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5 novembre 2016

Pour en finir avec les critiques et le faux-self

Les critiques ont été interiorisées comme des vérités. Les surdoués ont souvent été étiquettés "à problèmes", "tourmentés", "bizarres". Les "défauts", ou plutôt les traits distinctifs du surdoué ont été sujets à des attaques, des censures ou des brimades. Enfant, le surdoué va commencer rapidement à comprendre qu'il "a un problème" et vite conclure qu'il est "un problème".

Face à ces critiques, le surdoué va développer des défenses pour éviter les critiques de son entourage familial, professionnel, etc. Il va le plus souvent "masquer" son identité et se fondre dans la masse. Certains vont "surjouer" et "faire les idiots" en exhibitant et exagérant des traits. Leur agilité mentale et leur extrème sensibilité sont alors utilisées comme des armes de destruction massive. Cette intelligence mise au service du cynisme se retourne alors contre eux. 

L'extreme sensibilité de l'enfant surdoué lui cause beaucoup de remarques. On le trouve trop sensible et susceptible. Il apprend jeune que c'est un problème. Il va la cacher et cela va le ronger toute sa vie. Heureusement, il peut prendre conscience que cette sensibilité est une qualité, qui une fois maitrisée, peut devenir la source d'une créativité épanouissante pour lui et ses contemporains (à travers ses créations).

Beaucoup d'artistes qui expriment un talent dans l'écriture, la musique et autres ont beaucoup de mal à gérer leur sensibilité, malgré le repos et l'apaisement qu'ils trouvent dans la création. Ils se battent contre leur conscience extrème du monde. De plus, ils ont aussi à négocier avec un environnement professionnel impitoyable. Ils noyent alors leurs angoisses dans les drogues en tout genre.

Je parle ici de gens qui d'un façon ou d'une autre épanchent leur trop plein de sensibilité en créant quelque chose, en projettant leur personnalité, leur âme dans un travail créatif. Je vous laisse imaginer ce qui se produit sur les sensibles qui ne laissent pas ce trop-plein de créativité se déverser au-dehors. Ils sont rongés de l'intérieur. Ils n'en ont pas conscience la plupart du temps. Ils sont en mode auto-destruction.

Ainsi, le surdoué doit apprendre à se connaitre. Et ce n'est pas un mince affaire. Cela peut prendre quelques années. Mais cela vaut le coup. Il faut déconstruire la personnalité que nous avons été jusqu'à là. Je parle de cette personnalité ou le faux-self dirige notre vie. Nous jouons un rôle, comme des acteurs, pour notre entourage. Pour ne plus être critiqués, pour être tranquilles, par facilité aussi par la suite, c'est tellement confortable de ne rien changer.

Le faux-self peut avoir une intensité différente suivant le trait dont on parle. Je m'explique. Le surdoué aime bien parler et argumenter. Il est éloquent. Sa curiosité et son plaisir d'apprendre font qu'il connait plus de choses que la moyenne des gens qu'il rencontre. Dans une discussion, il peut adopter différente attitude suivant l'intensité de son faux-self. Quand le faux-self ne contrôle pas la personnalité, la personne parle, argumente, écoute les autres, échange des idées. Quand le faux-self est présent, il peut se manifester par une parole intolérante, cassante et saoulante pour les autres, ou alors c'est le contraire, la personne est absente de la discussion, ne veut pas prendre part à la discussion, dans son silence qui en dit long. Ces trois options peuvent se définir comme une attitude équilibrée, en controle de ses forces, ou alors une attitude exagérée ou la parole est une arme, ou enfin une attitude effrondrée dans laquelle la personne est effacée, comme rentrée en elle. Je développerai ces notions plus tard. 

15 octobre 2016

Réponses aux dix critiques (2)

Face aux dix critiques auxquelles les surdoués font face dans leurs vies, ils doivent adopter une attitude positive, garder le contrôle de leur intégrité et rester concentrés sur leur but dans la vie, et non pas se disperser et se tourmenter pour rien. Voici quelques idées de réponses face aux critiques ("street smarts"):

"Pourquoi ne ralentis-tu pas ?" = "Aller vite est normal pour moi."

"Tu te soucies de tout." = "Oui, je suis une personne préoccupée et de grande moralité."

"Ne peux-tu pas t'en tenir à une chose ?" = "Non, sûrement pas."

"Tu es si théatral et dramatique." = "Oui, mes sens et mes sentiments sont aiguisés."

"Tu fais tout de la façon la plus dure." = "Je vois que vous comprenez que l'excellence est difficile."

"Tu es si exigeant !" = "Je sais ce que je veux."

"Ne peux-tu être jamais satisfait ?" = "Bien sûr, ma satisfaction me vient de différentes façons."

"Tu es si motivé !" = "Oui, Je suis concentré et j'ai beaucoup à faire."

"D'où tu as ces idées folles ?" = "Elles viennent directement de la source."

"Qui crois-tu que tu es?"  = "Un humble surdoué se doit d'être utile."


S'adapter, le vrai ennemi

Les enfants surdoués ont la volonté de s'intégrer à un groupe, mais à quel prix ? Si certains travaillent durs pour s'adapter aux autres, spécialement lorsqu'ils se sentent très différents des autres, une auto-censure peut en résulter. Dans leur tentative désespérée d'appartenir, beaucoup de jeunes "bien-intégrés" et surdoués plus âgés ont abandonné ou perdu contact avec leur personnalité profonde. S'adapter coûte cher lorsqu'il s'agit de vendre son âme. C'est une marche de funanbule sans fin pour les surdoués. Donner les rênes de sa vie aux faux-self, c'est comme attacher nos rêves à une ancre. Nous ne pouvons nous échapper de la responsabilité qu'offre soit notre potentiel soit nos besoins intérieurs. La plupart d'entre nous avont hâte d'être acceptés et soutenus, approuvés pour ce que nous sommes et ce que nous pourrions accomplir. Cependant nous vivons dans un vrai monde tel qu'il est, non tel qu'il devrait être.

A des degrés différents, nous vivons tous des rejets. Mais lorsque les critiques attaquent notre nature profonde et quand elles fleurissent autour de nous continuellement, elles ont tendance à se cramponner comme des mollusques, contaminant l'intégrité de l'image de nous-mêmes et la qualité de notre dialogue interne. Même à l'âge adulte, à chaque fois que notre égo prend un coup, que le vent nous bouscule et que nous faisons un effort pour respirer, soudainement nous nous sentons  affaiblis et vulnérables. Après des années, les dix critiques se sont déguisées, ont pris l'apparence de nos propres opinions, nous censurant sous la voix de notre faux-self. Ces critiques creusent des trous dans notre confiance en nous car nous avons oublié qu'elles ont été crées par d'autres. Le faux-self est un adversaire puissant, celui dont la langue aiguisée peut être entendu dans chaque situation de doute de soi, un ennemi qui nous tient éloigné de notre vrai moi et quelque fois nous éloigne des autres aussi. 

Néanmoins, le faux-self est simplement le complice de notre réel ennemi. Le vrai ennemi -s'adapter- mène une sorte de guérilla, se parant dans un brouillard épais, évitant la confrontation direct. C'est pourquoi il  est si important de confronter les critiques du faux-self qui  souvent manigance pour empêcher un développement personnel. Nous pouvons apprendre à nous occuper du faux-self selon nos propres conditions car nous pouvons entendre sa voix. Nous pouvons nous sensibiliser à son influence si nous apprenons à reconnaître sa tactique qui est de nous critiquer avec sa petite voix étouffée comme l'animateur de la radio de notre esprit, avec sa propangande qui est subtile et séductrice autant qu'elle est dangereuse. Jusqu'à ce que nous entendions ces critiques pour ce qu'elles ont, à savoir la voix intérieure de la désapprobation, nous sommes condamnés à vivre notre vie en étant constamment trompés par ces mensonges.

Que faire, alors, si l'on veux s'adapter et rester vrai pour soi-même ? Est-ce vivre  une version diluée de notre vie possible lorsque la réalisation de soi pèse dans la balance ? Il faut être honnête, et sans être agressif  ou irrespecteux, les surdoués mènent un curieuse vie. Par conséquent, nous pouvons nous attendre à ce que parfois les autres nous considèrent comme des curiosités. Mais ne serait-ce pas sympa si nous pouvions vivre notre curieuse vie sans être blessés par les remarques hostiles et les fausses étiquettes ? 


12 octobre 2016

Dix critiques envers les surdoués (1)

Il existe dix critiques de base que les surdoués entendent et subissent constamment. Bien que ces remarques soient le plus souvent dites sans intention de blesser, elles ne sont pas bégnines ou facilement écartées car elles perçent la peau susceptible du surdoué. Ces critiques sont des réflexions exterieures que les adultes surdoués internalisent systématiquement. Ce sont des freins de toute une vie qui interromptent le courant d'un potentiel bourgeonnant. Les voilà de la moins importante à la plus blessante, qui est la plus destructive pour l'amour-propre:

  •     "Pourquoi ne ralentis-tu pas ?
  •     "Tu te soucies de tout."
  •     "Ne peux-tu pas t'en tenir à une chose ?"
  •     "Tu es si théatral et dramatique".
  •     "Tu fais tout de la façon la plus dure".
  •     "Tu es si exigeant !"
  •     "Ne peux-tu être jamais satisfait ?"
  •     "Tu es si motivé !"
  •     "D'où tu as ces idées folles ?"
  •     "Qui crois-tu que tu es?" 

Comme par magie, quand il n'y a plus d'ennemi à l'intérieur de soi, il y en a beaucoup moins au-dehors. Partir en guerre inutilement et sytématiquement nécessite beaucoup d'énergie. Franchement, nous ne pouvons pas nous permettre de tels actes d'auto-sabotage. Beaucoup d'entre nous ont appris à nous défendre contre ces critiques à l'aide de remarques intelligentes ou de furtives retraites embarrassées. Avec du temps, en étant bien informés sur notre fonctionnement et en écoutant notre voix intérieure, nous pouvons arrêter d'être conditionnés et de nous conformer à la norme ambiante. Le but est de ne pas appuyer sur notre propre klaxon, mais de nous fortifier avec des informations précises. Lorsque les stéréotypes disparaissent, nous allons commencer à réparer les dégâts, à nous redynamiser et à nous engager vers une individualité et vers plus de liberté. Ensuite, il ne sera pas si difficile de trouver le courage d'exprimer nos dons avec autorité, de dire oui à des opportunités quand elles seront bonnes pour nous et non quand elles ne le seront pas. Et nous ne serons plus jamais blessés par des critiques imméritées.