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5 juillet 2017

Une visualisation créatrice n’est pas une formule magique

C’est un entraînement qui nécessite répétition afin que de nouvelles connexions se créent. Il est possible que des résultats surprenants arrivent de manière rapide, tout comme il est également possible qu’il faille un certain temps afin que la plasticité cérébrale fasse son œuvre. Il faut être patient avec vos comportements et vos émotions sachant qu’un travail d’un mois à fréquence quotidienne (une quinzaine de minutes) produit des résultats remarquables !

En imaginant que la situation que vous allez visualiser de manière idéale ne donne pas le résultat voulu (on ne peut pas toujours contrôler le résultat)… de quoi pourrez-vous quand même être fier et qui ne dépend que de vous ? Prenons pour exemple le cas d’une situation de conflit qui se répète et engendre un stress chronique : « j’ai su rester calme, lucide, réceptif à mon client/partenaire/collègue tout en étant focalisé sur l’objectif de cette rencontre. Je n’ai pas obtenu le résultat voulu, mais j’ai amélioré une relation avec un collègue ou un partenaire, c’est un bon point de départ pour la prochaine fois. De plus je suis toujours calme pour le reste de ma journée. Je fais quotidiennement quelque chose pour résoudre cette situation et j’en suis fier. »

C’est là une étape importante pour briser un scénario où se répètent des émotions et des comportements automatiques. Un des éléments importants qui entre dans le maintien de cette répétition est la honte et la culpabilité. Il faut donc briser également ces émotions pour se libérer de leur « mauvais sort ». L’acceptation de soi est ici très importante. Pratiquer la visualisation créatrice régulière sur un sujet qui vous tient à cœur va avoir pour effet de vous hyperfocaliser sur une cible. Il faut donc être attentif aux émotions qu’entraîne cette focalisation.

La visualisation créatrice et les émotions

Face à l’incertitude d’une situation (match, négociation, conflit, etc.) notre cerveau va analyser l’environnement, le contexte et rechercher dans sa base de données les expériences passées qui se rapprochent le plus de celle-ci. Un peu à la manière d’un juke-box il va sélectionner le disque de réponses qu’il a l’habitude d’utiliser dans ce contexte, ceci afin de se simplifier le nombre d’informations qu’il a à gérer. Ce disque, qui contient des émotions et des comportements, va jouer une certaine musique de manière quasi automatique. 

La visualisation créatrice est d’autant plus importante concernant des situations plus marquées émotionnellement (tel contexte me met en colère, tel autre me stresse, tel autre me trouble, la surprise me fait perdre mes moyens, etc…), parce que les émotions perturbent l’action réfléchie et notre capacité de traitement de l’information (diminution visible par IRM de l’action du cortex préfrontal) au profit d’une action réflexe et automatique (suractivité de l’amygdale).

Du fait de la plasticité cérébrale, la visualisation créatrice va permettre de conditionner une émotion particulière (en plus d’un comportement) pour répondre à un contexte spécifique. Une bonne visualisation créatrice inclura donc, dans un contexte spécifique, le comportement souhaité et un état d’esprit positif. Quatre états internes ont été identifiés pour une performance optimum :

    -Le calme : pour être lucide.
    -La confiance : pour oser.
    -La détermination pour être concentré et avancer malgré les obstacles.
    -L’énergie : pour faire.

Afin d’optimiser les effets de la visualisation créatrice, il est donc conseillé d’associer ces états internes au contenu de votre visualisation.

Introduction à la visualisation créatrice

La visualisation créatrice est une technique ancestrale du Yoga Nidra notamment, pour programmer son subconscient et faire advenir les résultats espérés dans notre vie. Depuis quelques années, les sportifs de haut niveau y recourent pour préparer les compétitions. Des études montrent combien la visualisation créatrice est efficace.

Le cerveau ne fait pas vraiment de différence entre une situation provenant d’une bonne visualisation positive et une situation vécue réellement. Si je me mets dans une situation de prise de parole en public, réellement et virtuellement, par IRM on peut observer que ce sont les mêmes aires cérébrales qui « s’allument ». Ainsi une étude sur des pianistes a montré qu’à la suite de répétitions de visualisation (donc sans pratique physique, seulement se voir et se sentir mentalement jouer au piano) on peut observer un agrandissement de l’aire cérébrale dédiée à la motricité de doigts ! La visualisation créatrice impacte donc (et modifie) physiquement le cerveau du fait de la plasticité neuronale de celui-ci. Lors d’une étude conduite à l’université de Chicago, une équipe de Basket Ball a été divisée en 3 groupes afin de tester leur habilité au lancer franc :

    -Le premier groupe pratiqua des lancers francs durant une heure quotidiennement.
    -Le second groupe se contenta de se visualiser en train de réaliser des lancers francs.
    -Le troisième groupe, enfin, n’eut rien à faire.

Après 30 jours, les groupes furent de nouveau soumis au test des lancers francs.

    -Le troisième groupe ne s’améliora évidemment pas.
    -Le premier groupe s’améliora de 24 %.
    -Enfin le second groupe, lui, progressa de 23 % par la seule visualisation.

La visualisation a donc eu un effet sur la performance presque aussi important que l’entraînement physique ! Grâce à la répétition de cette visualisation (ici pendant 30 jours consécutifs), de nouvelles connexions neuronales ont donc été mises en place (plasticité cérébrale), comme si les personnes s’étaient entraînées, leur permettant de progresser réellement, sans avoir touché un ballon.