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19 novembre 2016

La théorie des intelligences multiples et ses limites

Howard Gardner a considéré récemment qu'il fallait probablement ajouter à sa théorie des intelligences mutliples l'intelligence de l'enseignement et de la pédagogie qui permet dit-il d'enseigner/de transmettre avec succès notre savoir aux autres. Il a par ailleurs refusé catégoriquement l'ajout d'autres intelligences comme l'humour (que l'on peut facilement, je pense, associer à l'intelligence verbale), la gastronomie (sic) et l'intelligence sexuelle (?). Je propose l'intelligence informatique (qui ferait partie, en fait, de l'intelligence logico-mathématique).

On voit ici les limites de cette théorie des intelligences multiples qui est avant tout un outil de découverte ("heuristique"). Howard Gardner a imaginé cette théorie pour répondre à une demande éducative. Face à un élève en échec scolaire, il proposa d'identifier ses points forts et ses points faibles en distinguant ces différentes intelligences. L'idée est de dire que tout le monde est intelligent à sa façon.Soit !

Ce n'est pas une théorie scientifique. Gardner l'a confessé d'ailleurs en disant que ces différentes intelligences n'étaient en fait que des "fictions" (sic). La plupart de ces intelligences sont liées entre elles et interagissent l'une sur l'autre...pour en fin de compte n'être qu'une même et indivisible intelligence. Elles ne sont justes que les différentes facettes d'une seule et même intelligence.  Mais il est intéressant de détailler mentalement cette intelligence en sous-groupes, dans un exercice ludique de découverte, pour pouvoir mieux identifier les manifestations de cette intelligence, et ainsi apprendre à les développer et à les maitriser.

L'intelligence verbo-linguistique (word smart)

Cette intelligence se manifeste par une passion pour les mots (leurs secrets, leurs sons...), pour la lecture et les livres, c'est une intelligence verbale. À forte intensité, cette intelligence des mots génèrent un flot de d'idées et de pensées qui peuvent devenir difficile à gérer. Apprendre, comprendre, s'exprimer, lire et écrire sont des activités constantes qui doivent être maîtriser pour éviter un épuisement intellectuel. On pense beaucoup, on a de nombreuses idées, mais sans organisation, les mots et les idées vont et viennent et une immense sensation de gachis et de découragement peut apparaitre.

Il faut apprendre à se vider la tête de ses mots/idées/projets. Avant on notait tout ça sur des cahiers, maintenant la technologie aidant, ce travail est simplifié et permet vraiment d'avancer dans son développement personnel en étant satisfait de soi-même en visualisant nos idées (c'est important) et en devenant ainsi plus efficace dans nos projets/notre créativité. D'aucuns appellent ça le "script minding", la transcription de l'esprit.

Personnellement, je me sers de "OneNote" de Microsoft (*). C'est un outil simple et gratuit en ligne. Il est disponible aussi en application. Je travaille dessus tous les jours sur mon ordinateur, ma tablette et mon téléphone. Chaque modification, quelque soit le support, est immédiatement synchronysée sur les autres appareils. C'est simple, mais j'adore. Avant je prenais des notes sur des feuilles volantes, des post-its, des carnets, et après je recopiais tout "au propre" sur un document Word ou autre. Une perte de temps incroyable. J'avais des tiroirs pleins de papiers, que je jetais au fur et à mesure. Maintenant, avec OneNote (*),  je visualise ma pensée.

Ce carnet en ligne devient alors un codex où l'on peut noter nos nouvelles idées et suivre leurs évolutions. Il peut aussi servir d'incubateur pour des poèmes, des livres, des projets. C'est un outil de travail et d'épanouissement non négligable. Essayez !

(*) Ceci n'est pas une publicité: "OneNote, parce que je le vaux bien". Il existe aussi "Evernote".

Sortir de sa boîte

La théorie des intelligences multiples nous rappelle qu'il vaut mieux apprendre à être intelligent en étudiant les œuvres les plus abouties, pour faire court les "classiques". Bien sûr, ils constituent un point de départ intellectuel. On peut étudier par la suite des travaux secondaires, moins reconnus. Mais l'idée est d'apprendre à réfléchir en comprenant la pensée d'un artiste/penseur/écrivain reconnu comme si l'on mettait nos pas dans les pas de celui-ci. Lire le 'Discours de la méthode" de René Descartes, suivre le cheminement de sa pensée et finalement comprendre sa "méthode" est intellectuellement fascinant.

L'aspect technique de la peinture ne s'apprend pas en étudiant les travaux de l'artiste du coin, mais les œuvres de Picasso, Dali, Van Gogh... Et l'on alimente pas sa créativité sans ouvrir son esprit à toutes sortes de travaux majeures, dans un premier temps. Je suis toujours surpris de rencontrer des étudiants et des professionnels qui ne connaissent pas du tout les fondamentaux de leur matière principale/métier. Je ne veux pas être présomptieux, loin de moi cette idée, mais il me semble évident que l'on n'apprend rien d'intéressant en restant "cloué" à son environnement et à son tropisme. Il faut sortir de sa boîte !


Les types d'intelligences

Dans un précécent billet (La théorie des intelligences multiples), j'ai abordé la théorie de Howard Gardner sur les différents types d'intelligences que nous possédons tous à des niveaux différents. À savoir l'intelligence verbo-linguistique (word smart), l'intelligence logico-mathématique (logic smart), l’intelligence spatiale (picture smart), l'intelligence intra-personnelle (self smart), l''intelligence interpersonnelle (people smart), l’intelligence corporelle-kinesthésique (body smart), l'’intelligence musicale-rythmique (music smart), l’intelligence naturaliste-écologiste (nature smart), l'intelligence existentielle (existence smart). Certaines personnes ont des aptitudes pour la musique, par exemple, que d'autres n'ont pas (ou ne pensent pas avoir). L'intérêt de cette théorie est de pouvoir identifier nos points forts et de développer nos points faibles. Je voudrais revenir sur quelques unes de ces intelligences dans les billet suivants.

15 octobre 2016

Le faux-self

Le terme self est la traduction anglaise du soi. Le pédiatre britannique, Donald Woods Winnicott, a distingué le "vrai-self" du "faux-self": Le vrai-self désigne l'image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond effectivement à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction adaptée. Le faux-self désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé. Par ailleurs, les rapports entre "vrai" et "faux-self" évoluent tout au long de la vie, en termes d'adaptation à l'environnement ou avec l'aide du travail thérapeutique. Winnicott distingue cinq degrés d'organisation du faux self :
  • À l'extrême, c'est le faux-self que l'on prend pour la personne, le vrai self inapparent restant dissimulé. Cependant, il manque au faux-self « ...quelque chose d'essentiel. ». Socialement la personne est ressentie comme fausse. Le faux-self a entièrement recouvert la personnalité, laissant en toute situation une impression de 'fausseté' dans la relation. Le vrai-self est totalement dissimulé aux autres. L'individu souffre de la situation qu'il subit en société: la tension entre "vrai" et "faux-self" crée un handicap dans sa vie sociale;
  • Le faux-self protège le vrai-self qui reste virtuel. C'est « ...l'exemple le plus clair d'une maladie clinique organisée dans un but positif : la préservation de l'individu en dépit des conditions anormales de l'environnement. ». Le faux-self, pour préserver l'individu d'un environnement jugé nocif, maintient le vrai-self sous protection;
  • Plus proche de la santé, le faux-self prend en charge la recherche des conditions qui permettront au vrai-self de « recouvrer son bien ». Son bien, à savoir son identité propre. Le faux-self tente de trouver une adaptation avec l'environnement pour permettre au vrai-self de s'exprimer;
  • Encore plus proche de la santé, le faux-self « ...s'établit sur la base d'identifications... ». Des identifications tiennent lieu de faux-self. Le vrai-self parvient à s'exprimer relativement facilement à travers elles;
  • Chez une personne en bonne santé, le faux-self est constitué de ce qui organise « ...une attitude sociale polie, de bonnes manières et une certaine réserve. ». C'est cette politesse qui permet la vie en société. Le faux-self autorise l'expression en société par une attitude a priori polie, des manières sociales adaptées aux autres et respectant les conventions. Il établit le contact, maintient la distance et préserve l'intimité. Le vrai-self peut s'exprimer dès que l'individu le souhaite, et avec qui il le souhaite. Pour un surdoué, ce stade peut être entretenu par la mise en place d'une intelligence pratique ou "street smarts".

18 septembre 2016

La théorie des intelligences multiples

La théorie des intelligences multiples a été proposée par un psychologue du développement américain, Howard Garner, en 1983. Il suggère qu'il existe plusieurs types d'intelligence chez chacun d'entre nous. Cette théorie est devenu un outil pour comprendre l'intelligence des enfants en échec scolaire aux États-Unis. Elle permet à ce stade du blog de poser un jalon, pour une approche en douceur de l'intelligence de chacun, pour une meilleur connaissance de soi. Chacun pouvant identifier en soi ses points forts et ses points faibles. Quelles sont parmi ses intelligences, celles qui me définissent le mieux, celles sur laquelles je peux travailler. Par exemple, disons que je ne suis pas très réceptif à la musique. Je peux commencer à écouter différents types de musiques et développer ainsi cette "intelligence". Cette théorie est dite "heuristique", c'est un outil que tout a chacun (surdoué ou non) peut utiliser pour découvrir les intelligences qui prédominent chez lui et celles qui sont moins développées et qu'il peut commencer à développer.

La théorie des intelligences multiples a ses limites. Il existe d'autres théories comme celles de Daniel Goleman sur l'intelligence émotionnelle. Nous verrons également qu'il en existe une autre theorie qu'il ne remplace pas celle-ci, mais qui permet au surdoué, en pleine crise existentielle, de comprendre ce qu'il lui arrive et ainsi de se sortir par le haut de sa situation. Je vais en parler en détail plus tard dans le blog car elle représente une avancée considérable dans la connaissance de la douance. Voyons maintenant qu'elles sont les différentes intelligences définies par Howard Gardner:

L'intelligence verbo-linguistique
C’est l’aptitude à penser avec des mots et à employer le langage pour exprimer ou saisir des idées complexes. On la retrouve chez les écrivains et les poètes, les traducteurs et les interprètes.

L’intelligence logico-mathématique
Les personnes qui ont une intelligence logico-mathématique développée possèdent la capacité de calculer, de mesurer, de faire preuve de logique et de résoudre des problèmes mathématiques et scientifiques. Elles analysent les causes et les conséquences d'un phénomène ou d'une action et sont capables d'expliquer le pourquoi des choses. Elles ont aussi tendance à catégoriser et à ordonner les objets. Elles aiment les chiffres, l'analyse et le raisonnement.

L’intelligence spatiale
L’intelligence spatiale permet à la personne d’utiliser des capacités intellectuelles spécifiques pour avoir mentalement une représentation spatiale du monde.Toute activité qui demande de résoudre des problèmes et de créer dans le domaine visio-spatial exige l’utilisation de ce type de capacités intellectuelles. Les géographes, les peintres, les dessinateurs de mode, les architectes, etc.

L’intelligence intra-personnelle
L'intelligence intra-personnelle permet de se former une représentation de soi précise et fidèle et de l'utiliser efficacement dans la vie. Elle sollicite plus le champ des représentations et des images que celui du langage. Il s'agit de la capacité à décrypter ses propres émotions, à rester ouvert à ses besoins et à ses désirs. C'est l'intelligence de l'introspection, de la psychologie analytique. Elle permet d'anticiper sur ses comportements en fonction de la bonne connaissance de soi.

L'intelligence interpersonnelle
L’intelligence interpersonnelle (ou sociale) permet à l’individu d’agir et de réagir avec les autres de façon correcte et adaptée. Elle l’amène à constater les différences et nuances de tempérament, de caractère, de motifs d’action entre les personnes. Elle permet l’empathie, la coopération, la tolérance.

L’intelligence corporelle-kinesthésique
L’intelligence kinesthésique est la capacité d’utiliser son corps pour exprimer une idée ou un sentiment ou réaliser une activité physique donnée. Elle est particulièrement utilisée par les professions de danseur, d'athlète, de chirurgien et d'artisan.

L’intelligence musicale-rythmique
L’intelligence musicale constitue l’aptitude à penser en rythme et en mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les interpréter et d'en créer.

L’intelligence naturaliste-écologiste
C’est l’intelligence qui permet d’être sensible à ce qui est vivant ou de comprendre l’environnement dans lequel l’homme évolue. C'est la capacité d’apprécier, de reconnaître et de classer la faune, la flore et le monde minéral. Cette capacité s’applique aussi, par extension, à l’univers culturel qu’il permet d’interpréter.

L’intelligence existentielle
L'intelligence existentielle, ou intelligence spirituelle, chez Howard Gardner, se définit par l’aptitude à se questionner sur le sens et l’origine des choses. C’est la capacité à penser nos origines et notre destinée.