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18 juin 2018

Miroirs

 Trois citations sur l'image de soi :

“Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.”
Jean Cocteau

“Je ne suis qu'un ensemble de miroirs, reflétant ce que chacun attend de moi.”
I’m just a collection of mirrors, reflecting what everyone else expects of me.
Rollo may

“Vous utilisez un miroir pour voir votre visage. Vous utilisez les oeuvres d'art pour voir votre âme.”
You use a glass mirror to see your face; You use works of art to see your soul.
George Bernard Shaw

17 juillet 2017

Le masque que nous portons

Le vrai soi désigne l'image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond effectivement à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction adaptée. Le faux soi désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé. Les rapports entre vrai soi et faux soi évoluent tout au long de la vie, en termes d'adaptation à l'environnement ou avec l'aide du travail thérapeutique.  On distingue cinq degrés d'organisation du faux self :

-À l'extrême, c'est le faux-soi que l'on prend pour la personne, le vrai soi inapparent restant dissimulé. Cependant, il manque au faux soi « ...quelque chose d'essentiel. ». Socialement la personne est ressentie comme fausse. Le faux soi a entièrement recouvert la personnalité, laissant en toute situation une impression de fausseté dans la relation. Le vrai soi est totalement dissimulé aux autres. L'individu souffre de la situation qu'il subit en société: la tension entre vrai et faux soi crée un handicap dans sa vie sociale.

-Le faux soi protège le vrai soi qui reste virtuel. C'est «..l'exemple le plus clair d'une maladie clinique organisée dans un but positif : la préservation de l'individu en dépit des conditions anormales de l'environnement». Le faux soi, pour préserver l'individu d'un environnement jugé nocif, maintient le vrai soi sous protection.

-Plus proche de la santé, le faux soi prend en charge la recherche des conditions qui permettront au vrai soi de « recouvrer son bien ». Son bien, à savoir son identité propre. Le faux soi tente de trouver une adaptation avec l'environnement pour permettre au vrai soi de s'exprimer.

-Encore plus proche de la santé, le faux soi «...s'établit sur la base d'identifications...». Des identifications tiennent lieu de faux soi. Le vrai soi parvient à s'exprimer relativement facilement à travers elles.

-Chez une personne en bonne santé, le faux soi est constitué de ce qui organise «...une attitude sociale polie, de bonnes manières et une certaine réserve». C'est cette politesse qui permet la vie en société. Le faux soi autorise l'expression en société par une attitude a priori polie, des manières sociales adaptées aux autres et respectant les conventions. Il établit le contact, maintient la distance et préserve l'intimité. Le vrai soi peut s'exprimer dès que l'individu le souhaite, et avec qui il le souhaite. Pour un surdoué, ce stade peut être entretenu par la mise en place d'une intelligence pratique ou "street smarts".

Le faux soi doit juste être un léger ajustement à la société. On respecte les conventions sociales en exprimant clairement et avec respect notre personnalité. Plus on cache sa vraie nature, plus on tend à se dédoubler (faux soi en société - vraie soi à la maison), voire à s'effacer (faux tout le temps). Il faut en être conscient.

11 juillet 2017

Cinq blessures qui empêchent d'être soi-même

Tout problème physique, émotionnel et mental proviendrait de cinq blessures principales : la trahison, le rejet, l'abandon, l'humiliation et l'injustice. Afin d'éviter la souffrance attachée à ces blessures originelles, nous nous créerions des masques qui nous permettraient de prétendre que nous ne sommes pas blessés par ces dites blessures.

Cependant, si ces masques nous ont permis de survivre et de nous adapter, enfant, à notre environnement, ces masques seraient aussi des obstacles à notre épanouissement personnel. Lorsque nous portons ces masques, nous ne sommes plus nous-mêmes. Nous finissons souvent par croire que ces masques empruntés sont partie intégrante de notre personnalité alors qu'ils ne sont, en fait, que des moyens mis en place pour nous protéger d'une souffrance que nous pensons, à tort, ne pas pouvoir supporter. S'ils sont une protection, pourquoi les abandonner ? Car, en plus d'empêcher d'être soi-même, ces masques seraient également le moyen le plus sûr d'entretenir nos blessures originelles.

Enfant, lorsque nous avons osé être nous-mêmes, agir comme bon nous semblait, nous avons vite compris que cela dérangeait le monde environnant. Nous en avons déduit qu'être soi n'était pas bien. C'est ainsi que nous nous sommes créés une nouvelle personnalité pour pouvoir, non seulement survivre, mais également être acceptés, voire aimés. La mise en place d'un masque suit quatre étapes :
- La première étape est celle où nous découvrons la joie d'être soi et de pouvoir agir.
- La deuxième étape correspond à la douleur ressentie lorsque nous nous apercevons que nous n'avons pas le droit d'être nous-mêmes..
- La troisième étape est celle de la crise, de la révolte et de la colère ressentie face à notre impossibilité de nous exprimer. Certaines personnes demeurent d'ailleurs enlisées toute leur vie à la troisième étape, c'est-à-dire un état de réaction continuelle.
- La quatrième étape est celle de la résignation et surtout de l'adaptation. Afin de réduire la douleur que l'enfant ressent, il fait le choix de se résigner et devient ce que les autres veulent qu'il soit ( performant, singe savant, séducteur, bouc émissaire, dépourvu d'émotion, enfant objet, etc.) Sa nouvelle personnalité (masque) est née.

Cependant, à chaque masque correspond une trahison de soi. Car si ces masques nous aident à prétendre ne pas être affectés, la blessure originelle, quant à elle, est toujours présente, malgré notre bonne volonté à l’enfouir au plus profond de notre inconscient. Il faut donc reconnaître ses masques. Bien que notre ego fasse tout ce qu'il peut pour ne pas nous laisser voir nos plus grandes blessures, tant que la blessure n'est pas guérie, elle se manifeste très facilement.

Car si l'adulte cherche, le plus souvent, un coupable à l'origine de sa souffrance, ce n'est pas ce que l'on vit qui fait souffrir, mais bien la réaction à ce que l'on vit, à cause de blessures non guéries. En plus d'être attiré par des personnes porteuses des mêmes blessures que soi, l'importance de nos masques, son épaisseur, serait à mettre en rapport avec le degré de la souffrance ressentie. Ainsi, plus nous avons souffert d'une blessure, plus le masque serait conséquent. Il est importance de porter son attention sur son ressenti plutôt que les mots et caractéristiques pour reconnaître la blessure qui nous touche le plus. 

6 avril 2017

Reconnaître un surdoué

Adultes surdoués: comment les reconnaître?
Hypersensible, anxieux, perfectionniste... Un surdoué adulte est souvent en décalage malgré ses efforts pour se fondre dans la masse. Des surdoués, vous en avez sûrement autour de vous, mais vous n'avez peut-être jamais pensé à les identifier comme tels. Sans doute connaissez-vous quelqu'un qui vous fascine par ses connaissances, vous charme par son brio et son impertinence ou encore vous agace par de longues explications fourmillant de détails, ou vous interrompt par des questions qui paraissent sans rapport. 

Des personnalités souvent hypersensibles
Vous êtes peut-être intrigué, au contraire, par la retenue et le silence d'un de vos proches. Vous trouvez curieux qu'il ne participe pas à la conversation, tout en ayant l'air de ne pas en laisser passer une miette, par un regard vif posé sur les interlocuteurs et par un commentaire si pertinent tout à coup qu'il fait basculer un échange anodin en réflexion d'une profondeur inattendue. Il y a aussi certainement dans votre entourage un râleur invétéré, qui n'est jamais content, de lui-même, des autres et de la manière dont va le monde, qui trouve que les gens ne comprennent rien à rien, que l'on va droit dans le mur et que si on suivait ses idées, tout irait bien mieux, c'est évident. Vous aurez sans doute déjà rencontré une personne qui vous est apparue hypersensible, fortement préoccupée par des sujets bien loin de votre quotidien, facilement anxieuse par rapport à ce qu'elle vit et qui ne vous perturberait pas autant à sa place, quelqu'un qui se dit souvent qu'il ne va pas y arriver et qui semble se compliquer la tâche par un souci du détail qui confine à un perfectionnisme excessif à vos yeux.

Des adultes qui dérangent
Bref, les surdoués ne sont pas que des enfants qui attirent l'attention lorsqu'ils ont des difficultés scolaires incompréhensibles au vu de leur potentiel. Ce sont aussi des adultes qui se vivent souvent en décalage, dans leur univers professionnel comme personnel. Mais est-ce que ce sont eux qui s'excluent ou se marginalisent par leur grande sensibilité, leur sens impérieux de la justice, leur rejet bruyant de l'hypocrisie et des faux-semblants, leur silence face à l'absurdité des choses ou leurs sarcasmes lorsqu'ils n'en peuvent plus de se taire? Ou est-ce que ce sont les autres qui, ne fonctionnant pas sur le même plan, ont les plus grandes difficultés à les intégrer, à accepter leur différence et à ne pas se sentir dévalorisés, ce qui est pourtant la dernière chose que souhaite généralement faire le surdoué?

Pourtant, ils font tout pour être comme les autres
Le grand problème de celui-ci, qui le tenaille depuis l'enfance, est en effet d'essayer au maximum d'avoir l'air comme tout le monde, de ne pas en rajouter pour se faire remarquer, sauf peut-être dans le chahut et les bêtises ou là, son intelligence à faire le pitre pourra le rendre acceptable aux yeux de ses camarades. Il a ainsi tendance à développer un "faux-self", c'est-à-dire une personnalité de façade qui intègre au maximum la norme, celle de son éducation familiale, celle de l'école ou celle des relations avec autrui, telles qu'il les perçoit. Il y met tout son talent et ce n'est qu'en cas d'échec patent qu'il se réfugie dans l'agressivité, la rêverie, le mutisme ou les comportements auto-destructeurs, en réaction à un monde qu'il ne comprend pas et qui ne semble pas non plus comprendre tous les efforts qu'il fait pour se conformer.

14 février 2017

La quête du vrai soi


Dans les phases ultérieures de développement de la personnalité, une quête pour trouver le vrai soi apparaît. L’individu n’accepte plus passivement l’autorité extérieure, mais commence à écouter sa voix intérieure et à porter des jugements fondés sur ses propres critères/normes. 

Au fil du processus de transcendance vers le "moi supérieur", les gens deviennent souvent conscients de ce que l'on qualifie de faux-soi, c'est-à-dire l’accumulation de toutes les voix que vous avez intériorisé venant d’autres personnes, parents et amis, qui ont voulu, ou veulent encore, que vous vous conformiez à leurs idées, à ce que vous devriez être et à ce que vous devriez faire. Le faux-soi englobe aussi les pressions sociétales d’adhérer à certaines valeurs.

Devenir intime avec ces voix aide l’individu à les transcender/à les dépasser. Comme l’a dit l'écrivain américain Joseph Campbell: "c’est en allant vers le bas dans l’abîme que nous découvrons les trésors de la vie. Ou vous trébuchez, là se trouve votre trésor."


5 novembre 2016

Pour en finir avec les critiques et le faux-self

Les critiques ont été interiorisées comme des vérités. Les surdoués ont souvent été étiquettés "à problèmes", "tourmentés", "bizarres". Les "défauts", ou plutôt les traits distinctifs du surdoué ont été sujets à des attaques, des censures ou des brimades. Enfant, le surdoué va commencer rapidement à comprendre qu'il "a un problème" et vite conclure qu'il est "un problème".

Face à ces critiques, le surdoué va développer des défenses pour éviter les critiques de son entourage familial, professionnel, etc. Il va le plus souvent "masquer" son identité et se fondre dans la masse. Certains vont "surjouer" et "faire les idiots" en exhibitant et exagérant des traits. Leur agilité mentale et leur extrème sensibilité sont alors utilisées comme des armes de destruction massive. Cette intelligence mise au service du cynisme se retourne alors contre eux. 

L'extreme sensibilité de l'enfant surdoué lui cause beaucoup de remarques. On le trouve trop sensible et susceptible. Il apprend jeune que c'est un problème. Il va la cacher et cela va le ronger toute sa vie. Heureusement, il peut prendre conscience que cette sensibilité est une qualité, qui une fois maitrisée, peut devenir la source d'une créativité épanouissante pour lui et ses contemporains (à travers ses créations).

Beaucoup d'artistes qui expriment un talent dans l'écriture, la musique et autres ont beaucoup de mal à gérer leur sensibilité, malgré le repos et l'apaisement qu'ils trouvent dans la création. Ils se battent contre leur conscience extrème du monde. De plus, ils ont aussi à négocier avec un environnement professionnel impitoyable. Ils noyent alors leurs angoisses dans les drogues en tout genre.

Je parle ici de gens qui d'un façon ou d'une autre épanchent leur trop plein de sensibilité en créant quelque chose, en projettant leur personnalité, leur âme dans un travail créatif. Je vous laisse imaginer ce qui se produit sur les sensibles qui ne laissent pas ce trop-plein de créativité se déverser au-dehors. Ils sont rongés de l'intérieur. Ils n'en ont pas conscience la plupart du temps. Ils sont en mode auto-destruction.

Ainsi, le surdoué doit apprendre à se connaitre. Et ce n'est pas un mince affaire. Cela peut prendre quelques années. Mais cela vaut le coup. Il faut déconstruire la personnalité que nous avons été jusqu'à là. Je parle de cette personnalité ou le faux-self dirige notre vie. Nous jouons un rôle, comme des acteurs, pour notre entourage. Pour ne plus être critiqués, pour être tranquilles, par facilité aussi par la suite, c'est tellement confortable de ne rien changer.

Le faux-self peut avoir une intensité différente suivant le trait dont on parle. Je m'explique. Le surdoué aime bien parler et argumenter. Il est éloquent. Sa curiosité et son plaisir d'apprendre font qu'il connait plus de choses que la moyenne des gens qu'il rencontre. Dans une discussion, il peut adopter différente attitude suivant l'intensité de son faux-self. Quand le faux-self ne contrôle pas la personnalité, la personne parle, argumente, écoute les autres, échange des idées. Quand le faux-self est présent, il peut se manifester par une parole intolérante, cassante et saoulante pour les autres, ou alors c'est le contraire, la personne est absente de la discussion, ne veut pas prendre part à la discussion, dans son silence qui en dit long. Ces trois options peuvent se définir comme une attitude équilibrée, en controle de ses forces, ou alors une attitude exagérée ou la parole est une arme, ou enfin une attitude effrondrée dans laquelle la personne est effacée, comme rentrée en elle. Je développerai ces notions plus tard. 

21 octobre 2016

Cinq blocages majeurs à connaître (1)

En explorant son passé et en laissant la porte ouverte sur l'avenir, vous vous rendrez compte que l'on peut échanger sa rancoeur contre de l'espoir. Et même encore mieux, sa colère et sa peur peuvent se transformer en motivation et en détermination. Cela peut paraître bizare, mais il y a une réunification qui se passe à l'intérieur de nous. Les esprits libres qui étaient étouffés durant notre enfance ont été réunifiés avec les adultes indépendants que nous sommes devenus ou que nous sommes sur le point de devenir. 

Les blocages qui enterrent l'identité sous des couches de comportements interdits de type "je devrais" et "je ne devrais pas" asservissent le self, s'opposent à ses dons, et en fin de compte font de l'ombre à l'âme. Ironiquement, tolérer le faux-self pendant si longtemps et rester loyal au script normatif de la société, nous font ressentir de plus en plus invisibles dans la société. Ils existent cinq principaux blocages qui asservissent le self et éclipsent notre âme. Il faut les reconnaître et les éviter pour pouvoir pleinement accepter notre douance:
  • Encourager le faux-self;
  • Nier ses dons et ses talents;
  • Éviter les risques dans une "vie bien rangée";
  • Chercher l'approbation des autres;
  • L'imposture.
Chacun de ces blocages est équitablement affaiblissant, mais avec du temps et des efforts nous pouvons développer des stratégies pour minimiser leurs effets. Comme c'est souvent le cas, le premier pas implique d'identifier leur présence ce qui est déjà une étape majeure vers notre épanouissement.

15 octobre 2016

Le faux-self

Le terme self est la traduction anglaise du soi. Le pédiatre britannique, Donald Woods Winnicott, a distingué le "vrai-self" du "faux-self": Le vrai-self désigne l'image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond effectivement à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction adaptée. Le faux-self désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé. Par ailleurs, les rapports entre "vrai" et "faux-self" évoluent tout au long de la vie, en termes d'adaptation à l'environnement ou avec l'aide du travail thérapeutique. Winnicott distingue cinq degrés d'organisation du faux self :
  • À l'extrême, c'est le faux-self que l'on prend pour la personne, le vrai self inapparent restant dissimulé. Cependant, il manque au faux-self « ...quelque chose d'essentiel. ». Socialement la personne est ressentie comme fausse. Le faux-self a entièrement recouvert la personnalité, laissant en toute situation une impression de 'fausseté' dans la relation. Le vrai-self est totalement dissimulé aux autres. L'individu souffre de la situation qu'il subit en société: la tension entre "vrai" et "faux-self" crée un handicap dans sa vie sociale;
  • Le faux-self protège le vrai-self qui reste virtuel. C'est « ...l'exemple le plus clair d'une maladie clinique organisée dans un but positif : la préservation de l'individu en dépit des conditions anormales de l'environnement. ». Le faux-self, pour préserver l'individu d'un environnement jugé nocif, maintient le vrai-self sous protection;
  • Plus proche de la santé, le faux-self prend en charge la recherche des conditions qui permettront au vrai-self de « recouvrer son bien ». Son bien, à savoir son identité propre. Le faux-self tente de trouver une adaptation avec l'environnement pour permettre au vrai-self de s'exprimer;
  • Encore plus proche de la santé, le faux-self « ...s'établit sur la base d'identifications... ». Des identifications tiennent lieu de faux-self. Le vrai-self parvient à s'exprimer relativement facilement à travers elles;
  • Chez une personne en bonne santé, le faux-self est constitué de ce qui organise « ...une attitude sociale polie, de bonnes manières et une certaine réserve. ». C'est cette politesse qui permet la vie en société. Le faux-self autorise l'expression en société par une attitude a priori polie, des manières sociales adaptées aux autres et respectant les conventions. Il établit le contact, maintient la distance et préserve l'intimité. Le vrai-self peut s'exprimer dès que l'individu le souhaite, et avec qui il le souhaite. Pour un surdoué, ce stade peut être entretenu par la mise en place d'une intelligence pratique ou "street smarts".

S'adapter, le vrai ennemi

Les enfants surdoués ont la volonté de s'intégrer à un groupe, mais à quel prix ? Si certains travaillent durs pour s'adapter aux autres, spécialement lorsqu'ils se sentent très différents des autres, une auto-censure peut en résulter. Dans leur tentative désespérée d'appartenir, beaucoup de jeunes "bien-intégrés" et surdoués plus âgés ont abandonné ou perdu contact avec leur personnalité profonde. S'adapter coûte cher lorsqu'il s'agit de vendre son âme. C'est une marche de funanbule sans fin pour les surdoués. Donner les rênes de sa vie aux faux-self, c'est comme attacher nos rêves à une ancre. Nous ne pouvons nous échapper de la responsabilité qu'offre soit notre potentiel soit nos besoins intérieurs. La plupart d'entre nous avont hâte d'être acceptés et soutenus, approuvés pour ce que nous sommes et ce que nous pourrions accomplir. Cependant nous vivons dans un vrai monde tel qu'il est, non tel qu'il devrait être.

A des degrés différents, nous vivons tous des rejets. Mais lorsque les critiques attaquent notre nature profonde et quand elles fleurissent autour de nous continuellement, elles ont tendance à se cramponner comme des mollusques, contaminant l'intégrité de l'image de nous-mêmes et la qualité de notre dialogue interne. Même à l'âge adulte, à chaque fois que notre égo prend un coup, que le vent nous bouscule et que nous faisons un effort pour respirer, soudainement nous nous sentons  affaiblis et vulnérables. Après des années, les dix critiques se sont déguisées, ont pris l'apparence de nos propres opinions, nous censurant sous la voix de notre faux-self. Ces critiques creusent des trous dans notre confiance en nous car nous avons oublié qu'elles ont été crées par d'autres. Le faux-self est un adversaire puissant, celui dont la langue aiguisée peut être entendu dans chaque situation de doute de soi, un ennemi qui nous tient éloigné de notre vrai moi et quelque fois nous éloigne des autres aussi. 

Néanmoins, le faux-self est simplement le complice de notre réel ennemi. Le vrai ennemi -s'adapter- mène une sorte de guérilla, se parant dans un brouillard épais, évitant la confrontation direct. C'est pourquoi il  est si important de confronter les critiques du faux-self qui  souvent manigance pour empêcher un développement personnel. Nous pouvons apprendre à nous occuper du faux-self selon nos propres conditions car nous pouvons entendre sa voix. Nous pouvons nous sensibiliser à son influence si nous apprenons à reconnaître sa tactique qui est de nous critiquer avec sa petite voix étouffée comme l'animateur de la radio de notre esprit, avec sa propangande qui est subtile et séductrice autant qu'elle est dangereuse. Jusqu'à ce que nous entendions ces critiques pour ce qu'elles ont, à savoir la voix intérieure de la désapprobation, nous sommes condamnés à vivre notre vie en étant constamment trompés par ces mensonges.

Que faire, alors, si l'on veux s'adapter et rester vrai pour soi-même ? Est-ce vivre  une version diluée de notre vie possible lorsque la réalisation de soi pèse dans la balance ? Il faut être honnête, et sans être agressif  ou irrespecteux, les surdoués mènent un curieuse vie. Par conséquent, nous pouvons nous attendre à ce que parfois les autres nous considèrent comme des curiosités. Mais ne serait-ce pas sympa si nous pouvions vivre notre curieuse vie sans être blessés par les remarques hostiles et les fausses étiquettes ? 


1 octobre 2016

La douance: bénédiction ou malédiction ?

Il y a peu de surdoués qui aient été approchés jeunes et à qui ont aient dit "vous avez des dons qui vous rendent spéciaux, uniques et particuliers. Ils peuvent vous rendre aussi très vulnérables". En tant que surdoués, personne ne nous a supporté dans nos efforts pour grandir avec nos capacités. Personne ne nous a parlé de notre personnalité et que nos besoins étaient inextricablement liés à nos traits de surdoués. Est-ce que quelqu'un a mentionné que nos nombreux changements de carrières étaient courants chez les surdoués, que les gens comme nous prospérent dans le changement et les défis. Personne ne nous a suggéré que nos différences de "droles de canards", notre perfectionisme, nos excitabilités, notre sensitivité et notre motivation évidentes pouvaient être ce qui étaient le plus vrai en nous et pas le plus mauvais. Il n'y a pas de refuge pour les adultes surdoués. Il faut composer avec les autres. Il faut s'approprier les traits qui nous font surdoués. Et il ne faut jamais perdre de vue deux choses importantes: 
  • la négligence de soi et l'acceptation d'une fausse personnalité (faux-self), comme rempart à l'hostilité ambiante, tuent le potentiel du surdoué;
  • connaitre la vraie signification de la douance est la seule façon d'ouvrir de nouvelles voies.
Si être surdoué est plus une bénédiction qu'une malédiction, il faut être serieux sur ce que nous voulons supporter et sur la route que nous voulons prendre. L'idée à retenir est que résister à nos dons est le choix d'ignorer la vraie force de nos capacités.