31 juillet 2017

Les fonds d'atelier

Découvrir le processus créatif d'un artiste est si enrichissant. On rentre dans son imaginaire et sa structure mental. Chaque personne ordonne les mots, ses idées d'une façon qui la rend unique et précieuse. Cela peut étonner, surprendre et dérouter mais pour le créatif, ces travaux préparatoires sont évidents et coulent de source. Ce sont les fonds d'atelier. Ceux de Picasso sont merveilleux. Ceux d'Yves Saint Laurent aussi. Voila ceux de Jacques Prévert.

À ses heures, Jacques Prévert était aussi un auteur de bandes dessinées. Avant de s’attaquer à la mise en forme d’un scénario, il composait une planche préparatoire à partir d’une grande feuille de papier. Un brouillon qu’il découpait en rubans horizontaux et déployait pour faire vivre ses personnages avant de se plier aux contraintes plus formelles de l’écriture pour le cinéma. Sur cette grande page, il laissait courir son imagination et jetait pêle-mêle définitions, dessins, graffitis, ébauches de croquis, amorces de dialogues. Un singulier document à tiroirs, plein de trouvailles et de facéties. Pour définir cette approche, l’historien du cinéma Bernard Chardère avance le joli terme de « synopsis enluminé ».

Pour en savoir plus : https://www.fykmag.com/montricher-jacques-prevert-images-a-la-fondation-jan-michalski

28 juillet 2017

Se découvrir

La découverte de soi et le développement personnel sont les plus belles aventures d'une existence. C'est un travail/un voyage intérieur qui nous fait sortir d'une zone de confort et nous entraîne dans de nouveaux territoires. Notre langage change, les mots sont plus précis et profonds, moins superficiels. Ils créent des malentendus/des malaises/des ruptures avec nos interlocuteurs. Notre visage change, nos expressions suivent nos tourments/nos révélations intérieures.

On suit sa destinée. Personnellement, j'ai l'impression de m'être arraché à moi-même. À une vie tracée d'avance. On sort du rail, on déraille, pour suivre notre chemin de vie. Au départ, on en est arrivé là, par accident (de la vie) - divorce, décès. Puis, on comprend petit à petit qu'il existe une autre voie, plus authentique, plus vraie, qui sonne plus juste avec notre moi intérieur, à l'unisson avec nous. 

Bien sûr, le développement personnel est une activité exigeante, il demande de l'attention et de la continuité, de l'endurance pour aller dans la bonne direction. Les forces en présence nous poussent vers la situation antérieure. Plus sûre et confortable, mais si dommageante pour notre psyché/notre bien-être. Il faut s'accrocher et continuer son développement. S'adapter, c'est accrocher nos rêves à une ancre. Alors, en avant !

Un homme, un projet

La Réserve animalière des monts d’Azur, c’est bien plus qu’un parc zoologique classique. Première Réserve d’animaux de ce type créée en Europe, elle propose autant de faire découvrir au public une faune diversifiée et sauvage que de permettre à cette diversité de s’exprimer dans 700 hectares de nature préservée. Bisons, chevaux de Przewalski, cerfs et autres ongulés mais également carnivores et oiseaux divers (comme les aigles et les vautours) se partagent le territoire sauvage que forme cette réserve d’animaux en France.

C'est le projet d'une vie, celui de Patrice Longour. Après dix ans d’un combat épuisant contre la bureaucratie, contre les sceptiques, après la vente de sa clientèle puis de sa villa, Patrice Longour, infatigable vétérinaire, a convaincu sa jeune femme de le suivre. Il a rameuté ses amis, il a séduit des investisseurs, il a bousculé l’administration, il a même intéressé un ministre de l’Ecologie. Son idée de réserve, il est allé la pêcher en Afrique, au Botswana exactement, où durant de longues années il a milité pour la protection du delta de l’Okavango.

La Réserve : https://www.youtube.com/watch?v=1tgWru0JRmQ

La statue intérieure

François Jacob (1920-2013) fut Prix Nobel de médecine en 1965 pour ses travaux sur le contrôle génétique des synthèses enzymatiques et virales, il avait combattu avec les Forces françaises libres pendant la seconde guerre mondiale. Auteur de nombreux livres, il fut l'un des rares scientifiques admis à l'Académie française. "Enfant, j'ai parfois rêvé d'être un autre", racontait-il dans "La statue intérieure", un ouvrage autobiographique.

"Je porte ainsi en moi, sculptée depuis l'enfance, une sorte de statue intérieure qui donne une continuité à ma vie, qui est la part la plus intime, le noyau le plus dur de mon caractère: Cette statue, je l'ai modelée toute ma vie. Je lui ai sans cesse apporté des retouches. Je l'ai affinée. Je l'ai polie. La gouge et le ciseau, ici, ce sont des rencontres et des combinaisons. Des rythmes qui se bousculent. Des feuillets égarés d'un chapitre qui se glissent dans un autre au calendrier des émotions. Des terreurs évoquées par ce qui est toute douceur. Un besoin d'infini surgi dans les éclats d'une musique. Tous les émois et les contraintes, les marques laissées par les uns et les autres, par la vie et le rêve."

"Faute d'être médecin, il me fallait un autre destin. Je ne savais que faire. Je voulais tout faire. Pas la moindre vocation. Une totale vacance d'esprit et de goût. Prêt à tout et à rien. Capable de tout et de rien". Jeune, il annonce ses intentions: "Si Dieu n'existait pas, il fallait s'en passer. Le ciel vidé, il y avait une terre à remplir et c'était à moi de la remplir. Un monde à construire et c'était à moi de le construire". Dans la statue intérieure, il laisse surtout ce message à ceux qui forment la longue chaîne de chercheurs: "C'est à nous de plaquer les accords, d'écrire la partition, de faire jaillir la symphonie, de donner aux sons une forme que, sans nous, ils n'ont pas".

20 juillet 2017

Rainforest Mind

"Qu'est-ce qu'un esprit Rainforest ? Imaginez que les personnes soient des écosystèmes, vous pouvez imaginer certaines comme des prairies, d’autres comme des déserts, ou comme des montagnes ou d’autres encore comme des forêts humides (rainforest). Bien que tous les écosystèmes soient beaux et contribuent ensemble à l’équilibre de notre environnement, les forêts humides sont particulièrement complexes : multicouches, sensibles, colorées, intenses, fragiles, envahissantes et mystérieuses. On peut dire qu’une forêt humide cache plus de complexité et de secrets qu’une prairie ou un champs de ble. La forêt humide n’est pas un meilleur écosystème, elle est simplement plus compliquée. Elle apporte également une contribution essentielle à la planète quand elle peut être elle-même, et non dévastée pour ses richesses (bois). Le terme «Rainforest Mind» comprend plus que simplement la pensée, la connaissance ou le cerveau. Il comprend le cœur, l'âme, le corps et l'esprit. La douance ne concerne pas uniquement une acuité mentale ou une capacité cognitive. Ce n'est pas seulement à propos de réalisation. Dans ma pratique et dans la littérature sur les surdoués, la douance est définie comme un ensemble de caractéristiques, comprenant la sensibilité, l'empathie et le perfectionnisme. Cela peut inclure, ou non, des diplômes, des réalisations ou la célébrité. De grandes réalisations peuvent se produire, mais pas nécessairement." Your Rainforest Mind: A Guide to the Well-Being of Gifted Adults and Youth - Paula Prober

Le terme "Rainforest Mind" est pertinent. Comme l'est celui de "zèbre". On compare la douance/un surdoué à un écosystème ou à un animal. Cela permet d'avoir une idée de la complexité ou de l'originalité du surdoué. Il identifie aussi un terme à son inventeur (Rainforest Mind avec Paula Prober, Zèbre avec Jeanne Siaud-Facchin). J'ai déjà développé les limites du terme "zèbre" (Vous avez dit zèbres ?). À propos de Rainforest Mind, je dirais que si je devais me comparer à un écosystème ou à un endroit géographique, je me comparerais à une île du Pacifique. Je pense à la grande île d'Hawaii ("Big Island"). Elle possède la plupart des climats de la terre, sous forme de microclimats. On y trouve un versant ensoleillé toute l'année, une partie pluvieuse, des volcans en activité, un désert, la neige, le vent...etc. Pour moi, la douance c'est ça dans une seule personne. Tout est là, un mélange de complexité, de ressources et de simplicité aussi. Prêts à être découverts et révélés aux autres.

18 juillet 2017

La pariedolie

Une paréidolie (du grec ancien para-, « à côté de », et eidôlon, diminutif d’eidos, « apparence, forme ») est une sorte d’illusion d’optique qui consiste à associer un stimulus visuel informe et ambigu à un élément clair et identifiable, souvent une forme humaine ou animale. C'est cette étonnante capacité du cerveau humain à « donner du sens » là où il n'y en a pas réellement, et dont les mécanismes cognitifs sont encore mal connus.

Plus généralement, la pariedolie permet de saisir que toute perception est construction : c’est le sujet qui donne du sens à des stimulis perceptifs. Les exemples dans la vie courante sont légions : formes familières dans les nuages et dans diverses taches et objets. Il arrive ainsi que des personnes observent dans leur environnement des formes qui leur paraissent signifiantes. Ce phénomène est fréquent dans les photographies.

Le phénomène de paréidolie s’avère parfois très troublant pour certaines personnes, qui peuvent par exemple le considérer comme le signe d’un défunt. Quelle que soit au final l’explication de ce phénomène, il est donc souvent important de tenter d’en saisir le sens pour la personne, au-delà de son caractère étrange.

Bref, cette faculté découle possiblement d'un avantage évolutif ayant mené à une hypersensibilité à détecter une présence, qui favorise la survie mais pas nécessairement la précision. Ainsi, par exemple, les erreurs se font presque toutes dans la même « direction » : des faux positifs (reconnaître une présence qui n'est pas là) plutôt que des faux-négatifs (ne pas reconnaître une présence).

À la différence des autres illusions d'optiques, qui découlent des lois universelles de la perception humaine, chacun peut, dans le cas des paréidolies, voir une chose différente. L'humain a tendance à deviner notamment des visages dès qu'un objet y ressemble. Les attentes, les prédispositions, la culture de chacun a un impact sur ces « projections ». Ainsi, par exemple, le test de Rorschach est basé sur cette fonction cognitive. Les paréidolies relèvent donc de phénomènes cognitifs complexes.

Leonard de Vinci a également écrit sur la paréidolie, comme un outil artistique et poétique : "Si vous regardez tous les murs tachetés de diverses taches ou avec un mélange de différents types de pierres , si vous êtes sur le point d’inventer une scène que vous serez en mesure de voir une ressemblance avec divers paysages différents ornés de montagnes, rivières, rochers , arbres , plaines, vallées larges et divers groupes de collines", écrit-il dans ses notes.

17 juillet 2017

La magie du chat

Je n'ai pas de chat actuellement. Cependant, j'en ai eu. Je me souviens qu'il m'ont appris une chose fascinante. Ils m'ont appris ce qu'est une aura, cette atmosphère qui entoure certains êtres, comme un charisme qui se dégage d'une présence et envahit une pièce.

J'en ai parlé à mon entourage, et tout le monde m'a confirmé avoir vécu cette sensation fascinante. Je contextualise. Je suis assoupi dans mon lit, en fin de soirée, au milieu de la nuit ou au petit matin, et je sens la présence d'une entité. Je ne la vois pas, mais elle est là et me regarde sûrement. Avec l'habitude, je sait que c'est mon chat et qu'il va, à un moment donné, sauter sur le lit pour se coucher. Mais, cette présence est fascinante. On ne la voit pas, on ne la sent pas, mais elle se manifeste par une énergie qui envahit la chambre.

Je suis quelqu'un de rationnel et ne partage ici qu'une observation personnelle, mais pour ceux qui croient en la magie et en l'ésotérisme. L'article qui suit pourrait vous intéresser : http://www.espritsciencemetaphysiques.com/chats-vous-protegent-fantomes-esprits.html

Le masque que nous portons

Le vrai soi désigne l'image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond effectivement à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction adaptée. Le faux soi désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé. Les rapports entre vrai soi et faux soi évoluent tout au long de la vie, en termes d'adaptation à l'environnement ou avec l'aide du travail thérapeutique.  On distingue cinq degrés d'organisation du faux self :

-À l'extrême, c'est le faux-soi que l'on prend pour la personne, le vrai soi inapparent restant dissimulé. Cependant, il manque au faux soi « ...quelque chose d'essentiel. ». Socialement la personne est ressentie comme fausse. Le faux soi a entièrement recouvert la personnalité, laissant en toute situation une impression de fausseté dans la relation. Le vrai soi est totalement dissimulé aux autres. L'individu souffre de la situation qu'il subit en société: la tension entre vrai et faux soi crée un handicap dans sa vie sociale.

-Le faux soi protège le vrai soi qui reste virtuel. C'est «..l'exemple le plus clair d'une maladie clinique organisée dans un but positif : la préservation de l'individu en dépit des conditions anormales de l'environnement». Le faux soi, pour préserver l'individu d'un environnement jugé nocif, maintient le vrai soi sous protection.

-Plus proche de la santé, le faux soi prend en charge la recherche des conditions qui permettront au vrai soi de « recouvrer son bien ». Son bien, à savoir son identité propre. Le faux soi tente de trouver une adaptation avec l'environnement pour permettre au vrai soi de s'exprimer.

-Encore plus proche de la santé, le faux soi «...s'établit sur la base d'identifications...». Des identifications tiennent lieu de faux soi. Le vrai soi parvient à s'exprimer relativement facilement à travers elles.

-Chez une personne en bonne santé, le faux soi est constitué de ce qui organise «...une attitude sociale polie, de bonnes manières et une certaine réserve». C'est cette politesse qui permet la vie en société. Le faux soi autorise l'expression en société par une attitude a priori polie, des manières sociales adaptées aux autres et respectant les conventions. Il établit le contact, maintient la distance et préserve l'intimité. Le vrai soi peut s'exprimer dès que l'individu le souhaite, et avec qui il le souhaite. Pour un surdoué, ce stade peut être entretenu par la mise en place d'une intelligence pratique ou "street smarts".

Le faux soi doit juste être un léger ajustement à la société. On respecte les conventions sociales en exprimant clairement et avec respect notre personnalité. Plus on cache sa vraie nature, plus on tend à se dédoubler (faux soi en société - vraie soi à la maison), voire à s'effacer (faux tout le temps). Il faut en être conscient.

14 juillet 2017

Vous avez dit zèbres ?

Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Elle est connue pour son livre "Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué". Dans ce livre, elle emploie le terme de Zèbre pour parler des enfants surdoués. Ce terme a été, depuis, repris par de nombreux parents d’enfants surdoués et par des surdoués eux-mêmes, afin d’éviter les terminologies habituelles, à savoir : Enfant intellectuellement précoce, surdoué et haut potentiel (HP).

Jeanne Siaud-Facchin a donc choisi le mot « zèbre » pour parler des individus possédant un fonctionnement intellectuel différent. L'idée est que le zèbre est le seul animal sauvage que l’homme n’a pu domestiquer, que son pelage rayé est destiné à jouer avec les ombres et la lumière pour mieux se dissimuler, puis soudain apparaître dans toute sa splendeur en se détachant, par ses rayures, de tous les autres animaux de la savane. On parle aussi d’un drôle de zèbre pour désigner un individu original, peu banal. OK, pourquoi pas !

Le seul problème pour moi, et il est crucial, est que le zèbre est quoi qu'on en dise facilement identifiable et localisable dans la savane (*). Tandis que le surdoué, surtout lorsqu'il est non diagnostiqué, est tout sauf reconnaissable dans la foule. Un oeil avisé peut, éventuellement, en le fréquentant ou en discutant avec lui avoir un indice sur l'existence d'une douance, mais à part ça, le surdoué est tout sauf identifiable, contrairement au zèbre. Et c'est, par ailleurs, une de ses souffrances principales : ne pas être reconnu à sa juste valeur par les autres.

Je comprends l'idée d'identifier les surdoués aux zèbres pour ne pas utiliser des termes trop prétentieux ou arrogants comme surdoués, HP, etc. Pour les enfants, il permet aussi de s'identifier à un animal élégant et original. Je comprends aussi l'idée d'associer un nom à une personne -zèbre et Mme Siaud-Facchin- cela permet astucieusement de créer une dynamique commerciale. Ce que je ne comprends pas, c'est que tout le monde utilise ce terme -avec l'aide de la presse complaisante- sans questionner la pertinence de l'association zèbre-surdoué, l'un est visible comme le nez au mileu du visage, l'autre est un véritable caméléon. Tiens, pourquoi pas caméléon alors ? 

Au fil de mes lectures sur les surdoués, essentiellement en anglais, la littérature française sur le sujet étant très pauvre, j'ai découvert d'autres associations d'images/d'idées comme zèbre-surdoué. Je détaillerai prochainement l'idée de "Rainforest Mind", ce que l'on peut traduire par "l'esprit forêt humide" (je sais, cela sonne moins bien en français).

(*) Au 19e siècle, l'écrivain Rudyard Kipling et le naturaliste Alfred Russel Wallace ont contribué à diffuser l'hypothèse selon laquelle les rayures du zèbre lui permettaient de mieux se fondre dans la savane. Cette hypothèse longtemps considérée comme crédible dans la communauté scientifique a toutefois été démentie au début du 21e siècle. L'hypothèse est formellement démentie en 2016. En fait, dans la savane, le zèbre est très visible, et il tendrait donc à se dresser comme une exception à la règle du camouflage. (source Wikipedia)

11 juillet 2017

Les colibris

Fascinants par leur taille minuscule, les colibris, qui passent de fleur en fleur pour trouver le nectar qui constitue l'essentiel de leur alimentation, sont capables d'un vol extrêmement performant et rapide. Battant des ailes plusieurs dizaines de fois par seconde, les « oiseaux-mouches », comme ils sont surnommés, sont les seuls oiseaux à savoir voler en marche arrière.


Cinq blessures qui empêchent d'être soi-même

Tout problème physique, émotionnel et mental proviendrait de cinq blessures principales : la trahison, le rejet, l'abandon, l'humiliation et l'injustice. Afin d'éviter la souffrance attachée à ces blessures originelles, nous nous créerions des masques qui nous permettraient de prétendre que nous ne sommes pas blessés par ces dites blessures.

Cependant, si ces masques nous ont permis de survivre et de nous adapter, enfant, à notre environnement, ces masques seraient aussi des obstacles à notre épanouissement personnel. Lorsque nous portons ces masques, nous ne sommes plus nous-mêmes. Nous finissons souvent par croire que ces masques empruntés sont partie intégrante de notre personnalité alors qu'ils ne sont, en fait, que des moyens mis en place pour nous protéger d'une souffrance que nous pensons, à tort, ne pas pouvoir supporter. S'ils sont une protection, pourquoi les abandonner ? Car, en plus d'empêcher d'être soi-même, ces masques seraient également le moyen le plus sûr d'entretenir nos blessures originelles.

Enfant, lorsque nous avons osé être nous-mêmes, agir comme bon nous semblait, nous avons vite compris que cela dérangeait le monde environnant. Nous en avons déduit qu'être soi n'était pas bien. C'est ainsi que nous nous sommes créés une nouvelle personnalité pour pouvoir, non seulement survivre, mais également être acceptés, voire aimés. La mise en place d'un masque suit quatre étapes :
- La première étape est celle où nous découvrons la joie d'être soi et de pouvoir agir.
- La deuxième étape correspond à la douleur ressentie lorsque nous nous apercevons que nous n'avons pas le droit d'être nous-mêmes..
- La troisième étape est celle de la crise, de la révolte et de la colère ressentie face à notre impossibilité de nous exprimer. Certaines personnes demeurent d'ailleurs enlisées toute leur vie à la troisième étape, c'est-à-dire un état de réaction continuelle.
- La quatrième étape est celle de la résignation et surtout de l'adaptation. Afin de réduire la douleur que l'enfant ressent, il fait le choix de se résigner et devient ce que les autres veulent qu'il soit ( performant, singe savant, séducteur, bouc émissaire, dépourvu d'émotion, enfant objet, etc.) Sa nouvelle personnalité (masque) est née.

Cependant, à chaque masque correspond une trahison de soi. Car si ces masques nous aident à prétendre ne pas être affectés, la blessure originelle, quant à elle, est toujours présente, malgré notre bonne volonté à l’enfouir au plus profond de notre inconscient. Il faut donc reconnaître ses masques. Bien que notre ego fasse tout ce qu'il peut pour ne pas nous laisser voir nos plus grandes blessures, tant que la blessure n'est pas guérie, elle se manifeste très facilement.

Car si l'adulte cherche, le plus souvent, un coupable à l'origine de sa souffrance, ce n'est pas ce que l'on vit qui fait souffrir, mais bien la réaction à ce que l'on vit, à cause de blessures non guéries. En plus d'être attiré par des personnes porteuses des mêmes blessures que soi, l'importance de nos masques, son épaisseur, serait à mettre en rapport avec le degré de la souffrance ressentie. Ainsi, plus nous avons souffert d'une blessure, plus le masque serait conséquent. Il est importance de porter son attention sur son ressenti plutôt que les mots et caractéristiques pour reconnaître la blessure qui nous touche le plus. 

9 juillet 2017

Le génie des oiseaux (2)

"La mésange (chickadee en anglais) est plus qu’un oiseau bavard et agile. Elle est aussi acrobatique dans ses aptitudes, curieuse, intelligente et opportuniste, avec une mémoire remarquable : c’est un chef-d'œuvre d'oiseau. Elle se tient en haut du tableau avec le pivert (woodpecker). Dernièrement, les scientifiques ont recensé les différents sifflets et les appels complexes des mésanges et en ont conclu qu'ils représentent l'un des systèmes de communication les plus sophistiqués et exigeants de tous les animaux terrestres.  Les mésanges utilisent leurs appels comme un langage avec une syntaxe qui peut générer un nombre illimité d'appels uniques. Ils utilisent certains appels pour transmettre leur emplacement à un autre oiseau ou pour signaler de nouveaux emplacements de nourriture. D'autres signaux servent à signaler la présence de prédateurs - à la fois le type de bête, sa localisation (dans les airs ou perchée) et l'ampleur de la menace. L’intensité croissante des appels identifie un prédateur plus petit et plus dangereux. Cela peut sembler contre-intuitif, mais les prédateurs petits et agiles qui peuvent se déplacer rapidement et furtivement  sont une plus grande menace. Les expressions vocales des mésanges sont si fiables que d'autres espèces tiennent compte de leurs avertissements." (*) Pour en savoir plus: https://www.youtube.com/watch?v=LfMsUuU9KtQ

(*) The Genius of Birds – Jennifer Ackerman

8 juillet 2017

L'intelligence des plantes

Les recherches scientifiques récentes révèlent des propriétés étonnantes chez les plantes: la capacité de mouvement, la perception de la musique, la coopération entre membres d’une même famille, la défense contre les parasites. Voici quelques exemples étonnants de communication végétale :

L’intelligence des plantes en action : le tabac sauvage repousse ses prédateurs, attire des insectes mercenaires, change de pollinisateur. Des larves de chenille éclosent sur les feuilles d’un plant de tabac sauvage dans le désert de l’Utah et commencent à les manger. Aussitôt, la plante fait pousser des trichomes, petits poils fins chargés de sucs dont raffolent les petites chenilles. Sauf que, quand elles mangent cette substance, les chenilles émettent une odeur particulière, comme vous et moi, quand nous mangeons beaucoup d’ail, par exemple, qui attire des punaises et des fourmis qui, elles, aiment bien manger…des chenilles ! Et voilà : la plante est débarrassée de ses agresseurs. Sauf que… d’autres chenilles, plus âgées et donc indifférentes aux sucs gobés par les jeunes, agressent la plante à leur tour. Alors, celle-ci change de tactique et dégage des substances volatiles, appelées HIPV par les spécialistes, pour herbivore-induced plant volatiles  : substances volatiles induites par la présence d’herbivores, qui à leur tour attirent une espèce de punaise bien connue des jardiniers bio pour ses capacités de prédateur, le Géocoris. Problème résolu : la punaise mange les chenilles… Mais du coup le problème se complique pour notre plant de tabac rusé. Ces chenilles qui la mangeaient, c’étaient de futurs papillons Sphynx, papillons utiles au tabac sauvage, car ce sont des pollinisateurs. Sans pollinisateurs, pas d’autres Nicotiana attenuate. Que fait-il alors ? Il change de stratégie une fois encore. Selon les chercheurs, la plante se métamorphose en quelques jours : ses fleurs se mettent à pousser le jour plutôt que la nuit, son parfum se modifie, son aspect change. Résultat : elle n’attire plus les papillons Sphynx, dont les petits la dévoraient. Elle attire des pollinisateurs diurnes, comme les colibris. Et le tour est joué : plus de chenilles qui la mangent, mais la pollinisation est assurée. Cette étonnante capacité de la plante à évaluer une situation problématique pour sa survie et à trouver une solution pour y parer, fait penser à de plus en plus de chercheurs que les plantes, à l’instar des animaux, possèdent une (forme d’) intelligence, que nous commençons à peine à comprendre. 

Les plantes se parlent entre elles par la feuille et par la racine. Donc, les plantes communiquent, par leurs feuilles, avec des insectes, prédateurs ou mercenaires. Elles envoient des substances volatiles dans l’atmosphère pour les attirer ou au contraire les repousser. Elles peuvent aussi secréter des toxines pour les empoisonner. Mais elles communiquent aussi entre elles. Quand vous coupez l’herbe, vous aimez surement cette bonne odeur d’herbe fauchée, n’est-ce pas ? Sachez qu’en fait, votre herbe est en train d’envoyer un message aux voisines pour les prévenir de votre attaque pour qu’elles puissent se protéger. Une plante stressée envoie aussitôt à ses congénères un message par voie aérienne. On a observé que les plantes savent identifier les plantes aux alentours et modifier leur comportement alimentaire en fonction du voisinage.  Ainsi, un plant de tomate, par exemple, placé à côté d’autres plants de même famille, développera un réseau racinaire moins important que s’il est placé à côté de plants d’une autre espèce. Dans le second cas, la tomate se sentira en concurrence et essaiera d’occuper le maximum d’espace possible pour tirer profit des nutriments du sol. Les plantes ont donc un « esprit de famille » et coopèrent entre elles pour minimiser l’effort et le stress. D’après les recherches, les racines d’une plante se déplacent comme un animal qui chasse : plus rapidement quand elle cherche sa nourriture, lentement, voire pas du tout quand elle l’a trouvée. Quand on place une cuscute, plante invasive et parasite, à côté d’autres plantes, elle envoie ses racines vers les leurs et libère une substance chimique, la catéchine, qui tue leurs racines et lui permet de coloniser tout le secteur. Heureusement, ce comportement agressif est assez rare dans le domaine végétal, où les plantes arrivent généralement à trouver une équilibre avec leurs voisines.

Les arbres-mères. Tous ceux qui ont vu le film Avatar se souviennent de ces merveilleux « arbres-mères » qui protégeaient tous les organismes vivants grâce à leur réseau magique. L'écologue canadien Suzanne Simard, chercheuse de l’Université de Colombie Britannique, étudie depuis longtemps le rôle protecteur des vieux pins Douglas. La chercheuse et ses étudiants ont enveloppé des branches de pins dans des sacs plastiques, où ils ont injecté du CO2 faiblement radioactif, forçant les feuilles à synthétiser des sucres que l’on peut suivre à la trace. A l’aide de compteurs Geiger, ils ont pu tracer le déplacement d’une partie de ce sucre à de nombreux arbres alentour. Et le transfert le plus important s’opérait entre les vieux arbres les plus volumineux et les jeunes poussant à leur pied, le plus souvent issus de leurs graines. Ce qui prouve la remarquable solidarité existant entre les générations de pins. Cette nourriture est également transportée par les mycorhizes, des champignons du sous-sol qui relient les racines des arbres. Suzanne Simard a ainsi pu cartographier les connexions d’une parcelle, et révéler le réseau caché des sols forestiers, cet espace souterrain où, à travers un incroyable embrouillamini de racines entremêlées, les vieux arbres jouent le rôle de plaques tournantes, interconnectant tous les individus et distribuant les flux nutritifs, en particulier vers les plus jeunes. Conférence TED de Suzanne Simard sur les arbres : https://www.ted.com/talks/suzanne_simard_how_trees_talk_to_each_other?language=fr

5 juillet 2017

Une visualisation créatrice n’est pas une formule magique

C’est un entraînement qui nécessite répétition afin que de nouvelles connexions se créent. Il est possible que des résultats surprenants arrivent de manière rapide, tout comme il est également possible qu’il faille un certain temps afin que la plasticité cérébrale fasse son œuvre. Il faut être patient avec vos comportements et vos émotions sachant qu’un travail d’un mois à fréquence quotidienne (une quinzaine de minutes) produit des résultats remarquables !

En imaginant que la situation que vous allez visualiser de manière idéale ne donne pas le résultat voulu (on ne peut pas toujours contrôler le résultat)… de quoi pourrez-vous quand même être fier et qui ne dépend que de vous ? Prenons pour exemple le cas d’une situation de conflit qui se répète et engendre un stress chronique : « j’ai su rester calme, lucide, réceptif à mon client/partenaire/collègue tout en étant focalisé sur l’objectif de cette rencontre. Je n’ai pas obtenu le résultat voulu, mais j’ai amélioré une relation avec un collègue ou un partenaire, c’est un bon point de départ pour la prochaine fois. De plus je suis toujours calme pour le reste de ma journée. Je fais quotidiennement quelque chose pour résoudre cette situation et j’en suis fier. »

C’est là une étape importante pour briser un scénario où se répètent des émotions et des comportements automatiques. Un des éléments importants qui entre dans le maintien de cette répétition est la honte et la culpabilité. Il faut donc briser également ces émotions pour se libérer de leur « mauvais sort ». L’acceptation de soi est ici très importante. Pratiquer la visualisation créatrice régulière sur un sujet qui vous tient à cœur va avoir pour effet de vous hyperfocaliser sur une cible. Il faut donc être attentif aux émotions qu’entraîne cette focalisation.

Ancrer une visualisation créatrice dans son cerveau

Trois étapes pour réaliser une bonne visualisation créatrice :
1/ Préparez une visualisation créatrice.
2/ Commencez une visualisation créatrice.
3/ Ancrez une visualisation créatrice dans son cerveau. 

Recommencez la scène parfaite et, cette fois-ci, « ancrez » cette scène positive dans le moment présent, en choisissant un raccourci (un mot, une image, ou un geste) , qui servira de rappel à l’état ressource que vous avez crée par votre visualisation créatrice. Au moment le plus fort de la visualisation, associez-y un mot, une image, un geste, une sorte ‘’d’étiquette’’, un rappel.

La répétition de cet ancrage va permettre de gagner du temps pour déclencher l’état interne ressource associé aux comportements. Après plusieurs répétitions de la visualisation complète, l’ancrage deviendra efficace. Il ne faudra alors qu’une minute de concentration sur votre respiration et sur le mot, le geste ou l’image afin de vous conditionner positivement à bien agir. Ensuite, quand vous aurez besoin de convoquer de nouveau cet état interne de confiance, de calme, d’énergie et de détermination, vous n’aurez qu’à reproduire votre ancrage (le geste, le mot, ou l’image qui vous aura ainsi servi d’étiquette pour désigner votre visualisation créatrice).

Commencer une visualisation créatrice

Trois étapes pour réaliser une bonne visualisation créatrice :
1/ Préparez une visualisation créatrice.
2/ Commencez une visualisation créatrice.
3/ Ancrez une visualisation créatrice dans son cerveau.

Portez attention à votre respiration :
    -Observez comment « ça » inspire dans l’inspiration, puis comment « cela » expire pendant l’expiration.
    -Le simple fait de porter attention à sa respiration peut augmenter la durée de l’expiration ou de l’inspiration. Restez sans rien modifier, juste à observer amicalement le processus de respiration qui s’opère de lui-même sans votre participation active.
    -Observez les mouvements du corps (lors de l’expiration et lors de l’inspiration).
    -Êtes-vous bien installé ? Si nécessaire installez-vous plus confortablement.

Progressivement, entrez dans l’état interne positif. Installez votre paysage mental :
    -A l’intérieur ou à l’extérieur ?
    -Seul ou accompagné ?
    -Plutôt lumineux ou sombre ?
    -Bruyant ou calme ?
    -Y a-t-il des odeurs particulières ?
    etc…

Visualisez maintenant avec précision plusieurs détails de votre comportement dans la situation cible :
    -Que faites-vous ? Visualisez-vous en train de faire quelques-unes de ces actions.
    -Quelles sensations y sont associées ?
    -Portez maintenant attention aux pensées : de quoi êtes-vous sûr ? Qu’est-ce qui est important ici et maintenant pour réussir ?

Ressentez les sensations de confiance, de calme, de détermination… laisser grandir ces sensations, elles peuvent par exemple grandir comme un soleil qui rayonne à l’intérieur de vous ou bien vous entourer, vous envelopper comme une aura. Ressentez aussi l’énergie associée à ce rayonnement. Visualisez à présent le scénario parfait (utilisez tous vos sens, tous les éléments propices à une bonne visualisation créatrice), portez attention aux réactions des personnes présentes dans la scène (s’il y en a), au ton de votre voix, ressentez le plaisir que cela procure, la fluidité de l’action. Voyagez librement dans la visualisation créatrice.

Déroulez à nouveau la scène en insistant sur les moments les plus intenses émotionnellement. Agrandissez ce que vous voyez, rajoutez de la clarté. Animez votre visualisation créatrice. Vous devez avoir l’impression de tout ressentir comme si vous y étiez. Maintenant visualisez même l’imprévu : imaginez la scène qui prend une autre tournure, et que vous pouvez réussir à rétablir parfaitement.

Préparer une visualisation créatrice

Trois étapes pour réaliser une bonne visualisation créatrice :
1/ Préparez une visualisation créatrice.
2/ Commencez une visualisation créatrice.
3/ Ancrez une visualisation créatrice dans son cerveau.

Une bonne visualisation créatrice comprend :
    -un contexte et un environnement précis (visuel, auditif, olfactif).
    -des comportements (et les réactions qu’ils produisent sur l’environnement).
    -des sensations kinesthésiques.
    -des pensées (cela peut-être juste : « je suis pleinement présent »).
    -des émotions (calme, concentré….).
    -l’atteinte de l’objectif à réussir.

Il faut donc aller chercher ces éléments, pour vous voir en train de réussir votre objectif dans la situation cible, projetée mentalement de façon aussi concrète et sensible que possible. Identifiez les quatre éléments clés de l’état d’esprit de la performance. Allez rechercher un souvenir lors duquel ces quatre états étaient présents :
– le calme : pour être lucide.
– la confiance : pour oser.
– la détermination : pour être focalisé (concentré) et avancer malgré les obstacles.
– l’énergie : pour faire.
Et associez ces sensations de calme, de confiance, de détermination et d’énergie avec votre situation cible, pour amplifier les effets de votre visualisation créatrice.

Imaginons que la scène commence par se dérouler parfaitement bien… et qu’un élément (un événement) vienne impulser une tout autre tournure à la situation… quel pourrait être cet événement ? Sur quoi avez-vous envie de porter votre attention à ce moment-là ? Comment décidez-vous de réagir ?

Prenons un exemple : vous avez du mal à vous voir réussir ? Par rapport à cette situation, trouvez une situation similaire qui s’est déjà bien passée. Si c’est une situation de conflit avec une personne, cherchez une situation de tension lors de laquelle vous êtes resté serein, lucide et efficace. Si c’est une situation de prise de parole en public : une situation où vous avez agi avec confiance malgré le regard des autres. Si c’est une situation de négociation : une situation lors de laquelle vous êtes resté déterminé tout en restant ouvert d’esprit…Souvenez-vous… à quoi pensiez-vous juste avant ce moment ? Quelle a été votre stratégie ? Sur quoi s’est portée votre attention durant l’action ? Ceci va constituer des ressources que vous pourrez exploiter (ou non) pour construire votre visualisation.

Trois étapes pour réaliser une bonne visualisation créatrice

1/ Préparez votre visualisation créatrice
Choisissez une situation que vous avez envie de réussir, et imaginez la situation idéale.
Osez visualiser une réussite éclatante, une situation extraordinaire.

2/ Commencez votre visualisation créatrice
Portez attention à votre respiration.
Progressivement, entrez dans un état interne positif.

3/ Ancrez votre visualisation créatrice dans votre cerveau
Recommencez la scène parfaite et, cette fois-ci, « ancrez » cette scène positive dans le moment présent, en choisissant un raccourci (un mot, une image, ou un geste) , qui servira de rappel à l’état ressource que vous avez crée par votre visualisation créatrice.

Voir les différents billets sur la visualisation créatrice pour plus de détails.

La visualisation créatrice et les émotions

Face à l’incertitude d’une situation (match, négociation, conflit, etc.) notre cerveau va analyser l’environnement, le contexte et rechercher dans sa base de données les expériences passées qui se rapprochent le plus de celle-ci. Un peu à la manière d’un juke-box il va sélectionner le disque de réponses qu’il a l’habitude d’utiliser dans ce contexte, ceci afin de se simplifier le nombre d’informations qu’il a à gérer. Ce disque, qui contient des émotions et des comportements, va jouer une certaine musique de manière quasi automatique. 

La visualisation créatrice est d’autant plus importante concernant des situations plus marquées émotionnellement (tel contexte me met en colère, tel autre me stresse, tel autre me trouble, la surprise me fait perdre mes moyens, etc…), parce que les émotions perturbent l’action réfléchie et notre capacité de traitement de l’information (diminution visible par IRM de l’action du cortex préfrontal) au profit d’une action réflexe et automatique (suractivité de l’amygdale).

Du fait de la plasticité cérébrale, la visualisation créatrice va permettre de conditionner une émotion particulière (en plus d’un comportement) pour répondre à un contexte spécifique. Une bonne visualisation créatrice inclura donc, dans un contexte spécifique, le comportement souhaité et un état d’esprit positif. Quatre états internes ont été identifiés pour une performance optimum :

    -Le calme : pour être lucide.
    -La confiance : pour oser.
    -La détermination pour être concentré et avancer malgré les obstacles.
    -L’énergie : pour faire.

Afin d’optimiser les effets de la visualisation créatrice, il est donc conseillé d’associer ces états internes au contenu de votre visualisation.

Introduction à la visualisation créatrice

La visualisation créatrice est une technique ancestrale du Yoga Nidra notamment, pour programmer son subconscient et faire advenir les résultats espérés dans notre vie. Depuis quelques années, les sportifs de haut niveau y recourent pour préparer les compétitions. Des études montrent combien la visualisation créatrice est efficace.

Le cerveau ne fait pas vraiment de différence entre une situation provenant d’une bonne visualisation positive et une situation vécue réellement. Si je me mets dans une situation de prise de parole en public, réellement et virtuellement, par IRM on peut observer que ce sont les mêmes aires cérébrales qui « s’allument ». Ainsi une étude sur des pianistes a montré qu’à la suite de répétitions de visualisation (donc sans pratique physique, seulement se voir et se sentir mentalement jouer au piano) on peut observer un agrandissement de l’aire cérébrale dédiée à la motricité de doigts ! La visualisation créatrice impacte donc (et modifie) physiquement le cerveau du fait de la plasticité neuronale de celui-ci. Lors d’une étude conduite à l’université de Chicago, une équipe de Basket Ball a été divisée en 3 groupes afin de tester leur habilité au lancer franc :

    -Le premier groupe pratiqua des lancers francs durant une heure quotidiennement.
    -Le second groupe se contenta de se visualiser en train de réaliser des lancers francs.
    -Le troisième groupe, enfin, n’eut rien à faire.

Après 30 jours, les groupes furent de nouveau soumis au test des lancers francs.

    -Le troisième groupe ne s’améliora évidemment pas.
    -Le premier groupe s’améliora de 24 %.
    -Enfin le second groupe, lui, progressa de 23 % par la seule visualisation.

La visualisation a donc eu un effet sur la performance presque aussi important que l’entraînement physique ! Grâce à la répétition de cette visualisation (ici pendant 30 jours consécutifs), de nouvelles connexions neuronales ont donc été mises en place (plasticité cérébrale), comme si les personnes s’étaient entraînées, leur permettant de progresser réellement, sans avoir touché un ballon.

3 juillet 2017

Ordinary world

Pause musicale. Hier je cherchais des chansons des années 80 sur Internet. Je suis tombé sur ce superbe morceau de Duran Duran "Ordinary world". "Mais je ne me lamenterai pas sur le passé, Il y a un monde ordinaire que je dois trouver tant bien que mal, et en essayant de tracer mon chemin dans ce monde quelconque, j'apprendrai à survivre". Voilà le clip de la chanson:

But I won't cry for yesterday
There's an ordinary world
Somehow I have to find
And as I try to make my way
To the ordinary world
I will learn to survive

Je voudrai ajouter une vidéo émouvante qui montre une personne, Eugene Sprague, se jeter du Golden Gate Bridge. La musique de Duran Duran a été choisie pour illuster cette tragédie. On voit ce type aller et venir, ne sachant que faire, et finalement se hisser sur la rambarde et se laisser tomber en arrière. Quelle horreur ! Cela m'a crevé le coeur. Quelque soit le mal, la dépression que l'on traverse, il faut avancer, sans subterfuges (anti-dépresseurs, drogues) pour s'abrutir ou s'étourdir, car cette épreuve nous aide à devenir plus fort et à découvrir l'essentiel de notre personnalité. Vidéo à régarder...ou non. Pour moi, c'est un hommage à cette personne qui n'a pas trouvé l'aide et les ressources nécessaires pour éviter le pire. Rest in peace Eugene !