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24 juin 2019

Que de chemin parcouru


Voilà 4 ans que j'ai commencé mon développement personnel. Je dirais cinq ans pour être plus juste. J'ai pris conscience de qui j'étais (ou de qui je pouvais être sous le masque) en mars 2014. Par hasard, en écoutant une émission à la radio sur les enfants surdoués. Puis, j'ai beaucoup lu.  Je suis tombé sur des livres fascinants. Encore au hasard (vraiment ?).  En août 2015, je suis allé voir une psychothérapeute. Un déclic ! Et un beau jour, c'était plus fort que moi, je me suis mis en route vers le sommet de la  montagne qui se dressait là devant moi. J'ai quitté la zone de confort qui se trouve au pied de cette montagne. Cette zone que 80% (voire plus) des gens ne quittent jamais de leur vie.

Jusqu'au premier col, la route est rude et on a peur de se perdre. Arrivé au col, beaucoup rebroussent chemin et vont se reposer au pied de la montagne en continuant leur routine dévorante. Moi, j'ai continué, bon an mal an, malgré des conflits intérieurs dérangeants. J'étais poussé par une force qui me dépassait et qui balayait mes appréhensions. Après le col, la pente est plus rude. Dans cette deuxième étape, c'est une aventure sans guide, nombreux sont ceux qui se perdent ou s'arrêtent, car leur boussole se dérègle. Puis les choses s'organisent. On s’habitue à l'effort de grimper et on apprend à s'orienter tout seul, sans boussole, sans GPS, pour enfin arriver au sommet. Une fois au sommet, la tentation de redescendre est là. Il faut s'habituer. On a vaincu nos démons. Plus on monte vers le sommet, plus on va vers soi. Le sommet ce n'est pas être champion du monde ou millionnaire, c'est être entièrement soi et mettre en accord ses actions avec ses pensées.

Je n'y suis pas encore, à vrai dire. J'ai appris à m'orienter seul et je persévère vers le sommet. Je suis proche. Je suis actif et conscient, capable de constater et de rechercher activement la solution à mes conflits de valeurs et de concepts. Je me lance des défis constamment. Je suis de plus en plus capable de concilier mes idéaux avec ma vie en opérant des choix courageux. Je vais atteindre mes objectifs personnels quoiqu'il en soit. Je me libère des conventions sociales. La responsabilité de moi-même prend de plus en plus de place. Je m'assume entièrement. Je suis entièrement responsable de mes actions et des résultats qui en découlent. Personne d'autre. Je n'attends rien des autres à priori.

S'acheminer vers le sommet de la montagne conduit vers la réalisation de soi et l'auto-détermination de sa propre personnalité. Parvenir au sommet de la montagne n'est pourtant pas une fin en soi : la croissance interne ne s'arrête pas là, elle va continuer vers un univers de plus grande conscience. À ce stade, je m'éduque et corrige mes propres erreurs. Je deviens de plus en plus conscient de ce que je dois apprendre et je cherche par moi-même les sources d'information. J'ai intègré la hiérarchie de mes propres valeurs qui dirigent mes actions et mes comportements quotidiens.

Voilà où j'en suis en ce mois de Juin 2019. Que de chemin parcouru ! J'ai pleinement intégré mes particularités. Je suis différent des autres, mais je fais parti des autres. Je ne veux pas faire parti d'un club élitiste comme le Rotary et regarder les "normaux pensants" comme des créatures étranges. Je fais partie du monde. Je veux apporter ma contribution à ce monde. C'est tout ! 

Pour conclure, je voudrais citer Edmund Hillary qui fut le premier à gravir l'Everest : "Ce n'est pas la montagne que nous conquérons, c'est nous-mêmes." La seule chose qui nous empêche de vivre et de nous épanouir est cachée en nous. C'est en nous découvrant, en nous acceptant et en nous corrigeant que nous pouvons atteindre des sommets dans la vie.


24 février 2018

Niveaux de développement (L)

Niveaux de développement
-Deux niveaux d'intégration : primaire (niveau 1) et secondaire (niveau 5)
-Trois niveaux de désintégration : unilatérale (niveau 2), stratifiée spontanée (niveau 3) et stratifiée
organisée (niveau 4).

Intégration
Incorporation de différentes fonctions dans une structure coordonnée, créant un équilibre dynamique,
contrepoids des réponses névrotiques. Correspond à un état et/ ou un fonctionnement stable et cohérent, sans trop de questionnement ni d'inconfort.

Développement unilatéral
Développement limité à un talent ou compétence, à une gamme limitée de capacités et fonctions mentales. A ce stade, on remarque l'absence d'instinct créatif et d'empathie. Tombant sous le contrôle d'un centre de contrôle primitif, peut conduire å la psychopathie et la paranoia.

Désintégration
Désorganisation, dissolution ou perte des fonctions et structures mentales. Processus pouvant permettre à certains individus de passer de l'intégration primaire à l'intégration secondaire. Peu atteignent néanmoins ce dernier. L'atteinte de l'intégration secondaire niveau correspond à la pleine réalisation de I'ldéal du soi.

14 janvier 2018

La désintégration positive de Dabrowski (niveau IV) - Dabrowski -

Le niveau IV, la désintégration à niveaux multiples dirigée. Si vous avez réussi à traverser la tempête du niveau III, alors vos actes commencent à prendre une certaine direction.  Vous avez clairement pris conscience de la valeur des choses, vous avez mis en perspective votre ancienne vie et commencez à voir se dessiner ce que vous voulez être et ce que vous voulez faire. Vous avez très certainement commencer à faire  le ménage dans votre vie (amis, mauvaise habitudes,etc.). Vos valeurs commencent à évoluer, les notions classiques telle que pouvoir, possession, reconnaissance disparaissent progressivement. 

Dabrowski explique que le point de mire du développement est l'idéal de soi. L'atteindre, c'est alors ne plus vivre de conflits internes, vous vivez au quotidien la vie telle que vous la concevez dans le respect de tout et de tous. Votre développement devient à présent plus actif. C'est ce qu'il décrit à travers la notion de 3ème facteur. Vous commencez à faire des choix en accord à cette nouvelle vision du monde que vous développez et la place que doit être la vôtre en fonction. Mais plutôt que d'idéal de soi, je préfère parler d'indépendance. Le processus de désintégration est pour moi, avant tout, l'abolition de toutes formes d’influences, qu’elles soient externes (famille, amis, société, etc.) ou internes (influences biologiques primaires,etc.). À ce stade, on comprend bien que moins on sera influencé et donc dépendant, et plus on sera à même de prendre les meilleures décisions. L'altruisme et l'empathie commencent à l'emporter sur le reste. Si vous vivez en harmonie avec vous-même, il est facile de comprendre que vous n'avez plus besoin de vous occuper de vous et que vous souhaitez dédier votre vie aux autres.

L'autoéducation est un dynamisme très important qui apparait à ce stade. Commençant à avoir une idée de plus en plus claire de la manière dont vous devez vivre votre vie et de ce qui a de l'importance pour vous. Il peut prendre diverses formes, des plus « futiles » aux plus profondes. Si on prend l'exemple de la musique comme passion, avant désintégration vous adoriez les musiques électroniques et la Pop, et seuls ces styles vous faisaient vibrer. Mais après votre développement, vous allez écouter autre chose : la musique classique, le piano, les musiques du monde, le jazz...etc. Vous avez besoin de vous éduquer pour pouvoir évaluer et comprendre.

La perception du monde change aussi. Vivre une désintégration, c'est voir le monde différemment. Avant il se bornait à ce qui avait du sens pour vous et non de manière universelle. Par exemple, ce n'était pas très grave de tuer cette araignée qui vous effrayait pourvu que vous vous sentiez mieux. Mais une fois le sens de vos actes perdu, votre perception 2D étant devenue 3D, vous comprenez que malgré votre phobie, vous n'avez pas le droit de la tuer, de lui prendre sa vie égoïstement. La valeur même des choses est alors perçue totalement décorrélée de vous-même. Autre exemple, avant, vous travailliez pour une marque de fast food. Cet emploi avait du sens pour vous, car il vous permettait de vivre, de partir en vacances, et puis vous adoriez le goût de ces hamburgers.  Mais post désintégration, votre acte prend un tout autre sens ou non-sens, vous vous apercevez que travailler seulement pour gagner de l'argent n'a plus de valeur pour vous, que le fait de contribuer à promouvoir la malbouffe, de favoriser l'élevage intensif et irrespectueux des animaux n'est pas admissible. En résumé, tous vos actes et vos choix deviennent de moins en moins égocentriques et de plus en plus universels, ce qui est bien pour vous doit l'être avant tout pour les autres et pour le monde.

Au niveau IV, deux types de parcours se présentent. Le premier concerne ceux qui vont s'arrêter là, ce qui est déjà exceptionnel. C'est-à-dire qu'ils ont développé une connaissance du monde d'une richesse incroyable, qu'ils ont redéfini leur vie en fonction de leurs valeurs dans le respect des autres et du monde. Mais, ils restent encore attachés à ce qu'ils sont. Parfois malgré eux, par obligation (enfants à charge, crédit à rembourser,etc.). Qui ils sont a encore de l'importance et il y a peu de chances qu'ils atteignent un jour le niveau V. Ce sont des gens formidables, qui oeuvrent pour le bien des autres et dans le respect total de leurs valeurs. En résumé, leur être définit leurs actes.

Le second parcours est celui de ceux qui se dirigent vers le niveau V. Ils ont suivi le même développement que ceux du premier parcours, mais ils sont dans l'abandon de soi total. C'est-à-dire que, qui ils sont n'a plus d'importance. Leurs actes dirigent leur être . Ils sont porteurs d'une mission comme Mère Thérésa a pu l'être et c'est elle qui les guide.

Note : au dires des experts, le nombre de personnes atteignant le niveau IV est faible. Cela concerne très peu de personnes, la plupart d'entre eux disent pouvoir compter sur les doigts d'une main ceux qu'ils avaient rencontrés. Je crois pouvoir dire que j'ai atteint ce stade, mais uniquement parce que les circonstances de ma vie m'ont permis de le faire, sans notamment l'influence toxique de l'entourage qui ne permet pas d'arriver à ce stade. Voir mes billets et livres pour comprendre. Par ailleurs, je communique avec des surdoués de monde entier, et je dois dire que j'en connais qui ont atteint ce stade. Je crois qu'à ce niveau le surdoué n'a plus besoin d'un thérapiste, il est son propre guide et conseiller. S'il est vrai que peu de gens atteignent ce stade dans la société (quelques %), il sont tout de meme plus nombreux qu'on le pense (que les experts pensent) car ils passent en-dessous des radars (en gros, ils ne consultent pas - ou plus-).

La théorie de la désintégration positive (niveaux IV et V) - Dabrowski -

Au-delà du niveau III, il y a deux niveaux de développement plus élevés. Ces deux niveaux sont rares mais ils ont été atteints par de nombreux membres de notre société et ainsi, ils demeurent parmi les possibles. Le niveau IV est le niveau de la réalisation du moi. L’individu est autonome, responsable et contrôle sa vie. Toutes les caractéristiques identifiées par Abraham Maslow chez les personnes qui se réalisent eux-mêmes, s’appliquent à ce groupe :

    1. Une perception de la réalité claire, plus efficace.
    2. Une acceptation des autres, de soi, et de la nature.
    3. Une spontanéité, une simplicité, et un naturel.
    4. Centré sur des problèmes plutôt que centré sur l’égo.
    5. Une qualité de détachement, un besoin de solitude.
    6. Une autonomie, une indépendance de culture et d'environnement.
    7. Des expériences mystiques et de plénitude.
    8. Un sens profond d’identification, de sympathie et d'affection pour l’humanité.
    9. Des relations interpersonnelles plus profondes et plus intenses.
    10. Une structure de caractère démocratique.
    11. Un discernement entre les moyens et les fins, entre le bien et le mal.
    12. Un sens de l’humour philosophique, pas hostile.
    13. De la créativité.
    14. Une résistance à l’inculturation, une transcendance de toute culture particulière.

Les individus sont capables de réaliser ces valeurs supérieures dont ils ont pris conscience au niveau III. Ils peuvent s’engager dans le service, mais pas aux frais de leur moi. Leur développement dépend de leur compassion pour les autres. L’intérêt pour soi et celui pour les autres ne sont plus polarisés, ils sont synchronisés. Comme dit Maslow, ils sont « synergétiques ».

La honte et la culpabilité du niveau III sont remplacées par une plus grande acceptation de soi, et les « efforts » vers une évolution de niveau supérieur sont remplacés par le savoir que le développement est en train de se produire. Conflits intérieurs, peur de l’échec et résistance, tous diminuent, et cette sécurité intérieure est acquise. Ceux du niveau IV n’ont pas à forcer le changement intérieur ; ils sont capables d’utiliser leurs compétences d’orientation afin de permettre à l’évolution de se produire naturellement. Souvent, ceux du niveau IV sont plus préoccupés par la transformation sociale et le travail dans le monde – une perspective à laquelle ils ajustent leur travail intérieur en cours et leur autonomie qui s’approfondit toujours plus.

Cette sérénité s’infiltre dans la perception des autres aussi. Les personnes du niveau IV apprécient réellement les autres, aimant leurs limites tout autant que leurs forces. Ils ont une grande compassion pour la douleur des autres qui les motive à dévouer leur vie au service comme résultat naturel de leur préoccupation. Un détachement compatissant leur permet d’affronter une grande part de souffrance et d’aider les autres sans être perdu dans cette souffrance. Ceci est une condition fort souhaitable chez les thérapeutes.

Au-delà de la réalisation du moi, il y a même un niveau d’existence plus avancé, un niveau qui n’a été atteint que par quelques élus. Dabrowski l’a appelé « intégration secondaire » et c’est la réalisation de l’idéal de personnalité. Pour la plupart d’entre nous, ceci demeure une vision de la perfection plutôt qu’une potentialité dans cette vie. Au niveau V, on transcende l’égo et atteint une unité harmonieuse avec l’univers. Il n’y a pas d’écart entre « ce qui est » et « ce qui devrait être » ; l’individu est une manifestation vivante de « ce qui devrait être ». Parmi les individus ayant atteint le niveau V, on compte Dag Hammarskjold, Peace Pilgrim et Mère Thérésa de Calcutta. Une partie des icônes de la société actuelle, comme Bill Gates.

Bien que la réalisation complète du niveau V ne se produit que rarement, le fait que la théorie de Dabrowski l’inclue comme possibilité de développement, est significatif. Cette théorie donne une crédibilité psychologique au plus élevé de l’expérience humaine. Reconnaître un idéal, c’est le premier pas vers sa réalisation. Comme nous comprenons plus de choses au sujet des facteurs psychologiques impliqués dans un développement avancé, nous pouvons être capables de nourrir ce développement et devenir une race d’êtres de compassion.

Il est important que le thérapeute reconnaisse la différence entre un jeu de « devrait » imposé par la société et une vision intérieure d’un idéal de personnalité en évaluant le niveau de développement d’un patient. Les « devrait » sont un phénomène de niveau II ; les idéaux choisis en autonomie sont des phénomènes de niveau III. Ils sont très différents.

Un autre facteur important de cette théorie est qu’elle voit le développement sous un angle très large, d’un point de vue de ce qui est possible pour la totalité de l’humanité, et non seulement pour un individu donné. Ceci signifie que l’évolution d’une personne du niveau I jusqu’au niveau V est impossible. Une personne peut rester dans un seul niveau une vie entière, évoluant à l’intérieur de ce niveau, mais sans subir la transformation agonisante vers un niveau supérieur. Bien souvent, une personne va fonctionner simultanément à deux niveaux et à trois niveaux au plus, mais la structure d’un niveau sera toujours dominante.

En arrière-plan de cette théorie, on peut voir la valeur positive de traits supposés névrotiques qui peuvent faire surface pendant la crise du milieu de vie. Le dessous sombre de la crise, ces sentiments souvent surprenants de « faux », de culpabilité sans raison, de dépression accablante et de désespoir insensé prennent une nouvelle signification. Ils peuvent être le signe d’une évolution, évolution qui éloigne de l’adaptation aux normes sociétales vers les débuts de valeurs intériorisées, enracinées dans le moi, et de pas timides vers l’autonomie.

Quel est alors le rôle du thérapeute, dans cette situation ? Avant tout, voir le conflit et l’anxiété comme signes positifs d’évolution et de santé a un effet améliorant en soi. La vision à long terme devient prometteuse, quand bien même le processus immédiat reste douloureux. Le thérapeute peut soutenir les patients pendant le processus de transformation, aider à recadrer les éléments de la situation dans une lumière positive. L’idée centrale de la théorie de Dabrowski de l’évolution émotionnelle peut suggérer de valider ces sentiments sincères, permettre le processus de transformation mais en notant des indicateurs d’évolution nouvelle dans des domaines telles que s’approprier ses expériences, examiner ses valeurs, affirmer ses droits et convictions. La sensibilité et le caractère réfléchi émergeants sont à célébrer. Savoir que le supplice est une part nécessaire de l’évolution vers une intégration plus élevée, peut aider et le patient et le thérapeute à gérer avec plus de sagesse et à continuer – chacun d’eux – cette longue route vers la réalisation du moi authentique.

9 mai 2017

Les niveaux de Kazimierz Dabrowski - Dabrowski -

La théorie de Dabrowski permet d’aborder avec un éclairage différent le perfectionnisme chez la population surdouée, ce dernier se présentant différemment en fonction des niveaux de développement.

Niveau 1
Au premier niveau, l’individu est seulement concerné par lui-même. Au service de l’égocentrisme, les perfectionnistes deviennent tyranniques. Ils ne perçoivent pas leurs propres imperfections et se focalisent sur celles des autres. Une personne du premier niveau se servira des autres pour s’autogratifier et se surestimer. Les besoins des autres ne sont jamais pris en compte, seule l’image qu’ils leur permettent de renvoyer à de l’importance.
La devise du niveau 1 serait « je suis parfait, mais pas vous ».

Niveau 2
Le champ de la psychologie perçoit généralement le perfectionnisme comme un trouble névrotique. La plupart des formes névrotiques du perfectionnisme sont issues du 2ème niveau. Au niveau 2, les individus sont à la merci du groupe social. Ils se demandent constamment ce que les autres vont penser d’eux si… Ils expérimentent les sentiments d’insécurité et d’infériorité envers les autres. C’est le niveau du tout ou rien. Les perfectionnistes de ce niveau essaient d’être à la hauteur des attentes des autres ou de ce qu’ils pensent être leurs attentes. Ces valeurs qu’ils intériorisent et font leur sont toujours dictées par la famille, les amis, les médias, les groupes religieux, etc. Ils focalisent leur attention sur les propres imperfections et perçoivent leur vie à travers un miroir déformant, rarement à leur avantage. L’auto dépréciation constitue un aspect débilitant du perfectionnisme.
La devise du niveau 2 serait « je ne suis pas assez bon. Je ne serai jamais assez bon ».

Niveau 3
Les formes plus saines du perfectionnisme émergent dans les hauts niveaux de développement. Au 3ème niveau, l’individu devient un « chercheur d’autoperfection ». Au lieu de se sentir inférieur par rapport aux autres ou d’avoir l’impression de ne pas être en adéquation avec les attentes des autres, la personne devient consciente de son potentiel à devenir humain et sent que son action n’est pas à la hauteur de ce potentiel. Apercevoir en soi ces possibilités d’intégrité, d’empathie, de sagesse et d’harmonie constitue une formidable incitation à grandir. Commence un long chemin de reconnaissance et de transformation des instincts les plus bas. Toutefois, si l’individu du niveau 3 perçoit cette réalité, il est le plus souvent incapable de la trouver. Il en résulte que l’individu du niveau 3 vit intérieurement une tension verticale entre ce qui est et ce qui devrait être.
La devise du niveau 3 serait « je vois où je veux aller, mais je ne vois pas de route pour y arriver ».

Les dynamismes de ce niveau marquent clairement une expérience déplaisante:
– Hiérarchisation (perception critique et évaluation de ses propres valeurs)
– Insatisfaction personnelle (frustration et colère face à ce qui est)
– Sentiment d’infériorité (frustration et inadéquation personnelle)
– Stupéfaction vis à vis de soi-même (surprise et choc face à ce qui est)
– Honte (embarras face à ses propres déficiences)
– Culpabilité (angoisse à propos de ses fautes morales)
– Inadéquation positive (antagonisme entre l’opinion sociale et la protestation découlant des violation des principes moraux intrinsèques).

Ces forces servent de catalyseur à une transformation intérieure : les hauts niveaux de réalité exercent une force beaucoup plus puissante sur l’individu du niveau 3 que les bas niveaux de réalité. Une personne qui expérimente ces sentiments intenses peut facilement ne pas être comprise par un thérapeute pour qui le concept de perfectionnisme se limite aux manifestations que l’on retrouve au niveau 2.

Niveau 4
Au niveau 4, l’individu est capable de s’engager sur une vie assujettie à ses idéaux. Il gagne une grande capacité à l’autoréflexion, à l’acceptation des autres et de lui-même. Il y a davantage d’autorégulation. Au lieu d’être contrôlé par des désirs basiques, comme la possession ou les envies de contrôler les autres, il accède facilement à la compassion et à la compréhension des conditions des autres. Le perfectionnisme à ce niveau est global et la vie est appréciée pour sa perfection inhérente.
La devise du niveau 4 serait  » ce qui devrait être sera, je le ferai advenir ».

Niveau 5
Le dernier niveau représente la perfection de la personnalité. C’est une vie sans conflits, dirigée par des principes directeurs très élevés. À ce stade du développement humain, l’individu devient un professeur, un guide, un exemple pour les autres. Il vit sa vie au service de l’humanité, et non au service de son ego.
La devise du niveau 5 serait « tout est amour ».
 

9 mars 2017

Niveau 4 de la théorie - Dabrowski -

Au-delà du niveau III, il y a deux niveaux de développement plus élevés. Ces deux niveaux sont rares mais ils ont été atteints par de nombreux membres de notre société et ainsi, ils demeurent parmi les possibles. Le niveau IV est le niveau de la réalisation du moi. L’individu est autonome, responsable et contrôle sa vie. Toutes les caractéristiques identifiées par Abraham Maslow chez les personnes qui se réalisent eux-mêmes, s’appliquent à ce groupe :

-une perception de la réalité claire, plus efficace.
-une acceptation des autres, de soi de la nature.
-une spontanéité, simplicité, naturel.
-centré sur des problèmes plutôt que centré sur l’égo.
-une qualité de détachement, besoin de solitude.
-une autonomie, indépendance de culture et environnement.
-des expériences mystiques et de sommet.
-un sens profond d’identification, sympathie et affection pour l’humanité.
-des relations interpersonnelles plus profondes et plus intenses.
-une structure de caractère démocratique.
-un discernement entre moyens et fins, entre bien et mal.
-un sens de l’humour philosophique, pas hostile.
-une créativité.
-une résistance à l’inculturation, transcendance de toute culture particulière.

Les individus sont capables de réaliser ces valeurs supérieures dont ils ont pris conscience au niveau III. Ils peuvent s’engager dans le service, mais pas aux frais de leur moi. Leur développement dépend de leur compassion pour les autres. L’intérêt pour soi et celui pour les autres ne sont plus polarisés, ils sont synchronisés. Comme dit Abraham Maslow, ils sont synergétiques.

La honte et la culpabilité du niveau III sont remplacées par une plus grande acceptation de soi, et les efforts vers une évolution de niveau supérieur sont remplacés par le savoir que le développement est en train de se produire. Conflits intérieurs, peur de l’échec et résistance, tous diminuent, et cette sécurité intérieure est acquise. Ceux du niveau IV n’ont pas à forcer le changement intérieur ; ils sont capables d’utiliser leurs compétences d’orientation afin de permettre à l’évolution de se produire naturellement. Souvent, ceux du niveau IV sont plus préoccupés par la transformation sociale et le travail dans le monde – une perspective à laquelle ils ajustent leur travail intérieur en cours et leur autonomie qui s’approfondit toujours plus.

Cette sérénité s’infiltre dans la perception des autres aussi. Les personnes du niveau IV apprécient réellement les autres, aimant leurs limites tout autant que leurs forces. Ils ont une grande compassion pour la douleur des autres qui les motive à dévouer leur vie au service comme résultat naturel de leur préoccupation. Un détachement compatissant leur permet d’affronter une grande part de souffrance et d’aider les autres sans être perdu dans cette souffrance. Ceci est une condition fort souhaitable chez les thérapeutes.

8 février 2017

Le troisième facteur - Dabrowski -

Le troisième facteur est indépendant et sélectif par rapport à l'hérédité (le premier facteur) et à l'environnement (le deuxième facteur). Son rôle sélectif consiste à accepter et à encourager ou à rejeter des qualités, des intérêts et des désirs restrictifs, que l'on trouve dans son capital héréditaire ou dans son propre environnement social. Par conséquent, le troisième facteur étant une énergie de choix conscients, il est un dynamisme d'évaluation.

Le troisième facteur joue un rôle fondamental dans notre propre éducation et dans le cadre d'une auto-psychothérapie. Sa présence et son exploitation sont essentielles pour un développement vers l'autonomie et l'authenticité. Il naît et se développe comme la résultante de deux facteurs  que sont les apports héréditaires positifs (notamment la capacité de transformation psychique interne) et les influences environnementales positives.

Les principales périodes au cours desquelles le troisième agent apparait sont clairement la puberté et la maturité (la quarantaine). Pendant la période de la puberté, les jeunes deviennent conscients du sens de la vie et découvrent le besoin de développer des objectifs personnels et de trouver les outils pour les réaliser. L'émergence de ces problèmes et le fait de philosopher sur eux, avec la manifestation d'une composante émotionnelle intense, sont les caractéristiques d'un fort instinct de développement et d'élévation de l'individu à un niveau d'évolution plus élevé. Dans un développement idéal et avancé, la maturité est prolongée et est clairement accompagnée par un instinct de développement, une grande capacité de créativité, une tendance à atteindre la perfection, et l'apparition et le développement de la conscience de soi, de l'affirmation de soi et de l'auto-éducation.

En raison du troisième facteur, l'individu devient conscient de ce qui est essentiel et durable et de ce qui est
inférieur, temporaire et accidentel tant dans sa propre structure physique et son comportement que dans son environnement extérieur. Il s'efforce de coopérer avec ces forces auxquelles le troisième facteur accorde une grande valeur et élimine les tendances et les actes que le troisième facteur dévalue.

Le troisième facteur survient lors d'un développement de plus en plus conscient, autodéterminé, autonome et authentique. La genèse du troisième facteur devrait être associée avec le développement même avec lequel il est combiné dans la conscience de soi de l'individu dans le processus de devenir plus soi-même. Le troisième facteur est un dynamisme actif au niveau 4 : désintégration multi-niveaux dirigée (voir billet consacré). Cette approche est proche de certaines des idées d'Henri Bergson (1859-1941), qui soutenait que plus pouvait être trouvé dans les effets que dans les causes.

26 décembre 2016

La théorie et la douance - Dabrowski -

Prise de conscience de la douance
Un surdoué qui ignore sa douance est souvent mal dans sa peau, se sent souvent en décalage par rapport à la société, a une mauvaise image de lui-même, peut avoir de sérieux problèmes psys, voire faire une ou plusieurs crises existentielles, tout en essayant de faire de son mieux, d'être "quelqu'un de bien", d'être conforme aux attentes de la société et aux modèles que constituent "les autres". La découverte de sa douance est pour le surdoué une remise en cause brutale de ce sentiment de devoir de conformité et d'adaptation, et un changement complet de la vision qu'il a de lui même, avec une relecture et une réinterprétation de son passé. Cette prise de conscience de l'inaptitude du reste du monde à lui servir de modèle et de la nécessité de repartir sur de nouvelles bases, déterminées par lui, et qui lui sont spécifiques, est parfois "une grande claque", avec pleurs et remises en cause, et est en fait une désintégration positive des faux schémas et devoirs, avec une prise en main de son système de valeurs et de ses règles de conduites par l'individu surdoué (passage d'un état qui oscillait entre les niveaux 1, 2 et 3, au niveau 4 de la théorie de la désintégration positive de Dabrowski).

Perfectionnisme
Le perfectionnisme, ou haut niveau d'exigence, est souvent considéré comme contributeur d'une faible estime de soi, fréquente chez les surdoués. Mais le perfectionnisme est de nature différente suivant le niveau de développement de l'individu :

-au niveau 1 de la théorie de la désintégration positive, le perfectionnisme est oppressif, et amène à juger les autres comme inférieurs.
-au niveau 2, il peut être débilitant, parce qu'il est imbriqué dans le doute de soi et l'introjection des valeurs des autres.
-au niveau 3, quand il rejoint la hiérarchisation des valeurs, il devient le sentiment d'être inférieur à soi, qui est une dynamique qui pousse le développement vers des niveaux plus élevés.
-au niveau 4, il évolue en un désir de perfection de soi, ce qui conduit à une vie imprégnée par les idéaux de niveau supérieur.
-au niveau 5, c'est la reconnaissance de la perfection inhérente à tout ce qui est.

Monde intérieur
Les surdoués exploitent et sont galvanisés par ce que Dabrowski appelle la réalité théorique. La réalité perçue par les sens (l'ici et maintenant de l'existence banale) n'est qu'une réalité (parmi d'autres). Les esprits exceptionnels accèdent naturellement à des niveaux plus puissants de fantasme, d'imagination et d'intuition. Dans ce milieu riche, ils résolvent des problèmes, découvrent de nouvelles perspectives et créent sur un niveau d'abstraction séparé du monde de la perception sensorielle directe. Pour ceux qui disposent de la sensibilité morale, d'immenses pouvoirs d'imagination, d'une riche vie affective, et d'un besoin absolu pour la recherche intellectuelle, cette réalité théorique est plus réelle, plus compréhensible et de plus d'importance que la réalité de la vie quotidienne. 

Dabrowski a écrit: "L'ajustement à ce "qui devrait être" est chez certains individus plus fort que leur ajustement à "ce qui est"". Pour eux, le développement est modulé par l'interpénétration des expériences de désintégration et d'intégration, façonnant la fonction intellectuelle en la mettant en relation avec les émotions de plus haut niveau. Cela crée une structure intégrée de la conscience de haut niveau où la pensée et les ressentis s'associent et se co-déterminent. Une transformation de développement supplémentaire se produit lorsque l'intuition de haut niveau est activée et promue, créant une synthèse dynamique permanente de ce qui est directement ressenti de manière intuitive. Ce fonctionnement à plusieurs niveaux et cette dynamique de développement, bien que rare, est un processus évolutif naturel pour les individus surdoués.

La théorie de Dabrowski et la psychanalyse - Dabrowski -

La grande nouveauté introduite par Dabrowski est que certaines pathologies de type angoisse, dépression, crise existentielle, etc, peuvent s'inscrire dans un processus de désintégration positive, et être utiles voire nécessaires à la construction de la personnalité. La difficulté, pour le praticien, est de faire un diagnostic différentiel entre les “pathologies utiles” et celles qui ne le sont pas.

Jacques Lacan (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Lacan) liait la fin de l'analyse au passage de l'analysant à l'analyste ("la passe"), c'est-à-dire au moment où l'analysant devient son propre analyste. Cela pourrait correspondre à la transition entre le niveau 3 et le niveau 4 de la théorie de la désintégration positive. Cela pourrait aussi correspondre au passage à l'auto-psychothérapie recommandée par Dabrowski.

La fin de l'analyse est aussi d'après Lacan le moment où l'analyse chute, où le patient n'a plus l'envie de persévérer, de continuer à parler dans ce lieu à cet analyste, parce qu'il s'est passé quelque chose : d'après Lacan, ce quelque chose est la traversée du "fantasme fondamental", qui pourrait être décrit comme un postulat inconscient qui est l'armature de tout ce qui pose le sujet face aux autres, dans une position qui à la fois le soutien et le "coince". Cette traversée du fantasme fondamental, cet abandon de l'armature primaire, pourrait être comparé à l'aboutissement du niveau 3 chez Dabrowski. C'est dans la destitution subjective de ce fantasme, dans ce moment où le sujet peut lâcher prise de cette position dans laquelle il était encastré, que le sujet peut éprouver le désir d'occuper la place de l'analyste.

Influences et comparaisons - Dabrowski -

La plupart des théories sur le développement de la personnalité reposent sur un développement en niveaux successifs, chaque nouveau niveau de développement s'appuyant sur les niveaux précédemment acquis. Dans le processus de désintégration positive, la désintégration partielle ou totale d'un niveau de développement inférieur est nécessaire pour permettre d'atteindre le niveau de développement suivant.

Les écrits et travaux de Dabrowski ont été comparés avec ceux de...
Platon et son Allégorie de la caverne de Platon
https://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9gorie_de_la_caverne
Jean Piaget
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Piaget
Søren Kierkegaard
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%B8ren_Kierkegaard
Friedrich Nietzsche
https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche
John Hughlings Jackson
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Hughlings_Jackson
Abraham Maslow et sa pyramide des besoins
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins

Il a été suggéré qu'une personne pouvait avoir plusieurs ensembles de schémas de comportement, de croyances et de fausses obligations, par exemple vis-à-vis de sa famille, puis d'une religion ou d'une idéologie, puis de lui-même, de sa raison d'être et de ce qui constitue le bien et le mal. Chacune de ces visions du monde et de ces systèmes de valeurs peuvent faire l'objet d'un processus de désintégration positive séparé, et l'individu peut ainsi traverser plusieurs crises existentielles le menant à chaque fois à un nouveau niveau d'intégration personnelle.

Il semble que l'analogie soit possible avec l'effondrement d'une culture, d'un système politique ou religieux, lorsqu'il apparaît par exemple que ce système n'est pas constitutif de "l'avenir radieux de l'humanité". La remise en cause des fondements de la société et du système de valeurs correspondant pourrait être compris comme un processus de désintégration positive au niveau sociétal.

L'expérience de Stanley Milgram (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram) a montré qu'un individu avait tendance à obéir à une personne incarnant l'autorité, même quand les demandes émanant de cette autorité étaient contraires aux valeurs de l'individu et à ses ressentis émotionnels. Une explication possible est que pendant son enfance, l'individu a été contraint de/conditionné à obéir à l'autorité, et a été éduqué, y compris scolairement, à considérer que l'autorité avait un plus grand savoir/une plus grande sagesse. En grandissant jusqu'à l'âge adulte, l'individu garde cette croyance dans la nécessaire soumission à une autorité, y compris à l'autorité collective de la société, qui dicte les moeurs et valeurs sociales en vigueur. Ce n'est qu'en sortant de cette fausse croyance dans l'autorité et la sagesse morale de la société que l'individu peut devenir sa propre autorité morale, et atteindre le niveau 4 de la théorie de la Désintégration positive.

15 décembre 2016

Niveau 4 : désintégration multi-niveaux dirigée - Dabrowski -

Au niveau 4 la personne prend complètement le contrôle de son développement. Le développement involontaire et spontané du niveau 3 est remplacé par un examen délibéré, conscient et dirigé par soi-même, de la vie de la personne du point de vue multi-niveaux. Ce niveau est caractérisé par la désintégration à niveaux multiples, organisée et systématique. Les principaux dynamismes qu'on y rencontre sont : un niveau élevé de perception et de connaissance de soi, l'empathie, l'identification partielle avec autrui, le « sujet-objet » en soi-même, la transformation psychique interne, le troisième facteur, l'éducation de soi et l'autopsychothérapie. L'empathie est faite de sympathie avec autrui et de compréhension d'autrui, d'empressement à aider le prochain ; elle ne comprend cependant aucune tendance à s'identifier avec les activités inférieures de ce prochain. Le « sujet-objet » en soi-même découle d'une observation de soi toujours alerte, et de la capacité de se juger d'un oeil critique et de changer de comportement si l'on découvre quoi que ce soit de répréhensible. Il arrive souvent que l'on s'arrête pour réfléchir et se corriger avant de repartir à neuf.

Ce niveau marque la véritable émergence du troisième facteur, décrit par Dabrowski comme un facteur autonome « de choix conscient (évaluation), par lequel on affirme ou rejette certaines qualités en soi et dans son environnement ». La personne réexamine consciemment son système de croyance existant et essaye de remplacer les vues et réactions automatiques et de bas niveau par des idéaux soigneusement pensés, étudiés et choisis. Ces nouvelles valeurs vont se refléter de plus en plus dans le comportement de la personne. Le comportement va devenir moins réactif, moins automatique et plus réfléchi au fur et à mesure que les choix comportementaux passent sous l'influence des idéaux que la personne a choisis.

Les moeurs sociales sont réexaminées et ré-acceptées par une internalisation consciente lorsque l'individu pense que c'est approprié. De même, lorsque la personne sent que c'est adéquat, une valeur sociale réexaminée peut être rejetée pour être remplacée par une valeur alternative qui est perçue par soi comme étant plus élevée. L'orientation sociale personnelle en vient à refléter une grande responsabilité basée sur des facteurs tant intellectuels qu'émotionnels. Aux niveaux les plus élevés, « les individus de ce genre se sentent responsables de la réalisation de ce qui est juste et de la protection d'autrui contre le mal et l'injustice. Leur sentiment de responsabilité s'étend à presque tout ». Ce point de vue résulte du fait de voir la vie par rapport à sa hiérarchie de valeurs (la vue à plusieurs niveaux) et de l'appréciation résultante de la possibilité de la façon dont la vie pourrait être, et devrait être, vécue. Les désaccords avec le monde (niveau inférieur) sont exprimées avec compassion dans le fait de faire ce qui peut être fait pour contribuer à atteindre ce qui « devrait être ».

Compte tenu de leur vision authentiquement pro-sociale, les personnes qui atteignent un haut niveau de développement élèvent également le niveau de la société dans laquelle ils sont. Ici, la vision pro-sociale ne consiste pas simplement à soutenir l'ordre social existant ; c'est une véritable culture d'interactions sociales fondées sur des valeurs plus élevées. Ces positions entrent souvent en conflit avec le statu quo d'une société de plus bas niveau (inadaptation positive). En d'autres termes, être inadapté à une société de bas niveau est une caractéristique positive.

Développement de la personnalité en cinq niveaux - Dabrowski -

Les premier et cinquième niveaux sont caractérisés par l'intégration psychologique, l'harmonie, et très peu de conflits internes. Il y a peu de conflits internes au niveau 1 par ce qu'à peu près chaque comportement est justifié : il est soit bon pour l'individu et par conséquent « juste », ou la société dont fait partie l'individu approuve ce comportement et il est par conséquent « juste ». Dans les deux cas, l'individu agit quasiment en toute confiance de la manière dont il pense que n'importe qui d'autre se comporterait, et fait ce que chacun « est supposé faire ». Au niveau 5 il n'y a pas de conflits internes parce que ce que la personne fait est toujours en accord avec son sens interne et personnel des valeurs. Bien sûr, il y a souvent des conflits externes aussi bien au niveau 1 qu'au niveau 5. Les niveaux 2, 3 et 4 décrivent divers degrés et types de désintégration et de malaise.

Dabrowski a dit clairement que les niveaux qu'il présente sont un outil intellectuel (heuristique). Il notait parfois, dans ses diagnostics, des niveaux avec décimales, comme 2,5 pour indiquer un niveau intermédiaire entre les niveaux 2 et 3. Chaque dynamique de développement – empathie, amour, agression, authenticité, joie – a son niveau de développement. Les émotions se développent en émotions de plus haut niveau. Dans le processus de développement les structures de deux voire trois niveaux consécutifs peuvent coexister, bien qu'il doive être compris qu'elles existent en conflit. Le conflit est réglé quand une des structures est éliminée, ou au moins est complètement contrôlée par une autre structure.