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21 mai 2018

Les quatre lois de la spiritualité

J'aime bien glâner des idées par-ci par-là. Il est important de rester ouvert au monde et de picorer de la nourriture intellectuelle au hasard de nos lectures, en gardant à l'esprit de développer le gourou en nous, notre propre gourou. Il ne s'agit pas de suivre à la lettre les précepts de quelques maître à penser. Les lois de la spiritualité qui suivent m'enseignent juste à être plus raisonnable et résilient face aux choses du monde. Le développement personnel est un processus qui demande du temps. C'est tout.

En Inde, on enseigne : " Les quatre lois de la spiritualité ".

La première dit : "La personne qui arrive est la bonne personne", c'est-à-dire personne n'entre dans notre vie par hasard, toutes les personnes autour de nous, toutes celles qui interagissent avec nous, sont là pour une raison, pour nous apprendre et progresser dans toutes les situations.

La deuxième loi dit : "Ce qui s’est passé est la seule chose qui aurait pu arriver" rien, mais rien, absolument rien de ce qui s’est passé dans notre vie n’aurait pu être autrement. Même le plus petit détail. Il n'y a pas de " Si j'avais fait ce qui s’était passé autrement ..." Non. Ce qui s'est passé était la seule chose qui aurait pu arriver, et c'est comme ça que nous apprenons la leçon et que nous allons de l'avant. Chacune des situations qui se produisent dans notre vie est l'idéal, même si notre esprit et notre ego sont réticents et non disposés à l'accepter.

La troisième dit : "Le moment où c'est le moment est le bon moment." Tout commence au bon moment, pas avant ni plus tard. Quand nous sommes prêts à commencer quelque chose de nouveau dans notre vie, c'est alors qu'il aura lieu.

La quatrième et dernière : "Quand quelque chose se termine, c'est fini." C'est ça. Si quelque chose est terminé dans notre vie, c'est pour notre évolution, donc il est préférable de le laisser, aller de l'avant et continuer désormais enrichis par l'expérience.

5 novembre 2016

Être son propre gourou

Dans un précédent billet (l'œuvre d'un artiste), je parle d'être son propre dieu, son propre gourou. Ce n'est pas de la mégalomanie. Un gourou désigne communément en Occident un maître à penser. En Inde, le gourou (du sanskrit गुरु guru) est un enseignant, un précepteur, un maître.

Être son propre gourou, pour moi, c'est vivre selon ces valeurs profondes, en accord avec sa personnalité. Je parle ici de valeurs humanistes bien sûr. Pas du brigand qui vit suivant des valeurs faîtes de rapines et de violence.

Un esprit libre est en quelque sorte son propre maître à penser. Dans notre société, la religion (je pense notamment au boudhisme ici) apaise l'esprit, mais éloigne souvent de ce que nous sommes vraiment. La religion agit alors comme le fond les drogues, elle nous éloigne de nous. On est pratiquant en suivant des règles établies, mais finalement on est de moins en moins spitiruel. Nous répondons alors à des règles extérieures. Le pratiquant se met au service de son gourou. Parfois, des esprits profonds arrivent à raccorder cette croyance avec la personnalité qui se niche au fond d'eux. Cependant, la plupart des gens trouvent surtout du réconfort dans une communauté, en mettant entre parenthèse ou aux oubliettes, ce qui devrait être la vraie quête de la vie: Qui sommes-nous vraiment ? Quelle est notre vraie personnalité ?


L'œuvre de l'artiste

Pour moi, l'œuvre d'un artiste apaise son impatience de créer, son insatiable urgence d'assouvir le désir créatif. Cette œuvre est sa folie. Il se prend pour un "dieu", car l'artiste est son propre dieu, son propre gourou avec sa mégalomanie, sa folie et son absolue. Son travail, c'est lui. Il dépeint son monde intérieur ou imaginé. Il doit révéler cette part de lui, c'est sa raison d'être.

Pour Martin Heidegger, l'œuvre d'art est une puissance qui ouvre et "installe un monde". L'artiste n'a pas une claire conscience de ce qu'il veut faire, seul le "tout fera l'œuvre". L'œuvre d'art n'est pas un outil, elle n'est pas une simple représentation, mais la manifestation de la vérité profonde d'une chose : "ainsi du temple grec qui met en place un monde et révèle une terre, le matériau qui la constitue, un lieu où elle s'impose (la colline pour le temple), et le fondement secret, voilé et oublié de toute chose".

Pour Maurice Merleau-Ponty, "en peignant, le peintre manifeste et montre comment le monde devient sous et par ses yeux, car le peintre peint à la fois le monde et son monde. Tout en se mettant totalement dans ce qu'il peint, le peintre est le serviteur de ce qui est en face à lui".