesthésiés qu'ils ne peuvent même pas prendre conscience de leurs chaines. Ce jeu d'ombres est orchestré par des « marionnettistes" (représentants de l'État ou du système éducatif) qui, derrière les prisonniers, utilisent ce jeu d'ombres pour décrire la vie telle qu'ils veulent la faire percevoir. Ce jeu d'ombres est possible grâce à une lumière a une lumière artificielle, un feu de camp au fond de la caverne.

+A un moment, l'un de ces prisonniers commence à se poser des questions et prend la décision de partir à la découverte de la vérité pour se libérer et saisir la situation dans son ensemble: Platon le décrit comme le philosophe ou l'intellectuel. Il trébuche en se dirigeant vers une faible lumière en provenance de l'entrée de la caverne qui le guide dans un périple long et dangereux vers la surface : cela lui demandera beaucoup de force, de détermination et une forte motivation interne. Beaucoup s'y essaient mais peu réussissent.

+Pour ceux qui parviennent enfin à la surface, la vie prend alors une perspective complétement différente et un renversement de paradigme se produit dans leur perception. Platon reconnait que le réflexe du prisonnier parvenu à la surface pourrait être d'y rester et de profiter du soleil. Mais il décrit l'impératif moral de celui-ci de ses pairs pour leur apporter revenir vers la lumière.

+Malheureusement, il arrive que le prisonnier redescendant de la grande lumière vers celle, plus limitée, de la caverne ne puisse plus retrouver son chemin ; les prisonniers restant écoutent une histoire bizarre qu'ils sont incapables de comprendre et, ayant peur de ce qu'ils perçoivent comme la folie de ce prisonnier échappé, ils le tuent.

Les individus de l'intégration primaire de Dabrowski ressemblent beaucoup à la majorité des prisonniers de la caverne de Platon qui acceptent passivement la socialisation, acceptent une réalité quotidienne sans questionnement critique. Pour Dabrowski, l'individu « bien socialisé » vit une existence imitative faite de rôles prescrits de l'extérieur, sans réelle conscience, d'individualité ou d'authenticité, à un niveau primaire et basique de développement. Le prisonnier échappé ressemble lui à ces individus qui, selon Dabrowski, munis d'un fort potentiel de développement et grâce aux dynamismes, leur hiérarchie de valeurs et leurs Surexcitabilités (SE), aspirent à un développement complet vers ce qu'il nomme les niveaux IV et V.

L'approche stratifiée de Dabrowski fait écho à celle de John Hughlings Jackson (1835-1911) qui, dans ses conférences bien connues de Cronian en 1884, décrit le système nerveux comme comportant plusieurs niveaux qui se distinguent par 3 variables : les niveaux les plus bas sont simples, plus organisés, automatiques et moins réfléchis/ les niveaux les plus élevés sont plus complexes, moins organisés, plus délibérés et volontaires. Jackson décrit l'évolution comme un mouvement du plus bas vers le plus élevé, vers plus de complexité, moins d'organisation. Dabrowski introduit ces attributs dans sa définition des niveaux les plus élevés : « par plus haut niveau psychique, nous décrivons un comportement plus conscient, une plus grande liberté de choix et donc une plus grande opportunité d'auto-détermination. »

En outre, Dabrowski insistait sur le fait que les niveaux les plus élevés différaient des niveaux les plus bas quantitativement et qualitativement; la psychologie admet communément des différences quantitatives, ceux des différents niveaux d'intelligence quantifiés dans les tests de QI. Dabrowski pensait qu'un développement avancé met en oeuvre un autre aspect en remarquant, par exemple que la perception de la réalité peut être très différente entre individus de haut et bas niveau. Ces différences qualitatives sont des caractéristiques importantes signant un développement avancé et proposent une base pour la classification de la personnalité et du développement plus précise. C'est en cela que l'approche de Dabrowski est précieuse lorsqu'on essaie de comprendre le monde complexe et pluridimensionnel de la surdouance.

12 avril 2018

La Théorie de la Désintégration Positive de Dabrowski

Influences des courants philosophiques, psychologiques, et spirituels dans la construction de la TDP

La Théorie de la Désintégration Positive de Dabrowski offre une vision plus réaliste et particulièrement dynamique du développement de l'être humain tout au long de la vie. Si la dotation de l'héritage génétique est primordiale, beaucoup peut s'acquérir à condition de détenir un potentiel de développement suffisant et des conditions environnementales favorables au développement des capacités se manifestant dans les Surexcitabilités (SE), tout en se détachant des normes extérieures sociales. La vie de Dabrowski est une bonne illustration d'un tel développement. Fortement éprouvé par le décès de sa sœur de 3 ans quand lui-même en avait 6 puis, plus tard, par le suicide de son meilleur ami, par la rencontre brutale avec la guerre et tout ce qu'elle peut avoir d'effrayant pour un esprit sensible, la vie amena très tôt Dabrowski à rechercher du sens dans ce qu'il vivait ou mettait en place. Ce sens, il le rechercha å la fois dans le champ philosophique et psychologique mais aussi vraisemblablement dans le champ spirituel sans que, pour autant, la littérature à ce sujet ne soit très détaillée : il méditait chaque jour et ce, bien avant l'avènement de la Mindfulness !

Influences et convergences philosophiques
La TDP est construite sur 4 idées philosophiques centrales :

+ Le développement stratifié.
+ L' « existo-essentialisme ».
+ L'incompatibilité de la socialisation avec le développement de l'individu.
+ La nécessité de la désintégration dans le processus de développement.

Ces idées se retrouvent chez des philosophes tel Platon, Kierkegaard ou Nietzche ou chez un Neuro-physicien comme John Hughlings Jackson qui ont influencé et conforté Dabrowski dans sa vision unique du développement humain et de sa personnalité.