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30 juin 2018

De la liberté

Selon le psychologue existentialiste américain Rollo May, la liberté est complexe lorsque nous acceptons les réalités de la vie, non par nécessité aveugle, mais par choix. Ce qui veut dire que l'acceptation de nos limites n'est pas du tout un renoncement, mais peut et doit être un acte constructif de liberté. Et un tel choix aura plus de résultats créatifs pour l'individu que s'il avait eu à lutter contre aucune limitation dans sa vie.

La personne qui est dévoué et fidèle à la liberté ne perd pas de temps à se battre contre la réalité. Au lieu de ça, comme le fait remarquer Søren Kierkegaard, il "loue et encense la réalité". Ainsi, la liberté n'est pas une question de dire "oui" ou "non" face à une décision spécifique, c'est le pouvoir de nous modeler et de nous créer nous-mêmes. La liberté est la capacité, comme le dit Friedrich Nietzsche, "de devenir ce que nous sommes vraiment."

20 mai 2018

Objectivité - Subjectivité

Søren Kierkegaard (1813-1855) est un écrivain, théologien protestant et philosophe danois, dont l’œuvre est considérée comme une première forme de l'existentialisme. Il note que "la plupart des gens sont subjectifs envers eux-mêmes et objectifs envers les autres, parfois horriblement objectifs. Le but est précisément de faire le contraire, être objectif avec soi-même et subjectif dans ses rapports avec les autres personnes."

19 mai 2018

La crainte

Être capable de choisir crée la liberté individuelle, mais cela engendre aussi la crainte, la peur de cette liberté. Le philosophe danois, Søren Kierkegaard, note que “l'anxiété est le vertige de la liberté”, l'angoisse est le « vertige du possible ». L'anxiété est un désir pour ce dont nous avons peur, mais ce dont nous avons peur nous le désirons.

Debout au bord du précipice, nous avons peur de tomber, mais nous craignons aussi l'idée que nous pouvons décider de sauter. Nous avons peur de ce que nous pouvons faire. Nous craignons la seule chose qui nous retient qui est notre propre volonté. Quand l'idée de sauter nous vient à l'esprit, la responsabilité est sur nous de décider de ne pas sauter.

La crainte grandit quand nous devenons conscient de l'avenir. On réalise que nous devons choisir et que notre vie est déterminée par les choix que nous faisons. Jean-Paul Sartre a dit : “Je m'attends dans le futur, où je prends rendez-vous avec moi-même de l'autre côté de cette heure, de ce jour, ou de ce mois. L'angoisse est la peur de ne pas me trouver à ce rendez-vous, de ne plus vouloir m'y emmener.”

Le fait que nous pouvons choisir crée un formidable sens de la responsabilité et accepter cette responsabilité nous rend authentique. Kierkegaard dit que “ne pas choisir nous rend inauthentique.” Sartre estime que “nous sommes laissés seuls et sans excuse...condamnés à être libre...condamnés, car nous nous sommes pas crées nous-mêmes, mais néanmois libres, car une fois que nous apparaissons dans le monde, nous sommes responsables de tout ce que nous faisons.”

15 avril 2018

L'incompatibilité de la socialisation avec le développement de l'individu

La socialisation réprime l'autonomie.
En opposition aux systèmes de pensée en vigueur à son époque et encore de nos jours, Dabrowski rejetait la conception de la santé mentale comme absence de maladies psychiques ou comme mesure quantitative de l'ajustement social. Il fut influencé en cela par Marie Jahoda (1958), psychologue viennois. Jahoda identifia les caractéristiques de la capacité à la santé mentale comme étant les suivantes : perception de soi, la santé mentale étant proportionnelle au type de développement et à la capacité d'auto-actualisation, l'autonomie en termes d'indépendance de l'individu par rapport aux influences sociales, la capacité de percevoir la réalité et de devenir maître de son environnement.

Dabrowski définit la santé mentale comme la présence de caractéristiques variées et nouvelles, qualitatives donnant en exemple la présence d'une hiérarchie de valeurs autonome et consciente qui refléte la personnalité unique de l'individu. Suivant la théorie de John Hughlings Jackson, Dabrowski fait l'hypothèse que les niveaux les plus bas de développement relèvent de structures psychologiques plus simples, plus organisées et plus résilientes; il note néanmoins que ces structures sont souvent inféodées aux forces biologiques (instincts, qu'il nommera 1er facteur) et à l'influence de l'environnement social (2ème facteur). Les idéaux, buts, valeurs sont subordonnés à des standards externes et ne laisse que peu de place à la conscience de soi, l'individuation et l'autonomie. L'individu « socialement moyen » montre une intégration unifiée, organisée et coordonnée de toutes les caractéristiques psychologiques formant la base traditionnelle d'une intégration psychologique traditionnellement reconnue positive.

Dabrowski identifie alors deux types d'intégration : la plus basse, selon lui, qui reflète une socialisation qu'il considère, au contraire des théories psychologiques classiques, a-développementale et la plus élevée, ou intégration secondaire, au développement avancé dans laquelle autonomie et auto-détermination reflétent la santé mentale. Pour Dabrowski, les individus restant au niveau d'intégration primaire ne peuvent faire preuve d'une personnalité individuelle ; il va même jusqu'à conclure que « l'absence de développement de la personnalité équivaut à l'absence de santé mentale ». Dans sa description de l'intégration primaire, Dabrowski note que le comportement de ce niveau s'organise communément autour d'instincts et de pulsions d'autosatisfaction. Les rôles sociaux sont souvent produits et manipulés pour atteindre la satisfaction de l'ego. Dans une telle société, des individus charismatiques et forts peuvent s'y saisir de rôles leader et certains ne feront que continuer à se comporter égocentriquement, sans peu d'appréciation du dommage qu'ils causent et de leur responsabilité. L'image-type du psychopathe serait cet homme en costume-cravate, capable de gagner quel qu'en soit le prix, ce businessman ou ce politicien qui sera capable de toutes les justifications pour parvenir à ses buts. Pour Dabrowski, nos systèmes politiques ou éducatifs (les marionnettistes de Platon) encourage la création et la promotion d'individus sans foi ni loi, que ce soit dans le mondes affaires ou la politique; une société qui développe et promeut de tels «gagnants» indique qu'elle est primitive et confuse. Ainsi, Dabrowski réfute l'idée que la santé mentale serait l'ajustement de l'individu à des normes sociales dominantes qui, selon lui, ne représentent en rien le développement humain authentique ou la fonction humaine. L'ajustement à une société elle-même confuse et primitive est, par essence, a-développementale et ne fait que tourner le dos à la découverte de l'essence authentique de l'individu ainsi qu'à l'exercice de son véritable choix, critère de santé mentale.

Avant lui, Søren Kierkegaard s'était senti concerné par l'impact de la socialisation sur l'authenticité de l'être humain, disant que la conformité aux rôles sociaux et à la doctrine de l'Église ne permet pas à l'individu « une véritable action ». Mac Donald saisit bien la position de Kierkegaard lorsqu'il écrit : La problématique centrale de Kierkegaard était de déterminer comment devenir chrétien au Royaume de Dieu. Cette tâche se révèle plus difficile pour les mieux éduqués car les institutions éducatives et culturelles en place tendent à produire des membres stéréotypés « de la foule » plutôt que de permettre aux individus de découvrir leur propre et unique identité ». La "foule" dérobe à l'individu sa responsabilité personnelle. Plutôt que de définir le moi de l'individu au travers de règles et de rôles sociaux, Kierkegaard suggère que la seule vraie liberté d'un individu repose dans sa responsabilité d'être capable de choisir son propre moi, ses croyances et ses valeurs propres, ceci au travers de choix successifs que l'individu est amené à prendre dans sa vie quotidienne. On retrouve l'ajustement décrit par Dabrowski entre « ce qui est » et « ce qui devrait être ». Cette conscience n'est pas sans créer de doute par rapport à soi-même et de l'anxiété. Derrière une porte, nous avons le choix, soit de l'ignorer, soit de décider de ne pas la franchir - 2 choix passifs -, soit de la franchir en faisant face aux peurs et à l'anxiété qui accompagnent cette décision - un choix actif. Kierkegaard dit que ce choix d' « aller voir ce qui est derrière la porte » est critique pour la création du moi. « Un être humain n'a accès à son propre moi qu'en le définissant lui-même, comme quelqu'un qu'il choisirait lui-même ». L'authenticité et la dignité humaine s'affirme et se démontre dans cette capacité à vivre et dépasser l'anxiété et dans la persistance à faire des choix dictés par les valeurs et la foi.

Nietzche est encore plus critique sur le rôle joué par la société; il considère que les schémas de moralité ne sont que les « dogmes du jour » formant une morale de « meute » et qui ne font que nier les développements des valeurs propres de l'individu en imposant des normes moyennes et médiocres. Nietzche pense qu'en adoptant les normes dictées par la socialisation, l'individu n'honore pas son besoin de réévaluer régulièrement ses valeurs et sa propre responsabilité dans son développement, bref d'honorer sa moralité autonome. Ainsi, l'individu se contente de se conformer en perdant la motivation interne de se développer. Nietzche rejette la religion car, selon lui, elle absout l'individu de sa responsabilité à son propre développement.

12 avril 2018

La Théorie de la Désintégration Positive de Dabrowski

Influences des courants philosophiques, psychologiques, et spirituels dans la construction de la TDP

La Théorie de la Désintégration Positive de Dabrowski offre une vision plus réaliste et particulièrement dynamique du développement de l'être humain tout au long de la vie. Si la dotation de l'héritage génétique est primordiale, beaucoup peut s'acquérir à condition de détenir un potentiel de développement suffisant et des conditions environnementales favorables au développement des capacités se manifestant dans les Surexcitabilités (SE), tout en se détachant des normes extérieures sociales. La vie de Dabrowski est une bonne illustration d'un tel développement. Fortement éprouvé par le décès de sa sœur de 3 ans quand lui-même en avait 6 puis, plus tard, par le suicide de son meilleur ami, par la rencontre brutale avec la guerre et tout ce qu'elle peut avoir d'effrayant pour un esprit sensible, la vie amena très tôt Dabrowski à rechercher du sens dans ce qu'il vivait ou mettait en place. Ce sens, il le rechercha å la fois dans le champ philosophique et psychologique mais aussi vraisemblablement dans le champ spirituel sans que, pour autant, la littérature à ce sujet ne soit très détaillée : il méditait chaque jour et ce, bien avant l'avènement de la Mindfulness !

Influences et convergences philosophiques
La TDP est construite sur 4 idées philosophiques centrales :

+ Le développement stratifié.
+ L' « existo-essentialisme ».
+ L'incompatibilité de la socialisation avec le développement de l'individu.
+ La nécessité de la désintégration dans le processus de développement.

Ces idées se retrouvent chez des philosophes tel Platon, Kierkegaard ou Nietzche ou chez un Neuro-physicien comme John Hughlings Jackson qui ont influencé et conforté Dabrowski dans sa vision unique du développement humain et de sa personnalité. 

26 décembre 2016

Influences et comparaisons - Dabrowski -

La plupart des théories sur le développement de la personnalité reposent sur un développement en niveaux successifs, chaque nouveau niveau de développement s'appuyant sur les niveaux précédemment acquis. Dans le processus de désintégration positive, la désintégration partielle ou totale d'un niveau de développement inférieur est nécessaire pour permettre d'atteindre le niveau de développement suivant.

Les écrits et travaux de Dabrowski ont été comparés avec ceux de...
Platon et son Allégorie de la caverne de Platon
https://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9gorie_de_la_caverne
Jean Piaget
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Piaget
Søren Kierkegaard
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%B8ren_Kierkegaard
Friedrich Nietzsche
https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche
John Hughlings Jackson
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Hughlings_Jackson
Abraham Maslow et sa pyramide des besoins
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins

Il a été suggéré qu'une personne pouvait avoir plusieurs ensembles de schémas de comportement, de croyances et de fausses obligations, par exemple vis-à-vis de sa famille, puis d'une religion ou d'une idéologie, puis de lui-même, de sa raison d'être et de ce qui constitue le bien et le mal. Chacune de ces visions du monde et de ces systèmes de valeurs peuvent faire l'objet d'un processus de désintégration positive séparé, et l'individu peut ainsi traverser plusieurs crises existentielles le menant à chaque fois à un nouveau niveau d'intégration personnelle.

Il semble que l'analogie soit possible avec l'effondrement d'une culture, d'un système politique ou religieux, lorsqu'il apparaît par exemple que ce système n'est pas constitutif de "l'avenir radieux de l'humanité". La remise en cause des fondements de la société et du système de valeurs correspondant pourrait être compris comme un processus de désintégration positive au niveau sociétal.

L'expérience de Stanley Milgram (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram) a montré qu'un individu avait tendance à obéir à une personne incarnant l'autorité, même quand les demandes émanant de cette autorité étaient contraires aux valeurs de l'individu et à ses ressentis émotionnels. Une explication possible est que pendant son enfance, l'individu a été contraint de/conditionné à obéir à l'autorité, et a été éduqué, y compris scolairement, à considérer que l'autorité avait un plus grand savoir/une plus grande sagesse. En grandissant jusqu'à l'âge adulte, l'individu garde cette croyance dans la nécessaire soumission à une autorité, y compris à l'autorité collective de la société, qui dicte les moeurs et valeurs sociales en vigueur. Ce n'est qu'en sortant de cette fausse croyance dans l'autorité et la sagesse morale de la société que l'individu peut devenir sa propre autorité morale, et atteindre le niveau 4 de la théorie de la Désintégration positive.