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25 décembre 2018

Un nouveau guide à lire

Je viens de rédiger un nouveau guide pour les Hauts Potentiels Surdoués Zèbres. Ce livre guide le lecteur au-delà des mythes et des stéréotypes concernant le talent et la douance. Il intéressera toutes les personnes souhaitant améliorer leur intelligence, leur créativité et leur productivité. Le travail nécessaire au développement personnel peut être long et semé d'embûches. La citation de l'alpiniste Edmund Hillary, qui a été le premier à gravir l'Everest, résume bien l'ampleur de la tâche.

« Ce n'est pas la montagne que nous conquérons, c'est nous-mêmes. »



20 août 2017

Douance et haut potentiel

D'aucuns comparent le surdoué à un zèbre (Vous avez dit zèbres ?), d'autres à une forêt humide (Rainforest Mind). Pour ma part, j'aime bien le mot douance et l'expression haut potentiel.

La douance.
Ce terme vient du Canada et sert à désigner les enfants ou les adultes dont les capacités intellectuelles dépassent la norme établie. J'utilise beaucoup ce mot car il est neutre. Il veut rien dire a priori. Les initiés le comprennent, les autres cherchent encore. On dirait un terme immobilier, entre une location et un viager. On pourrait penser à une maladie orpheline. Un mal chronique et rare. Enfin, il me plait car il ne sous-entend rien d'extraordinaire comme "précoce", "doué" ou "surdoué". Je m'approprie ce mot sans culpabilité, ni supériorité vis-à-vis des autres.

Le haut potentiel.
Du latin potentialis (« de puissance »). Qui est en puissance (par opposition à effectif ou factuel. Capacité à faire, supposée mais pas encore réalisée. Ces deux mots associés sont intéressants. Le potentiel, c'est quelque chose en gestation, en sommeil, qui peut se reveler, une possibilite ou non qu'une force se réalise. L'adjectif "haut" s'ajoute à cette probabilité et promet des sommets. L'aspect intéressant de l'appelation "haut potentiel" est que cela peut arriver et être magnifique, mais que cela peut aussi ne pas arriver et être alors tragique. Il faut révéler ce potentiel. Pour cela il faut travailler sur soi, rester motivé, quoiqu'il arrive et passer à l'action. Rien n'arrive automatiquement et systématiquement.

14 juillet 2017

Vous avez dit zèbres ?

Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Elle est connue pour son livre "Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué". Dans ce livre, elle emploie le terme de Zèbre pour parler des enfants surdoués. Ce terme a été, depuis, repris par de nombreux parents d’enfants surdoués et par des surdoués eux-mêmes, afin d’éviter les terminologies habituelles, à savoir : Enfant intellectuellement précoce, surdoué et haut potentiel (HP).

Jeanne Siaud-Facchin a donc choisi le mot « zèbre » pour parler des individus possédant un fonctionnement intellectuel différent. L'idée est que le zèbre est le seul animal sauvage que l’homme n’a pu domestiquer, que son pelage rayé est destiné à jouer avec les ombres et la lumière pour mieux se dissimuler, puis soudain apparaître dans toute sa splendeur en se détachant, par ses rayures, de tous les autres animaux de la savane. On parle aussi d’un drôle de zèbre pour désigner un individu original, peu banal. OK, pourquoi pas !

Le seul problème pour moi, et il est crucial, est que le zèbre est quoi qu'on en dise facilement identifiable et localisable dans la savane (*). Tandis que le surdoué, surtout lorsqu'il est non diagnostiqué, est tout sauf reconnaissable dans la foule. Un oeil avisé peut, éventuellement, en le fréquentant ou en discutant avec lui avoir un indice sur l'existence d'une douance, mais à part ça, le surdoué est tout sauf identifiable, contrairement au zèbre. Et c'est, par ailleurs, une de ses souffrances principales : ne pas être reconnu à sa juste valeur par les autres.

Je comprends l'idée d'identifier les surdoués aux zèbres pour ne pas utiliser des termes trop prétentieux ou arrogants comme surdoués, HP, etc. Pour les enfants, il permet aussi de s'identifier à un animal élégant et original. Je comprends aussi l'idée d'associer un nom à une personne -zèbre et Mme Siaud-Facchin- cela permet astucieusement de créer une dynamique commerciale. Ce que je ne comprends pas, c'est que tout le monde utilise ce terme -avec l'aide de la presse complaisante- sans questionner la pertinence de l'association zèbre-surdoué, l'un est visible comme le nez au mileu du visage, l'autre est un véritable caméléon. Tiens, pourquoi pas caméléon alors ? 

Au fil de mes lectures sur les surdoués, essentiellement en anglais, la littérature française sur le sujet étant très pauvre, j'ai découvert d'autres associations d'images/d'idées comme zèbre-surdoué. Je détaillerai prochainement l'idée de "Rainforest Mind", ce que l'on peut traduire par "l'esprit forêt humide" (je sais, cela sonne moins bien en français).

(*) Au 19e siècle, l'écrivain Rudyard Kipling et le naturaliste Alfred Russel Wallace ont contribué à diffuser l'hypothèse selon laquelle les rayures du zèbre lui permettaient de mieux se fondre dans la savane. Cette hypothèse longtemps considérée comme crédible dans la communauté scientifique a toutefois été démentie au début du 21e siècle. L'hypothèse est formellement démentie en 2016. En fait, dans la savane, le zèbre est très visible, et il tendrait donc à se dresser comme une exception à la règle du camouflage. (source Wikipedia)

4 juin 2017

Les gens intelligents suranalysent tout

Voici pourquoi les gens les plus intelligents suranalysent tout.

Ils ont toujours un million de choses en tête. Même quand ils devraient être détendus, ils stressent à propos de quelque chose. Leur esprit ne s’arrête jamais. Voilà pourquoi ils finissent par tout suranalyser. Ce qu’ils doivent porter. Ce qu’ils doivent manger. Où ils doivent s’asseoir. Pendant combien de temps ils doivent attendre avant de répondre à un message. Ils sont intelligents, ce qui signifie qu’ils peuvent s’imaginer des dizaines de scénarios possibles pour toutes les situations. Et quand ils y pensent, ils s’inquiètent pour des choses qui ont peu de chance de se produire. Ils deviennent fous.  Ils n’ont jamais une minute de tranquillité. Ils suranalysent, parce qu’ils n’aiment pas être pris par surprise. Ils aiment savoir dans quoi ils s’embarquent.  Ils ont l’habitude d’avoir le contrôle de chaque situation et ne veulent pas être pris au dépourvu.  Ils veulent planifier tout ce qui pourrait se produire. Parce que c’est ce qu’ils sont, des planificateurs. Ils aiment savoir où ils vont, qui va être là, et quels événements sont programmés. Ils ont besoin de savoir cela pour ne pas avoir l’impression de marcher à l’aveugle.

Ils détestent quand ils ne comprennent pas ce qu’il faut faire, quand ils se perdent en voiture ou qu’ils rencontrent quelqu’un qu’ils ne s’attendaient pas à voir. Quand ils se sentent pris au dépourvu,  stupides . Ils veulent toujours savoir ce qui se passe. Voilà pourquoi ces personnes suranalysent tout. Les mots dans un texte. La façon dont une personne les regarde. Le ton qu’une personne a employé en parlant d’eux. Ils sont clairvoyants, ils voient tout ce qu’une personne dit et fait – et ils réfléchissent trop à leurs actions. Voilà pourquoi ils sont aussi conscients. Ils peuvent dire quand un ami est ennuyé par quelque chose qu’ils ont dit, quand quelqu’un ne répond pas à un message parce qu’ils l’ont ennuyé.

Ils essaient de lire le langage corporel des gens autour d’eux, pour veiller à ne pas dépasser leurs limites. Ils ne veulent pas faire quelque chose de stupide, comme tomber amoureux de quelqu’un qui ne ressent pas la même chose qu’eux ou déranger un ami qui préférerait rester seul. La plupart des gens pensent que ce sont des personnes logiques, ce qu’ils sont, mais ils sont également parmi les personnes les plus sensibles. Ils ont un cœur aussi grand que leur cerveau. Voilà pourquoi ils se sentent forts, si profondément inquiets. Ils sont souvent fiers d’être aussi intelligents. Ils sont heureux de pouvoir prendre soin d’eux-mêmes, de pouvoir faire ce que la plupart des gens ne peuvent pas faire. Mais parfois, leur esprit leur fait perdre la tête. Parfois, cela leur rend la vie encore plus difficile.

7 avril 2017

Les surdoués adultes vus par une psychiatre

La notion du haut potentiel chez le sujet adulte est encore bien peu abordée, et le plus souvent absente du schéma de compréhension et de décision du psychiatre qui reçoit en consultation un de ces sujets. Ceci, pour différentes raisons :
-On en connaît de plus en plus sur la question des enfants précoces, au travers des problèmes de scolarité qu’ils peuvent rencontrer, ou des symptômes qui peuvent les amener dans les cabinets des psys. Leur devenir à l’âge adulte reste par contre encore bien peu connu.
-Le haut potentiel n’est pas une maladie, et les psychiatres, contrairement aux psychologues qui sont formés à la question de l’intelligence, n’ont aucune formation, voire aucune idée sur le sujet.
-Enfin, la plupart des enfants à haut potentiel seront des enfants heureux, et deviendront des adultes heureux. Et ce, probablement d’autant plus que ce potentiel aura été détecté, expliqué, et accompagné pour aller dans le sens de leur épanouissement.

Par contre, une fraction non négligeable de cette population, non détectée, ou bien ne bénéficiant pas d’un entourage familial ou éducatif adéquat, risquera de se trouver en situation de sous utilisation de ce potentiel, avec une difficulté dans la construction de leur personnalité, et dans la capacité à trouver un équilibre de vie épanouissant. Que risque le sujet adulte à HP non détecté au cours de sa vie, en termes de symptômes psychiatrique ?

Chez les sujets qui ont pu optimiser leur potentiel, dans le sens de la réussite professionnelle ou personnelle :
-Un risque anxieux avant tout.
L’anxiété semble quasi constante chez le sujet à HP, liée entre autre à un pseudo-perfectionnisme. Toute son échelle de valeurs est en effet biaisée dans la mesure où, pour le sujet à HP, la norme, c’est la perfection. L’anxiété sociale et relationnelle sera aussi communément retrouvée, car le sujet à HP non détecté n’a souvent pas conscience de son décalage par rapport à la moyenne, et aura tendance, surtout pour les femmes, à s’accorder peu de valeur. Ce manque d’estime de soi, associé à une hypersensibilité émotionnelle, seront des facteurs favorisants de décompensations dépressives.

-En aval du risque anxieux, un risque dépressif.
Trop d’activités, trop de projets, une hypersensibilité émotionnelle pouvant compliquer les rapports sociaux, des troubles du sommeil par incapacité à mettre sa tête au repos, et c’est le syndrome d’épuisement classique, qui est une dépression qui se manifeste notamment par une incapacité brutale à penser. Comme le sujet à HP présente un idéal du Moi très élevé (voire en plus un Surmoi très rigide…), et une fâcheuse tendance à vouloir dépasser ses limites, ce tableau dépressif pourra être subit, et surtout très mal toléré sur le plan narcissique, avec des risques de mise en danger important.

Les sujets qui n’ont pas pu utiliser leur potentiel dans le sens de la réussite sont plus difficiles à détecter en consultation psychiatrique, alors même qu’ils sont souvent en grande souffrance du fait de la sous-utilisation de leur intelligence.
Indéniablement, haut potentiel rime avec excès. Excès de sensations, excès de stimulations, excès de pensées, excès de sentiments, mais surtout excès d’énergie. Ces personnalités sont excessives, avec toutes un style différent, conditionné par le tempérament, qui est une donnée innée, et canalisées par ce qui aura été proposé par l’environnement.

Si l’environnement a été ouvert, curieux, tolérant et stimulant, mais aussi cadrant, l’énergie est canalisée sur une multitude de rails. Dans le cas contraire, l’excès d’énergie reste coincé à l’intérieur du sujet, et se retourne contre la personne. Ce qui produit une inhibition en surface, et la création de voies de sortie pathologiques de l’énergie en excès, au travers de symptômes, et ce d’autant plus que le milieu familial aura été pathogène ou non sécurisant. On retrouve là en premier lieu des symptômes anxieux et pseudo-obsessionnels, avec une dispersion de la pensée, des raisonnements obsédants, voire de vraies obsessions idéatives (la pensée classiquement décrite chez le sujet à HP comme arborescente perd –ou bien n’a jamais développé- son système de priorités et de tâches subalternes, et devient confuse et douloureuse). On trouve aussi un risque addictif, soit à des produits (cannabis et alcool préférentiellement), mais aussi des addictions comportementales comme des Troubles du Comportement Alimentaire, l’addiction à internet, ou tout simplement une addiction à la rêverie qui est en fait vivre sa vie en rêve, sans obstacles ni contraintes. Ces addictions ont pour fonction de permettre au sujet de se « vider la tête » face à une pensée qu’il n’arrive pas à canaliser et utiliser correctement.

Lorsqu’un adulte ou un adolescent de ce type arrive dans le cabinet d’un psychiatre, le psychiatre ne voit que la surface, l’inhibition ou les symptômes, et seule une attention particulière permettra de suspecter le HP caché. D’où un sacré risque de passer à côté d’une donnée centrale de la problématique, et de ne proposer qu’une prise en en charge partiellement efficace.

Alors, comment rendre la vie plus belle aux sujets à hauts potentiels adolescents et adultes ?
Le déroulement est en fait le même que pour l’enfant précoce qui rencontre un psychologue, et s’organise autour de trois étapes :

1/ Tout d’abord, il faut savoir reconnaître le Potentiel
Puis il faut transmettre au patient cette idée, et lui dire que cette hypothèse sera prise en compte dans la prise en charge, ce qui nécessite un peu d’assurance et de persévérance face à des patients parfois incrédules ou sceptiques, jusqu’à ce qu’ils arrivent à se l’approprier. Reconnaître le haut potentiel, veut dire aussi faire une relecture du parcours du sujet, et déterminer en quoi ce potentiel a pu être un plus ou un frein dans la réalisation de son épanouissement. Et cela veut enfin dire les encourager à assumer cette différence.

2/ La deuxième étape est de leur expliquer comment ils fonctionnent. Comment canaliser leur intelligence et leur énergie pour sortir de l’inhibition, des obsessions, comment arriver à se vider la tête pour retrouver le sommeil. Comment aussi retrouver un plaisir à utiliser son intelligence, là où penser est souvent devenu une contrainte, voire une torture. Une approche en thérapie corporelle associée (relaxation, psychomotricité) sera souvent conseillée.

3/ La dernière étape sera de les remotiver, autour de la reprise d’études, de projets professionnels, autour d’un projet artistique ou créatif. Toutes les idées, leurs idées sont bonnes à prendre, car on sait bien qu’un sujet à haut potentiel motivé aura les moyens de réussir ce qu’il entreprend.

Alors bien sûr il y a aussi le reste du travail psychiatrique et psychothérapique, en gardant à l’esprit que ce travail ne pourra produire de bons résultats chez le sujet HP que dans un cadre particulièrement interactif et explicite.

11 décembre 2016

Kazimierz Dabrowski et la désintégration positive - Dabrowski -

Kazimierz Dabrowski (1er septembre 1902 à Klarowo - 26 novembre 1980 à Varsovie, en Pologne) était un psychologue, psychiatre, médecin, écrivain et poète. Il fut professeur au département de psychologie de l'université Laval et au département de psychologie de l'université de l'Alberta ainsi que membre de la société royale de médecine. Kazimierz Dabrowski a développé le concept de la désintégration positive, une approche nouvelle du développement de la personnalité. La théorie de la désintégration positive apparaît être très utilisée par les individus à haut potentiel (surdoués) pour comprendre leur développement intellectuel/mental.

À propos de la théorie et de sa compréhension. Certaines personnes vont être dépassées et même perdus en découvrant en quoi consiste la désintégration positive. C’est normal. Elles ne sont pas encore en position de comprendre pour différentes raisons. Elles n’ont pas encore vécu certaines cassures, drames (décès), évènements (divorce) dans leur vie qui sont à l’origine d’une dépression qui entraine une désintégration par la suite. Il faut avoir une grande conscience de sa vie intérieure, ce qu’Howard Gardner appelle l’intelligence intra-personnelle, l'intelligence de l'introspection, de la connaissance de soi. La désintégration est inconsciente au début, c'est à  la fin et surtout quand elle est finie ou qu’on approche de la fin que l'on comprend ce qui s'est passe. C’est mon expérience tout au moins. J’ai fait le plus gros. Apres un divorce, j’ai eu un gros passage à vide, et petit à petit j’ai découvert ma douance. J’ai beaucoup lu et j’ai finalement consulté une spécialiste qui m’a parlé de la désintégration. Depuis je continue à travailler sur moi, mais je suis, jour après jour, de plus en plus, près de ma vraie personnalité.  Un point important à retenir. La désintégration, c’est une évolution, une transformation de soi vers sa vraie personnalité. Pour cela, il faut passer à travers une période de trouble, une dépression. Le problème qui se pose chez beaucoup de  personnes dans cette situation c’est qu’elle essaie d’échapper à leur situation en prenant des antidépresseurs pour faire passer cette période dépressive, et retourner ainsi à leur situation initiale (ex: même travail, mêmes relations toxiques). Généralement on prend des médicaments, d’autres vont s’orienter (ou être orientés) vers l’alcool ou les drogues. Ils vont perdent ainsi contact avec leur personnalité, avec ce qu’ils sont vraiment. Rien n’est définitif bien sûr, mais il faut savoir que les substances compromettent la désintégration. Les croyances, les religions aussi car elles éloignent de soi. Bien sûr, on peut se réaliser par la croyance divine, mais c’est toujours sous les règles d’une divinité extérieures à notre moi profond.  Je reviendrai là-dessus plus tard.

Une petite précision : la théorie de la désintégration positive est la proposition originale d’un patricien, Kazimierz Dabrowski, sur des comportements qu’il a longuement observés. C’est son interprétation des choses. Personnellement je trouve qu’il a vu juste. Cette théorie doit être considérée comme un outil heuristique, un outil de découverte, pour se comprendre et trouver des solutions à ces blocages. Ce n’est pas un dogme. Petit rappel: la théorie de la désintégration positive est très utilisée par les individus à haut potentiel (surdoués) pour comprendre leur développement intellectuel.