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24 juin 2019

Que de chemin parcouru


Voilà 4 ans que j'ai commencé mon développement personnel. Je dirais cinq ans pour être plus juste. J'ai pris conscience de qui j'étais (ou de qui je pouvais être sous le masque) en mars 2014. Par hasard, en écoutant une émission à la radio sur les enfants surdoués. Puis, j'ai beaucoup lu.  Je suis tombé sur des livres fascinants. Encore au hasard (vraiment ?).  En août 2015, je suis allé voir une psychothérapeute. Un déclic ! Et un beau jour, c'était plus fort que moi, je me suis mis en route vers le sommet de la  montagne qui se dressait là devant moi. J'ai quitté la zone de confort qui se trouve au pied de cette montagne. Cette zone que 80% (voire plus) des gens ne quittent jamais de leur vie.

Jusqu'au premier col, la route est rude et on a peur de se perdre. Arrivé au col, beaucoup rebroussent chemin et vont se reposer au pied de la montagne en continuant leur routine dévorante. Moi, j'ai continué, bon an mal an, malgré des conflits intérieurs dérangeants. J'étais poussé par une force qui me dépassait et qui balayait mes appréhensions. Après le col, la pente est plus rude. Dans cette deuxième étape, c'est une aventure sans guide, nombreux sont ceux qui se perdent ou s'arrêtent, car leur boussole se dérègle. Puis les choses s'organisent. On s’habitue à l'effort de grimper et on apprend à s'orienter tout seul, sans boussole, sans GPS, pour enfin arriver au sommet. Une fois au sommet, la tentation de redescendre est là. Il faut s'habituer. On a vaincu nos démons. Plus on monte vers le sommet, plus on va vers soi. Le sommet ce n'est pas être champion du monde ou millionnaire, c'est être entièrement soi et mettre en accord ses actions avec ses pensées.

Je n'y suis pas encore, à vrai dire. J'ai appris à m'orienter seul et je persévère vers le sommet. Je suis proche. Je suis actif et conscient, capable de constater et de rechercher activement la solution à mes conflits de valeurs et de concepts. Je me lance des défis constamment. Je suis de plus en plus capable de concilier mes idéaux avec ma vie en opérant des choix courageux. Je vais atteindre mes objectifs personnels quoiqu'il en soit. Je me libère des conventions sociales. La responsabilité de moi-même prend de plus en plus de place. Je m'assume entièrement. Je suis entièrement responsable de mes actions et des résultats qui en découlent. Personne d'autre. Je n'attends rien des autres à priori.

S'acheminer vers le sommet de la montagne conduit vers la réalisation de soi et l'auto-détermination de sa propre personnalité. Parvenir au sommet de la montagne n'est pourtant pas une fin en soi : la croissance interne ne s'arrête pas là, elle va continuer vers un univers de plus grande conscience. À ce stade, je m'éduque et corrige mes propres erreurs. Je deviens de plus en plus conscient de ce que je dois apprendre et je cherche par moi-même les sources d'information. J'ai intègré la hiérarchie de mes propres valeurs qui dirigent mes actions et mes comportements quotidiens.

Voilà où j'en suis en ce mois de Juin 2019. Que de chemin parcouru ! J'ai pleinement intégré mes particularités. Je suis différent des autres, mais je fais parti des autres. Je ne veux pas faire parti d'un club élitiste comme le Rotary et regarder les "normaux pensants" comme des créatures étranges. Je fais partie du monde. Je veux apporter ma contribution à ce monde. C'est tout ! 

Pour conclure, je voudrais citer Edmund Hillary qui fut le premier à gravir l'Everest : "Ce n'est pas la montagne que nous conquérons, c'est nous-mêmes." La seule chose qui nous empêche de vivre et de nous épanouir est cachée en nous. C'est en nous découvrant, en nous acceptant et en nous corrigeant que nous pouvons atteindre des sommets dans la vie.


24 février 2018

Niveaux de développement (L)

Niveaux de développement
-Deux niveaux d'intégration : primaire (niveau 1) et secondaire (niveau 5)
-Trois niveaux de désintégration : unilatérale (niveau 2), stratifiée spontanée (niveau 3) et stratifiée
organisée (niveau 4).

Intégration
Incorporation de différentes fonctions dans une structure coordonnée, créant un équilibre dynamique,
contrepoids des réponses névrotiques. Correspond à un état et/ ou un fonctionnement stable et cohérent, sans trop de questionnement ni d'inconfort.

Développement unilatéral
Développement limité à un talent ou compétence, à une gamme limitée de capacités et fonctions mentales. A ce stade, on remarque l'absence d'instinct créatif et d'empathie. Tombant sous le contrôle d'un centre de contrôle primitif, peut conduire å la psychopathie et la paranoia.

Désintégration
Désorganisation, dissolution ou perte des fonctions et structures mentales. Processus pouvant permettre à certains individus de passer de l'intégration primaire à l'intégration secondaire. Peu atteignent néanmoins ce dernier. L'atteinte de l'intégration secondaire niveau correspond à la pleine réalisation de I'ldéal du soi.

14 janvier 2018

La désintégration positive de Dabrowski (niveau V) - Dabrowski -

La seule similitude avec le niveau I se situe au niveau V de la structure psychique. À ces 2 niveaux, elle est relativement stable. Les personnes au niveau V sont à l'opposé des personnes de niveau I. Leurs valeurs sont avant tout universelles. Elles pensent avant tout aux autres et au monde. Elles ont développé un système de valeurs autonome et authentique, choisit consciemment. Elles n'ont plus vraiment à s'occuper d'elles, car elles vivent au quotidien leur idéal de vie. Elles n'ont plus d'attentes personnelles. Leur vie est dédiée à améliorer les choses, à combattre l'injustice et à rendre le monde meilleur. Elles ne subissent plus de conflits internes (comme au niveau I d'ailleurs).

La théorie de la désintégration positive (niveaux IV et V) - Dabrowski -

Au-delà du niveau III, il y a deux niveaux de développement plus élevés. Ces deux niveaux sont rares mais ils ont été atteints par de nombreux membres de notre société et ainsi, ils demeurent parmi les possibles. Le niveau IV est le niveau de la réalisation du moi. L’individu est autonome, responsable et contrôle sa vie. Toutes les caractéristiques identifiées par Abraham Maslow chez les personnes qui se réalisent eux-mêmes, s’appliquent à ce groupe :

    1. Une perception de la réalité claire, plus efficace.
    2. Une acceptation des autres, de soi, et de la nature.
    3. Une spontanéité, une simplicité, et un naturel.
    4. Centré sur des problèmes plutôt que centré sur l’égo.
    5. Une qualité de détachement, un besoin de solitude.
    6. Une autonomie, une indépendance de culture et d'environnement.
    7. Des expériences mystiques et de plénitude.
    8. Un sens profond d’identification, de sympathie et d'affection pour l’humanité.
    9. Des relations interpersonnelles plus profondes et plus intenses.
    10. Une structure de caractère démocratique.
    11. Un discernement entre les moyens et les fins, entre le bien et le mal.
    12. Un sens de l’humour philosophique, pas hostile.
    13. De la créativité.
    14. Une résistance à l’inculturation, une transcendance de toute culture particulière.

Les individus sont capables de réaliser ces valeurs supérieures dont ils ont pris conscience au niveau III. Ils peuvent s’engager dans le service, mais pas aux frais de leur moi. Leur développement dépend de leur compassion pour les autres. L’intérêt pour soi et celui pour les autres ne sont plus polarisés, ils sont synchronisés. Comme dit Maslow, ils sont « synergétiques ».

La honte et la culpabilité du niveau III sont remplacées par une plus grande acceptation de soi, et les « efforts » vers une évolution de niveau supérieur sont remplacés par le savoir que le développement est en train de se produire. Conflits intérieurs, peur de l’échec et résistance, tous diminuent, et cette sécurité intérieure est acquise. Ceux du niveau IV n’ont pas à forcer le changement intérieur ; ils sont capables d’utiliser leurs compétences d’orientation afin de permettre à l’évolution de se produire naturellement. Souvent, ceux du niveau IV sont plus préoccupés par la transformation sociale et le travail dans le monde – une perspective à laquelle ils ajustent leur travail intérieur en cours et leur autonomie qui s’approfondit toujours plus.

Cette sérénité s’infiltre dans la perception des autres aussi. Les personnes du niveau IV apprécient réellement les autres, aimant leurs limites tout autant que leurs forces. Ils ont une grande compassion pour la douleur des autres qui les motive à dévouer leur vie au service comme résultat naturel de leur préoccupation. Un détachement compatissant leur permet d’affronter une grande part de souffrance et d’aider les autres sans être perdu dans cette souffrance. Ceci est une condition fort souhaitable chez les thérapeutes.

Au-delà de la réalisation du moi, il y a même un niveau d’existence plus avancé, un niveau qui n’a été atteint que par quelques élus. Dabrowski l’a appelé « intégration secondaire » et c’est la réalisation de l’idéal de personnalité. Pour la plupart d’entre nous, ceci demeure une vision de la perfection plutôt qu’une potentialité dans cette vie. Au niveau V, on transcende l’égo et atteint une unité harmonieuse avec l’univers. Il n’y a pas d’écart entre « ce qui est » et « ce qui devrait être » ; l’individu est une manifestation vivante de « ce qui devrait être ». Parmi les individus ayant atteint le niveau V, on compte Dag Hammarskjold, Peace Pilgrim et Mère Thérésa de Calcutta. Une partie des icônes de la société actuelle, comme Bill Gates.

Bien que la réalisation complète du niveau V ne se produit que rarement, le fait que la théorie de Dabrowski l’inclue comme possibilité de développement, est significatif. Cette théorie donne une crédibilité psychologique au plus élevé de l’expérience humaine. Reconnaître un idéal, c’est le premier pas vers sa réalisation. Comme nous comprenons plus de choses au sujet des facteurs psychologiques impliqués dans un développement avancé, nous pouvons être capables de nourrir ce développement et devenir une race d’êtres de compassion.

Il est important que le thérapeute reconnaisse la différence entre un jeu de « devrait » imposé par la société et une vision intérieure d’un idéal de personnalité en évaluant le niveau de développement d’un patient. Les « devrait » sont un phénomène de niveau II ; les idéaux choisis en autonomie sont des phénomènes de niveau III. Ils sont très différents.

Un autre facteur important de cette théorie est qu’elle voit le développement sous un angle très large, d’un point de vue de ce qui est possible pour la totalité de l’humanité, et non seulement pour un individu donné. Ceci signifie que l’évolution d’une personne du niveau I jusqu’au niveau V est impossible. Une personne peut rester dans un seul niveau une vie entière, évoluant à l’intérieur de ce niveau, mais sans subir la transformation agonisante vers un niveau supérieur. Bien souvent, une personne va fonctionner simultanément à deux niveaux et à trois niveaux au plus, mais la structure d’un niveau sera toujours dominante.

En arrière-plan de cette théorie, on peut voir la valeur positive de traits supposés névrotiques qui peuvent faire surface pendant la crise du milieu de vie. Le dessous sombre de la crise, ces sentiments souvent surprenants de « faux », de culpabilité sans raison, de dépression accablante et de désespoir insensé prennent une nouvelle signification. Ils peuvent être le signe d’une évolution, évolution qui éloigne de l’adaptation aux normes sociétales vers les débuts de valeurs intériorisées, enracinées dans le moi, et de pas timides vers l’autonomie.

Quel est alors le rôle du thérapeute, dans cette situation ? Avant tout, voir le conflit et l’anxiété comme signes positifs d’évolution et de santé a un effet améliorant en soi. La vision à long terme devient prometteuse, quand bien même le processus immédiat reste douloureux. Le thérapeute peut soutenir les patients pendant le processus de transformation, aider à recadrer les éléments de la situation dans une lumière positive. L’idée centrale de la théorie de Dabrowski de l’évolution émotionnelle peut suggérer de valider ces sentiments sincères, permettre le processus de transformation mais en notant des indicateurs d’évolution nouvelle dans des domaines telles que s’approprier ses expériences, examiner ses valeurs, affirmer ses droits et convictions. La sensibilité et le caractère réfléchi émergeants sont à célébrer. Savoir que le supplice est une part nécessaire de l’évolution vers une intégration plus élevée, peut aider et le patient et le thérapeute à gérer avec plus de sagesse et à continuer – chacun d’eux – cette longue route vers la réalisation du moi authentique.

9 mai 2017

Les niveaux de Kazimierz Dabrowski - Dabrowski -

La théorie de Dabrowski permet d’aborder avec un éclairage différent le perfectionnisme chez la population surdouée, ce dernier se présentant différemment en fonction des niveaux de développement.

Niveau 1
Au premier niveau, l’individu est seulement concerné par lui-même. Au service de l’égocentrisme, les perfectionnistes deviennent tyranniques. Ils ne perçoivent pas leurs propres imperfections et se focalisent sur celles des autres. Une personne du premier niveau se servira des autres pour s’autogratifier et se surestimer. Les besoins des autres ne sont jamais pris en compte, seule l’image qu’ils leur permettent de renvoyer à de l’importance.
La devise du niveau 1 serait « je suis parfait, mais pas vous ».

Niveau 2
Le champ de la psychologie perçoit généralement le perfectionnisme comme un trouble névrotique. La plupart des formes névrotiques du perfectionnisme sont issues du 2ème niveau. Au niveau 2, les individus sont à la merci du groupe social. Ils se demandent constamment ce que les autres vont penser d’eux si… Ils expérimentent les sentiments d’insécurité et d’infériorité envers les autres. C’est le niveau du tout ou rien. Les perfectionnistes de ce niveau essaient d’être à la hauteur des attentes des autres ou de ce qu’ils pensent être leurs attentes. Ces valeurs qu’ils intériorisent et font leur sont toujours dictées par la famille, les amis, les médias, les groupes religieux, etc. Ils focalisent leur attention sur les propres imperfections et perçoivent leur vie à travers un miroir déformant, rarement à leur avantage. L’auto dépréciation constitue un aspect débilitant du perfectionnisme.
La devise du niveau 2 serait « je ne suis pas assez bon. Je ne serai jamais assez bon ».

Niveau 3
Les formes plus saines du perfectionnisme émergent dans les hauts niveaux de développement. Au 3ème niveau, l’individu devient un « chercheur d’autoperfection ». Au lieu de se sentir inférieur par rapport aux autres ou d’avoir l’impression de ne pas être en adéquation avec les attentes des autres, la personne devient consciente de son potentiel à devenir humain et sent que son action n’est pas à la hauteur de ce potentiel. Apercevoir en soi ces possibilités d’intégrité, d’empathie, de sagesse et d’harmonie constitue une formidable incitation à grandir. Commence un long chemin de reconnaissance et de transformation des instincts les plus bas. Toutefois, si l’individu du niveau 3 perçoit cette réalité, il est le plus souvent incapable de la trouver. Il en résulte que l’individu du niveau 3 vit intérieurement une tension verticale entre ce qui est et ce qui devrait être.
La devise du niveau 3 serait « je vois où je veux aller, mais je ne vois pas de route pour y arriver ».

Les dynamismes de ce niveau marquent clairement une expérience déplaisante:
– Hiérarchisation (perception critique et évaluation de ses propres valeurs)
– Insatisfaction personnelle (frustration et colère face à ce qui est)
– Sentiment d’infériorité (frustration et inadéquation personnelle)
– Stupéfaction vis à vis de soi-même (surprise et choc face à ce qui est)
– Honte (embarras face à ses propres déficiences)
– Culpabilité (angoisse à propos de ses fautes morales)
– Inadéquation positive (antagonisme entre l’opinion sociale et la protestation découlant des violation des principes moraux intrinsèques).

Ces forces servent de catalyseur à une transformation intérieure : les hauts niveaux de réalité exercent une force beaucoup plus puissante sur l’individu du niveau 3 que les bas niveaux de réalité. Une personne qui expérimente ces sentiments intenses peut facilement ne pas être comprise par un thérapeute pour qui le concept de perfectionnisme se limite aux manifestations que l’on retrouve au niveau 2.

Niveau 4
Au niveau 4, l’individu est capable de s’engager sur une vie assujettie à ses idéaux. Il gagne une grande capacité à l’autoréflexion, à l’acceptation des autres et de lui-même. Il y a davantage d’autorégulation. Au lieu d’être contrôlé par des désirs basiques, comme la possession ou les envies de contrôler les autres, il accède facilement à la compassion et à la compréhension des conditions des autres. Le perfectionnisme à ce niveau est global et la vie est appréciée pour sa perfection inhérente.
La devise du niveau 4 serait  » ce qui devrait être sera, je le ferai advenir ».

Niveau 5
Le dernier niveau représente la perfection de la personnalité. C’est une vie sans conflits, dirigée par des principes directeurs très élevés. À ce stade du développement humain, l’individu devient un professeur, un guide, un exemple pour les autres. Il vit sa vie au service de l’humanité, et non au service de son ego.
La devise du niveau 5 serait « tout est amour ».
 

9 mars 2017

Niveau 5 de la théorie - Dabrowski -

Au-delà de la réalisation du moi, il y a même un niveau d’existence plus avancé, un niveau qui n’a été atteint que par quelques élus. Dabrowski l’a appelé "intégration secondaire" et c’est la réalisation de l’idéal de personnalité. Pour la plupart d’entre nous, ceci demeure une vision de la perfection plutôt qu’une potentialité dans cette vie. Au niveau V, on transcende l’égo et atteint une unité harmonieuse avec l’univers. Il n’y a pas d’écart entre "ce qui est" et "ce qui devrait être"; l’individu est une manifestation vivante de "ce qui devrait être". Parmi les individus ayant atteint le niveau V, on compte Dag Hammarskjold, Peace Pilgrim et Mère Thérésa de Calcutta.

Bien que la réalisation complète du niveau V ne se produit que rarement, le fait que la théorie de Dabrowski l’inclue comme possibilité de développement, est significatif. Cette théorie donne une crédibilité psychologique au plus élevé de l’expérience humaine. Reconnaître un idéal, c’est le premier pas vers sa réalisation. Comme nous comprenons plus de choses au sujet des facteurs psychologiques impliqués dans un développement avancé, nous pouvons être capables de nourrir ce développement et devenir une race d’êtres de compassion.

Il est important que le thérapeute reconnaisse la différence entre un jeu de "devrait" imposé par la société et une vision intérieure d’un idéal de personnalité en évaluant le niveau de développement d’un patient. Les "devrait" sont un phénomène de niveau II ; les idéaux choisis en autonomie sont des phénomènes de niveau III. Ils sont très différents.

Un autre facteur important de cette théorie est qu’elle voit le développement sous un angle très large, d’un point de vue de ce qui est possible pour la totalité de l’humanité, et non seulement pour un individu donné. Ceci signifie que l’évolution d’une personne du niveau I jusqu’au niveau V est impossible. Une personne peut rester dans un seul niveau une vie entière, évoluant à l’intérieur de ce niveau, mais sans subir la transformation agonisante vers un niveau supérieur. Bien souvent, une personne va fonctionner simultanément à deux niveaux et à trois niveaux au plus, mais la structure d’un niveau sera toujours dominante.

En arrière-plan de cette théorie, on peut voir la valeur positive de traits supposés névrotiques qui peuvent faire surface pendant la crise du milieu de vie. Le dessous sombre de la crise, ces sentiments souvent surprenants de faux, de culpabilité sans raison, de dépression accablante et de désespoir insensé prennent une nouvelle signification. Ils peuvent être le signe d’une évolution, évolution qui éloigne de l’adaptation aux normes sociétales vers les débuts de valeurs intériorisées, enracinées dans le moi, et de pas timides vers l’autonomie.

Quel est alors le rôle du thérapeute, dans cette situation ? Avant tout, voir le conflit et l’anxiété comme signes positifs d’évolution et de santé a un effet améliorant en soi. La vision à long terme devient prometteuse, quand bien même le processus immédiat reste douloureux. Le thérapeute peut soutenir les patients pendant le processus de transformation, aider à recadrer les éléments de la situation dans une lumière positive. L’idée centrale de la théorie de Dabrowski de l’évolution émotionnelle peut suggérer de valider ces sentiments sincères, permettre le processus de transformation mais en notant des indicateurs d’évolution nouvelle dans des domaines telles que s’approprier ses expériences, examiner ses valeurs, affirmer ses droits et convictions. La sensibilité et le caractère réfléchi émergeants sont à célébrer. Savoir que le supplice est une part nécessaire de l’évolution vers une intégration plus élevée, peut aider et le patient et le thérapeute à gérer avec plus de sagesse et à continuer – chacun d’eux – cette longue route vers la réalisation du moi authentique.

26 décembre 2016

La théorie et la douance - Dabrowski -

Prise de conscience de la douance
Un surdoué qui ignore sa douance est souvent mal dans sa peau, se sent souvent en décalage par rapport à la société, a une mauvaise image de lui-même, peut avoir de sérieux problèmes psys, voire faire une ou plusieurs crises existentielles, tout en essayant de faire de son mieux, d'être "quelqu'un de bien", d'être conforme aux attentes de la société et aux modèles que constituent "les autres". La découverte de sa douance est pour le surdoué une remise en cause brutale de ce sentiment de devoir de conformité et d'adaptation, et un changement complet de la vision qu'il a de lui même, avec une relecture et une réinterprétation de son passé. Cette prise de conscience de l'inaptitude du reste du monde à lui servir de modèle et de la nécessité de repartir sur de nouvelles bases, déterminées par lui, et qui lui sont spécifiques, est parfois "une grande claque", avec pleurs et remises en cause, et est en fait une désintégration positive des faux schémas et devoirs, avec une prise en main de son système de valeurs et de ses règles de conduites par l'individu surdoué (passage d'un état qui oscillait entre les niveaux 1, 2 et 3, au niveau 4 de la théorie de la désintégration positive de Dabrowski).

Perfectionnisme
Le perfectionnisme, ou haut niveau d'exigence, est souvent considéré comme contributeur d'une faible estime de soi, fréquente chez les surdoués. Mais le perfectionnisme est de nature différente suivant le niveau de développement de l'individu :

-au niveau 1 de la théorie de la désintégration positive, le perfectionnisme est oppressif, et amène à juger les autres comme inférieurs.
-au niveau 2, il peut être débilitant, parce qu'il est imbriqué dans le doute de soi et l'introjection des valeurs des autres.
-au niveau 3, quand il rejoint la hiérarchisation des valeurs, il devient le sentiment d'être inférieur à soi, qui est une dynamique qui pousse le développement vers des niveaux plus élevés.
-au niveau 4, il évolue en un désir de perfection de soi, ce qui conduit à une vie imprégnée par les idéaux de niveau supérieur.
-au niveau 5, c'est la reconnaissance de la perfection inhérente à tout ce qui est.

Monde intérieur
Les surdoués exploitent et sont galvanisés par ce que Dabrowski appelle la réalité théorique. La réalité perçue par les sens (l'ici et maintenant de l'existence banale) n'est qu'une réalité (parmi d'autres). Les esprits exceptionnels accèdent naturellement à des niveaux plus puissants de fantasme, d'imagination et d'intuition. Dans ce milieu riche, ils résolvent des problèmes, découvrent de nouvelles perspectives et créent sur un niveau d'abstraction séparé du monde de la perception sensorielle directe. Pour ceux qui disposent de la sensibilité morale, d'immenses pouvoirs d'imagination, d'une riche vie affective, et d'un besoin absolu pour la recherche intellectuelle, cette réalité théorique est plus réelle, plus compréhensible et de plus d'importance que la réalité de la vie quotidienne. 

Dabrowski a écrit: "L'ajustement à ce "qui devrait être" est chez certains individus plus fort que leur ajustement à "ce qui est"". Pour eux, le développement est modulé par l'interpénétration des expériences de désintégration et d'intégration, façonnant la fonction intellectuelle en la mettant en relation avec les émotions de plus haut niveau. Cela crée une structure intégrée de la conscience de haut niveau où la pensée et les ressentis s'associent et se co-déterminent. Une transformation de développement supplémentaire se produit lorsque l'intuition de haut niveau est activée et promue, créant une synthèse dynamique permanente de ce qui est directement ressenti de manière intuitive. Ce fonctionnement à plusieurs niveaux et cette dynamique de développement, bien que rare, est un processus évolutif naturel pour les individus surdoués.

15 décembre 2016

Niveau 5 : intégration secondaire - Dabrowski -

Le cinquième niveau présent un caractère intégré et harmonieux, mais très différent de celui du premier niveau. À ce niveau le plus élevé, le comportement de la personne est guidé par des décisions conscientes, soigneusement pesées, basées sur une hiérarchie choisie et individualisée de valeurs personnelles. Le comportement se conforme à cette norme intérieure à propos de la façon dont la vie doit être vécue et, par conséquent, peu de conflits internes se présentent.

Les principaux dynamismes de ce niveau sont : l'empathie, l'autonomie, l'authenticité et un niveau très élevé de responsabilité. L'idéal de la personnalité est constamment soumis à la vérification et demeure dynamique.

Le niveau cinq est souvent marqué par l'expression créative. Particulièrement à ce niveau, la résolution de problèmes et l'art représentent les caractéristiques les plus hautes et les plus nobles de la vie humaine. L'art saisi les états émotionnels les plus intimes et est basé sur une profonde empathie et une profonde compréhension du sujet. Souvent, ces oeuvres ont pour sujet la souffrance humaine et le sacrifice. Les oeuvres vraiment visionnaires, les travaux qui sont uniques et nouveaux, sont créés par des personnes exprimant une vision qui n'est pas limitée par les conventions. Les avancées dans la société, à travers la politique, la philosophie et la religion, sont donc souvent associées à une forte créativité individuelle ou à de grandes réalisations.

Développement de la personnalité en cinq niveaux - Dabrowski -

Les premier et cinquième niveaux sont caractérisés par l'intégration psychologique, l'harmonie, et très peu de conflits internes. Il y a peu de conflits internes au niveau 1 par ce qu'à peu près chaque comportement est justifié : il est soit bon pour l'individu et par conséquent « juste », ou la société dont fait partie l'individu approuve ce comportement et il est par conséquent « juste ». Dans les deux cas, l'individu agit quasiment en toute confiance de la manière dont il pense que n'importe qui d'autre se comporterait, et fait ce que chacun « est supposé faire ». Au niveau 5 il n'y a pas de conflits internes parce que ce que la personne fait est toujours en accord avec son sens interne et personnel des valeurs. Bien sûr, il y a souvent des conflits externes aussi bien au niveau 1 qu'au niveau 5. Les niveaux 2, 3 et 4 décrivent divers degrés et types de désintégration et de malaise.

Dabrowski a dit clairement que les niveaux qu'il présente sont un outil intellectuel (heuristique). Il notait parfois, dans ses diagnostics, des niveaux avec décimales, comme 2,5 pour indiquer un niveau intermédiaire entre les niveaux 2 et 3. Chaque dynamique de développement – empathie, amour, agression, authenticité, joie – a son niveau de développement. Les émotions se développent en émotions de plus haut niveau. Dans le processus de développement les structures de deux voire trois niveaux consécutifs peuvent coexister, bien qu'il doive être compris qu'elles existent en conflit. Le conflit est réglé quand une des structures est éliminée, ou au moins est complètement contrôlée par une autre structure.