26 décembre 2016

La théorie et la douance - Dabrowski -

Prise de conscience de la douance
Un surdoué qui ignore sa douance est souvent mal dans sa peau, se sent souvent en décalage par rapport à la société, a une mauvaise image de lui-même, peut avoir de sérieux problèmes psys, voire faire une ou plusieurs crises existentielles, tout en essayant de faire de son mieux, d'être "quelqu'un de bien", d'être conforme aux attentes de la société et aux modèles que constituent "les autres". La découverte de sa douance est pour le surdoué une remise en cause brutale de ce sentiment de devoir de conformité et d'adaptation, et un changement complet de la vision qu'il a de lui même, avec une relecture et une réinterprétation de son passé. Cette prise de conscience de l'inaptitude du reste du monde à lui servir de modèle et de la nécessité de repartir sur de nouvelles bases, déterminées par lui, et qui lui sont spécifiques, est parfois "une grande claque", avec pleurs et remises en cause, et est en fait une désintégration positive des faux schémas et devoirs, avec une prise en main de son système de valeurs et de ses règles de conduites par l'individu surdoué (passage d'un état qui oscillait entre les niveaux 1, 2 et 3, au niveau 4 de la théorie de la désintégration positive de Dabrowski).

Perfectionnisme
Le perfectionnisme, ou haut niveau d'exigence, est souvent considéré comme contributeur d'une faible estime de soi, fréquente chez les surdoués. Mais le perfectionnisme est de nature différente suivant le niveau de développement de l'individu :

-au niveau 1 de la théorie de la désintégration positive, le perfectionnisme est oppressif, et amène à juger les autres comme inférieurs.
-au niveau 2, il peut être débilitant, parce qu'il est imbriqué dans le doute de soi et l'introjection des valeurs des autres.
-au niveau 3, quand il rejoint la hiérarchisation des valeurs, il devient le sentiment d'être inférieur à soi, qui est une dynamique qui pousse le développement vers des niveaux plus élevés.
-au niveau 4, il évolue en un désir de perfection de soi, ce qui conduit à une vie imprégnée par les idéaux de niveau supérieur.
-au niveau 5, c'est la reconnaissance de la perfection inhérente à tout ce qui est.

Monde intérieur
Les surdoués exploitent et sont galvanisés par ce que Dabrowski appelle la réalité théorique. La réalité perçue par les sens (l'ici et maintenant de l'existence banale) n'est qu'une réalité (parmi d'autres). Les esprits exceptionnels accèdent naturellement à des niveaux plus puissants de fantasme, d'imagination et d'intuition. Dans ce milieu riche, ils résolvent des problèmes, découvrent de nouvelles perspectives et créent sur un niveau d'abstraction séparé du monde de la perception sensorielle directe. Pour ceux qui disposent de la sensibilité morale, d'immenses pouvoirs d'imagination, d'une riche vie affective, et d'un besoin absolu pour la recherche intellectuelle, cette réalité théorique est plus réelle, plus compréhensible et de plus d'importance que la réalité de la vie quotidienne. 

Dabrowski a écrit: "L'ajustement à ce "qui devrait être" est chez certains individus plus fort que leur ajustement à "ce qui est"". Pour eux, le développement est modulé par l'interpénétration des expériences de désintégration et d'intégration, façonnant la fonction intellectuelle en la mettant en relation avec les émotions de plus haut niveau. Cela crée une structure intégrée de la conscience de haut niveau où la pensée et les ressentis s'associent et se co-déterminent. Une transformation de développement supplémentaire se produit lorsque l'intuition de haut niveau est activée et promue, créant une synthèse dynamique permanente de ce qui est directement ressenti de manière intuitive. Ce fonctionnement à plusieurs niveaux et cette dynamique de développement, bien que rare, est un processus évolutif naturel pour les individus surdoués.

Portée de la théorie - Dabrowski -

La théorie de la désintégration positive a une portée extrêmement large et a des répercussions sur de nombreux domaines. De manière centrale, elle s'applique au diagnostic et au traitement psychologique et psychiatrique. Dabrowski préconisait un diagnostic multidimensionnel et global de la situation de la personne, qui comprenne les symptômes et les potentiels de développement. Si la désintégration semble s'inscrire dans un contexte de développement, alors la personne reçoit une formation concernant cette théorie et est encouragée à avoir une vue développementale de sa situation et de ses expériences. Plutôt que d'être éliminés, les symptômes sont remis en perspective pour fournir des éclaircissements et une compréhension de la vie et de la situation particulière de la personne.

L'importance des récits
Dąbrowski a illustré sa théorie par des autobiographies et les biographies de ceux qui ont connu la désintégration positive. L'enfant surdoué, l'adolescent suicidaire ou l'artiste perturbé est souvent en train de faire l'expérience des caractéristiques de la théorie de la désintégration positive, et s'ils acceptent et comprennent le sens de leurs crises et de leurs émotions intenses, ils peuvent aller de l'avant, au lieu de s'effondrer. La réalisation d'une autobiographie fouillée pour aider l'individu à acquérir une perspective sur son passé et son présent est un composant très important du processus d'auto-thérapie. Dans ce processus, le thérapeute joue un rôle très réduit et agit plus comme un stimulus initial qu'un thérapeute effectuant un suivi. Dabrowski demandait à ses patients de lire ses livres et de voir si ses idées pouvaient avoir un rapport avec leur vie.

Auto-psychothérapie
Pour Dabrowski, le but de la thérapie est d'éliminer le thérapeute en fournissant un contexte à l'intérieur duquel une personne peut se comprendre et s'aider, une approche de la thérapie qu'il a appelée auto-psychothérapie. Le patient est invité à embarquer pour un voyage de découverte de soi avec une emphase sur la recherche du contraste entre ce qui est plus élevé par rapport à ce qui est plus bas au sein de sa personnalité et de sa structure de valeurs. La personne est invitée à explorer davantage son système de valeurs en particulier en ce qui concerne le raisonnement sous-jacent et la justification des positions. Les écarts entre les valeurs et les comportements sont mis en évidence. L'approche est appelée auto-psychothérapie pour souligner le rôle important que la personne doit jouer dans le processus de sa propre thérapie, et, de manière plus large, dans le processus du développement de sa personnalité. La personne doit arriver à voir qu'elle est responsable de la détermination ou de la création de son propre idéal de la personnalité et de sa structure personnelle de valeurs. Cela inclut un examen critique des moeurs et des valeurs sociales qui ont été apprises.

Dabrowski était très préoccupé par ce qu'il appelait le développement unilatéral. En un mot, Dabrowski s'inquiète du fait que beaucoup de personnes montrent un développement très avancé dans seulement un aspect de la vie, en général intellectuel. Il avait l'habitude de dire que nous devrions essayer d'ignorer nos forces et de nous concentrer sur nos faiblesses : le fort en maths devrait moins se concentrer sur les mathématiques – il excelle déjà à cela, et devrait se concentrer davantage sur d'autres sujets – l'introverti devrait essayer d'être plus extraverti, l'extraverti devrait essayer d'être plus introverti. De cette façon, nous ne continuons pas simplement à construire sur nos forces, ce qui nous emmène vers le développement unilatéral, mais plutôt nous nous concentrons sur le fait d'essayer d'équilibrer notre développement.

L'hyperstimulabilité
Dąbrowski encouragait aussi les personnes à voir leurs réactions (surexcitabilités) et leur point de vue phénoménologique du monde dans le cadre de leur potentiel de développement. L'expérience des crises, et la réaction aux crises, sont un aspect très important de cette approche, et les personnes sont encouragées à éprouver les crises personnelles avec une vision positive et développementale.
Dabrowski rappelle aux patients que sans maladies internes, il y a peu de stimulus pour le changement ou la croissance. Plutôt que d'essayer de rapidement améliorer les symptômes, cette approche encourage les individus à vivre pleinement leurs ressentis et à essayer de maintenir une orientation positive et développementale vis-à-vis de ce qu'ils peuvent percevoir comme une dépression sévère ou une forte anxiété. Bien sûr, il s'agit d'une approche unique dans le monde d'aujourd'hui consistant à chercher un soulagement immédiat et total de toute expérience psychologique désagréable.

Éducation
Une autre domaine est l'éducation, et en particulier le vécu des étudiants créatifs et surdoués. Dabrowski a émis l'hypothèse que ces élèves vont montrer de manière disproportionnée une forte hyperstimulabilité et par conséquent seront prédisposés au processus de désintégration.

La théorie de Dabrowski et la psychanalyse - Dabrowski -

La grande nouveauté introduite par Dabrowski est que certaines pathologies de type angoisse, dépression, crise existentielle, etc, peuvent s'inscrire dans un processus de désintégration positive, et être utiles voire nécessaires à la construction de la personnalité. La difficulté, pour le praticien, est de faire un diagnostic différentiel entre les “pathologies utiles” et celles qui ne le sont pas.

Jacques Lacan (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Lacan) liait la fin de l'analyse au passage de l'analysant à l'analyste ("la passe"), c'est-à-dire au moment où l'analysant devient son propre analyste. Cela pourrait correspondre à la transition entre le niveau 3 et le niveau 4 de la théorie de la désintégration positive. Cela pourrait aussi correspondre au passage à l'auto-psychothérapie recommandée par Dabrowski.

La fin de l'analyse est aussi d'après Lacan le moment où l'analyse chute, où le patient n'a plus l'envie de persévérer, de continuer à parler dans ce lieu à cet analyste, parce qu'il s'est passé quelque chose : d'après Lacan, ce quelque chose est la traversée du "fantasme fondamental", qui pourrait être décrit comme un postulat inconscient qui est l'armature de tout ce qui pose le sujet face aux autres, dans une position qui à la fois le soutien et le "coince". Cette traversée du fantasme fondamental, cet abandon de l'armature primaire, pourrait être comparé à l'aboutissement du niveau 3 chez Dabrowski. C'est dans la destitution subjective de ce fantasme, dans ce moment où le sujet peut lâcher prise de cette position dans laquelle il était encastré, que le sujet peut éprouver le désir d'occuper la place de l'analyste.

Influences et comparaisons - Dabrowski -

La plupart des théories sur le développement de la personnalité reposent sur un développement en niveaux successifs, chaque nouveau niveau de développement s'appuyant sur les niveaux précédemment acquis. Dans le processus de désintégration positive, la désintégration partielle ou totale d'un niveau de développement inférieur est nécessaire pour permettre d'atteindre le niveau de développement suivant.

Les écrits et travaux de Dabrowski ont été comparés avec ceux de...
Platon et son Allégorie de la caverne de Platon
https://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9gorie_de_la_caverne
Jean Piaget
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Piaget
Søren Kierkegaard
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%B8ren_Kierkegaard
Friedrich Nietzsche
https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche
John Hughlings Jackson
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Hughlings_Jackson
Abraham Maslow et sa pyramide des besoins
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins

Il a été suggéré qu'une personne pouvait avoir plusieurs ensembles de schémas de comportement, de croyances et de fausses obligations, par exemple vis-à-vis de sa famille, puis d'une religion ou d'une idéologie, puis de lui-même, de sa raison d'être et de ce qui constitue le bien et le mal. Chacune de ces visions du monde et de ces systèmes de valeurs peuvent faire l'objet d'un processus de désintégration positive séparé, et l'individu peut ainsi traverser plusieurs crises existentielles le menant à chaque fois à un nouveau niveau d'intégration personnelle.

Il semble que l'analogie soit possible avec l'effondrement d'une culture, d'un système politique ou religieux, lorsqu'il apparaît par exemple que ce système n'est pas constitutif de "l'avenir radieux de l'humanité". La remise en cause des fondements de la société et du système de valeurs correspondant pourrait être compris comme un processus de désintégration positive au niveau sociétal.

L'expérience de Stanley Milgram (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram) a montré qu'un individu avait tendance à obéir à une personne incarnant l'autorité, même quand les demandes émanant de cette autorité étaient contraires aux valeurs de l'individu et à ses ressentis émotionnels. Une explication possible est que pendant son enfance, l'individu a été contraint de/conditionné à obéir à l'autorité, et a été éduqué, y compris scolairement, à considérer que l'autorité avait un plus grand savoir/une plus grande sagesse. En grandissant jusqu'à l'âge adulte, l'individu garde cette croyance dans la nécessaire soumission à une autorité, y compris à l'autorité collective de la société, qui dicte les moeurs et valeurs sociales en vigueur. Ce n'est qu'en sortant de cette fausse croyance dans l'autorité et la sagesse morale de la société que l'individu peut devenir sa propre autorité morale, et atteindre le niveau 4 de la théorie de la Désintégration positive.

Idées clés - Dabrowski -

La théorie de la Désintégration positive est basée sur de nombreuses idées clés :

-Nos bas instincts animaux (premier facteur) doivent être inhibés et transformés dans des forces de niveau plus élevé pour que nous soyons humains (cette capacité à transformer nos instincts est ce qui nous sépare des animaux).
-L'intégration de la personnalité initiale commune, fondée sur la socialisation (deuxième facteur), ne reflète pas la vraie personnalité.
-Au niveau initial de l'intégration, il y a peu de conflits internes dans la mesure où l'individu suit le groupe ; il y a peu de sensations de mauvais comportement. Les conflits externes sont souvent liés au blocage d'objectifs sociaux (par exemple une frustration par rapport à l'évolution professionnelle). Les moeurs et valeurs sociales l'emportent avec peu de questionnement ou d'examen conscient.
-La vraie personnalité doit être fondée sur un système de valeurs qui sont consciemment et volontairement choisies par la personne pour tenir compte de leur propre sens particulier de "comment la vie devrait être" et de leur "idéal de la personnalité" – la personne idéale qu'ils sentent qu'ils "doivent être".
-Les instincts animaux inférieurs et les forces de pression du groupe et de socialisation sont inférieures au moi autonome (la personnalité) construit par la personne consciente.

-Pour défaire l'intégration initiale, les crises et les désintégrations sont nécessaires, et sont généralement fournies par l'expérience de la vie.
-Ces désintégrations sont positives si la personne peut apporter des solutions positives et développementales à la situation.
-Les « crises mono-niveau » ne sont pas développementales parce que la personne peut seulement choisir entre des choix de même niveau.
-Un nouveau type de perception implique le multi-niveaux, une vision verticale de la vie qui compare des possibilités plus basses et plus hautes et permet maintenant à l'individu de choisir une issue de niveau plus élevé à une crise, par rapport à des solutions disponibles mais de niveau plus bas. C'est la solution développementale.

-La désintégration positive est un processus de développement vital.
-Dabrowski a développé le concept de potentiel de développement pour décrire les forces nécessaires pour réaliser le développement d'une personnalité autonome.
-Le potentiel de développement comprend plusieurs facteurs incluant les dons et talents innés, les hyperstimulabilités et le troisième facteur.
-L'hyperstimulabilité est une mesure du niveau de réponse nerveuse de l'individu. Dabrowski a trouvé que les personnes qu'il a étudiées présentaient toutes un système nerveux extrêmement sensible, ce qui les rendait aussi sujettes à l'angoisse, la dépression et l'anxiété (psycho-névrose dans les termes de Dabrowski), ce qui est un élément très positif et développemental.
-Le troisième facteur est une mesure de la motivation de l'individu vers l'autonomie.
-Lorsque le développement multi-niveaux et autonome est réalisé, une intégration secondaire est observée qui reflète l'état de la personnalité mature. L'individu n'a pas de conflits internes, il est en harmonie interne de par le fait que ses actions reflètent sa hiérarchie de valeurs profondément ressentie.

25 décembre 2016

The One Moment

OK Go est un groupe de rock américain. Il est connu pour la qualité et l'excentricité de ses clips vidéo. Dans le clip du morceau "Upside Down & Inside Out", ils font une chorégraphie en apesanteur dans un avion Zéro G. Dans "The One Moment", ils utilisent l'accéléré et le ralenti dans un clip très coloré.

15 décembre 2016

Niveau 5 : intégration secondaire - Dabrowski -

Le cinquième niveau présent un caractère intégré et harmonieux, mais très différent de celui du premier niveau. À ce niveau le plus élevé, le comportement de la personne est guidé par des décisions conscientes, soigneusement pesées, basées sur une hiérarchie choisie et individualisée de valeurs personnelles. Le comportement se conforme à cette norme intérieure à propos de la façon dont la vie doit être vécue et, par conséquent, peu de conflits internes se présentent.

Les principaux dynamismes de ce niveau sont : l'empathie, l'autonomie, l'authenticité et un niveau très élevé de responsabilité. L'idéal de la personnalité est constamment soumis à la vérification et demeure dynamique.

Le niveau cinq est souvent marqué par l'expression créative. Particulièrement à ce niveau, la résolution de problèmes et l'art représentent les caractéristiques les plus hautes et les plus nobles de la vie humaine. L'art saisi les états émotionnels les plus intimes et est basé sur une profonde empathie et une profonde compréhension du sujet. Souvent, ces oeuvres ont pour sujet la souffrance humaine et le sacrifice. Les oeuvres vraiment visionnaires, les travaux qui sont uniques et nouveaux, sont créés par des personnes exprimant une vision qui n'est pas limitée par les conventions. Les avancées dans la société, à travers la politique, la philosophie et la religion, sont donc souvent associées à une forte créativité individuelle ou à de grandes réalisations.

Niveau 4 : désintégration multi-niveaux dirigée - Dabrowski -

Au niveau 4 la personne prend complètement le contrôle de son développement. Le développement involontaire et spontané du niveau 3 est remplacé par un examen délibéré, conscient et dirigé par soi-même, de la vie de la personne du point de vue multi-niveaux. Ce niveau est caractérisé par la désintégration à niveaux multiples, organisée et systématique. Les principaux dynamismes qu'on y rencontre sont : un niveau élevé de perception et de connaissance de soi, l'empathie, l'identification partielle avec autrui, le « sujet-objet » en soi-même, la transformation psychique interne, le troisième facteur, l'éducation de soi et l'autopsychothérapie. L'empathie est faite de sympathie avec autrui et de compréhension d'autrui, d'empressement à aider le prochain ; elle ne comprend cependant aucune tendance à s'identifier avec les activités inférieures de ce prochain. Le « sujet-objet » en soi-même découle d'une observation de soi toujours alerte, et de la capacité de se juger d'un oeil critique et de changer de comportement si l'on découvre quoi que ce soit de répréhensible. Il arrive souvent que l'on s'arrête pour réfléchir et se corriger avant de repartir à neuf.

Ce niveau marque la véritable émergence du troisième facteur, décrit par Dabrowski comme un facteur autonome « de choix conscient (évaluation), par lequel on affirme ou rejette certaines qualités en soi et dans son environnement ». La personne réexamine consciemment son système de croyance existant et essaye de remplacer les vues et réactions automatiques et de bas niveau par des idéaux soigneusement pensés, étudiés et choisis. Ces nouvelles valeurs vont se refléter de plus en plus dans le comportement de la personne. Le comportement va devenir moins réactif, moins automatique et plus réfléchi au fur et à mesure que les choix comportementaux passent sous l'influence des idéaux que la personne a choisis.

Les moeurs sociales sont réexaminées et ré-acceptées par une internalisation consciente lorsque l'individu pense que c'est approprié. De même, lorsque la personne sent que c'est adéquat, une valeur sociale réexaminée peut être rejetée pour être remplacée par une valeur alternative qui est perçue par soi comme étant plus élevée. L'orientation sociale personnelle en vient à refléter une grande responsabilité basée sur des facteurs tant intellectuels qu'émotionnels. Aux niveaux les plus élevés, « les individus de ce genre se sentent responsables de la réalisation de ce qui est juste et de la protection d'autrui contre le mal et l'injustice. Leur sentiment de responsabilité s'étend à presque tout ». Ce point de vue résulte du fait de voir la vie par rapport à sa hiérarchie de valeurs (la vue à plusieurs niveaux) et de l'appréciation résultante de la possibilité de la façon dont la vie pourrait être, et devrait être, vécue. Les désaccords avec le monde (niveau inférieur) sont exprimées avec compassion dans le fait de faire ce qui peut être fait pour contribuer à atteindre ce qui « devrait être ».

Compte tenu de leur vision authentiquement pro-sociale, les personnes qui atteignent un haut niveau de développement élèvent également le niveau de la société dans laquelle ils sont. Ici, la vision pro-sociale ne consiste pas simplement à soutenir l'ordre social existant ; c'est une véritable culture d'interactions sociales fondées sur des valeurs plus élevées. Ces positions entrent souvent en conflit avec le statu quo d'une société de plus bas niveau (inadaptation positive). En d'autres termes, être inadapté à une société de bas niveau est une caractéristique positive.

Niveau 3 : désintégration multi-niveaux spontanée - Dabrowski -

Le niveau 3 décrit un nouveau type de conflit : un conflit vertical entre deux choix qui ne sont pas simplement différents, mais qui existent sur des niveaux différents. L'un d'eux est littéralement plus haut et l'autre est plus bas en comparaison. A ce niveau, nous assistons à l'émergence de la hiérarchisation, d'un sens croissant de “ce qui devrait être” et d'un mauvais ajustement croissant à “ce qui est”.

Ces conflits verticaux émergent initialement de perceptions involontaires, au cours de la vie, de choix plus élevés par rapport à des choix plus bas (parce que ces perceptions sont involontaires, Dabrowski a appelé ce niveau désintégration multi-niveaux spontanée). Vous regardez quelque chose, peut-être pour la millième fois, et cela vous frappe : vous voyez cette chose différemment, et une fois que vous l'avez vue ainsi, cela change les choses. Vous ne pouvez plus « retourner en arrière et la voir de la façon dont vous la voyiez avant ». Dabrowski a appelé cette dimension verticale « perception multi-niveaux ». La perception multi-niveaux est la prise de conscience progressive de la « possibilité du plus haut » (une expression souvent utilisée par Dabrowski) et par la suite des contrastes entre ce qui est plus haut et ce qui est plus bas dans la vie. Ces comparaisons verticales illustrent souvent le comportement réel et inférieur d'une personne par rapport à des idéaux imaginés et supérieurs et par rapport à des choix alternatifs idéalisés.

Le fait d'acquérir une perception à plusieurs niveaux de nos univers externe et interne peut être comparé à une révolution Copernicienne dans notre perception et notre sensibilité. Une fois que nous avons appris à distinguer les nivaux hauts et bas dans nos ressentis, nos pensées et nos comportements, une fois que nous avons compris que nous sommes capables du meilleur comme du pire, et que le choix entre eux est uniquement et exclusivement nôtre, nous atteignons un point de non-retour et, pour reprendre les mots de Dabrowski, nous sommes condamnés à nous développer. Avec l'émergence de la hiérarchisation, l'individu acquiert la conscience intime de l'existence de valeurs universelles qui deviennent un guide et une force dans son développement, qui fait partie d'une dynamique développementale puissante appelée l'idéal de la personnalité.

Au niveau 3, nous observons l'émergence de dynamiques multi-niveaux telles que l'étonnement en face de soi-même, l'inquiétude en face de soi-même qui sert à stimuler l'instinct de perfection de soi et celui de cognition (et non l'inquiétude envers soi-même qui est basée sur l'instinct primitif de conservation de soi), l'insatisfaction à l'égard de soi, le sentiment d'infériorité vis-à-vis de soi-même (c'est à dire par rapport à ce qu'on sent qu'on devrait être), les sentiments de honte et de culpabilité, l'inadaptation positive qui aide au développement et est parallèle au besoin de s'orienter non pas vers « ce qui est » mais vers « ce qui devrait être », et l'instinct créateur. Ce niveau est reconnu comme celui où se manifestent les psychonévroses, et même les psychoses de niveau supérieur : psychasténie, anxiété, dépression, obsession, psychonévrose infantile et les niveaux supérieurs de l'hystérie, ainsi que diverses formes de psychoses telles que la catatonie, certains genres de schizophrénie paranoïde et de psychose maniaco-dépressive (où sont présents des éléments de potentiel de développement assez prononcés). Dans certains cas, quand le potentiel de développement de la personne contient des éléments forts, positifs et négatifs, l'intensité du processus de développement peut amener un individu près d'une “catastrophe psychique”.

Dabrowski croit que l'individu authentique choisit le chemin le plus haut comme celui qui doit être suivi de manière claire et évidente (effaçant les ambivalences et tendances ambiguës des conflits mono-niveau). Si le comportement réel de la personne se trouve plus tard être en deçà de l'idéal, il va s'ensuivre une dysharmonie interne et un besoin de remettre en question et de reconstruire sa vie. Dans l'approche de Dabrowski, la perception multi-niveaux représente donc un type de conflit nouveau et puissant, un conflit qui sert au développement.

Ces conflits verticaux sont très importants pour conduire à l'autonomie et à la croissance d'une personnalité développée. Pour que la personne atteignent des niveaux plus élevés, le passage à la perception multi-niveaux doit se produire. Si une personne n'a pas le potentiel de développement pour entrer dans une perception multi-niveaux, alors il régressera des crises du niveau 2 pour réintégrer au niveau 1. Dans le passage à la perception multi-niveaux, le mode de vie horizontal, mono-niveau, basée sur le stimulus et la réponse, est remplacé par une analyse verticale et hiérarchique. Cette vision verticale devient ancrée dans la structure personnelle de valeurs qui émerge, et tous les éléments sont vus en relation avec les idéaux personnels. Ces valeurs et idéaux personnels deviennent l'idéal de la personnalité : la façon dont la personne veut vivre sa vie. Puisque les événements de la vie sont vus en relation avec cette vision verticale et multi-niveaux, il devient impossible de soutenir des points de vue qui favorisent le chemin le plus bas lorsque des buts plus élevés peuvent être identifiés (ou imaginés).

Niveau 2 : désintégration mono-niveau - Dabrowski -

La caractéristique principale du niveau 2 est une crise initiale ou série de crises, brèves et souvent intenses. Les crises sont spontanées et se produisent seulement sur un niveau (et souvent n'impliquent qu'une dimension). Ces crises concernent des choix de solutions qui semblent être différentes mais qui au final sont sur le même niveau.

La désintégration mono-niveau se produit durant des crises de développement telles que la puberté ou la ménopause, dans les périodes où se manifeste une difficulté à gérer un événement externe stressant, ou dans des conditions psychologiques et psychopathologiques telles que la nervosité et la psychonévrose. La désintégration mono-niveau consiste en des processus situés sur un niveau émotionnel et structurel unique ; il y a une prévalence de dynamiques automatiques avec seulement une légère conscience de soi et un léger contrôle de soi. Le terme “mono-niveau” dénote un manque de hiérarchisation, de distinction entre “ce qui est” et “ce qui devrait être”.

Les conflits sur le même niveau (horizontal) produisent des ambivalences et des tendances ambiguës : la personne est également attirée par des choix différents mais équivalents sur le même niveau (tendances ambiguës) et n'est pas capable de décider quoi faire parce qu'il n'a pas de réelle préférence entre les choix (ambivalences). Si les forces de développement sont suffisamment fortes, à la fin, la personne est poussée dans une crise existentielle : les logiques sociales ne prennent plus en compte ses expériences personnelles et il n'y a pas d'autres explications. Au cours de cette phase, l'émotion prédominante est le désespoir existentiel.

La résolution de cette phase commence lorsque des valeurs choisies individuellement commencent à remplacer les moeurs sociales qui ont été enracinées par l'apprentissage, et sont intégrées dans une nouvelle hiérarchie de valeurs personnelles. Ces nouvelles valeurs entrent souvent en conflit avec les valeurs sociales précédentes de la personne. Plusieurs des explications relevant du statu quo sur « la manière dont sont les choses », apprises à travers l'éducation et par l'ordre social, s'écroulent sous un examen individuel et conscient. Cela cause encore plus de conflits centrés sur l'analyse de la personne à propos de ses réactions propres vis-à-vis du monde en général et du comportement de soi et des autres. Les comportements habituels et l'éthique de l'ordre social en viennent à être vus comme inadéquats, faux ou hypocrites. L'inadaptation positive prévaut. Pour Dabrowski, ces crises présentent un potentiel fort pour le développement vers le développement personnel et la santé mentale. Pour utiliser une définition positive, la santé mentale reflète plus que la conformité sociale : elle implique un examen personnel et attentif du monde et de ses propres valeurs, qui mène au développement d'une personnalité individuelle.

Le niveau 2 est une période de transition. Dabrowski dit que soit vous revenez en arrière (réintégration à un niveau inférieur), soit vous allez de l'avant, soit vous finissez mal, dans le suicide ou la psychose.

Le passage du niveau 2 au niveau 3 implique un changement fondamental qui nécessite une quantité phénoménale d'énergie. Cette période est la croisée des chemins du développement : de là, on doit progresser ou régresser. La lutte entre les trois facteurs de Dabrowski reflète cette crise de transition : « Dois-je suivre mes instincts (premier facteur), ce que l'on m'a appris (deuxième facteur) ou mon coeur (troisième facteur) ? ». La réponse développementale est de transformer ses instincts les plus bas (les réactions automatiques telles que la colère) dans une motivation positive, de résister aux réponses sociales et apprises par coeur, et d'être à l'écoute de son sens profond de ce que l'on doit faire.

Niveau 1 : intégration primaire - Dabrowski -

Le premier niveau est appelé intégration primitive ou primaire. Les personnes à ce niveau sont souvent influencées principalement soit par les forces prééminentes du premier facteur (hérédité, pulsions : sexe, agression, pouvoir), soit par les forces prééminentes du deuxième facteur (environnement social). La majorité des personnes au niveau 1 sont intégrées à leur niveau social ou environnemental (Dabrowski les appelle des personnes moyennes) ; cependant, beaucoup d'entre elles montrent également à la fois des nuances pulsionnelles et de socialisation. Dabrowski distingue les deux sous-groupes du niveau 1 par degré : « l'état d'intégration primaire est un état contraire à la santé mentale. Un niveau plutôt élevé d'intégration primaire est présente chez la personne moyenne ; un niveau très élevé d'intégration primaire est présente chez le psychopathe ». Caractérisés par l'égoïsme et l'égocentrisme (à la fois réticents et explicites), ceux dont le développement est au niveau 1 cherchent généralement la satisfaction de soi avant tout, justifiant les actions qu'ils poursuivent avec un genre de mode de pensée « je suis le centre du monde », ou, dit plus simplement, ils adhèrent fortement à l'expression « la fin justifie les moyens », parfois sans tenir compte de la gravité des « moyens ». Beaucoup de personnes qui sont considérées comme des « leaders » tombent dans cette catégorie.

A ce niveau d'intégration primaire, on peut observer deux formes d'ajustement à la société : l'ajustement négatif, qui est une adaptation sans créativité, caractérisée par la conformité aux conventions sociales, le manque de réflexion et de critique, l'ajustement à “ce qui est” ; et le non-ajustement négatif, qui est un mépris pour les normes et conventions sociales résultant d'un égocentrisme extrême et de la réalisation sans pitié des buts personnels les plus vils (psychopathes, criminels).

La majeure partie des gens soit ne remettent pas du tout en question leur intégration primitive, soit, après une période de désintégration relativement courte, généralement ressentie aux environs de l'adolescence, finissent dans une réintégration au niveau précédent ou dans une intégration partielle de quelques-unes des fonctions à des niveaux légèrement plus élevés, sans une transformation de la structure mentale complète. Dabrowski estimait qu'environ 65 % des gens vivent leur vie au niveau 1.

Développement de la personnalité en cinq niveaux - Dabrowski -

Les premier et cinquième niveaux sont caractérisés par l'intégration psychologique, l'harmonie, et très peu de conflits internes. Il y a peu de conflits internes au niveau 1 par ce qu'à peu près chaque comportement est justifié : il est soit bon pour l'individu et par conséquent « juste », ou la société dont fait partie l'individu approuve ce comportement et il est par conséquent « juste ». Dans les deux cas, l'individu agit quasiment en toute confiance de la manière dont il pense que n'importe qui d'autre se comporterait, et fait ce que chacun « est supposé faire ». Au niveau 5 il n'y a pas de conflits internes parce que ce que la personne fait est toujours en accord avec son sens interne et personnel des valeurs. Bien sûr, il y a souvent des conflits externes aussi bien au niveau 1 qu'au niveau 5. Les niveaux 2, 3 et 4 décrivent divers degrés et types de désintégration et de malaise.

Dabrowski a dit clairement que les niveaux qu'il présente sont un outil intellectuel (heuristique). Il notait parfois, dans ses diagnostics, des niveaux avec décimales, comme 2,5 pour indiquer un niveau intermédiaire entre les niveaux 2 et 3. Chaque dynamique de développement – empathie, amour, agression, authenticité, joie – a son niveau de développement. Les émotions se développent en émotions de plus haut niveau. Dans le processus de développement les structures de deux voire trois niveaux consécutifs peuvent coexister, bien qu'il doive être compris qu'elles existent en conflit. Le conflit est réglé quand une des structures est éliminée, ou au moins est complètement contrôlée par une autre structure.

Doutes et certitudes

"Le problème avec le monde c'est que les gens intelligents sont pleins de doutes,
alors que les imbéciles sont pleins de certitudes."
Charles Bukowski 

13 décembre 2016

Sanctify yourself

Pause musicale. "Sanctify yourself" interprété par Simple Minds.

https://www.youtube.com/watch?v=lApQd_b22Bw

Is this the age of the thunder and rage?
Can you feel the ground move round your feet?
If you take one step closer it will lead to another.
The crossroads above is where we meet.
I shout out for shelter. I need you for something.
The whole world's out they're all on the street.
Control yourself. Love is all you need.
Control yourself in your eyes.
Sanctify Yourself. Sanctify.
Be a part of me. Sanctify.
Sanctify Yourself. Sanctify.
Sanctify Yourself.
Set yourself free.

Les trésors de la vie

"C'est en allant au fond de l'abysse que vous trouverez les trésors de la vie.
Votre trésor se trouve là où vous trébuchez.
La grotte qui vous effraie le plus devient l'antre de ce que vous cherchez.
La foutue chose dans la grotte qui était si terrifiante est devenue le centre (de votre intérêt)."

"It is by going down into the abyss that we recover the treasures of life. 
Where you stumble, there lies your treasure. 
The very cave you are afraid to enter turns out to be the source of what you are looking for. 
The damned thing in the cave that was so dreaded has become the center." 

Joseph Campbell (A Joseph Campbell Companion: Reflections on the Art of Living, p. 12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Campbell

Origines de la théorie de la désintégration positive (2) - Dabrowski -

Un principe de base de la théorie de Dabrowski est que la plupart des gens font généralement l'expérience d'une intégration initiale primaire caractérisée par l'adoption des moeurs et normes sociales en vigueur. La personne moyenne accepte ces moeurs sociales externes et vit selon elles avec peu de doute ou de conflits. Stimulées par leur potentiel de développement, les personnes exemplaires entrent en conflit lorsque leurs perceptions et valeurs internes en cours de développement se trouvent être en opposition avec les vues extérieures et les moeurs qui leur avaient été inculquées. Ces personnes passent par des périodes que Dabrowski décrit comme la désintégration positive, qui défie et éventuellement désintègre l'intégration primaire et conduit à des périodes de profonde réflexion et d'introspection. La désintégration positive culmine dans l'émergence d'une hiérarchie de valeurs, de buts et d'objectifs générés en interne. En fin de compte un idéal de la personnalité particulier émerge, qui représente le type de personne que l'individu veut s'efforcer de devenir. Le développement avancé est décrit comme une intégration secondaire caractérisée par une adhésion à ses propres valeurs, objectifs et idéaux.

Un aspect clé du développement est l'émergence du milieu psychique interne et du sujet comme objet. Aux niveaux inférieurs de développement, un individu est guidé par des rôles et des forces sociales externes, et sa perception est de manière prédominante en tant que sujet. L'individu peut rarement voir au-delà de ses propres besoins et désirs. À mesure que le développement progresse, la vision de l'autre comme objet émerge, aboutissant à l'acceptation de la légitimité de l'autre, et éventuellement apparaît la capacité à inverser les rôles de sujet et d'objet. Il s'agit d'un aspect clé du développement parce que quand l'individu est capable de voir l'autre en tant que sujet il développe de l'empathie, à la fois pour l'autre personne et pour l'humanité en général. Cela désenfle l'ego individuel et favorise une identification authentique et altruiste avec l'humanité. Dans le même temps, l'individu apprend à se voir lui-même comme les autres le voient – comme objet, et cela permet de voir son propre comportement et ses priorités sous un éclairage nouveau. Le milieu psychique interne et le troisième facteur émergent également et deviennent des forces de premier plan. Le milieu psychique interne déplace l'attention vers la vie intérieure, les pensées de la personne, l'imagination et les émotions. Les évènements vécus ne sont plus vus comme la conséquence des forces extérieures, mais comme relevant de la responsabilité personnelle, interne. L'individu prend conscience de l'importance des émotions comme étant la base des valeurs individuelles et comme dirigeant son comportement. Cela permet à l'individu de façonner sa personnalité pour se conformer à son idéal de la personnalité, en inhibant les aspects qui sont plus éloignés de son moi idéalisé et en créant et augmentant les aspects qui sont plus proches de son moi idéalisé.

Origines de la théorie de la désintégration positive (1) - Dabrowski -

Kazimierz Dabrowski a développé une théorie générale du développement de la personnalité afin de tenir compte des différences qu'il observait dans le comportement des gens. Pendant sa jeunesse au travers de la première guerre mondiale, et plus tard au cours de ses très dures expériences pendant la seconde guerre mondiale, Dabrowski a été confronté à la dépravation la plus basse de l'homme, et, de même, à certains des actes les plus héroïques imaginables. Plus tard, il a expliqué qu'il a écrit cette théorie parce qu'il n'a pu trouver aucune théorie de la psychologie qui pourrait expliquer de manière adéquate ces paradoxes du comportement humain.

Pendant ses études au collège dans les années 20, Dabrowski a été profondément affecté par le suicide de son meilleur ami et a décidé de consacrer sa vie à la psychologie et à la psychiatrie. En 1929, il a complété une thèse sur le suicide et publié en 1937 un manuscrit sur l'automutilation qui comprenait déjà le concept de l'hyperexcitabilité. Alors qu'il travaillait principalement en tant qu'universitaire et que psychiatre, Dabrowski a étudié un large éventail de personnes qu'il a identifiées comme présentant un développement avancé de la personnalité et du caractère. Par exemple, Clifford Beers, Youri Gagarine, Sir Edmund Hillary, Antoine de Saint-Exupéry, Abraham Lincoln et Dag Hammarskjold. Finalement, Dabrowski a développé une théorie avec cinq niveaux descriptifs, allant des plus bas niveaux observés jusqu'aux plus hauts, et il a développé une explication sur la façon dont le développement se produit par la désintégration positive.

Dans ses études de la personnalité, Dabrowski a constaté que la plupart de ces individus évolués avaient une histoire personnelle comprenant des niveaux de conflits très élevés avec la société, et des conflits internes qui ont conduit à de fortes psychonévroses – fortes angoisses, insécurités et dépression. Ces individus présentaient également une forte capacité à exprimer et développer leur individualité (troisième facteur), en parallèle avec de l'hyperexcitabilité, un terme qui évoluera plus tard en surexcitabilité. Cette surexcitabilité s'exprimait comme une réponse accrue aux stimuli et un faible seuil de réaction aux stimuli, résultant en des expériences intenses qui ont contribué à des psychonévroses. Dabrowski a ensuite identifié un certain nombre de facteurs qu'il estime nécessaires pour précipiter le développement avancé, et il les a appelés collectivement potentiel de développement. Les expériences, qui émergent du potentiel de développement, créent les conflits internes que Dabrowski voit comme nécessaires pour pousser le développement interne vers l'avant.
 

Sa propre voie - Dabrowski -

Rappel d'un point important du billet précédant:
Dabrowski préconisait l'auto-psychothérapie, la formation de la personne aux hyperstimulabilités et au processus de désintégration pour lui donner un contexte dans lequel comprendre des ressentis et des besoins intenses. Dabrowski suggérait d'aider les gens dans leurs efforts pour trouver et développer leur propre expression personnelle. Les enfants et les adultes avec un potentiel de développement élevé doivent trouver et parcourir leur propre chemin, souvent au détriment de leur intégration avec leur environnement social et même avec leur famille. La conscience du fait que nul ne peut montrer à quelqu'un d'autre « le droit chemin » est au coeur de l'auto-psychothérapie. Chacun doit trouver sa propre voie pour lui-même.

12 décembre 2016

Un cadeau tragique - Dabrowski -

Dabrowski appelait l'hyperstimulabilité « un cadeau tragique » pour refléter le fait que le parcours d'une personne avec un potentiel de développement élevé n'était ni confortable ni facile. Le potentiel permettant d'expérimenter des sommets est également un potentiel permettant d'expérimenter des gouffres. La douleur et la mort sont bien plus difficiles à affronter. Ceux qui sont émotionnellement hyperstimulables ressentent non seulement leur propre douleur plus profondément, mais ressentent aussi celle des autres avec la même intensité. De la même manière, la capacité à exprimer une grande créativité rend probable le fait d'expérimenter beaucoup de conflits personnels et de stress. Ce stress conduit le développement et est également le résultat de conflits développementaux, à la fois intrapsychiques et sociaux. Dans les phases aiguës de ce stress, le suicide est un risque significatif. L'isolement souvent ressenti par ces personnes augmente le risque que la personne se fasse délibérément du mal.

Dabrowski préconisait l'auto-psychothérapie, la formation de la personne aux hyperstimulabilités et au processus de désintégration pour lui donner un contexte dans lequel comprendre des ressentis et des besoins intenses. Dabrowski suggérait d'aider les gens dans leurs efforts pour trouver et développer leur propre expression personnelle. Les enfants et les adultes avec un potentiel de développement élevé doivent trouver et parcourir leur propre chemin, souvent au détriment de leur intégration avec leur environnement social et même avec leur famille. La conscience du fait que nul ne peut montrer à quelqu'un d'autre « le droit chemin » est au coeur de l'auto-psychothérapie. Chacun doit trouver sa propre voie pour lui-même.

Potentiel de développement - Dabrowski -

Un développement avancé est souvent observé chez les personnes qui montrent un fort potentiel de développement. Le potentiel de développement représente une constellation de caractéristiques génétiques, exprimées et véhiculées via l'interaction avec l'environnement. De nombreux facteurs font partie du potentiel de développement, mais trois aspects majeurs sont mis en évidence : l'hyperstimulabilité ou surexcitabilité, les aptitudes et talents spécifiques, et une forte motivation pour un développement autonome, une caractéristique que Dabrowski a appelée « le troisième facteur ».

L'hyperstimulabilité
L'aspect le plus évident du potentiel de développement est l'hyperstimulabilité, un ressenti accru des stimuli physiologiques résultant de l'augmentation des sensibilités neuronales. Plus grande est l'hyperstimulabilité, plus intenses sont les expériences au jour le jour de la vie. Dabrowski a défini cinq formes d'hyperstimulabilité : émotionnelle, intellectuelle, imaginative, sensorielle et psychomotrice. Ces hyperstimulabilités, et particulièrement les trois premières, amène souvent une personne à ressentir la vie de tous les jours de manière plus intense et à éprouver profondément les extrêmes des joies et tristesses de la vie. Dabrowski a étudié des personnes particulières et a trouvé qu'une hyperstimulabilité élevée était une composante clé de leur expérience de vie et de développement. Ces personnes sont orientées et dirigées par leur « gouvernail » de valeurs, leur sens d'hyperstimulabilité émotionnelle. Celle-ci combinée avec les hyperstimulabilités imaginative et intellectuelle, ces personnes ont une perception puissante du monde.

Les aptitudes et talents
La seconde branche du potentiel de développement, les aptitudes et talents spécifiques, tendent à servir le niveau de développement de la personne. Les personnes aux niveaux les plus bas utilisent leurs capacités pour supporter des buts égocentriques et pour monter dans l'échelle sociale. À des niveaux plus élevés, les attitudes et talents spécifiques deviennent une force importante au fur et à mesure qu'ils sont canalisés par la hiérarchie des valeurs de la personne vers l'expression et la réalisation de la vision de la personne concernant sa personnalité idéale et sa vision de la façon dont le monde devrait être.

Le troisième facteur
Le troisième aspect du potentiel de développement, qui est simplement appelé « le troisième facteur », est une tendance, une volonté dirigée vers le développement personnel et l'autonomie. Le troisième facteur est très important en ceci qu'il dirige les talents personnels et la créativité vers une expression autonome, et, de plus, il fournit la motivation à lutter pour essayer d'obtenir plus et pour tenter d'imaginer et de réaliser des objectifs qui sont actuellement hors d'atteinte. Dabrowski a clairement différencié le troisième facteur du libre-arbitre. Il sentait que le libre-arbitre n'allait pas assez loin pour capter les aspects motivationnels qu'il attribuait au troisième facteur. Par exemple, un individu peut exercer son libre-arbitre et montrer peu de motivation à grandir ou changer en tant qu'individu. Le troisième facteur décrit spécifiquement une motivation, la motivation à devenir soi-même. Cette motivation est parfois si forte que dans certaines situations nous pouvons observer que quelqu'un a besoin de se développer et qu'en se faisant, il se met beaucoup en danger. Ce sentiment de « je dois être moi-même », particulièrement quand c'est « à n'importe quel prix », et particulièrement quand il est exprimé comme une motivation forte pour le développement personnel, est au-delà du concept classique décrit comme le libre-arbitre.

Une personne dont le potentiel de développement est suffisamment élevé va généralement subir une désintégration, malgré tous les efforts externes sociaux ou familiaux pour l'en empêcher. Une personne dans le potentiel de développement est faible ne subira généralement pas une désintégration (ou croissance positive de la personnalité), même dans un environnement propice.

Les facteurs de développement de la personnalité (2) - Dabrowski -

Dabrowski a observé que la plupart des gens vivent leur vie dans un état « d'intégration primitive ou primaire » largement guidée par les pulsions biologiques (« premier facteur », les facteurs héréditaires) et/ou par une adhésion non critique et une conformité aux conventions sociales (« deuxième facteur », les facteurs environnementaux). Il a appelé cette intégration initiale niveau 1. Dabrowski a observé qu'à ce niveau il n'y a pas de vraie expression individuelle du moi humain autonome. L'expression individuelle au niveau 1 est influencée et contrainte par les deux premiers facteurs.

Le premier facteur dirige l'énergie et les capacités vers la réalisation de buts personnels qui reflètent les instincts les plus bas et le moi biologique, dont le but primaire est la survie et l'avancement personnel. Souvent les capacités sont utilisées de manière antisociale ou asociale. Par exemple, vers l'extrémité basse du niveau, de nombreux criminels montrent ce type de comportement égoïste. Ils font progresser leurs propres projets aux dépens des autres.

Le deuxième facteur, l'environnement social (milieu) et la pression sociale contraignent l'expression individuelle et la créativité en encourageant une vision commune de la vie et en décourageant l'expression personnelle et les pensées originales. Le deuxième facteur externalise les valeurs et les moeurs, externalisant ainsi la conscience. Les forces sociales façonnent les attentes. Le comportement et les talents et la créativité personnelle sont dirigés vers des formes qui suivent et supportent le milieu social existant. Dabrowski sentait que notre société était largement influencée par ces deux facteurs de bas niveau et pouvait être caractérisée comme fonctionnant au niveau 1.

Dabrowski a également décrit un groupe de personnes qui affichent une trajectoire différente : une voie de développement individualisée. Ces personnes s'éloignent d'une vision de la vie automatique, routinière, socialisée (ce que Dabrowski appelle ajustement négatif) et se dirigent dans et à travers une série de désintégrations personnelles. Dabrowski voit ces désintégrations comme un élément-clé dans le processus de développement global. 

Les crises remettent en question notre statu quo et nous amène à réexaminer notre moi, nos idées, nos valeurs, nos pensées, nos idéaux, etc. Si le développement continue la personne arrive à développer une structure hiérarchique de valeurs, individualisée, consciente et évaluée de manière critique (appelée ajustement positif). Cette hiérarchie de valeurs agit comme un repère vis-à-vis duquel toutes choses sont désormais considérées, et les plus hautes valeurs dans notre hiérarchie interne en viennent à diriger notre comportement (qui n'est plus basé sur des moeurs sociales externes). Ces valeurs individuelles les plus hautes caractérisent une éventuelle deuxième intégration qui reflète une autonomie individuelle et qui, pour Dabrowski, marque l'arrivée de la vraie personnalité humaine. 

À ce niveau, chaque personne développe sa vision de « comment la vie doit être » et la vit. Ce niveau élevé est associé à des approches fortement individualisées pour la résolution des problèmes et la créativité. Les talents personnels et la créativité sont mis au service de ses valeurs individuelles de haut niveau et de cette vision de comment la vie et le monde devraient être. La personne exprime avec énergie sa nouvelle personnalité autonome à travers l'action, l'art, les changements sociaux, etc.
 

La théorie du développement de la personnalité - Dabrowski -

Les points principaux soulignés par la théorie du développement de la personnalité sont :
  • La personnalité n'est pas une caractéristique universelle donnée, elle doit être créée et façonnée par l'individu pour refléter son caractère unique;
  • La personnalité se développe en résultat de l'action du potentiel de développement (hyperstimulabilité et facteur d'autonomie). Tout le monde n'a pas un potentiel de développement suffisant pour créer une personnalité unique;
  • Le potentiel de développement est représenté dans la population par une courbe de Gauss;
  • Le potentiel de développement crée des crises caractérisées par des anxiétés fortes et des dépressions (psychonévrose) qui précipitent la désintégration pour que la personnalité se développe, les intégrations initiales basées sur l'instinct et la socialisation doivent se désintégrer. Dabrowski appelle ce processus désintégration positive;
  • Le développement d'une hiérarchie de valeurs individuelles – réactions émotionnelles – est une composante critique dans le développement de sa propre personnalité et de sa propre autonomie. Donc, en opposition avec la plupart des théories psychologiques, les émotions jouent un rôle majeur dans cette approche;
  • Les réactions émotionnelles guident l'individu dans la création de sa personnalité individuelle idéale, un standard autonome qui agit comme le but du développement individuel;
  • L'individu doit examiner son essence et par la suite faire des choix existentiels qui mettent en valeur ses aspects de son essence qui sont « plus haut » et « plus moi-même » et inhiber les aspects qui sont « plus bas » ou « moins moi-même » en se basant sur sa personnalité idéale;
  • Les composants essentiels du développement individuel comprennent l'auto-éducation et l'auto-psychothérapie.


Le libre-arbitre

La notion de libre arbitre, synonyme de liberté, désigne le pouvoir de choisir de façon absolue, c’est-à-dire d’être à l’origine de nos actes. C'est la faculté que nous avons à nous déterminer librement et ainsi à penser, à agir ou à nous abstenir. Un sujet libre est sensé pouvoir choisir de lui-même ce qu’il choisit, sans être poussé à l’avance d’un coté ou d’un autre par quelque influence ou cause que ce soit. Le libre arbitre suppose un certain contrôle de la part de la personne : contrôle sur ses actions mais aussi sur les pensées et les émotions à partir desquelles elle va se décider à agir - contrôle qui suppose aussi la capacité de s’abstenir. Le libre-arbitre s'oppose au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté serait déterminée dans chacun de nos actes par des « forces », en vertu du principe de causalité, du passé, des lois de la physique ou d'une force supérieure (Dieu).

11 décembre 2016

Warriors of the Wasteland

Pause musicale. Frankie Goes To Hollywood - "Warriors of the Wasteland" avec des paroles intéressantes. Comprendra qui peut...


It seems to be that the powers that be
Keep themselves in splendour and security
Armoured cars for megastars
No streets, no bars, yours wealth is ours
They make the masses, kiss their assets
Lower class jackass, pay me tax take out the trash
Working for the world go round
Your job is gold, do as you're told
The pay you less then run for congress

Hyperstimulabilité psychomotrice - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité psychomotrice sous-entend que la personne concernée fait preuve d’un surplus d'énergie par rapport aux autres individus.
Énergie débordante :
Paroles rapides, excitation marquée, activité physique intense (sports et jeux rapides), pression pour l'action
(tendance à organiser), compétitivité marquée.
Expression psychomotrice des tensions émotionnelles :
Tendance compulsive à la parole et à la discussion, actions impulsives, habitudes nerveuses (tics, tendance à se ronger les ongles), tendance à être un bourreau de travail, passage à l'acte.
Chez les surdoués, les caractéristiques correspondantes sont :
-tendance à se coucher tard, à l'insomnie.
-TDA/H, en particulier le H pour hyperactivité / impulsivité.
(trouble de déficit de l'attention/hyperactivité)

Hyperstimulabilité sensorielle - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité sensorielle entraîne une sensibilité intense à la vue, au son, au toucher, au goût et à l'odorat.
Plaisir sensoriel et esthétique plus intense :
Voir, sentir, goûter, toucher, entendre, trouver du plaisir dans de beaux objets, dans la sonorité des mots, dans la musique, les formes, les couleurs, l'équilibre.
Expression sensorielle de la tension émotionnelle :
Boulimie alimentaire, sexualité débridée, achats compulsifs, vouloir être sous les projecteurs.

Hyperstimulabilité imaginative - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité imaginative est la capacité à visualiser, à inventer des choses nouvelles et à créer.  
Jeu libre de l'imagination :
Utilisation fréquente de l'image et de la métaphore, facilité pour l'invention et l'imagination, facilité pour la visualisation détaillée, perception poétique et dramatique, pensée magique et animiste.
Capacité à vivre dans un monde imaginaire :
Prédilection pour les contes magiques et féeriques, création d'univers personnels, compagnons imaginaires, dramatisation.
Images spontanées comme expression de la tension émotionnelle :
Imagerie animiste, mélange de vérité et de fiction, rêves élaborés, illusions.
Chez les surdoués, les caractéristiques correspondantes sont :
-grande imagination, grande créativité.
-goût pour les jeux de mots, les associations libres, les mots peu usités.
-talent pour l'écriture.
-utilisation fréquente de l'analogie ou de la métaphore dans le discours.
-pensée arborescente, qui part dans tous les sens, associations d'idées rapides.
-grande capacité de visualisation, y compris de systèmes complexes.
-dans le monde du travail, créatifs, idées originales, propositions innovantes (parfois confrontées à des réactions hostiles).

Hyperstimulabilité intellectuelle - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité intellectuelle concerne la capacité à être curieux et à réfléchir de manière approfondie.
Activité intense de l'esprit : 
Curiosité, concentration, capacité à un effort intellectuel soutenu, lecture avide, observation attentive, mémoire visuelle détaillée, planification détaillée.
Tendance aux questionnements profonds et à la résolution de problèmes : 
Recherche de la vérité et de la compréhension, création de nouveaux concepts, ténacité dans la résolution de problèmes.
Pensée réflexive : 
Réflexion sur les mécanismes de la pensée, goût pour les théories et l'analyse, questionnements sur la logique, interrogations morales, introspection (mais sans autocritique), intégration du conceptuel et de l'intuitif, pensée indépendante (ce qui amène parfois à être très critique).
Chez les surdoués, les caractéristiques correspondantes sont :
-tendance à beaucoup réfléchir, à penser tout le temps, à tout interpréter.
-tendance à être consommateur ou producteur de théories.
-dans le monde du travail, parfois perçu comme réfléchissant trop, se faisant des noeuds au cerveau, faisant compliqué des choses simples.
-lit beaucoup.
-occupe son cerveau avec des activités inutiles (lire à l'envers, compter les pavés, résolutions d'énigmes, sudoku …).

Hyperstimulabilité émotionnelle - Dabrowski -

L’hyperstimulabilité émotionnelle ou affective se caractérise par le fait de vivre les choses intensément.
Sentiments et émotions intensifiés :
Sentiments positifs, sentiments négatifs, émotions extrêmes, sentiments et émotions complexes, identification avec les ressentis des autres, conscience d'une large gamme d'émotions.
Fortes expressions somatiques :
Estomac noué, serrement de coeur, rougir d'émotion, avoir le coeur battant, mains moites.
Fortes expressions affectives :
Inhibition (timidité, pudeur), enthousiasme, extase, euphorie, fierté, forte mémoire affective, honte, sensation d'irréalité, peurs et anxiétés, sentiments de culpabilité, préoccupation à propos de la mort, humeur dépressive et suicidaire.
Capacité à développer de fortes attaches affectives, relations et liens profonds :
Tendance à développer un attachement et des liens émotionnels forts avec des personnes, des êtres vivants, des lieux, des animaux, difficultés à s'ajuster à de nouveaux environnements, compassion, réactivité aux autres, sensibilité dans les relations, solitude.
Sentiments bien différenciés envers soi-même : Dialogue interne et autocritique.

Les facteurs de développement de la personnalité (1) - Dabrowski -

D'après Dabrowski, les principaux facteurs qui influent sur le développement de la personnalité sont :

--) Les facteurs héréditaires sont constitués par les hyperstimulabilités (ou surexcitabilités), qui sont innées et correspondent à des réactions fortes à des stimulis externes ou internes. Le fait que la réponse aux stimuli soit plus intense, plus fréquente et dure plus longtemps est un prédicteur d'un potentiel de développement supérieur. Les hyperstimulabilités peuvent prendre cinq formes:
  • Hyperstimulabilité émotionnelle.
  • Hyperstimulabilité intellectuelle.
  • Hyperstimulabilité imaginative.
  • Hyperstimulabilité sensorielle.
  • Hyperstimulabilité psychomotrice.
--) Les facteurs environnementaux (parents, relations, voisinage, pays, scolarité, position sociale, etc);

--) Les facteurs liés à la volonté de l'individu (forces et processus autonomes tels que la conscience de soi, les conflits intérieurs conscients, le libre-arbitre et l'auto-transformation volontaire).

Kazimierz Dabrowski et la désintégration positive - Dabrowski -

Kazimierz Dabrowski (1er septembre 1902 à Klarowo - 26 novembre 1980 à Varsovie, en Pologne) était un psychologue, psychiatre, médecin, écrivain et poète. Il fut professeur au département de psychologie de l'université Laval et au département de psychologie de l'université de l'Alberta ainsi que membre de la société royale de médecine. Kazimierz Dabrowski a développé le concept de la désintégration positive, une approche nouvelle du développement de la personnalité. La théorie de la désintégration positive apparaît être très utilisée par les individus à haut potentiel (surdoués) pour comprendre leur développement intellectuel/mental.

À propos de la théorie et de sa compréhension. Certaines personnes vont être dépassées et même perdus en découvrant en quoi consiste la désintégration positive. C’est normal. Elles ne sont pas encore en position de comprendre pour différentes raisons. Elles n’ont pas encore vécu certaines cassures, drames (décès), évènements (divorce) dans leur vie qui sont à l’origine d’une dépression qui entraine une désintégration par la suite. Il faut avoir une grande conscience de sa vie intérieure, ce qu’Howard Gardner appelle l’intelligence intra-personnelle, l'intelligence de l'introspection, de la connaissance de soi. La désintégration est inconsciente au début, c'est à  la fin et surtout quand elle est finie ou qu’on approche de la fin que l'on comprend ce qui s'est passe. C’est mon expérience tout au moins. J’ai fait le plus gros. Apres un divorce, j’ai eu un gros passage à vide, et petit à petit j’ai découvert ma douance. J’ai beaucoup lu et j’ai finalement consulté une spécialiste qui m’a parlé de la désintégration. Depuis je continue à travailler sur moi, mais je suis, jour après jour, de plus en plus, près de ma vraie personnalité.  Un point important à retenir. La désintégration, c’est une évolution, une transformation de soi vers sa vraie personnalité. Pour cela, il faut passer à travers une période de trouble, une dépression. Le problème qui se pose chez beaucoup de  personnes dans cette situation c’est qu’elle essaie d’échapper à leur situation en prenant des antidépresseurs pour faire passer cette période dépressive, et retourner ainsi à leur situation initiale (ex: même travail, mêmes relations toxiques). Généralement on prend des médicaments, d’autres vont s’orienter (ou être orientés) vers l’alcool ou les drogues. Ils vont perdent ainsi contact avec leur personnalité, avec ce qu’ils sont vraiment. Rien n’est définitif bien sûr, mais il faut savoir que les substances compromettent la désintégration. Les croyances, les religions aussi car elles éloignent de soi. Bien sûr, on peut se réaliser par la croyance divine, mais c’est toujours sous les règles d’une divinité extérieures à notre moi profond.  Je reviendrai là-dessus plus tard.

Une petite précision : la théorie de la désintégration positive est la proposition originale d’un patricien, Kazimierz Dabrowski, sur des comportements qu’il a longuement observés. C’est son interprétation des choses. Personnellement je trouve qu’il a vu juste. Cette théorie doit être considérée comme un outil heuristique, un outil de découverte, pour se comprendre et trouver des solutions à ces blocages. Ce n’est pas un dogme. Petit rappel: la théorie de la désintégration positive est très utilisée par les individus à haut potentiel (surdoués) pour comprendre leur développement intellectuel.

La distraction

La distraction est un état durant laquelle une personne montre de l'inattention et/ou a un comportement étourdi/maladroit. La distraction est un état mental durant lequel le sujet subit un faible niveau d'attention et de fréquentes distractions. C'est un symptome de l'ennui et de la fatigue. Cela peut venir de trois différentes causes:
  • Un niveau faible d'attention (passage à vide, trou de mémoire, regard dans le vide). En Anglais, les termes "blanking" ou "zoning out" sont utilisés.
  • Un attention intense (hyperfocus en anglais) à un objet précis ou une tâche définie qui rend la personne inconsciente de son environnement immédiat.
  • Une distraction injustifiée de l'attention sur un objet défini du fait de pensées hors de propos et d'événements extérieurs.

"La Vie rêvée de Walter Mitty" (2013) est un film dans lequel Walter Mitty (Ben Stiller) est employé au service négatifs du magazine Life. Timide, il s'imagine être le héros d'aventures imaginaires pour s’évader de sa réalité stressante... Le héros "déconnecte" pas mal (zone out) et part dans ses rêves.

Bande annonce en Francais : https://www.youtube.com/watch?v=8OaPm-T7CWs
En Anglais (pour entendre l'acteur dire "zone out"): http://www.imdb.com/video/imdb/vi3628050457

Dans les transports...

Pourquoi est-on si imaginatif en regardant par la fenêtre d'un train. Nous sommes nombreux à laisser notre esprit divaguer, c'est normal et ça peut même être bénéfique. Dans le train, dans le bus, la place près de la fenêtre est la plus convoitée. Là, peu importe le bruit ambiant, les allers et venues, les arrêts, le spectacle de la fenêtre est captivant et celui qui se joue dans notre tête, plus encore. Mais que se passe-t-il dans notre cerveau à ce moment-là? Sommes-nous plus créatifs? Plus imaginatifs? Grâce aux neurosciences, plusieurs hypothèses sont possibles.

Notre cerveau est bercé par le train.
Dans le train, regarder par la fenêtre est souvent la seule chose que nous avons à faire. Notre attention est focalisée sur le paysage. Cependant, impossible de le fixer, il défile. C'est pourquoi on va plutôt se concentrer sur soi. Cela ressemble à un état proche de l'endormissement, renforcé par le balancement très lent du train. Notre cerveau oscille sur différentes fréquences suivant les moments d'éveil et de sommeil. Pour communiquer entre elles, les neurones doivent osciller sur une même fréquence, on appelle cela les ondes neuronales. Une étude scientifique a montré que le bercement qui nous endort pouvait aussi permettre que les ondes neuronales se synchronisent. Comme lorsque nous nous endormons, notre imagination est plus féconde.

Notre cerveau entre en méditation.
Cet état est à rapprocher à de la méditation de pleine conscience dont les effets bénéfiques sur le cerveau sont reconnus. Le système sensoriel visuel qui est sollicité dans le train pourrait permettre de centrer l'attention et d'initier la "plasticité" nécessaire à la créativité. Centrer son attention sur la vitre du train, permet à l'esprit de se détacher et de sortir d'un contexte stressant.

Notre cerveau se promène librement.
Le "mind wandering", littéralement "l'errance/la divagation de l'esprit" est un état de rêverie sans but. Lorsque nous devons accomplir une tâche prenante mais ennuyeuse par exemple, il arrive un moment où nos pensées se détournent de la tâche et où notre esprit divague. Les rêveries dans le train pourraient être de cet ordre. Lorsqu'un esprit divague de la sorte, sans conséquence néfaste sur sa productivité, cette errance est à la fois volontaire, plutôt bénéfique et permet même à la personne en question de se concentrer ensuite sur des tâches plus complexes. Confortablement installé dans le train, l'esprit peut divaguer sans entrave. Ce "Sahara psychologique", ce désert cognitif est un voyage dans le temps et l'espace. Le temps s'arrête. Le flot de la conscience ralentit. Nous voulons être partout sauf ici. C'est un état différent de l'endormissement. Notre esprit part dans tous les sens, il ne s'agit pas de se concentrer sur un sujet en particulier ou de résoudre un problème.

Profitons de ces moments
Il ne faut pas chercher à se priver des moments où son esprit est libre, créatif et imaginatif. Inutile de vouloir gagner du temps à tout prix en se forçant à travailler dans les transports du quotidien.


3 décembre 2016

Quand votre démon est à l'œuvre...

"Quand votre démon est à l'œuvre, ne pensez pas consciemment. Laissez-vous porter, attendez et obéissez".

Rudyard Kipling
Écrivain britannique, prix Nobel de littérature (1907)
Auteur du "Livre de la jungle"
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudyard_Kipling

Créativité et productivité

Rappel: billet sur "La pleine conscience et la créativité". Le processus créatif des grands inventeurs/auteurs  (Thomas Edison, William Shakespeare) se compose de deux facteurs importants: les créatifs s'immergent dans de nombreuses idées et projets en même temps et ils sont très productifs. L'œuvre de Picasso comprend quelques 60 000 pièces d'art. C'est en créant encore et encore qu'un jour on crée notre chef d'œuvre.

En fait, je pense que le salut d'un surdoué/créatif c'est de faire ce qu'il aime. S'il aime écrire, il doit écrire tous les jours. Son bien-être ne viendra que de la reconnaissance de son travail par les autres. Et non pas du fait qu'il est là, à chercher sa place dans ce monde avec son QI "sous le bras". Je m'explique. Si vous êtes créatif, il faut créer. Il faut produire, faire et refaire. Il y aura beaucoup de déchets, mais soudain quelque chose va sortir du lot. Ce sera votre "œuvre", votre "pièce maîtresse". Picasso avec ses 60 000 créations, c'est le sommet de la pyramide. Mais, combien de personnes dans la foule ont du talent et ne le font pas connaître. Par ignorance de ce dit-talent. Par timidité ou perfectionnisme. Par manque d'estime personnel. Pour sortit du lot, il faut se lancer dans la bataille. Pousser les portes de son imagination et réaliser ses rêves. Il faut aussi être productif. Pour développer son talent et éviter de l'inhiber.

Un surdoué est souvent considéré comme une personne étrange par son entourage. Je ne détaille pas ici, mais il y aurait beaucoup à dire. Je reprends ici le texte de présentation de ce blog : "Le monde du surdoué est fait d'imagination, de rêves, de découvertes, d'émerveillement et de créativité. Il veut savourer la vie et enchanter le monde. Le plus dur dans son existence sera de savoir délier son âme et de comprendre enfin qu'il  peut aussi contribuer à rendre le monde meilleur."

Le surdoué est souvent mal dans sa vie. En comprenant comment il fonctionne intellectuellement et en maitrisant son énergie, il va pouvoir donner le meilleur de lui-même. Alors, il sera reconnu pour son talent particulier. Là, où avant son entourage (familial, social, pro) critiquait son approche des choses ou/et son comportement, il va recevoir des compliments car il aura été au bout de ses idées. Les gens ne verront plus les détails, mais les résultats/fruits de sa pensée. Attention, je ne dis pas ici que tous les surdoués sont des artistes ou des génies (le contraire est souvent vrai par contre), mais qu'ils ont tous le potentiel pour réaliser de belles choses. Donc, l'idée à retenir: Créer en grande quantité, soyez productif !

Créez, écrivez, sculptez, entreprenez, faites quelque chose, car les gens vous aimeront pour  ce que vous produirez et non pour ce que vous êtes. Car, dans la vie de tous les jours, le surdoué n'est pas (toujours) compris et/ou difficile à suivre pour le commun des mortels.


De la créativité

La neuroscience nous propose une image très complexe de la créativité. Tels que les scientifiques le comprennent aujourd’hui, la créativité est bien plus complexe que la distinction entre les parties droite et gauche du cerveau nous aurait laissé penser (en théorie, le cerveau gauche serait rationnel et analytique tandis que le cerveau droit serait créatif et émotionnel). En fait, on pense que la créativité implique un certain nombre de processus cognitifs, de voies neuronales et d’émotions, et nous ne nous représentons pas encore totalement comment l’imagination fonctionne. Psychologiquement parlant, les types de personnalités créatives sont difficiles à repérer, car elles sont en général complexes, paradoxales et qu’elles ont tendance à éviter l’habitude ou la routine. La créativité implique qu’une multitude de traits, de comportements et d’influences sociales soient rassemblées en une seule et unique personne.

"C’est vraiment difficile pour les personnes créatives de se connaître, car le moi créatif est plus complexe que le moi non-créatif", selon Scott Barry Kaufman, un psychologue de l’Université de New York qui a passé des années à faire des recherches sur la créativité. "Les choses qui ressortent le plus sont les paradoxes du moi créatif…Les personnes imaginatives ont des esprits plus désordonnés." S’il n’existe pas de profil créatif "typique ", on trouve cependant des caractéristiques et des comportements révélateurs chez les personnes extrêmement créatives:

Ils rêvassent.
Rêvasser n’est pas une perte de temps. Laisser son esprit vagabonder peut faciliter le processus de "l’incubation créative". Nos meilleures idées ont souvent l’air de sortir de nulle part, quand nous avons l’esprit ailleurs. Bien que rêvasser semble être un acte irréfléchi, cela pourrait en fait nécessiter une grande activité du cerveau. Rêvasser peut entraîner des connexions et des idées soudaines parce que cette activité est liée à notre capacité à retenir une information en période de distraction. Les neuroscientifiques ont aussi découvert que rêvasser implique les mêmes processus cognitifs que ceux associés à l’imagination et la créativité.

Ils observent tout ce qui est autour d’eux.
Le monde appartient aux personnes créatives. Elles voient des possibilités partout et recueillent constamment des informations qui deviennent un prétexte à l’expression créative.

Ils travaillent aux heures qui les arrangent.
Beaucoup de grands artistes affirment qu’ils travaillent mieux soit très tôt le matin soit tard le soir. Quel que soit le moment de la journée, les individus très créatifs finissent souvent par trouver à quelle heure leur esprit se met en route, et organisent leurs journées en fonction de cela.

Ils prennent le temps d’être seuls.
Les artistes et les personnes créatives sont souvent caractérisées comme des personnes solitaires, et bien que ce ne soit pas forcément le cas, la solitude peut être le secret qui leur permet de produire leurs plus belles œuvres. Ceci est en lien avec le fait de rêvasser. Nous avons besoin de moments de solitude, simplement pour permettre à nos esprits de vagabonder.

Ils contournent les obstacles de la vie.
Une grande partie des histoires et des chansons les plus emblématiques ont été inspirées par des douleurs poignantes et des chagrins déchirants. Le seul réconfort que l’on peut trouver dans ces épreuves, c’est qu’elles ont sans doute été à l’origine de créations artistiques majeures. Beaucoup de gens sont capables d’utiliser cela comme un moteur qui leur permet d’imaginer des perspectives différentes de la réalité. Leur vision du monde comme étant un lieu sûr a été brisée à un moment de leur vie, les forçant à aller aux extrémités et voir les choses sous un nouveau jour. Et cela favorise la créativité."

Ils sont à la recherche de nouvelles expériences.
Les personnes créatives adorent s’exposer à de nouvelles expériences ou sensations et à de nouveaux états d’esprit. Cette ouverture est un indicateur important de la production créatrice. Cela comprend beaucoup de facettes différentes, mais elles sont toutes reliées entre elles : la curiosité intellectuelle, la recherche du frisson, l’ouverture aux émotions, l’ouverture au fantasme. Ce qui les rassemble, c’est la quête d’une exploration cognitive et comportementale du monde, aussi bien leur monde intérieur et que leur monde extérieur."

Ils "échouent".
La persévérance est presque une condition préalable au succès créatif. Faire un travail créatif est souvent décrit comme un processus qui consiste à échouer à maintes reprises jusqu’à ce que vous trouviez quelque chose qui convienne, et les personnes créatives apprennent à ne pas considérer l’échec comme quelque chose de personnel.

Ils posent les bonnes questions.
Les personnes créatives ont une curiosité insatiable. Ils choisissent généralement de vivre la vie examinée, et même quand ils vieillissent, ils maintiennent une curiosité au sujet de la vie. Que ce soit au cours d’une conversation passionnée ou d’un moment de rêvasserie solitaire, les personnes créatives regardent le monde qui les entoure et veulent savoir pourquoi, et comment, les choses sont ainsi.

Ils observent les gens.
Observateurs de nature et curieux d’en savoir plus sur la vie des autres, les personnes créatives aiment souvent observer les gens et leurs meilleurs idées peuvent provenir de cette activité.

Ils prennent des risques.
Prendre des risques fait partie du travail créatif, et beaucoup de personnes créatives adorent prendre des risques dans de différents aspects de leurs vies. La créativité est l’action de produire quelque chose à partir de rien. Cela nécessite de rendre public ces paris que l’on a d’abord fait dans sa tête.

Pour eux, tout devient une occasion de s’exprimer.
Nietzsche estimait que la vie et le monde devraient être vus comme des œuvres d’arts. Les personnes créatives ont peut-être plus tendance à voir le monde de cette façon, et à chercher constamment des occasions de s’exprimer dans la vie de tous les jours.

Ils réalisent leurs vraies passions.
Les personnes créatives ont tendance à être intrinsèquement motivées, c’est-à-dire que leur motivation à agir vient d’un désir interne, plutôt que d’un désir de reconnaissance extérieure ou de récompense. Les personnes créatives trouvent leur énergie dans les activités difficiles, signe de leur motivation intrinsèque.

Ils sortent de leur propre tête.
L’autre objectif de la rêvasserie est de nous aider à sortir de nos propres perspectives limitées et d’explorer d’autres façons de penser, qui peuvent être un atout important pour le travail créatif. Le réseau cérébral associé à la rêvasserie est le même réseau cérébral qui est associé à la théorie de l’esprit et cela permet d’imaginer son futur, mais cela permet aussi d’imaginer ce qu’un autre est en train de penser. La recherche suggère aussi que provoquer la "distance psychologique", c’est-à-dire, réfléchir à une question comme si elle était irréelle ou inconnue, ou alors sous la perspective d’une autre personne peut stimuler la pensée créative.

Ils perdent la notion du temps.
Les personnes créatives se rendent compte que lorsqu’elles écrivent, dansent, peignent ou s’expriment d’une autre manière, elles entrent "dans la zone", c’est-à-dire "en transe", ce qui peut les aider à créer à un grand niveau. La transe est un état mental qui se produit quand un individu dépasse la pensée consciente pour atteindre un état plus intense de concentration facile et de sérénité. Quand une personne est dans cet état, elle ne craint quasiment aucune pression interne ou externe ni les distractions qui pourraient gêner sa performance. Vous entrez en transe quand vous pratiquez une activité dans laquelle vous êtes bon mais qui vous met aussi au défi. L’état de transe nécessite une concordance entre votre compétence et la tâche ou l’activité dans laquelle vous vous êtes lancé.

Ils s’entourent de beauté.
Les personnes créatives ont tendance à avoir d’excellents goûts: ils aiment donc être entourés de beauté.

Ils relient les points.
Si une chose distingue les personnes très créatives des autres, c’est bien la capacité d’entrevoir des possibilités là où les autres n’en voient pas. Beaucoup de grands artistes et d’écrivains ont déclaré que la créativité est simplement la capacité à relier des points que les autres n’auraient jamais pensé à relier. Selon Steve Jobs: "La créativité, c’est simplement établir des connexions entre les choses. Quand vous demandez aux personnes créatives comment elles ont réalisé telle ou telle chose, elles se sentent un peu coupables parce qu’elles ne l’ont pas vraiment réalisé, elles ont juste vu quelque chose. Cela leur a sauté aux yeux, tout simplement parce qu’elles sont capables de faire le lien entre les différentes expériences qu’elles ont eu et de synthétiser les nouvelles choses.

Elles font bouger les choses.
La diversité des expériences, plus que n’importe quoi d’autre, est essentiel à la créativité. Les personnes créatives aiment faire bouger les choses, vivre de nouvelles choses, et surtout éviter tout ce qui rend la vie plus monotone ou ordinaire.

Ils consacrent du temps à la méditation.
Les personnes créatives saisissent la valeur d’un esprit clair et concentré parce que leur travail en dépend. La méditation peut réellement stimuler votre force intellectuelle de différentes manières. Les pratiques de méditation ont aussi un impact sur la mémoire, la concentration et le bien-être émotionnel. Elles permettent aussi de réduire le stress et l’anxiété, et d’améliorer la clarté d’esprit et ainsi conduire à de meilleures pensées créatives. 

1 décembre 2016

Learning to fly

Pause musicale. Pink Floyd "Learning to fly". Un rêve devenu réalité.


Into the distance, a ribbon of black
Stretched to the point of no turning back
A flight of fancy on a windswept field
Standing alone my senses reeled
A fatal attraction is holding me fast,
How can I escape this irresistible grasp?

Can't keep my eyes from the circling sky
Tongue-tied and twisted, just an earth-bound misfit, I

Ice is forming on the tips of my wings
Unheeded warnings, I thought, I thought of everything
No navigator to find my way home
Unladen, empty and turned to stone
A soul in tension that's learning to fly
Condition grounded but determined to try

Can't keep my eyes from the circling skies
Tongue-tied and twisted just an earth-bound misfit, I


28 novembre 2016

À venir

Nous avons vu la théorie des intelligences multiples de Howard Gardner. Et également, l'intelligence émotionnelle selon Daniel Goleman. Je vais aborder bientôt une autre théorie, plus complexe, sans aucune comparaison: La théorie de la désintégration positive de Kazimierz Dąbrowski. La première fois que j'ai entendu parlé de cet homme, j'étais chez une psychothérapeute, surdouée elle-même, et spécialisée dans la douance. À la fin de la séance, j'ai noté, sans grande conviction, "dabroski" sur un petit papier. Je dois avouer que cela m'a sauvé la vie. Une révélation quand je me suis finalement décidé à lire ses travaux trois mois après cette visite. J'étais dans une impasse existentielle. Je n'étais pas suicidaire du tout, mais je tournais en rond et je cherchais un chemin...vers moi-même. Plus de faux-semblant. Je voulais faire tomber le masque et affirmer ma vraie personnalité. 

Dans un billet précédent, je cite Yves Saint Laurent disant "j'ai compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même." C'est tellement vrai. Si vous vivez en France, peu de spécialistes voire aucuns ne vont vous parler de Dabrowski. Je ne sais pas pourquoi. Sa théorie est pourtant révolutionnaire. Peut-être un peu de paresse intellectuelle, et beaucoup de conservatisme. Les spys préfèrent utiliser pour tout le monde la vieille rhétorique "Freud-Lacan-la faute à maman-Oedipe-castration-anti-dépresseurs-blabla" (répéter). Enfin, je ne sais pas trop ce qu'ils disent, mais ils ne parlent pas de Dabrowski. Et quand j'entends des personnes dire qu'elles vont chez le spy depuis 20 ans. Il faut se poser des questions. Il y a quand même un problème quelque part.

Donc, tranquillement et sûrement, je vais vous parler de cette théorie. Je vais continuer à parler de sujets plus légers pour aérer l'ensemble, mais mon blog a pour raison d'être de la faire connaitre. Attention, c'est du lourd (et du sérieux). Il faut s'accrocher. Mais pas de souci, je vais avancer doucement. Petit précision, Kazimierz Dąbrowski (1902-1980) avait une expérience clinicienne de plus de quarante ans avec la dépression existentielle et la douance. Ce n'était pas un charlatan, ni un marabout. Enfin, on va voir ça bientôt.

Pour faciliter la navigation dans le blog, je rajouterai le nom Dabrowski dans le titre. Cela permettra de faciliter la lecture.

L’intelligence émotionnelle

Daniel Goleman, psychologue et journaliste scientifique américain, a écrit un livre de référence sur l’intelligence émotionnelle en 1995. Il y développe quatre concepts principaux.
  • La conscience de soi est la capacité à comprendre nos émotions, à reconnaître leur influence et à les utiliser pour guider nos décisions;
  • La maîtrise de soi consiste à maîtriser nos émotions et nos impulsions et à s’adapter à l’évolution de la situation;
  • La conscience sociale englobe la capacité à détecter et à comprendre les émotions d’autrui et à y réagir;
  • La gestion des relations correspond à la capacité à inspirer et à influencer les autres tout en favorisant leur développement et à gérer les conflits.
Goleman inclut un ensemble de compétences émotionnelles correspondant à chacun de ces concepts. Les compétences émotionnelles ne sont pas des talents innés, mais plutôt des capacités apprises qu’il faut développer et perfectionner afin de parvenir à un rendement optimum. Pour lui, "caractère" est le mot qui définit le mieux l'ensemble des compétences liées à l'intelligence émotionnelle. Selon Goleman, l'intelligence émotionnelle favorise la réussite professionnelle et privée et "permet aux jeunes d’être moins « rustres », moins agressifs et plus populaires". Il affirme même qu’elle leur permet de prendre de meilleures décisions en ce qui concerne « les drogues, le tabac et le sexe ». Ainsi, l'intelligence émotionnelle confére donc, selon Goleman, un avantage dans tous les domaines de la vie aussi bien dans les relations affectives et intimes que dans l'appréhension des règles implicites qui régissent la réussite dans les politiques organisationnelles.

Pour ma part, j'associe cette intelligence émotionnelle à une intelligence sociale, des rapports sociaux, aux fameux "streets smarts" que j'ai déjà expliqués. Ces règles de vie qui permettent de laisser le moins de plumes possibles dans nos intéractions avec la société et d'avancer dans la vie.